Lettres persanes/Lettre 160

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Texte établi par André Lefèvre, A. Lemerre (pp. 156-157).

Lettre 160

Solim à Usbek, à Paris.

J’ai pris mon parti : tous tes malheurs vont disparaître ; je vais punir.

Je sens déjà une joie secrète ; mon âme et la tienne vont s’apaiser : nous allons exterminer le crime, et l’innocence va pâlir.

O vous qui semblez n’être faites que pour ignorer tous vos sens, et être indignées de vos désirs mêmes, éternelles victimes de la honte et de la pudeur, que ne puis-je vous faire entrer à grands flots dans ce sérail malheureux, pour vous voir étonnées de tout le sang que j’y vais répandre !


Du sérail d’Ispahan, le 8 de la lune de Rébiab 1, 1720.