Lexique étymologique du breton moderne/P

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Texte établi par Faculté des lettres de Rennes, J. Plihon et L. Hervé (p. 215-228).
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P

*P- : les pronoms relatifs et conjonctions, très nombreux, qui commencent par cette lettre, correspondent à ceux qui en latin commencent par qu- et en germanique par hw[1]. Cf. pa, 2 pé, pep, pet, piou, etc.

Pa, quand, puisque, mbr. pan, cymr. pan, ir. can, etc. ; cf. lat. quan-dô, sk. ka-dâ, got. hwan, ag. when, al. wann a quand » et wenn « si » : radical celto-latin *qu-. V. sous *p-.

Pâb, s. m., pape, mbr. pab. Empr. fr.

Pabaonr, s. m., chardonneret : sobriquet, cf. pâbetaour r

Pak, s. m., paquet : cf. ag. pack. — Étym. indécise[2].

Pâd, s. m., durée : abstrait de padout, « durer, persister », cf. cymr. peidio, « céder, cesser ». Empr. lat. patï « souffrir »[3].

Padal, cependant : dér. de pâd < épâd « pendant »[4].

Paéa, vb., payer, mbr. paeaff. Empr. fr. payer.

Paéroun, s. m., parrain. Empr. lat. ecclésiastique patrinus, influencé par patrônus en imitation de màtrôna. Cf. maèrounez.

Pafala, vb., tâtonner, cymr. palfu et palfalu id. : métathèse d’une dérivation de palf, contaminée sans doute d’empr. lat. palpàre.

1 Pal, s. m., palet. Empr. fr. ancien pale ou pal id.

2 Pâl, s. f., pelle, bêche, corn. pal et cymr. pâl id., corn. pal-as et cymr. pal-u « fouir », vir. to-chl-ai-m « je fouis », etc. : soit un celt. *qalà « je creuse », cf. russe kolôtï, « fouir, fendre », et lat. (gaul. latinisé ?) pàla > fr. pelle. Cf. Bas-Maine pal Dn, « pelle, vanne ».

3 Pâl, s. f., vanne d’écluse : identique au précédent.

Palaren, s. f, poêle à frire. Empr. fr. ancien paelle d’arain « poêle d’airain ». V. les deux termes sous pézel et aren.

Palastr, s. m., emplâtre. Empr. fr. altéré (em)plastre.

Palévars, s. m., quarteron, mbr. parefarth, etc. : abrégé de pevare farz « quatrième partie », celui-ci avec mutation forte d’après pevar farz « quatre parties », cf. pévar et parz (Ern.) ; ou plutôt le premier terme équivalant au cymr. pedry- qu’on trouvera sous péran (Loth).

Palf, s. m., paume de la main, mbr., cymr. et corn. palf Empr. lat. palma. Cf. pafala et ampafal. Le br. seul a changé le genre.

Paliked, s. f., pelle à feu, mbr. palliquet : dér. de pal > 2 pâl.

1 Palier, s. m., buffet. Empr. fr. altéré panier, au sens du lat. panàrium (endroit où l’on serre le pain). — Conj. — Cf. paner.

2 Palier, s. m., galerie, corridor. Empr. fr. palier.

Pallen, s. f., couverture, housse, cymr. pall « baldaquin ». Empr. lat. palla « robe », ou fr. ancien palle « dais » > fr. poêle.

Palouer, s. m., brosse : soit avec dissimilation un fr. *paroir « objet destiné à parer, à nettoyer ». Empr. fr. probable, mais indécis[5].

Paltôk, s. m., surtout. Empr. fr. ancien paltoke > paletot.

Paluc’ha, vb., échalasser, paisseler [le lin] : pour *pac’hula. Empr. bas-lat. paxillàre, dér. de paxillus (> fr. paisseau). — Conj. Ern.

Pan, s. m., pays : n’existe pas, mais seulement la locution peban « d’où », où pan pris au sens local est le même que pan au sens temporel. V. sous pa, et cf. inversement lat. ubi « où > quand »[6].

Panen, adj., azyme : dér. de l’empr. lat. savant panis[7], venu par la langue ecclésiastique et exclusivement appliqué au pain liturgique.

Paner, s. f., panier. Empr. fr. Cf. 1 palier.

Panévéd, prép., sans : dér. de la liaison pa n’efe [ma], exactement « quand [cela] n’était, si ce n’était, ne fût-ce ».

Panez, s. m., panais. Empr. fr.

Panvrek, adj., mûr : dér. d’un radical *pa/tor-, qui est, soit le lat. pômàrium > bas-lat. *pàmerio « verger » (cf. vbr. Pumurit> Panorit nom de lieu), soit le roman *mawr- procédant du lat. màturus. — Conj. Ern. (la première est de beaucoup la plus probable).

Paô, s. m., patte, corn. et cymr. paw, « pied, sabot » : le mot le plus voisin est ag. paw ; puis viennent provençal pauta, al. pfote et fr. patte ; le mot est répandu, mais l’origine inconnue. Empr. bas-lat. ou germanique.

Paol, s. f., barre du gouvernail, timon : semble une simple variante depeûl, différenciée en forme et en genre. Cf. nébeùd et neàz.

Paot, adj., abondant, corn. pals, gael. pailt (ce dernier dénoncé par son p comme empr. brittonique) : soit un celt. *qal-to-, ppe passé qu’on peut rattacher à la rac. du vir. cl-and > ir. et gael. clann, « famille, tribu, clan », vbr. plant « enfants », sk. kâl-a « race », etc. — Conj. Mcb.

Paotr, s. m., garçon, valet, mbr. pautr. Empr. roman ou germanique ; cf. fr. ancien pautr -aille « valetaille » et ag. paltr-y « vil ».

Paouéza, vb., cesser (aussi poézeinV.), cymr. powyso, corn. powesy. Il est impossible de ne pas songer au lat. vulgaire pausàre « faire une pause », avec lequel on n’aperçoit pourtant aucun lien phonétique[8].

Paour, adj., pauvre (aussi peur V.). Empr. fr. ancien povre.

Pap, papa, s. m., bouillie. Onomatopée enfantine (cf. ag. pap et al. pappe id.), qui remonte à un lat. vulgaire pappa.

1 Par, s. m., observation, affût : abstrait d’une locution telle que [être] paré y « prêt à tout événement, aux aguets » ; cf. paréa etparédi. Empr. fr.

2 Par, adj., pareil, égal, cymr. par. Empr. lat. parem (accus.).

3 Par, adj., mâle (d’où parez « femelle ») : abstrait du vb. mbr. paraff, <( accoupler, faire la paire ». Empr. lat. par « couple ».

Park, s. m., champ, corn. et cymr. parc, ir. paire, gael. paire. Empr. fr. parc ou ag. park « enclos », suivant la langue emprunteuse.

Pardaez, s. m., soir : écourté et altéré de abardaez[9].

Paréa, vb., guérir : dér. de paré « guéri ». Empr. fr. paré, « prêt, en bon état, dispos », ou comme qui dirait ré-paré.

Parédi, vb., cuire : dér. de pared « cuit », cymr. parawd « apprêté », corn. parys et parez id., parmi/ « préparer ». Empr. lat. pardtus.

Parz, s. m., partie (mot vieilli), Gjmt.parth. V. sous abarz.

Pas, s. m., toux, mbr. et corn. pas, cymr. pas et pes-wch, ir. cas-achdack, gael. cas-ad > casd id. : soit un celt. *qa$-to-, ppe passé de rac. QÂS a tousser », cf. sk. kâts et kdsâ « toux », kûs-a-te « il tousse », lit. kô*-iu « je tousse », vhal. huos-t-an^> al. husten « tousser », etc.

Paska, vb., nourrir, cymr. pesgi. Empr. lat. pasc-ere.

Pastel, s. f., tranche : originairement « de pain, de pâte », etc., dér. d’empr. fr. paste, d’où aussi pesiez s. m. « pâtisserie ».

Patéled, s. m., bavette : dér. d’empr. fr. ancien pâte « chiffon »[10].

Paz, s. m., variante de pas. V. ce mot.

1 Pé, ou bien, corn. po etpe, etc. : pour *be, exactement « soit », forme de subjonctif du vb. « être ». V. sous béza et bout, et cf. fr. soit.

2 Pé, quel, qui, corn. py et pe, cymr. pa et py, vir. ca-, co-, etc. : d’un celt. *0O-, sk. ká, gr. πο- (dans πό-θι, πό-θεν, πότε, etc.), lat, qui et qui-*, got. hwa-s, ag. tcho et al. we-r, lit. kàs, etc. V. sous *p-, et cf. piou.

Pébez, quoi (quelle sorte, chose, etc.). V. sous 2 pé et péz.

Pebr, s. m., poivre. Empr. lat. piper.

Pék, s. m., poix (d’où péga « poisser »), corn. pêk, peyk etpêg, cymr. pyg. Empr. lat. pic-em (accusatif). Cf. kroug elpéoc’h.

Péd, adv., variante de pet. V. ce mot.

Péden, s. f., prière. Empr. lat. petenda. V. sous pidi et cf. nouen.

Péder, quatre (au fm.[11]), corn. pedar, cymr. pedair, vir. ceiheoir id. (gael. ceithir sans distinction) : d’un celt. *qet-esr-es, sk. càt-asr-as, zd cataûrô « quatre » (au fm.). V. sous péoar, tri et teir.

Pégeit, adv., combien. V. sous 2 pé et 1 keit.

Pégémeùt, adv., combien. V. sous 2 pé et kémeM.

Pégen, péger, adv., combien. V. sous 2 pé, 1 ken et 4 ker.

Pégouls, quand, à quel moment. V. sous 2 pé et 1 kouls.

Pelbîz, s, m., osselet à dévider : composé de 2 pell et biz[12].

Pelkâs, s. m., bris de navire. V. sous 2 pell et 3 kas[13].

Péléac’h, adv., où : composé de 2 pé et léac’h.

Peler, s. m., timon de charrue : dér. probable depaol ou peûl.

Pélestr, s. m., cuvier : pour béol-lestr. V. ces mots. — Conj.

Pelgent, s. m., messe de minuit, cymr. pilgeint > pylgain ou plygain « le point du jour ». Empr. bas-lat. *pulli-cantiô « chant du coq ».

Pélia, vb., peler, plumer. Empr. fr., ou dér. de 1 pell.

1 Pell, s. m., paille, bale[14]. Empr. lat. palea > *palia.

2 Pell, adv., loin, corn. et cymr. pellid. : soit un celt. *qel-lo-, dér. d’un radical *qēl- > *qel- > *qḷ-, accusée par le gr. τῆλ-ε et (éol.) πήλ-υι « loin » et le lat. (pro-)cul, sans autre équivalent assuré.

Pellen, s. f., balle à jouer, corn. et cymr. pel. Empr. lat. pïla.

Pelleter, s. m., peaussier. Empr. fr. pelletier.

Pelloe’h, adv., désormais : comparatif de 2 pell.

Pemdéziek, adj., quotidien. V. sous bemdez.

Pémô’ch, s. m., pourceau : pour penn-môc’h. V. ces mots.

Pemp, cinq, corn. pymp, cymr. pump, vbr. pimp t gaul. *pempe dans πεμπέδουλα quintefeuille », vir. côic, etc. : soit donc un celt. *qenqe = lat. quïnque, tous deux altérés pour i.-e. *péàqe, sk. páñca, gr. πέντε, got. firnf(ags.fif> ag.^foe, al. funf) t lit. penkl, etc., etc. Cf. pibi.

Pempiz, s. f., quintefeuille : dér. de pemp. V. ce mot.

Pénaoz, adv., comment. V. sous 2 pé et neùz.

Pendôk, s. m., chabot (poisson à grosse tête), mbr. pendoc, « têtu, nain, coquin » : écourté de pendolok. — Conj. Em.

Pendôgi, vb., culbuter : dér. du précédent : et cf. pendolok[15].

Pendolok, s. m., têtard, cf. mbr. penndolein « étêter »[16] etc. : les composants sont penn, et l’équivalent br. du cymr. tol-i « écourter » lequel répond à une forme hypothétique gallo-lak *tàliàre (> f r. tailler).

Penduen, s. f., roseau à tête noire : ) dér. de penn-du.

Penduik, s. m., mésange : ) V. ces deux mots.

Pengamm, s. m., torticolis. V. sous penn et 2 kamm.

Pengap, s. m., garniture du bout du fléau : exactement « tête du bout ». V. sous penn et kab, et cf. penvestr.

Pengenn, s. m., sillon, arpent, mbr. penguen. — Étym. inc.[17]

Penglaou, s. m., mésange. V. sous penn, glaou et penduik.

Pengoat, s. m., massue, mbr. pengot altéré par étymologie populaire (cf. koat) de penn-scod « tête de souche ». V. sous penn et skôd. — Ern.

Penn, s. m., tête, pièce [de bétail], corn. et cymr. pen, gaul. *pennos dans Πεννο-ούινδο-ς (Penno-ouindo-s) ; et le nom des Alpes Penn-ines, vir. cenn cend, ir. et gael. ceann id. : d’un celt. *qenno-, sans équivalent sûr.

Pennaoui, vb., glaner : dér. de penn, employé par ellipse pour penn-éd « tête de blé > épi de blé »[18] (on les glane un à un).

Pennaska, vb., entraver. V. sous penn et nask[19].

Pens, s. f., fesse. Empr. fr. altéré et nasalisé[20]. Cf. behdel.

Pensac’h, s. m., abcès, tumeur, goitre : soit « poche en forme de tête » ou « poche unique ». V. sous penn, pennaoui et sac h.

Pensac’hen, s. f., cervelas : dér. du précédent.

Pensaouta, vb., courir çà et là[21], extra vaguer. V. sous penn et saout.

Pensé, s. m., bris, naufrage : pourrait se rattacher au suivant.

Pensel, s. m., pièce de rapiéçage : paraît dér. d’une forme nasalisée de péz. V. ce mot ; mais cf. fr. (picard) r’pincheu « rapiéceur ».

Penvers, adj., opiniâtre (on dit aussi kil-vers) : soit « tête à l’envers » composé de penn et d’empr. lat. versus « tourné ».

Penvestr, s. m., licou : substitué à kabestr par calembour, à cause de la synonymie de kab et de penn. V. ces trois mots.

Péoc’h, s. m., paix, mbr. peuch. Empr. lat. pâx et cf. pok.

Pep, chaque, tout, corn. pup > pob, cymr. pawb, vbr. paup, vir. câch, ir. et gael. gach id. : soit un celt. *qo-qe ou *qû-qe, à peu près formé comme le lat. quis-que, c’est-à-dire contenant, à la suite d’un pronom relatif et indéfini (cf. *p-) la particule i.-e. *qe, sk. ca, gr. τε, lat. que, etc., qui insiste sur le sens indéfini.

Pér, s. m., poire. Empr. lat. pira.

Pérâk, pourquoi. V. sous 2 pé et ràk[22].

Péran (V.), s. m., quart : syncopé par dissimilation de la forme complète que montre le cymr. pedry-ran id. V. sous pèt>ar s péder et rann, et cf. lat. quadri- et quadru- en composition.

Pergen : adj., propre, pur ; adv., expressément. — Étym. inc.

PercTien, s. m., propriétaire, corn. perhen y cymr. perchen et perchenog, et cf. perchi « respecter » : dér. d’empr. lat. parc-ere « épargner », peut-être avec influence d’un bas-lat. *percentare « toucher le tant pour cent », et, pour le br., de l’empr. fr. aparchent « il appartient ».

Pers, adj., bleu d’azur. Empr. fr. ancien pers.

Person, s. m., curé. Empr. fr. ancien persone id.[23]

Pervez, adj., avare, corn. perfeyth et cymr. perffaith « parfait ». Empr. lat. perfectus (parfait > bien avisé[24] > économe >> avare).

Perz, s. f., part, côté. Empr. bas-lat. partis (de pars). Cf. parz. Pésavad, quoi (« plaît-il ? ») : analyser pè da mâdf « quoi pour [votre] bien ? = qu’y a-t-il pour votre service ? » V. ces trois mots.

Pésk, s. m., poisson, corn. pysc et pesc y cymr. pysg. Empr. lat. piscis.

Pet, combien : soit un celt. *qeti- ou *qeto^ cf. zd caiti « combien », lat. quot, quotus, et *cottus dans cottï-diè « chaque jour », gr. πόστος, πόσσος, πόσος, et sk. katithá « le quantième ». V. sous *p-.

Pétiz, s. m., petit ver d’appât cf. fr. (normand) pestiche id. Empr. bas-lat. *pasticius « appât », dér. depastus « pâture ». — Ern.

Pétoun, s. m., palourde : soit un empr. fr. dialectal *pétonque ( ?), pour pétoncle < lat. pectunculus « petit peigne » (nom de ce coquillage).

Pétra, quoi. V. sous 2 pé et trâ (« quelle chose ? »).

Peûk, s. m., bourrade, corn. et ir. poc « coup », gael. pue « pousser ». Empr. ag. ancien pukken > to poke, « frapper, pousser ».

Peûl, s. m., pieu, cymr. pawl. Empr. lat. palus.

Peur, quand : analyser 2 pé et eùr « heure » empr. fr.

Peur-, particule indiquant l’accomplissement total (peur-ôber « achever », etc.) : forme atone de pur au sens adverbial « purement, beaucoup, très », et ayant pris devant les verbes le sens du préf. lat. per- dans per-ficere, etc. Double empr. lat. (Sur û > eri, cf. leûri, etc.)

Peûreu], s. m., palourde. Empr. bas- lat. *perolia, avec métathèse pour le vrai mot pelàrida, d’où vient le fr. palourde.

Peûrgedged, adv., nommément, surtout : analyser en peûr-ket-kent « très tant premier », altéré par assimilation. — Ern.

Peûri, vb., paître, mbr. peuriff, cymr. pori. Empr. bas-lat. pàburàre (Du Cange), corrompu de pàbulàre, qui est le vb. dér. de lat. pàbulum « pâturage ». — Conj. à peu près désespérée.

Pévar, quatre (msc), corn. peswar 9 cymr. petguar> pedwar, vir. cethir. etc. : d’un celt. *qet-war-es, sk. catcâras, gr. τέσσαρες, etc., lat. quattuor, got.Jidwôr (ag. four et al. vier), lit. ketur-i, etc. Cf. péder.

Péz, s. m., morceau, corn. et cymr. peth, gaul. *pet-tis[25], vir. cuit, gael. cuid « part » : d’un celt. *qet-ti-, dér. du radical distributif *qet-, soit « quantième ». V. sous pet. — Conj. Mcb.

1 Pézel, s. f., jatte. Empr. roman *padella, issu du lat. patella « écuelle » et aboutissant à fr. paelle. Cf. palaren.

2 Pézel, adj., mou, blet : paraît altéré (Ern. s. v.) de mbr. mezel (cf. hvr) « lépreux > pourri > mou ». Empr. lat. misellus > Bas-Maine mézel Dn.

Piaoua, vb., posséder : dér. de locutions telles que ouz piou, da piou, « à qui [cela appartient -il ?] ». V. sous piou.

Piben. s. f., tube, fistule, pustule, corn. pib « musette », cymr. pib « tuyau », vbr. pip-enn-ou « canaux ». Empr. bas-lat. pipa.

Pibi, vb., cuire, cymr. pobi, corn. pobas, cf. corn. peber « boulanger » : soit un britt. *pep-ô « je cuis », pour celt. *qeq-ô (lat. coqu-ô et osque latinisé pop-ïna « taverne »), et celui-ci altéré par assimilation (cf. pemp) pour i.-e. *peq-ô, sk. pàe-a-ti « il cuit », gr. πέπ-ων « mûr » et πέσσω « je cuis » ( *πεq-yω), lit. kep-ù (métathèse) et vsl. pek-a* Cf. poca.

Pibit, s* f., pépie. Empr. bas-lat *pipita < lat. pituïta. Cf. birc’houidik.

1 Pîk, s. m., pic, pique. Empr. fr.

2 Pîk, s. f., pie. Empr. lat. pïca.

Pikol, adj., gigantesque, très grand. — Étym. inc. 1

Pikouz, adj., chassieux, cf. pik « taie sur l’œil ». Empr. roman probable : l’analogue se retrouve en provençal (piquerno « chassie »). — Ern.

Piden, s. f., membre viril, cymr. pidyn id. : dér. d’une souche romane *pitqui rappelle l’ai, spiess « broche » et spitzti pointu ».

Pigel, s. f., houe » pioche : dér. de 1 pik.

Piger, s. m., ergot du seigle : id., à cause de sa forme pointue.

Pigosa, vb., cogner, becqueter : contamination évidente de pilgosa(ct. pilgoz) et de l’empr. fr. picoter « becqueter », cf. / pîk.

Pioher, s. m., petit pot. Empr. fr. ancien pichier id., du bas-lat. *biccàrium « vase à bec », cf. ag. pitcher étal, bêcher. Cf. bèk.

Pioholou, s. m. pl., broussailles, menu bois : exactement « [choses] menues », pl. de pikol au sens étymologique. — Conj.

Pil, s. m., guenille, cymr. pilyn « couverture », ir. pillin et gael. pillean « bât », ag. écossais pillions « chiffons » : dér. d’empr. lat. pelhs*. — Mcb.

Pila, vb., piler, broyer. Empr. ir. piler.

Pilgoz, s. m., billot : composé du suivant et d’un mot vieilli scoss qui a le sens de skôd. V. ces mots et cf. pengoat.

Pill, s. m., tronçon de bois, cymr. pill, « tronc, fût ». Empr. lat. pila « colonne » (avec doublement inexplicable), d’où aussi fr. pile.

Pillik, s. f., poêlon, cf. cymr. pilig « cuve » : diminutif de l’empr. lat. pila « mortier ». Cf. le précédent et palaren.

Pilpouz, s. m., fil ou laine d’effilochage : dissimilé pour pil plouz « guenille en brins ». V. ces mots. — Conj.

PiiLa, vb., monter : dér. de mbr. (en) pign « en suspens » (cf. diribin), lui-même abstrait d’empr. lat. pend-ëre* « être suspendu ».

Pinia, vb., orner, parer : abstrait d’empr. fr. altéré pimpant ; cf. aussi pipeler, pipeloter, etc., <( parer, enjoliver ».

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Pinsin, s. m., bénitier. Empr. fr. nasalisé piscine.

Pint, s. m., pinson, cymr. pingc. Empr. ag. altéré spink, et cf. ag. Jinch et al. Jink, dont le prototype germanique a aussi passé au roman, bas-lat. pinthioy ital. pincione, fr. pinson.

Pinvidik, adj., riche : métathèse (sous l’influence de pinvizic[29]) pour *pindivik = corn. pendeuig et cymr. pendefig, « prince, grand personnage », d’un celt. *qenno-tam-ïko- « tout à fait principal », dér. de *qenno-tamo-, qui est superlatif de *qenno-[30]. V. sous penn et cf. intaAo.

Piou, qui, corn. pyw, pour *pwi = cymr. pwy = vbr. />eu = vir. ce > cm id. : d’un celt. *^ei, qui répond au lat. qui. V. sous*/)-.

Pirc’hirin, s. m., pèlerin, corn. pirgirin (voc.) > pryerin « étranger », cymr. pererin. Empr. lat. peregnnus avec métathèse.

Pismik, adj., qui fait la petite bouche, délicat, dégoûté : exactement « petite miette », sobriquet. V. sous 2 pîz et empr. lat. mica.

Pistik, s. m., point de côté : semble une formation hybride mal définie ; cf. fr. ancien pis « poitrine », et al. stich, « point, piqûre ».

Pistri, s. m., empoisonnement, corn. pystyc etpystry « magie », et cf. ir. piseôg id. : dér. d’empr. lat. pyxis « boîte [pharmaceutique] ».

Pitou), adj., friand. Empr. fr. ancien pitoulz « piteux »[31].

1 Pîz, s. m., pois (aussi péz), corn. pês, cymr. pys. Empr. lat. pisum.

2 Pîz, avare (aussi pic’h V.) : soit donc un radical *pitt-. qui paraît être le même que celui du fr. pei-it d’étymologie inconnue ( « petit > mesquin > chiche > avare ») ; apparenté peut-être à péz ou bihan.

Plâd : adj., plat ; s. m., plat. Empr. fr.

Plac’h, s. f., fille, servante, cf. ir et gael. caile id. : soit *pal-ac'h, qui semble empr. gr. byzantin παλλαϰή ou lat. pellex « concubine ».

Planken, s. f., planche. Empr. fr. (normand) planque.

Planson, s. m., tresse, cf. rabr. planczonenna a natter les cheveux », dér. de planczonenn « plant »[32]. Empr. fr. plançon.

Plaouia, vb., attaquer, blesser, mbr. plaouhyet, « très malade », cymr. plau « tourmenter » : dér. de cymr. pla « fléau », corn. pla « peste ». Empr. lat. plàga > *plâga 9 « plaie, fléau ».

Plarik (V.), adv., tout doucement : pour *plan-ik y diminutif du radical *plan- emprunté au roman ; cf. lat. pldnus a aplani », ag. plain « simple » et ital. piano « lentement ». — Conj. très hasardée.

Plék, s. m., pli, tendance, corn. pleg : abstrait de plèga < mbr. plegaff « plier », cymr. plygu. Empr. lat. plicâre.

Pléd, s. m., attention. Empr. fr. ancien plaid « action en justice », pris au sens de la locution tenir plaid de « tenir compte de ».

Pleûstra, vb., s’accoutumer, hanter : proprement « habituer [la bête de trait] au chariot ». Empr. bas- lat. *plostrâre (dér. de lat. plaustrum).

Plijout, vb., plaire : formé sur un radical empr. fr. *plez-, abstrait de plaisir, plaisant et de la conjugaison du vb. plaire.

Ploué, s. m., campagne, village : autrefois, et dans les noms de lieux (Plou-), « paroisse, communauté d’habitants », corn. plui>plu > plew, cymr. plwgf^> plicy, vbr. pluio. Empr. lat. plèbes.

Ploum, s. m., plomb, corn. plom, cymr. plie m. Empr. lat. plumbum.

Plouz, s. m., fétu. Empr. fr. ancien pelous « velu ».

Plû, s. m., plume, mbr. pluff et pluoenn, corn. pliv, cymr. pluf> plu. Empr. lat. pluma.

Pluia, vb., plonger : pour plouma*, qui existe aussi, et qui est dér. de ploum comme lat. *plumbicare ( > fr. plonger) de plumbum ; ou simplement pour *plunia qui serait empr. fr. plonger.

Plusk, s. m., cosse, pelure, cymr. pl. plisg, ir. plaosg id. : très anciennement altéré (p pour 6), comme l’indiquent cymr. blisg et gael. blaosg, d’un celt. *bloi-sko- qui parait se rattacher au même radical que gr. φλοι-ό-ς (phloi-o-s) ; « cosse », etc. (sous bléô). Cf. fr. ancien et dialectal (venu du celte ?) pluskier « épelucher » (God.), espelucher id. (Hatzf.).

Plustren, s. f., signe sur la peau : soit exactement « hantise, objet qui s’attache », à rattacher à la dérivation de pleûstra. Cf. peur-, etc.

Poan, s. f., peine, douleur, travail, corn. et cymr. poen. Empr. bas-lat. pèna (> fr. peine) < lat. poena « châtiment », empr. gr. ποινή (poinê).

Poaz, adj., cuit, cymr. poeth « chaud » : d’un celt. *çoy-^o-, sk. pak-tâ, gr. πεπ-τό-ς (pep-to-s), lat. coc’tu-s, etc., ppe passé de la rac. de pïbi.

Pober (V.), s. m., boulanger. V. sous poaz et pibi.

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Pobl, s. f., peuple, corn. pobel (voc.) > pobyl, cymr. pobl, vir. popul, gael. pobull. Empr. lat. pôpulus > bas-lat. poplus, changé de genre.

Pok, s. m., baiser, cymr. poc, vir. pàc, ir. pôg, gael. pbg etpàg id. Empr. lat. très ancien pâcem* (accus.). Cf. pdoc’h, kroug et kroaz.

Pôd, s. m., pot. Empr. fr. (abstrait du lat. pôtdre).

Poell, s. m., prudence, raison, corn. *pull [gor-bull-oc « fou »), cymr. pwyll, vir. ciall, gael. cta// « intelligence » : d’un celt. *qeislû J dér. de rac. QI >> QIT « comprendre », sk. cèt-a-ti « il connaît », cit-tà « pensée », ket-u « signe de reconnaissance » = got. hàid-u-s, « manière, espèce » (ag. -hood et al. -heit devenus simples suff.), etc.

Poéz, s. m., poids, corn. poes, poys et pds, cymr. pwys. Empr. lat. pensum « pesé » > lat. populaire pësum « poids » (d’où aussi fr. poi(d)s).

Poc’han, s. m., plongeon (oiseau), plongeur. Empr. ags. pohha « poche » (surnom dû à la forme spécifique du bec). — Conj.

Polos, s. m., prune sauvage : pour bolos, qui existe aussi, cymr. bwlas, etc. • dér. d’empr. lat. huila « boule ». Cf. boulas,

Ponner, adj., lourd. Empr. lat. ponderis (gén.) « de poids ».

Poùsin, s. m., poulet. Empr. fr. nasalisé poussin. Cf. ronsé.

Poùt, s. m., pont, corn. pons, cymr. pont. Empr. lat. ponlem. Pora) (C), s. m., tique : dér. du radical *podr-,. Cf. pore.

Porbolen, s. f., ampoule, mbr. pl. porfolennou, cf. mbr. bulbuenn « pustule », fr. bourbillon [d’une pustule], sk. budbuda « bulle », etc. : ces semi- onomatopées sont irréductibles entre elles.

Pore, s. m., maladie subite et dangereuse : exactement « infectieuse », corn. podreth « gangrène », cymr. pydredd « pourriture » dér. ’de pwdr « pourri », soit donc br. *pozr-e : le tout dér. d’empr. lat. putris.

Porc’hel, s. m., pourceau, cymr. porchell et parchell. Empr. lat. porcelhu.

1 Pors, s. m., porte, cour, corn. et cymr. porth id. Empr. lat. porta 1.

2 Pors, s. m., port, corn. et cymr. porth. Empr. lat. portus.

Post, s. m., poteau, pilier, corn. et cymr. id. Empr. lat. postis.

Potal, s. f., serrure, entrave : se rattache, dans le dernier sens, à la souche du fr. poteau, dér. du lat. postis. Empr. fr. probable, et cf. post.

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Potéô, s. m., aiguière. Empr. fr. pot d’eau ou pot d’ève.

Pouch, s. m., poulain. Empr. fr. altéré poul(i)che.

Pouc’h, adj., sale, vilain : semble abstrait de quelque onomatopée récente de mépris ou de dégoût ; cf. fr. peuh ! et pouah !

Poulc’hen, s. f., mèche, mbr. pourchen îd. : à rapprocher avec doute de gael. et ir. cuilc « roseau », d’origine obscure. — Conj. Ern.

Poull, s. m., fosse, étang, corn. pol « puits », cymr. pwll « mare », vir., ir. et gael. poil. Empr. ags. probable pôl > ag. pool id.

Poulout, s. m., pelote, grumeau. Empr. fr. altéré pelote[37].

Poultr, s. m., poussière. Empr. fr. ancien pouldre.

Pounner, adj., variante de ponner. V. ce mot et cf. le suivant.

Pour, s. m., poireau. Empr. lat. porrum ou fr. patois pour.

Pourc’ha, vb., vêtir, cf. ir. cuilce « toile » : paraît se rattacher vaguement à la même dérivation que poulc’hen. — Étym. inc.

Pràd, s. m., pré, corn. pras. Empr. lat. tardif prâtum.

Pratel, s. f., tonnelle. Empr. lat. très tardif pratellum[38].

1 Préd, s. m., temps, heure, mbr. prêt, corn. prit (voc.) > prys, cymr. pryd id. : d’un celt. *qrit-u- « fois », cf. sk sa-kft « une fois » et -kfitc-as pl.« fois », osque petiro-pert « quatre fois », lit. kar-ta-s et vsl. krat-û « fois », qui se rattache à rac. QERT « couper, diviser » (sk. krnt-â-ti, etc.).

2 Préd, s. m., repas : proprement « [heure du] repas », écourté de préd boèd ou autre locution par suppression du déterminant[39].

Préder, s. m., souci, occupation, cymr. pryder « soin », corn. priderys « soucieux », vbr. pritiri « hésitation » et preteram « je me soucie » : dér. de la forme primitive de / préd (ce qui fait perdre le temps).

Preiz, s. m., proie, cymr. praidd. Empr. lat. praeda.

Préna, vb., acheter, corn. prenne et perna, cymr. prynu, vbr. prinit « acheté », vir. cren-i-m « j’achète » (ir. et gael. creic id.) : soit un radical celt. *qri-nà- « acheter », sk. krî-nà-ti « il achète », gr. πέρ-νη-μι « je trafique » et πρία-μαι « j’achète », lit. per-k-ù id., russe krï-nuti.

Prénest, s. m., fenêtre : dissimilé pour mbr. prenestr, lequel est altéré de mbr. penestr < fenestr. Empr. It. fenestre et cf. prenna[40].

Prenn, s. m., bois en œuvre, corn. pren, cymr. pren, vir., ir. et gael. crann « arbre » : d’un celt *qrenno-, qui rappelle gr. ϰράνον et lat. cornus « cornouiller » (bois très dur), lit. kér-a-s « tronc dépouillé », etc. ; cf. aussi lat. quer-nu-s « de chêne ». — Rien de satisfaisant.

Prenna, vb., fermer (par une barre de bois). Cf. prenn.

Prénv, prév, préoù, s. m., ver, corn. et cymr. pryf, vit. cruim, gael. cruimh id. : d’un celt. *qrimi- < i.-e. *qrmi-, sk. kfmi, lit. kirmi-s, et cf. lat. vermis (< *qvermi- ?), mais sans rapport avec ag. worm.

Prézek, s. m., parole, discours, sermon : abstrait de mbr. prexec, « prêcher, parler », cf. ir. pritchaim. Empr. lat. praedicàre.

Prî, s. m., argile, corn. pry, cymr. pridd, vir. cré (gén. criad), gael. crè id. : d’un celt. *qrë-yâ, sûrement apparenté à lat. crë-ta, « marne, craie », mais sans aucun autre équivalent connu.

Pried, s. m. f., époux, épouse, corn. priot (voc.) > pries, cymr. priodii. Empr. lat. prîvâtus « qui appartient en propre à ».

Prim, adj., trop petit, avare, prompt, cf. cymr. prin « rare » : paraissent deux dérivations légèrement différentes, ayant eu primitivement le sens de « cher », de la rac. à voyelle longue signifiant « acheter » qu’on trouvera abrégée sous préna. Cf. aussi cymr. prid « précieux ».

Priz, s. m., prix, valeur. Empr. fr. ancien pris.

Prof, s. m., offrande, présent de noce (T.) : abstrait d’empr. fr. ancien profrer « offrir ». — Loth.

Pudask, s. m., putois : suppose un vb. perdu *puda « puer ». Dér. d’empr. lat. patëre, et cf. le nom français.

Pucha, vb., s’accroupir : proprement « se faire petit », dér. d’un mot perdu qui est à peu près identique au cymr. pwt « petit ». Dér. d’empr. lat. pittus « petit » contaminé de putidus « affecté ». — Conj.

Pu), adj., abondant, mbr. puill id. : abstrait de mbr. puilla > pula, « se multiplier, abonder ». Empr. fr. altéré pulluler. — Conj.

PufLez, s. m., abcès, furoncle. Empr. fr. ancien pugnès, « punais, fétide ».

Pons, s. m., puits. Empr. fr. nasalisé. Cf. bendel[41].

Pur, adj., pur, propre, corn. par, « très, tout à fait » (cf. br. peur-), cymr. pur, « pur, sincère ». Empr. lat. parus.

Pût, adj., acre, sauvage. Empr. fr. ancien put id.

Puzé, s. m., chien courant : pour *buzé, cf. cymr. bytheuad id. Empr. ags. bicce > ag. bitch « chienne ». — Conj.

  1. Ces mots sont presque les seuls à p initial qui soient d’origine celtique : à raison de la chute celtique du p et de la rareté de l’initiale indo-européenne q, la plupart des mots de cette partie du dictionnaire viennent d’emprunt.
  2. Le radical pak- se retrouve identique en roman, celtique et germanique, et l’on ne peut savoir auquel de ces trois domaines il a originairement appartenu.
  3. Pour le changement de sens, cf. le passage inverse en fr. du sens de « durer » à celui de « endurer ». Au sens de « cesser », il signifie « admettre [cessation] ».
  4. A l’instar du fr. « ce-pendant » ; ou bien, avec aspiration finale disparue, pour une locution pa dalc’h « quand [cela] tient > incontinent ». V. sous pa et delc’her.
  5. Cf. encore fr. ancien palué « souillé », parouere « broussaille »(?) ; ou bien « objet destiné à enlever les pailles » ou « les menus brins pelucheux ».
  6. Cf. les locutions du type de moyen-cymrique py du pan-doit ? « de quel côté viens-tu ? » etc.. que me signale à ce propos M. Loth.
  7. Un emprunt populaire eût donné *peûn.
  8. Si l’on avait la moindre donnée qui permît de rapporter le gr. παύω « je fais cesser » à une rac. commençant par q, le mot brittonique pourrait remonter à l’indo-européen. Bien entendu, lat. pausàre est dér. d’empr. gr.
  9. V. ce mot : le b a été pris pour une mutation.
  10. Aujourd’hui encore pattes pl. a techniquement ce sens (Littre).
  11. Le groupe celtique est, avec Le groupe asiatique (indo-eranien), le seul qui ait conserve la flexion féminine des nombres 3 et 4.
  12. Exactement « loin du doigt » : l’objet éloigne le fil des doigts afin de l’empêcher de les meurtrir.
  13. Objet « rejeté au loin » ou « de loin » à la côte.
  14. Aussi pel. Mais le sens subsidiaire, « écailles, duvet, écorce, peau », doit venir de contamination du fr. pel « peau ».
  15. Les têtards sont très frétillants et culbuteurs.
  16. « Étèté », d’où « tète sans corps » : les sens se concilient.
  17. On l’a rapporté au radical de daspun, soit « assemblage » (Ern.) ; en tout cas, Tir. cuing « joug » n’a rien à voir ici, si, comme il est probable, il vient du lat. conjutir gère (Mcb.).
  18. On sait que le mot penn a couramment le sens d’à unité ».
  19. « Attacher la tête d’un animal à l’un de ses pieds ».
  20. L’f pris pour une mutation forte dans la liaison hé fens.
  21. À la façon d’une seule bête égarée du troupeau.
  22. Mot à mot « quoi auparavant ? » C’est la traduction en langue vulgaire de la formule : post hoc, ergo propter hoc.
  23. Bas-lat. persona signifie « homme de dignité ». Cf. ag. par son.
  24. Le Dict. Le Pell. donne encore ce sens pour le breton.
  25. Attesté parle bas-lat. (empr. gaul.) petia, d’où sont issus fr. pièce et ital. pezza.
  26. V. sous bihan et of. ital. plccolo « petit ». Si, comme l’impliquerait picholou infra, le mot a signifié « tout petit », il a pu passer au sens de « très grand » par une plaisanterie ou une antiphrase qui remonterait aux temps lointains où l’adjectif se plaçait à volonté avant le substantif ; car c’est ainsi qu’il se construit constamment. Cf. le Gloss. Ern. p. 488.
  27. M. Meillet me signale fr. dialectal peillea « chiffons » comme très usité dans le Haut-Berry (Chateaumeillaut).
  28. PendeG est devenu *pendtô, d’où Vi et l’/i mouillé.
  29. Ce mot (pinuik V.) correspondrait à un oymr. *pcnn-oeddic « possédant en chef », composé de penn « tête » et meddu « posséder ». — Loth.
  30. Comme lat. fîni-tumu-s « limitrophe », de finis, etc.
  31. Par la filière sémantique « compatissant — sensible — délicat — friand ». On observera que l’ital. pletanta « charité » a abouti de même, par une filière différente, au fr. pitance.
  32. Par métaphore entre les nœuds d’une tresse et ceux d’une plante grimpante. — Conj. Ern.
  33. Cf. plu. La « plume » substituée au « plomb » (les deux opposés) par une sorte d’allitération facétieuse.
  34. Venu, par le latin ecclésiastique, de l’expression dare pacem « donner fie baiser de] paix ». L’iro- gaélique est empr. brittonique.
  35. Insecte dont la piqûre peut causer la gangrène.
  36. Le second sens (espace découvert qui se trouve entre la porte charretière et la maison) se déduit sans difficulté du premier : cf. russe doerï « porte » et dcorû « cour s.
  37. L’ou pour o est régulier (cf. mouden, etc.) et la première voyelle s’est assimilée à la seconde (cf. lagad, muntid, bat un, etc.).
  38. Cf. roman pradello > prov. pradelet fr. préau.
  39. Cf. A. Darmesteter, la Vie des Mots, p. 57.
  40. Le p pour f comme dans pens. Puis une fenêtre est un objet qu’on ferme.
  41. Cymr. pydeto est lat. puteus sans altération.