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Liturgie de saint Jean Chrysostome/Proscomidie

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Traduction par Alexandre Stourdza.
Imprimerie de Belin-Mandar (p. 1-28).


ORDINAIRE


DE LA SAINTE ET DIVINE


LITURGIE.




PROSCOMIDIE


(OBLATION PRÉPARATOIRE).


Le Prêtre qui se prépare à célébrer le Divin Sacrifice, doit avant toutes choses être en paix avec tout le monde, et n’avoir rien contre qui que ce soit ; il doit tenir son cœur en garde contre toute mauvaise pensée et observer une abstinence entière et absolue depuis le soir jusqu’au moment du sacrifice. Ce moment étant arrivé, après avoir fait le salut d’usage au Supérieur, il entre dans l’Église, et s’étant réuni au Diacre, tous deux s’inclinent trois fois vers l’orient devant les portes-saintes.

Le Diacre : Mon père, bénissez.

Le Prêtre : Béni soit notre Dieu perpétuellement, maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Le Diacre : Roi des cieux, Consolateur, Esprit de vérité, vous qui êtes présent partout et qui remplissez tout, Trésor de tous biens, Dispensateur de la vie, venez et faites-vous une demeure en nous, purifiez-nous de toute tache et sauvez nos âmes, vous qui êtes la bonté même.

Dieu Saint, Dieu Tout-puissant, Dieu Éternel, ayez pitié de nous (3 fois).

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Ô Trinité Sainte, ayez pitié de nous ; Dieu Tout-puissant, purifiez-nous de nos péchés ; Seigneur, pardonnez-nous nos iniquités ; Dieu Saint, visitez-nous dans nos infirmités, et guérissez-nous pour la gloire de votre nom.

Seigneur, ayez pitié (3 fois).

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite en la terre comme au ciel ; donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ; et pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et ne nous induisez pas en tentation, mais délivrez-nous du mal.

Le Prêtre : Car à vous appartient le règne, la puissance et la gloire, à vous, Père, et Fils, et Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Le Prêtre et le Diacre :

Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous, parce que n’ayant, pécheurs que nous sommes, aucune excuse à vous présenter, nous vous offrons comme à notre Souverain Maître cette prière : Ayez pitié de nous.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.

Seigneur, ayez pitié de nous, car c’est en vous que nous mettons notre espérance, ne vous mettez pas en colère contre nous, ne vous ressouvenez pas de nos iniquités ; mais jetez plutôt en ce moment, dans votre miséricorde, les yeux sur nous, et délivrez-nous de nos ennemis, car vous êtes notre Dieu, nous sommes votre peuple, nous sommes tous l’ouvrage de vos mains, et nous invoquons votre nom.

Maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Bénie Mère de Dieu, ouvrez-nous les portes de la miséricorde, afin que nous ne périssions pas, nous qui mettons en vous notre confiance ; mais faites que par votre intercession nous soyons délivrés de toute calamité, car vous êtes le salut de tout peuple chrétien.

S’approchant de l’image du Sauveur, ils disent :

Nous nous prosternons devant votre sainte image, ô Jésus-Christ notre Dieu, implorant le pardon de nos péchés, et puisque, revêtu de notre humanité, vous avez bien voulu vous laisser attacher à la Croix pour sauver les hommes de l’esclavage du démon, pleins de reconnaissance, nous élevons vers vous nos voix en disant : Divin Sauveur, en venant racheter le monde, vous l’avez comblé de joie.

Ils baisent le pied de l’image de la Vierge en disant la prière (τροπάριον) suivante :

Mère de Dieu, vous qui êtes la source de la miséricorde, ne nous jugez pas indignes de vos grâces ; jetez les yeux sur un peuple pécheur, montrez comme toujours votre puissance, car nous mettons en vous notre espoir, et nous vous disons : « Je vous salue » : comme vous le dit autrefois Gabriel, le chef des Esprits célestes.

Ensuite, la tête inclinée, ils disent :

Seigneur, étendez votre main du haut de votre sainte demeure, et donnez-moi la grâce nécessaire pour le saint ministère que je vais remplir ; afin que je puisse sans condamnation me présenter à votre terrible Autel, et célébrer le Sacrifice non sanglant. Car à vous, Seigneur, appartient la puissance dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Ensuite ils s’inclinent vers chacun des deux Chœurs, et ils entrent dans l’Offertoire en disant :

J’entrerai dans votre maison, et rempli de votre crainte, je vous adorerai dans votre saint temple. Conduisez-moi, Seigneur, dans votre justice, rendez droite ma voie devant vos yeux à cause de mes ennemis. Car la vérité n’est pas dans leur bouche, leur cœur est rempli de vanité, leur gosier est comme un sépulcre ouvert, ils se sont servis de leur langue pour tromper. Jugez-les, ô Dieu, que leurs desseins soient renversés : repoussez-les à cause de la multitude de leurs impiétés, parce qu’ils vous ont irrité, Seigneur ; mais que tous ceux qui mettent en vous leur espérance, se réjouissent : ils seront éternellement remplis de joie, et vous habiterez en eux, et tous ceux qui aiment votre saint nom, se glorifieront en vous, car vous répandez votre bénédiction sur le juste ; Seigneur, vous nous avez couvert de votre amour comme d’un bouclier (Ps. 5, 8).

Étant entrés dans le sanctuaire, ils se prosternent trois fois devant l’Autel et ils baisent le saint Évangile et l’Autel. Puis chacun d’eux prenant sa robe (στιχάριον) s’incline trois fois vers l’orient, et dit à voix basse :

Mon Dieu, purifiez-moi de mes péchés, et ayez pitié de moi.

Le Diacre tenant en la main droite sa robe (στιχάριον) et son étole (ὀράριον) s’approche du Prêtre, et inclinant la tête, il lui dit :

Mon père, bénissez la robe et l’étole.

Le Prêtre : Béni soit notre Dieu, perpétuellement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.

Le Diacre alors s’éloigne vers un côté du Sanctuaire pour mettre sa robe, en disant cette prière :

Mon âme se réjouira dans le Seigneur, car il m’a revêtu du vêtement du salut, et m’a orné de la tunique de l’allégresse, il m’a couronné comme l’époux, et il m’a revêtu de la parure de l’épouse (Is. 61, 10).

Ensuite il baise l’étole, et la met sur l’épaule gauche ; puis prenant les surmanches, il met celle du bras droit en disant :

Votre droite, Seigneur, a été glorifiée dans votre force ; votre droite, Seigneur, a terrassé l’ennemi, et par l’immensité de votre gloire vous avez fait disparaître ceux qui vous étaient opposés (Ex. 15, 6).

Mettant la surmanche du bras gauche, il dit :

Je suis l’ouvrage de vos mains, elles m’ont formé : instruisez-moi, et j’apprendrai vos commandements (Ps. 110, 73).

Le Diacre s’avance alors dans l’Offertoire, range les vases sacrés ; il met la patène (δισϰος) à gauche, et le calice (ποτὴρ) à droite ; et ainsi les autres objets nécessaires au sacrifice.

Le Prêtre de son côté s’habille de la manière suivante : d’abord il prend sa robe en la main gauche, et s’étant incliné trois fois vers l’orient, il la bénit en disant comme il a été dit plus haut : Béni soit notre Dieu, etc.

Puis la mettant, il dit : Mon âme se réjouira, etc.

Il prend l’étole (έπιτραχήλιον), la bénit et la met en disant :

Béni soit le Seigneur qui répand sa grâce sur ses prêtres comme l’huile qui fut répandue sur la tête d’Aaron et qui descendit sur la barbe, la barbe d’Aaron, et jusque sur la frange de ses vêtements (Ps. 132, 2).

Il prend et met la ceinture en disant :

Béni soit le Dieu qui m’a revêtu de force, et qui a fait que ma voie soit sans tache, qui a rendu mes pieds légers comme ceux du cerf, et m’a établi sur les hauts lieux.

Il met les surmanches en disant la même prière que le Diacre.

S’il est Protosyncelle, ou bien s’il a le droit de porter l’épigonate, il le bénit, le baise et le met en disant :

Vous êtes le Tout-puissant, ceignez votre épée, faites éclater votre gloire et votre majesté, et signalez-vous, étendez vos succès, et régnez par la vérité, par la douceur et par la justice, et votre droite vous fera faire des prodiges merveilleux. Perpétuellement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il (Ps. 44, 4).

Il prend la chasuble (φελόνιον), la bénit, la baise, et la met en disant :

Que vos prêtres, Seigneur, soient revêtus de justice, et que vos Saints tressaillent de joie, perpétuellement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il (Ps. 131, 9).

Ils s’avancent dans l’Offertoire, et ils lavent leurs mains en disant :

Je laverai mes mains dans la compagnie des innocents ; je me tiendrai, Seigneur, autour de votre Autel, afin que j’entende la voix de vos louanges, et que je raconte moi-même toutes vos merveilles. Seigneur, j’ai aimé la beauté de votre maison et le lieu où réside votre gloire. Ne perdez pas, ô mon Dieu, mon âme avec les impies, ni ma vie avec les hommes sanguinaires, de qui les mains sont souillées d’iniquités, et dont la droite est remplie de présents. Car pour moi j’ai marché dans mon innocence ; daignez donc me racheter, et avoir pitié de moi. Mon pied est demeuré ferme dans la droiture ; je vous bénirai, Seigneur, dans les assemblées (Ps. 25, 6).

Le Prêtre et le Diacre s’approchent de la table de l’Offertoire ; ils s’inclinent trois fois devant la table, et l’un et l’autre dit :

Ô mon Dieu, purifiez-moi de mes péchés, et ayez pitié de moi.

Ô divin Sauveur, attaché sur l’arbre de la Croix et le côté percé d’une lance, vous nous avez rachetés de la malédiction de la loi par votre sang précieux, et vous nous avez ouvert la source de la vie éternelle : gloire vous en soit rendue.

Le Diacre dit : Mon père, bénissez.

Et le Prêtre commence l’Oblation :

Béni soit notre Dieu, perpétuellement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.

Le Diacre : Ainsi soit-il.

Le Prêtre prend alors un pain d’oblation (προσφορὰ) en la main gauche, et la lance en la main droite ; il fait trois fois avec la lance une croix sur l’empreinte du pain en disant chaque fois :

En mémoire de notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ.

Il enfonce la lance dans le côté droit de l’empreinte, et pendant qu’il l’enfonce il dit :

Il a été mené à la mort comme une brebis (Is. 53, 7).

Puis l’enfonçant dans le côté gauche :

Il demeura dans le silence, sans ouvrir la bouche, comme un agneau est muet devant celui qui le tond (Is. 53, 7).

L’enfonçant dans le haut de l’empreinte, il dit :

Dans son abaissement il a été livré au supplice (Is. 53, 8).

Enfin l’enfonçant dans le bas de l’empreinte :

Qui nous racontera sa génération (Is. 53, 8).

Le Diacre contemple avec dévotion ce mystère, et tenant son étole à la main, chaque fois que le Prêtre enfonce la lance, il dit : Prions le Seigneur ; et puis : Mon père, enlevez.

Le Prêtre enfonce alors la lance dans le côté droit du pain, et en enlève le Pain sacré (Ἅγιος ἄρτος Ἀμνος), c’est-à-dire la partie destinée à la consécration, en disant :

Car sa vie a été retranchée de la terre (Is. 53, 8).

Puis il le pose sur la Patène, l’empreinte étant dessous.

Le Diacre : Mon père, immolez.

Le Prêtre coupant le Pain en forme de croix, dit : L’Agneau de Dieu, qui prend sur lui les péchés du monde, est immolé pour la vie et le salut du monde, et il retourne le Pain sacré en sorte que l’empreinte de la Croix se trouve dessus.

Le Diacre : Mon père, percez.

Le Prêtre enfonçant la lance dans le côté droit : Un des soldats lui ouvrit le côté avec sa lance et il en sortit aussitôt du sang et de l’eau : celui qui a vu ces choses en rend témoignage, et son témoignage est véritable (S. Jean, 19, 34).

Le Diacre : Mon père, bénissez ce mélange sacré ; et après la bénédiction il verse du vin et de l’eau dans le Calice.

Le Prêtre prenant en sa main un second pain dit :

En l’honneur et en mémoire de notre Très-bénie Reine Marie, Mère de Dieu et toujours Vierge ; daignez, Seigneur, recevoir par son intercession ce sacrifice sur votre Autel céleste.

Il enlève alors une légère partie du dessus du pain, et la posant sur la Patène à la droite près du Pain sacré, il dit :

La Reine s’est tenue à votre droite, ayant un habit enrichi d’or, et environnée de ses ornements (Ps. 44, 10).

Prenant un troisième pain, il dit :

Du Très-honoré et glorieux Prophète, Jean-Baptiste le Précurseur : et il extrait une première parcelle du pain, la pose sur la Patène au côté gauche du Pain sacré, commençant ainsi la première rangée.

Des Saints et glorieux Prophètes Moïse et Aaron, Élie et Élisée, David et Jessé, des trois jeunes gens de la fournaise, du Prophète Daniel et de tous les Saints Prophètes : et il extrait une seconde parcelle du même pain, et la pose directement en ligne sous la précédente.

Des Saints et glorieux et Très-célèbres Apôtres Pierre et Paul, et de tous les autres Saints Apôtres : et il extrait une troisième parcelle, la pose sous la seconde, et termine de cette manière la seconde rangée.

De nos Saints Pères et Pontifes, Basile le Grand, Grégoire le Théologien, et Jean Chrysostome, Athanase et Cyrille, Nicolas de Myre en Lycie, Pierre, Alexis, Jonas et Philippe de Moscou, Nicétas Évêque de Nowgorod, Léonce Évêque de Rostoff, et de tous les Saints Pontifes. Il extrait une quatrième parcelle, et il la place à côté de la première, en commençant ainsi une deuxième série.

Du Saint Apôtre, premier Martyr et Archidiacre Étienne, des Saints et grands Martyrs Démétrius, Georges, Théodore Tyron, Théodore Stratélate, et de tous les Saints Martyrs : et des Martyres Thècle, Barbe, Cyriace, Euphémie, Parascève, Catherine et de toutes les Saintes Martyres : et il extrait une cinquième parcelle, et la pose sous la première de la seconde rangée.

De nos bienheureux Pères Antoine, Euthyme, Sabbas, Onuphre, Athanase du mont Athos, Antoine et Théodose du monastère de Petchersky, Serge de Radonège, Barlaam de Khoutine, et de tous les bienheureux Pères : et des Bienheureuses Pélagie, Théodosie, Anastasie, Eupraxie, Febvronie, Théodulie, Euphrosine, Marie d’Égypte et de toutes les Saintes et Bienheureuses : et il extrait une sixième parcelle, la met sous la précédente, terminant ainsi la deuxième série.

Des Saints et désintéressés Thaumaturges Cosme et Damien, Cyrus et Jean, Panteleïmon et Hermolaüs, et de tous les Saints et désintéressés Thaumaturges. Il extrait une septième parcelle, et il la place à côté de la quatrième, en commençant ainsi une troisième série.

Des Saints et justes Parents du Seigneur Joachim et Anne, et de Saint N. (il nomme ici le Saint du jour) et de tous les Saints, par les prières desquels, Seigneur, daignez nous visiter. Il pose une huitième parcelle sous la première de la troisième rangée.

De notre Saint Père Jean Chrysostome Archevêque de Constantinople (si la Liturgie qu’on chante est la sienne : si c’est celle de Saint Basile le Grand, il commémore celui-ci). Il extrait une neuvième parcelle et termine ainsi une troisième rangée. Prenant ensuite un quatrième pain, il dit :

Souvenez-vous, Seigneur, Dieu de bonté, de tout Évêché orthodoxe, du Saint-Synode, des Saints Patriarches orthodoxes, et de notre Métropolite N. ou Évêque N. (suivant le Diocèse), de l’Ordre vénéré des Prêtres et des Diacres en Jésus-Christ ; de tout Ordre Sacerdotal, de notre Supérieur N. ; de nos frères, Prêtres et Diacres coofficiants, et de toute notre fraternité, que vous avez appelée à votre service dans votre miséricorde, ô Seigneur, Dieu de bonté. Il extrait une parcelle et la met au-dessous du Pain sacré.

Souvenez-vous, Seigneur, de notre Très-pieux, Très-puissant et Très-auguste Monarque l’Empereur N. N. etc. ; et il nomme tous les membres de la Famille Impériale.

Il fait ensuite mémoire des vivants pour lesquels il veut prier, et à chaque nom extrait une parcelle, en disant : Seigneur, souvenez-vous de N., et il prend toutes ces parcelles et les range au-dessous du Pain sacré.

Puis il prend un cinquième pain et dit :

En mémoire et pour la rémission des péchés des Patriarches orthodoxes, des pieux Empereurs et Impératrices, de bienheureux fondateurs de cette sainte demeure.

Il commémore l’Évêque qui l’a ordonné, et les autres morts pour lesquels il veut prier ; et à chaque nom il extrait une parcelle, en disant : Seigneur, souvenez-vous de N.

Et de tous nos pères et frères orthodoxes décédés dans l’espoir de la résurrection de la vie éternelle et de votre communion, ô Seigneur ; et il extrait une parcelle.

Puis il dit : Seigneur, souvenez-vous aussi de moi, qui suis votre serviteur indigne, et pardonnez-moi tous péchés volontaires et involontaires : et il extrait une parcelle. Enfin prenant l’éponge il rassemble soigneusement les parcelles sur la Patène au-dessous du Pain sacré, afin que rien ne puisse tomber. Le Diacre prend l’encensoir, y met de l’encens, et dit au Prêtre :

Mon père, bénissez l’encens ; et il ajoute : Prions le Seigneur.


PRIÈRES DE L’ENCENS.


Le Prêtre : Nous vous offrons cet encens, ô Jésus, notre Dieu, comme une oblation d’agréable odeur spirituelle ; acceptez-le sur votre Autel céleste, et répandez sur nous la grâce de votre Esprit-Saint.

Le Diacre : Prions le Seigneur.

Le Prêtre encense l’étoile, la pose sur la Patène de manière à couvrir le Pain sacré, et dit :

L’étoile allait devant jusqu’à ce qu’étant arrivée sur le lieu où était l’Enfant, elle s’y arrêta (S. Mat., 2, 9).

Le Diacre : Prions le Seigneur.

Le Prêtre, prenant un premier voile, l’approche de l’encensoir, le fumige, et en recouvre le Pain sacré, ainsi que la Patène, en disant :

Le Seigneur règne et s’est revêtu de gloire et de majesté : le Seigneur s’est revêtu de force, il s’est ceint de son pouvoir : car il a affermi le vaste corps de la terre, en sorte qu’il ne sera pas ébranlé. Votre trône, ô mon Dieu, était établi dès lors, vous êtes de toute éternité. Les fleuves, Seigneur, ont élevé, les fleuves ont élevé leur voix : les fleuves ont élevé leurs flots au bruit des grandes eaux ; les soulèvements de la mer sont admirables, mais le Seigneur qui est dans les cieux est encore plus admirable. Vos témoignages, Seigneur, sont dignes de créance, la sainteté convient à votre maison dans toute la suite des siècles (Ps. 92).

Le Diacre : Prions le Seigneur. Mon père, recouvrez.

Le Prêtre fumige un second voile et en recouvre le Calice, en disant :

Votre puissance, ô Seigneur, a couvert les cieux, et toute la terre est pleine de vos louanges.

Le Diacre : Prions le Seigneur. Mon père, recouvrez.

Le Prêtre approche le grand voile (ἀὴρ) de l’encensoir, le fumige, et en recouvre la Patène et le Calice en disant :

Seigneur, protégez-nous à l’ombre de vos ailes, et éloignez de nous tout ennemi et adversaire ; conservez-nous en paix, et ayez pitié de nous, ainsi que du monde entier, et sauvez nos âmes, car vous êtes bon et tout miséricordieux.

Le Prêtre prend ensuite l’encensoir, encense la table de l’Offertoire en répétant trois fois :

Soyez béni, ô mon Dieu, qui l’avez bien voulu ainsi : gloire vous en soit rendue.

Le Diacre répond chaque fois :

Perpétuellement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Le Prêtre et le Diacre s’inclinent trois fois, et le Diacre reprend l’encensoir en disant :

Prions le Seigneur sur cette oblation des précieux Dons.


PRIÈRE DE L’OBLATION.


Le Prêtre : Ô Seigneur, notre Dieu, qui nous avez envoyé le Pain céleste, la nourriture du monde entier, notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ, notre Sauveur, notre Rédempteur et notre bienfaiteur, qui nous bénit et nous sanctifie ; daignez bénir vous-même cette offrande et la recevoir sur votre Autel céleste ; souvenez-vous, dans votre bonté et dans votre miséricorde, de ceux qui vous offrent ces Dons ainsi que de ceux pour lesquels ils sont offerts, et conservez-nous sans condamnation dans la célébration de vos Divins Mystères :

Car il est sanctifié et glorifié votre très-glorieux et magnifique nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Le Prêtre termine l’Oblation, en disant :

Gloire à vous, Jésus notre Dieu, notre espérance, gloire à vous.

Le Diacre : Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Seigneur, ayez pitié (3 fois).

(Au Prêtre) Bénissez.


ACTE DIMISSORIAL.


Le Prêtre : Que Jésus-Christ, notre vrai Dieu (si c’est un Dimanche : qui est ressuscité d’entre les morts), par les prières de sa Très-sainte Mère, de notre bienheureux Père Jean Chrysostome, Archevêque de Constantinople (ou de S. Basile le Grand de Césarée en Cappadoce, lorsqu’on chante sa Liturgie) et de tous les Saints, daigne nous accorder sa miséricorde, et nous sauve par sa bonté et son amour.

Le Diacre : Ainsi soit-il.

Après l’acte dimissorial le Diacre encense la table de l’Offertoire ; puis il va à l’Autel dont il fait le tour, l’encensant en forme de croix, et disant en lui-même :

En chair dans le sépulcre, en âme dans l’enfer, comme Dieu, en paradis avec le larron, et assis en même temps sur le trône de gloire, ô Seigneur, avec le Père et le Saint-Esprit, vous remplissiez tous lieux et n’étiez circonscrit par aucun.

Il récite le Psaume 50 pendant qu’il encense le Sanctuaire et toute l’église ; étant rentré dans le Sanctuaire et ayant encensé de nouveau l’Autel ainsi que le Prêtre, il s’en approche, après avoir déposé l’encensoir.

Puis, tous deux placés devant l’Autel, ils s’inclinent trois fois, priant à voix basse et disant :

Roi des cieux, Consolateur, Esprit de vérité, vous qui êtes présent partout et qui remplissez tout, Trésor de tous biens, Dispensateur de la vie ; venez et faites-vous une demeure en nous, purifiez-nous de toute tache, et sauvez nos âmes, vous qui êtes la bonté même.

Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre, bienveillance parmi les hommes. Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre, bienveillance parmi les hommes.

Seigneur, ouvrez mes lèvres, et ma bouche publiera vos louanges.

Le Prêtre baise le saint Évangile. Le Diacre baise l’Autel ; puis s’inclinant vers le Prêtre et tenant l’étole en la main, il dit :

Il est temps de sacrifier au Seigneur. Mon père, bénissez.

Le Prêtre bénissant :

Béni soit notre Dieu perpétuellement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.

Le Diacre : Mon père, priez pour moi.

Le Prêtre : Que le Seigneur guide vos pas.

Le Diacre : Saint père, souvenez-vous de moi.

Le Prêtre : Que le Seigneur notre Dieu se souvienne de vous dans son Royaume : perpétuellement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.

Le Diacre : Ainsi soit-il.

Il s’incline et sort par la porte du nord (parce que les portes-saintes ne s’ouvrent pas avant l’entrée), et étant à sa place ordinaire devant les portes-saintes, il s’incline trois fois avec dévotion, disant chaque fois en lui-même :

Seigneur, ouvrez mes lèvres, et ma bouche publiera vos louanges.




Il faut remarquer, que le Prêtre célébrant sans Diacre ne doit pas dire les prières attribuées à ce dernier pendant la Proscomidie, ni pendant la Liturgie avant l’Évangile, ni les réponses aux paroles du Diacre. De tout ce qui est attribué au Diacre, il n’y a que la Litanie que le Prêtre doit dire.

Lorsque plusieurs Prêtres célèbrent en commun, un seul doit accomplir l’action de la Proscomidie.