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Livre de raison de la famille Fontainemarie/A1

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APPENDICE


I.

MÉMOIRE CONCERNANT LA MAISON NOBLE DE CASTECU, SES APPARTENANCES ET DÉPENDANCES.


« Ses qualités. – La maison noble de Castecu est appelée Seigneurie dans presque tous les titres qui prouvent sa nobilité et la qualifient noble.

Ses appartenances. — Le château, precloture et autres terres y jointes ; le domaine de bas anciennement appelé le village ou maine de l’Offlcial ; le moulin à eau de Drilhot ; le fief et rentes de Castecu et la disme, de tout quoy il sera ci après parlé en des articles sépaparés. Il y a même des titres où il est parlé de la juridiction de Castecu.

Ses titres, — Il y a plusieurs anciens titres qui établissent incontestablement la nobilité de Castecu avec ses appartenances et dépendances.

1. La reconnaissance de l’an 1311 et du 20 [février][1] faite par Bertrand de Clavet, bourgeois de Sainte-Bazeille à Anissans de [Serres][2] », lequel de Clavet reconnoit tenir à fief dudit Anissans de Serres tout le bien qu’il a en la juridiction de La Mothe de Castecu au devoir du quart de tous les fruits et et toute la disme et la moitié du foin qu’il recuillra, lequel il doit porter dans la barbacane de la dite Mothe[3] et luy donner trois léopards[4] et quelque volaille avec quelque autre chose, le tout conformément à l’arrentement qu’en fit à Marmande autre Clavet environ quarante ans auparavant. Il est vrai qu’il est dit dans le procès-verbal fait par Jean de Montreveau, trésorier d’Armagnac pour le duc de Guyenne[5], subrogé en la commission par luy donnée sur le recouvrement de ses droits occupés en ses païs d’Agenois, Condomois et ailleurs, que ledit Montreveau trouva un hoslel en manière de petit chastel appellé Castecu, lequel un gentilhomme de Ste-Bazeille nommé Jamet de Landerouat[6] usoit et usurpoit jurisdiction et souvent carnaloit[7] les bétails des habitans de Marmande, lequel il déclara estre dans la jurisdiction de Marmande, en la presence dudit sieur de Castecu, lequel n’en fut aucunement contredit.

2. Une transaction du 14 [avril 1400] par laquelle Jeanne de Lasbenes, du consentement de Gaillard… son mary, en qualité de cohéritiers d’Anissans de Serres, delaisse entre autres choses à Mariote de Las Benes et à Pei Arnaud de Landerouat, son mary, icelle Mariote aussi cohéritière dudit de Serres, tout ce qu’iceluy Serres possedoit dans la jurisdiction de Sainte-Bazeille, et toute la mothe et gentillesse apperade la mothe de Castecu en la honor de Marmande avec toutes ses appartenances en so poder et territori de quere ainsi qu’elle est limitée et confrontée de toutes parts, sçavoir d’une par al lo riu de la Guppie et de l’autre part al las terres et seignurie de Caslelnau et de l’autre à las terres del signor de Mauvaisin et de l’autre a las terres deudit Anissans de Serres sien hostals, terres, bignes, prats aubaredes, boscs, bartes et deime, et la Mothe de Serres qui est près de Landerron en la paroisse de… laquel motha de Castecu es tengude et omatgade à nostre signor lo rey à un fer de lance subredaurat, et la dite Mariolle du consentement dudit Landerouat delaisse à la dite Jeanne tous les autres biens que le dit de Serres possedoit dans la honor el la bille de Marmande, de Monségur, etc.

3. Un hommage lige rendu le 24 novembre 1419 à Charles frère du roi de France et duc de Guyenne par Jean de Landerouat qu’il estoit tenu luy faire cause du lieu de Castecu avec toutes ses rentes, revenus et autres appartenances assis en la juridiction de Marmande[8].

4. Un dénombrement baillé, le 20 mars 1547, devant le senechal d’Agenois par Pierre de Giaud, escuyer[9], pour raison du lieu noble de Castecu situé en la paroisse de Beaupuy, jurisdiction de Marmande par lequel il déclare tenir du roy la noblesse et chasteau dits Castecu en tout droit de fief et hommage lige au devoir d’un fer de lance surdoré, environné [le château] de ses anciens fossés avec ses entrées et issues et preclotures, jardin, fue[10], forets, pred, vigne et autres dépendances qui sont près dudit Castecu, et à cause d’iceluy jouit dans la dicte paroisse de Beaupuy certains bastiments et autres possessions, pieds, bois, terres labourables ou vacantes, qui ne peuvent faire le labourage de deux paires de bœufs seulement. Déclare encore jouir des cens et rentes en toute directité et fondalité dépendants dudit Castecu consistant en environ quinze pougneres de tous grains, en huit livres sept sols quatre deniers, en neuf poulailles et six manœuvres[11].

5. Un contract de partage du 7 juin 1596 retenu par Perié, notaire royal de Marmande[12], par lequel les demoiselles Anne de Giraut, femme de Guilhem de Vincens, Marchand de Bazas, Jeanne de Giraut veuve de Antoine Folanais, praticien de la Réole, et Louise de Giraut, femme de Michel Dupeiron le vieux[13], habitant de Sainte Bazeille, toutes trois sœurs, en ratifiant la transaction entre elles passée le 4 aoust 1595 retenue par Massias, notaire de Sainte-Bazeilhe, font certains règlements, entre autres que ledit Dupeiron demeurera quitte du contenu en sa cedule par luy faite à Bazas et s’engagent de vendre unanimement pour payer leurs dettes la maison noble de Castecu, cens, rentes, appartenances et dépendances d’icelle, située en la paroisse de Beaupuy, jurisdiction de Marmande consistant en une vieille mazure, airiaux, preds, taillis, terres labourables et bousigues[14] et en tout ce qui est en ladite paroisse de Beaupuy, tous les dits biens estant nobles et de toute ancienneté noblement[15]… Achat fait par M. de Massiot[16] des demoiselles Anne, Jeanne et Louise de Giraut par contract retenu par Antoine Perié, notaire royal de Marmande, lesquelles damoiselles promettent de remettre audit sieur Massiot tous titres et reconnaissances qui sont de la dite maison.

6. Une sentence de M. Nicolas de Nets, conseiller en la cour des Aydes de Paris, commissaire commis et député par le roy et ladicte Cour pour l’exécution des arrests d’icelle, portant realité des tailles et arpantement général au païs d’Agenois, rendue entre les procureur du Roy de cette commission et le syndic du tiers état d’Agenois, d’une part, et M. Léonard de Massiot, sieur de Castecu, conseiller au parlement de Bordeaux, d’autre, laquelle déclare les biens contenus au contract de donation du 4 avril 1400 nobles et sujets à la contribution du ban et arrière-ban et ordonne que distraction sera faite d’iceux dudit arpantement général de la juridiction de Marmande aux dépens dudit Sieur de Massiot, partie presente ou duement appelée [avec défense] aux consuls de demander aucune taille pour les dits biens à peine de tous dépens, dommages et intérêts sauf auxdits consuls d’imposer en leurs cadastres ledit sieur de Massiot pour les autres biens roturiers et non compris audict contract de l’an 1400 et nommement pour les 4 ou 5 journaux par luy acquis avec la métairie de l’Official dépendant originairement dudit Castecu. Cette sentence est du 18 avril 1605.

7. Procès-verbal de piquetement de Castecu fait le 30 novembre 1607 par Me Cougouilles, juge de Saint Sauveur[17] duquel toutes parties avoient convenu pour procéder a l’exécution de la susdite sentence suivant le pouvoir qui par icelle leur en avoit esté donné, par lequel en présence et du consentement d’Izaac Bourgeois, consul de Marmande[18], Jean Bourbon, syndic de la dicte ville, et Antoine Perret procureur du Roy ; il est dit que Castecu confronte du levant a commencer au bout du preds à Mauvoizin, qu’elle suit le long du ruisseau de La Gupie, que les appartenances de la seigneurie de Castecu à prendre au dessus du moulin de Drillot suivant le chemin public qui la sépare d’avec la seigneurie de Castelnau… et venant jusques au bourg de Beaupuy et descendant dans le chemin de la… et dans le padouen[19] des héritiers de feu Mondet Lespinasse, conduisant devant l’hostalat de Jean Lespinasse dit Labique et passant outre au village de Perrotaine, allant à la Fon de La Pippre et à Labastison, va soudre ? aux prairies de Castecu qui, aboutissant aussi à Marques, un grand fossé entre deux, comprennent tout ce qui est possédé en propriété par les seigneurs de Castecu et estoit de la contenance de 126 journaux 17 escas suivent l’arpentement qui en fut fait en presence des sus nommés. Cependant mon père l’ayant depuis fait arpenter, il ne s’y en est trouvé que 107 journaux 26 escas.

8. Un hommage rendu le 2 avril 1610 par ledit sieur Massiot à la reine Marguerite pour ses terres de Longueville[20] et Castecu et moulin de La Ma [21].

9. Hommage rendu le 1er juillet 1636 par la dame présidente Daffis au roy Louis XIII devant les trésoriers, de la maison noble de Castecu, ses appartenances et dépendances[22].

10. Dénombrement rendu le 13 décembre [1636] par la dicte dame Daffis de la maison noble de Castecu, publié sans opposition à Bordeaux le 14 février 1637.

11. Achat fait le 14 mars 1642 de la maison noble de Castecu fief noble et rentes en dépendans, la métairie et le moulin à eau par Me Jean Fontainemarie, advocat en la Cour, pour le sieur son père, de la dicte dame présidente Dafis avec stipulation de garantie et de la propriété et de la nobilité de Castecu et dépendances[23].

12. Hommage rendu le 11 avril 1644 par ledit sieur Jean Fontainemarie au bureau des trésoriers de la généralité de Bordeaux pour raison de la maison noble de Castecu avec tous ses domaines et rentes en dépendans.

13. Dénombrement fourni le 14 décembre 1644 par ledit Me Jean Fontainemarie de la maison noble de Castecu, lequel, nonobstant l’opposition des consuls qui en furent déboutez faute d’avoir justifié du contenu en les moyens d’opposition, fut receu par les dits trésoriers.

14. Hommage rendu la 21 février 1663 par Messire Jacques Fontainemarie, conseiller en la Cour des Aides, de la dite maison noble de Castecu de ses appartenances devant lesdicts sieur trésoriers.

15. Dénombrement rendu par ledit Me Jean Fontainemarie produit et employé par ledit sieur Jean Fontainemarie, son fils, et receu par les dits huissiers le 26 mars 1669.

16. Arrest de la cour des Aydes de Bordeaux du 7 mars 1664 portant enregistrement des titres de la nobilité de la Seigneurie de Castecu rendu entre le dit sieur Jacques Fontainemarie, le procureur général et les consuls de Marmande signifié le 12 décembre 1667 audit sieur procureur général et au procureur desdits consuls, et le 17 septembre 1695 aux maires, consuls et syndic de la dicte ville[24]

Nota qu’outre tout ce dessus il y a une quittance pour l’arrière ban… Janvier 1544 donnée…[25] Seigneur de la maison Dauriolle[26]et pour raison d’icelle. Il y a encore un extrait de roolle qui contient le nom de ceux qui pour raison des terres ou biens nobles sont sujets au ban et arrière ban de l’an 1557 dans lequel il est dit que le sieur Dauriolle comme possesseur de la maison noble de Castecu est un des aydes du Seigneur de Birac qui doit donner un cheval léger lors de la convocation du ban et arrière ban, ce qui est justifié par diversses déclarations. Il y a un autre extrait d’un roolle de 1561 qui justifie que le seigneur de Castecu a été cotisé par le ban et arriere ban, tout quoy a esté enregistré à la cour des Aydes de Bordeaux.

Nota que la maison noble de Castecu Dauriolle n’a jamais esté encadastrée ni couchée sur le roolle des tailles de Marmande[27] »

Comme supplément au mémoire de Jacques de Fonlainemarie, je réunirai ici quelques notes extraites de ses papiers et relatives à sa chère maison de campagne de Castecu.

« Le 6 janvier 1684 le Père Philippe, capucin, a mis à Castecu la montre[28] qu’il a faite, où je me suis trouvé avec le Père Bénin, capucin, en ayant auparavant mis une autre à Grayon.

Hommage m’a esté rendu par le sieur Deloze au chasteau de Castecu le 2 novembre 1690 (soubs inféodation d’un demi-journal de terre) dont l’acte a esté retenu par Prioret, m’ayant le dit sieur Deloze porté une paire de tours[29].

Le portait et le pont que j’ay fait faire à Castecu pour luy donner un air de distinction revient en tout suivant le calcul que j’en ay fait à cent livres. Le vivier coute 35 livres, la porte du jardin 13 livres. Ayant fait le calcul de tout ce que dessus je l’ay communiqué à ma femme qui l’a trouvé bien.

J’ay fait couper au pied après le décès de ma mère par l’advis de gens à ce connoissans les arbres qui estoient autour de la mote de Castecu attendeu qu’ils estaient la pluspart gastés, estant extremement vieux et ne faisant que périr ; ils ont bien poussé. Aussy après la mort de ma mère j’ay laissé venir en bois de haute fustaye le bois d’Oriolle pour servir d’ornement à Castecu ; j’y ay fait faire des allées, des fossés, une fondrière que j’ay fait accommoder[30] et j’y ay fait mettre de la tuye[31] qui pourra estre coupée de tems en tems.

Noble Pierre Giraut escuyer seigneur de Castecu ayant mis dans son dénombrement du XX mars 1517 au sujet de la seigneurie dudit Castecu qu’il y avoit une fuye joignant le jardin, j’ay creu qu’il falloit faire faire un pigeonnier proche dudit jardin dans l’endroit le plus favorable, et pour cet effet, le 7 novembre 1694, j’ay fait marché avec maitre Anthoine Fort, maitre masson pour faire les quatre piliers et leurs fondemens, barronner et blanchir et se porter l’eau pour 33 livres. »

Dans une dernière note, J. de Fontainemarie énumère les divers embellissements et les diverses améliorations dont furent l’objet verger, qu’en bon gascon il appelle berger, les vignes, les bois de Castecu. Aux défrichements succèdent les « plaintements. » Le châtelain met en terre des noisetiers, acacias, sycomores il orne d’une allée de charmes » ce nouveau petit paradis terrestre, et associant tendrement Mme de Fontainemarie à toutes ces belles choses, il termine ainsi sa description : « enfin je n’oblie rien ny ma femme aussy pour mettre Castecu sur le bon pied. »



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  1. Le mémoire a été quelque peu rongé par les rats. J’ai comblé la lacune formée par la disparition du nom du mois à l’aide de la charte originale conservée dans les archives de M. Maurice Boisvert et rédigée en langue gasconne (conoguda causa sia, etc.)
  2. Sur Anissans ou Anissance de Serres, voir la Monographie de Mauvezin par M. l’abbé Alis (pp. 23, 49, 51, 517). L’habile historien reparlera de la famille de Serres dans la Notice qu’il prépare sur la ville de Sainte-Bazeille, et qui aura, j’en ai la certitude, toute la valeur et tout le succès de son premier travail.
  3. Rappelons que la mothe ou motte était la butte artificielle ou naturelle sur laquelle était construit un château et que mothe signifiait, parfois, comme ici, le château lui-même.
  4. Voici la définition de cette monnaie que donne Dom Carpentier dans son supplément au Glossaire de Du Cange ( tom. Il, p. 1030) : « Leopardi, monetæ anglicœ species, leopardo insignis. » Le savant auteur cite deux exemples pris dans un manuscrit de l’Abbaye de Sainte-Croix de Bordeaux de l’année 1305.
  5. Appelé Jean de Montraveau ou Montravel dans le tome V des Archives historiques du département de la Gironde, pp. 339 et suivantes (Procès-verbaux de la réintégration des terres usurpées sur le domaine du dite de Guyenne.)
  6. On lit dans le document qui vient d’être cité en la note 3 (p. 348) : « et que semblablement faisoit ung nommé Jaumet de Landeroat de Sainte-Bazeille, à cause d’ung petit terroier appelé Casteleu (sic pour Castelcu), lequel terroier est situé et assis en la jurisdiction de ladite ville de Marmande. » Près de Duras (Lot-et-Garonne), une localité porte le nom de Landerroat, et on trouve dans le département de la Gironde (arrondissement de La Réole) la commune de Landerrouat (canton de Pellegrue) et celle de Landerrouet (canton deMonségur).
  7. Carnaler ou carnalar, c’est tuer le bétail. Voir le Glossaire de Du Cange et celui de La Curne de Sainte Palaye. On a imprimé dans le tome V des Archives historiques (p. 348) « II carneloit et prenoit le bestial. »
  8. Je reproduis ce document d’après une copie des Archives de M. Maurice Boisvert :
    « Charles filz et frere de roys de France duc de Guienne comte de Xaintonge et seigneur de La Rochelle a nos amez et feaulz gens de noz comptes, tresorier gêneral de Guienne et a noz Seneschal procureur et receveur d’Agenoiz ou aultres lieuxtenants substitus ou commis, salut et dilection. Savoir vous faisons que aujourd’hui nostre bien amé maistre Bernat de Gotz procureur suffisamment fondé pour Jehan de Landeroat nous a fait ez mains de nostre amé féal conseiller et Chambellan Robert de Balsac escuier nostre Seneschal dudit lieu à ce par nous commis les foy et hommage lige qu’il nous estoit tenu de faire à cause du lieu de Castetcu avec toutes ses rentes revenus et autres appartenances assis en la juridiction de Marmande en Agenois tenu de nous à cause de nostre dite Seneschaussée ausquels foy et hommage nous l’avons receu sauf en autres choses nostre droit et l’autrui. Si vous mandons etc. « Donné à Agen le vingt quatriesme jour de novembre l’an de grâce mil cccc soixante neuf.
    Guitou. »
  9. Pierre de Giraut prenait le titre de seigneur de Serres, de Castecu et Doriolle, titre que prenait, avant lui (en 1493) « noble homme Arnaud de Landerroat, seigneur de la maison de Serres, de Castecu et d’Oriolle. » On a parfois appelé Pierre et ses descendants Guiraud pour Giraut. Je lis, par exemple, dans une savante Notice sur les Seigneurs de Labit issus des Lasseran Massencomme après la séparation de la branche de Monluc, par M. Soubdès, archiviste de la ville de Condom, manuscrit dont l’impression serait fort désirable « Les enfants du capitaine Labit (Jean de Lasseran Massencomme, seigneur de Labit) furent : 1º Blaise dont l’article est rapporté ci-après ; 2º Marguerite qui épousa Jehan Guiraud d’Auriolle. Dans leur contrat de mariage, en date du 3 juillet 1565, elle est dite Marguerite de Monluc, fille de feu Jehan de Monluc et de Marthe de Cassaignet, sieurs de Labit et Caupène. Elle procède avec le conseil de noble Blaise de Monluc, son frère. Le futur époux qui habite Sainte-Bazeille est dit fils de noble Pierre Guirault, seigneur d’Auriolle et de Castetcu, et de damoyselle Thonye de Beaupuy de Saint-Chamazy. » C’est évidemment par une faute d’impression que Giraud, déjà changé en Guiraud, devient Gibaut dans le Nobiliaire de Guyenne et de Gascogne (tom. III, p. 260) où il figure, à côté de Jehan de Landerroat, au rôle du ban et de l’arrière-ban de la Sénéchaussée du Bazadois, sous la date du 23 mai 1557. Revenons à Jean de Giraut, le mari de Marguerite de Monluc, pour dire que c’est de lui qu’il s’agit dans un mémoire relatif au feu mis à son château de Castecu, le dimanche 6 mars 1575, par une bande que commandaient trois consuls de Marmande, Pierre Bideau, Jacques Borges et Jean Grollier. On trouvera ce curieux document, rédigé par l’infortuné châtelain lui-même, dans la Notice sur Mauvezin (p. 564). La copie dont s’est servi l’historien de Mauvezin est précédée de ces lignes : « Ce qui s’ensuit a esté tiré d’un vieux livre de reconnaissances de feu Jean Giraud, écuyer, vivant seigneur de Castecu, lequel livre est au pouvoir de M. Fontainemarie, conseiller en la Cour des Aydes de Guyenne, seigneur dudit lieu. » Le récit de Jean de Giraut nous apprend que la maison brûlée par « ces poltrons de Consuls » par « cette vermine de gens » n’avait pas moins de trois étages. Excusons la vivacité des termes employés par un propriétaire indigné, écrivant pro domo sua.
  10. Fue, fuye, colombier.
  11. C’est-à-dire six journées de travail d’homme.
  12. Les divers documents relatifs à Castecu permettent d’ajouter à la liste déjà donnée des notaires da Marmande, les noms de Barret, Douhaud, Fau, Héniard, Mimaut, Prioret.
  13. Celle-ci se maria en secondes noces avec N… de Larquey, écuyer.
  14. C’est le mot par lequel, dans la langue populaire de la Gascogne, on désigne les terres incultes. Voir Bousigo dans le Dictionnaire de Mistral.
  15. Il y a ici un vide causé par la dent des souris.
  16. M. A Communay (Le Parlement de Bordeaux, p. 79, note 2) rappelle que Léonard de Massiot, seigneur de Longueville, fut d’abord secrétaire d’Antoine de Noailles, évêque de Dax, lors de l’ambassade de ce prélat à Constantinople. Il ajoute « La Seigneurie de Longueville, possédée tour à tour par les familles de Massiot, Daffis et de Pichon, était située en Agenais, à une lieue de Marmande. » Je compléterai cette note en disant que la terre et le château de Longueville appartinrent aux Monluc avant d’appartenir aux Massiot et qu’aujourd’hui le propriétaire en est M. M. Osmin Massias, gendre de Madame de Labarrre.
  17. Voici le début du procès-verbal : « Léonard Cougoulhe, juge ordinaire pour le Roy nostre Sire en jurisdictions royalles de St-Sauveur La Chapelle et Londres, commissaire en ceste partie deputté par Mgr de Nets, conseiller du Roy, en sa Cour des Aydes à Paris, commissaire par le Roy et par ladicte Cour deputté pour l’exécution de certains arrêts, donnés par ladicte Cour à la requeste du syndic du tiers Estat d’Agen sur le faict des tailles dudict pays.. » Léonard de Massiot reçoit en ce document les titres de « escuyer, seigneur de Castelcu et autres places, conseiller du Roy en sa Cour de parlement de Bourdeaux.. » On voit dans le procès verbal que les consuls de Marmande ont été convoqués le 5 novembre précédent « par devant le sieur Cougouilhe, au logis du Cheval blanc de ladite présente ville.. »
  18. Le nom de Isaac Bourgeois « procureur en la Cour de Marmande » figure au bas de la copie d’une sentence du 15 janvier 1697 rendue par Jean de Bastard, juge civil et criminel pour le Roy en la ville et juridiction de Marmande.
  19. La Curne de Sainte-Palaye traduit le mot Padouens par pâturages communs.
  20. Sur les Massiot à Longueville, voir une note de la Notice sur la ville de Marmande, p. 96.
  21. Le moulin de la Ma était situé auprès de la porte de la ville de Marmande connue sous le même nom. Voir sur ce moulin, possédé au XVIIIe siècle, par M. de Guyonnet de Monbalen, conseiller au parlement de Bordeaux, et qui existe encore (derrière la maison de Madame veuve Lacombe), le texte et une des notes (la 4me) de la page 113 de la Notice susdite
  22. J’ai eu sous les yeux un extrait des registres du bureau du domaine du Roy en la généralité de Guyenne, dont voici les premières lignes : C’est l’adveu et dénombrement que met et baille par devant vous Messieurs les presidents, trésoriers de France généraux des finances en Guyenne dame Anne de Massiot, femme de messire Jean Daffis, chevalier, conseiller du Roy en ses conseils, et président en la Cour de parlement de Bourdeaux à cause la maison noble de Castecu, » maison signalée comme tour carrée ou pavillon entouré de fossés. » Anne de Massiot, fille et et héritière de Léonard de Massiot et de Léonarde Mazard de Goulard, était veuve de Jacques de Lescure, seigneur de Saint-Fort, lorsque, le 14 août 1621, elle épousa Jean Daffis, dont elle eut deux filles : Catherine, mariée le 15 mars 1637 à François Artus Le Comte, le célèbre président de La Tresne, et Anne, qui, veuve de Gabriel Jaubert de Saint Gelais, se remaria à Bernard de Pichon, seigneur de Carriet, président au parlement de Bordeaux, dont les descendants devinrent barons de Pichon-Longueville. Voir Le parlement de Bordeaux par A. Communay, p. 79.
  23. Je donne quelques extraits de l’acte de vente : « Saichant tous que aujourdhuy 14me du mois de mars 1642 après midy, par devant moy Pierre de Godeaa, notaire royal à Bourdeaux et en Guyenne, a esté presante dame Anne de Massiot, veuve de feu Messire Jean Daffis, vivant chevalier, conseiller du Roy en ses conseils, et second president en sa cour de parlement de Bourdeaux, résidant en ladicte ville, paroisse de Puypaulin, laquelle dame pour elle et les siens a volontairement vendu, cedde, quitte, delaisse et transporte par ces presantes purement et simplement à perpétuité et à jamais à sieur Jean de Fontainemarie, bourgeois et habitant de la ville de Marmande absent, mais M. Jean de Fontainemarie, son fils, advocat en ladicte Cour, illec presant et acceptant la maison noble de Castetcu à ladicte dame de Massiot appartenante fiefs nobles et rentes en dependantes, consistant les dicts fiefs nobles au chasteau de Castetcu, metterie et autres bastiments, eyriaux, terres labourables, predz, baconnes, pastengs, bois, vignes, moulin à eau, moyennant le prix et somme de 12.000 livres tournoises. » Dans l’acte, je relève ces noms marmandais Arnaud Drouilhet, Jean Lalyman, juge de Longueville, Jean Sacriste, damoiselle de Pigousset, cette dernière évoquée à propos d’une pièce de vigne qu’eut Mme Daffis par la succession de la defunte, sa tante.
  24. La signification du 17 septembre 1695 s’adresse « à M. Jacques Faget, conseiller du Roi, maire dudit Marmande, à sieur Jean Coudroy, bourgeois, troisiesme consul de la dicte ville, et à sieur Guillaume Faget, conseiller du Roi, procureur de Sa Majesté et procureur syndic dudit Marmande. ». L’acte fut controllé à Marmande le lendemain 18 septembre par Heraud. Dans la seconde moitié du siècle suivant la nobilité de Castecu était encore contestée par les consuls de Marmande, comme le montre un extrait du livre de Jurade de cette ville, du 20 avril 1772 (Archives de M. Maurice Boisvert.) Il fut décidé par la jurade que l’affaire serait traitée de gré à gré. Les membres de l’assemblée sont : Perret, procureur du Roi, Brezetz, Coudroy, Lalyman, Dubrouilh, Labarchede, Marucheau, Fizelier, Couldroy. L’acte de Jurade est signé Bazin, greffier et secrétaire de la police.
  25. Toutes ces lacunes sont dues aux rongeurs déjà dénoncés.
  26. « La maison noble Doriolle de haut était anciennement appelée « de Serres, » selon une note des archives de M. Boisvert.
  27. Sur un feuillet détaché du cahier contenant le mémoire que l’on vient de lire, a été dressé le petit tableau généalogique de la famille de Giraut :
    Gervais Giraut, père de Pierre. Pierre Giraut, et Antonine Beaupuy, conjoints. Jean Giraut, leur fils, marié avec Marguerite Masencomme (sic). Georges Giraut, fils de Jean et de ladite Marguerite, petit-fils et héritier de Pierre et de la Beaupuy (sic). Anne, Jeanne et Louise Giraud, filles de Pierre, tantes de Georges et héritières de celui-ci.
  28. C’est-à-dire le cadran solaire.
  29. Nom de la grive dans le langage populaire méridional. On se souvient du mot enthousiaste d’Horace nil melius turdo. Le mot tourd figure dans le Glossaire de La Curne de Sainte-Palaye, mais non dans les dictionnaires d’Azaïs et de Mistral, Cependant, comme le remarquaient au siècle dernier les rédacteurs du Dictionnaire de Trévoux, le mot est surtout « en usage dans la Provence et dans le Languedoc. » J’ai trouvé la forme Tourde dans le Théâtre de l’Agriculture d’Olivier de Serres.
  30. J. de Fontainemarie ne veut pas dire qu’il établit une fondrière dans son bois, comme certains amis exagérés du pittoresque créent des semblants d’abîmes dans leurs parcs : il veut dire, au contraire, qu’il fit disparattre un enfoncement voisin de son habitation ; c’est ce qu’il appelle accomoder.
  31. Tuje, Toujo, nom de l’ajonc dans la langue populaire du Sud-Ouest. Mistral, dans Lou trésor dou félibrige, a cité sous le mot toujo quatre allègres et jolis vers de son précurseur Jasmin :

    Pastous de la raso placo,
    Al soun del tambourinet
    Avès franchit toujo e brano
    Per beire nostre Enriquet