Lord Jim/Chapitre XII

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Traduction par Philippe Neel.
Édition de la nouvelle revue française (p. 119-127).


XII


– « Tout n’était que silence aux alentours, aussi loin que l’oreille pût entendre. La brume des sentiments de Jim qui glissait entre nous paraissait agitée par ses débats intimes, et dans les éclaircies de ce voile immatériel, mon regard attentif le découvrait aussi net de contour et aussi évocateur d’aspirations confuses qu’un personnage symbolique de tableau. L’air frais de la nuit semblait faire peser sur nos membres tout le poids d’une dalle de marbre.

– « Je vois », murmurai-je, plutôt pour me prouver à moi-même que je pouvais m’arracher à ma torpeur que pour toute autre raison.

– « L’Avondale nous recueillit juste avant le coucher du soleil », reprit-il, péniblement ; « il venait droit sur nous ; nous n’avons eu qu’à l’attendre sans bouger. »

« Puis après un long silence : « Ils ont raconté leur histoire », fit-il ; et le silence étouffant retomba à nouveau. « C’est alors seulement », conclut-il enfin, « que je compris clairement ce que je voulais faire. »

– « Vous n’avez rien dit ? » murmurai-je.

– « Qu’aurais-je pu dire ? » me demanda-t-il, à voix basse aussi… « Un léger choc… On avait stoppé pour reconnaître les avaries… On avait pris toutes les mesures pour mettre les embarcations à l’eau sans susciter de panique… À peine le premier canot à flot, un coup de mer avait achevé le navire qui avait coulé comme un lingot de plomb… Que pouvait-on souhaiter de plus net ? » il baissa la tête, « … et de plus affreux ? » Ses lèvres tremblaient, tandis qu’il me regardait droit dans les yeux. « J’avais sauté, n’est-ce pas… » reprit-il avec une stupeur douloureuse, « … et c’est cette pensée-là avec laquelle il me fallait vivre ! Que m’importait leur histoire ?… » Il joignit un instant les mains, et jeta les yeux dans l’ombre, à droite et à gauche. « On aurait dit que nous détroussions les morts ! » balbutia-t-il.

– « Et il n’y a pas eu de morts ? » intervins-je.

« Il s’écarta brusquement de moi, sur ces mots. C’est la seule expression qui convienne à son mouvement. Je vis tout à coup son dos contre la balustrade. Il y resta quelques instants, comme s’il eût admiré la pureté et la paix de la nuit. Un massif de fleurs répandait dans l’air humide du jardin son parfum puissant. Jim revint vers moi à pas pressés.

– « Quelle importance cela avait-il ? » fit-il, avec un bel entêtement.

– « D’accord », admis-je. Je commençais à trouver qu’il me dépassait. Mais après tout, étais-je bien sûr de comprendre ?

– « Morts ou non, je ne pouvais me laver de cette souillure », expliqua-t-il ; « et il fallait bien que je vive, n’est-ce pas ? »

– « Évidemment… si vous l’entendez ainsi… » grommelai-je.

– « Oh, j’ai été heureux, bien sûr ! » admit-il, d’un ton négligent, et l’esprit occupé ailleurs. « Le scandale », ajouta-t-il lentement, en relevant la tête. « Savez-vous quel fut mon premier sentiment en apprenant la chose ? Ce fut un soulagement,… le soulagement de savoir que ces cris… Vous ai-je dit que j’ai entendu des cris ? Non ? Eh bien, je les ai entendus… Des cris d’appel, chassés par le vent avec l’averse. Imagination, sans doute… Et pourtant je ne puis guère… C’est stupide ; les autres n’ont rien entendu ; je le leur ai demandé plus tard. Ils ont tous dit non. Non ? Et pourtant, je les entendais encore, moi ! J’aurais dû savoir,… mais je ne réfléchissais pas ; j’écoutais seulement. Des cris très faibles, jour après jour… Puis ce petit métis est venu me parler. – « Le Patna… ; une canonnière française… ; remorqué jusqu’à Aden… ; enquête… ; Bureau de la Marine… ; Foyer des Marins… Tout était prêt pour notre table et notre gîte… » Je partis avec lui en jouissant du silence. Alors, il n’y avait pas eu de cris ? Pure imagination ? Il fallait bien le croire. Je n’entendais plus rien. Je me demande combien de temps j’aurais supporté… Cela devenait de pis en pis… je veux dire de plus en plus fort. »

« Il retomba dans sa rêverie.

– « Et je n’avais rien entendu ! Soit ! Mais les feux, les feux ! Ils avaient bien disparu ! Nous ne les avons plus revus ; ils n’étaient plus là ! S’ils y avaient été encore, je me serais jeté à la nage, je serais retourné au navire, j’aurais appelé, supplié que l’on me laissât remonter à bord… J’aurais eu une chance, au moins… Vous doutez de moi ?… Comment savez-vous ce que j’éprouvais ? Quel droit avez-vous de douter ? J’ai failli le faire… même sans rien voir, comprenez-vous ? » Sa voix faiblit. « Il n’y avait pas une lueur, pas la plus petite lueur », affirma-t-il, douloureusement. « Ne comprenez-vous pas que s’il y en avait eu une seule, vous ne m’auriez jamais vu ici ?… Vous me voyez, et vous doutez ! »

« Je fis un signe de dénégation. Cette question de la disparition des feux, pour un canot éloigné d’un quart de mille à peine, avait soulevé de nombreuses discussions. Jim affirmait catégoriquement n’avoir plus rien vu, une fois passée la première averse, et ses compagnons avaient fait la même déclaration aux officiers de l’Avondale. Naturellement, l’assistance hochait la tête avec des sourires. Un vieux capitaine assis près de moi au tribunal me chatouilla l’oreille de sa barbe blanche en me soufflant : – « Évidemment, il fallait qu’ils mentissent ! » Mais en fait, personne ne mentait, pas même le chef mécanicien, avec son histoire de feu de mât s’abîmant comme une allumette que l’on jette. Au moins n’était-ce pas, de sa part, mensonge conscient. Un homme agrémenté d’un foie comme le sien pouvait bien avoir vu une étincelle voler dans le coin de son œil, au moment où il jetait un regard furtif par-dessus son épaule. Bien qu’à portée du navire, ils n’avaient plus aperçu la moindre lumière, et ils avaient tiré de ce fait la seule explication plausible, c’est-à-dire que le bateau avait sombré. Consolante certitude. La rapidité du désastre qu’ils avaient prévu justifiait leur précipitation. Rien d’étonnant donc à ce qu’ils n’eussent pas songé à chercher d’autres explications. Et pourtant la véritable explication était bien simple ; à peine Brierly l’eut-il suggérée, que le tribunal cessa de s’occuper de la question. Le navire était arrêté, si vous vous en souvenez, et gardait la direction de sa route nocturne ; la réplétion du compartiment antérieur de la cale l’avait fait pencher, avec son arrière très haut, et son avant plongé profondément dans l’eau. Ainsi désemparé, il fit tête au vent, dès que la rafale l’atteignit par la hanche, avec autant de netteté que s’il eût été à l’ancre et ce changement de position fit en un instant, disparaître tous ses feux à la vue du canot poussé par la bourrasque. Les feux, si les fuyards les eussent aperçus, auraient peut-être agi sur eux comme une muette prière ; leur éclat, noyé dans l’ombre du nuage, aurait pu avoir cette puissance mystérieuse du regard humain qui sait éveiller les sentiments de remords et de pitié. Ils auraient dit : « Nous sommes ici… encore ici ! » et que peut dire de plus le regard du plus abandonné des hommes ? Mais le navire leur avait tourné le dos, comme pour signifier son dédain de leur sort ; lourdement, il avait fait volte-face, et regardé courageusement le nouveau péril de la mer auquel il avait si étrangement survécu, pour terminer ses jours dans un chantier de démolition, comme s’il eût été à l’avance, voué à une mort obscure. Quant aux pèlerins, je ne saurais dire quelles fins diverses leur avaient été assignées, mais le lendemain matin, un immédiat avenir plaça sur leur route une canonnière française qui rentrait de la Réunion. Le rapport de son capitaine était tombé dans le domaine public. Il s’était légèrement écarté de sa direction, pour voir ce qui pouvait être arrivé à ce vapeur qui plongeait dangereusement de l’avant sur une mer calme et brumeuse. Un pavillon en berne flottait à la corne d’artimon (le serang avait eu l’intelligence de hisser, à l’aube, ce signal de détresse), mais, à l’avant, les coqs préparaient le déjeuner comme à l’habitude. Les ponts étaient encombrés comme des parcs à moutons ; il y avait des gens perchés tout le long des lisses et entassés en masses compactes sur la passerelle ; des centaines d’yeux regardaient, mais il ne s’éleva pas un bruit quand la canonnière se rangea par le travers, comme si cette multitude de lèvres eût été scellée par un enchantement.

« Le capitaine de la canonnière héla le navire sans en obtenir de réponse intelligible ; après s’être assuré avec sa jumelle que cette foule de passagers ne paraissait pas décimée par une infection pestilentielle, il se décida à détacher une de ses embarcations. Deux officiers montèrent à bord du Patna, parlementèrent avec le serang, et s’efforcèrent de s’entendre avec l’Arabe, sans pouvoir démêler quoi que ce fût dans leur récit ; en tout cas, l’urgence des secours apparaissait avec évidence. Ils furent très frappés par la découverte du corps d’un blanc mollement étendu sur la passerelle et « fort intrigués par ce cadavre », comme me l’expliquait, bien des années plus tard, un vieux lieutenant français, que le hasard d’un après-midi m’avait fait rencontrer dans une espèce de café de Sydney, et qui se rappelait parfaitement l’histoire. D’ailleurs, soit dit en passant, cette affaire-là paraissait douée d’une extraordinaire puissance pour braver fuite du temps et défauts de mémoire ; elle semblait garder une sorte de vitalité sinistre dans l’esprit des hommes, et rester sur le bout de leurs langues. J’ai eu le douteux plaisir de la rencontrer bien souvent, des années plus tard, à des milliers de lieues, de la voir surgir de la conversation la plus banale et ramenée à la surface par les plus lointaines allusions. N’est-ce pas encore le fait, ce soir, entre nous ? Et je suis pourtant le seul marin ici, le seul chez qui elle éveille des souvenirs. Deux hommes inconnus l’un de l’autre, mais au courant tous deux de cette affaire-là, ne pouvaient se rencontrer sur un coin du monde, sans qu’avant leur séparation, l’histoire ne surgît entre eux avec la fatalité du destin. Je n’avais jamais vu ce Français, et une heure plus tard, nous nous quittions pour la vie ; il ne paraissait pas bien bavard ; c’était un gros homme paisible, à l’uniforme râpé, qui se tenait, d’un air somnolent, devant un verre à demi plein d’un liquide noirâtre. Il portait des épaulettes un peu ternies ; ses joues rasées étaient larges et blêmes ; on aurait dit un de ces hommes qui aiment à priser, vous savez. Je n’affirme pas qu’il prisât, mais le geste lui aurait convenu. Il commença par me tendre, par-dessus la table de marbre, un numéro des Nouvelles du Pays dont je n’avais nulle envie. Je dis : « Merci ! » nous échangeâmes quelques réflexions apparemment innocentes, et tout à coup, sans que je puisse me rappeler comment la chose se fit, nous nagions en plein dans l’histoire, et il me disait combien ils avaient été « intrigués par ce cadavre ». Il était, paraît-il, un des officiers désignés pour monter à bord du Patna.

« Dans l’établissement où nous nous trouvions, on servait toutes sortes de boissons exotiques, à l’usage des officiers marins de passage ; mon compagnon prenait, de temps en temps, une gorgée de la drogue noirâtre, à aspect pharmaceutique, qui n’était sans doute pas plus redoutable qu’un modeste cassis à l’eau ; il gardait un œil sur son verre et hochait doucement la tête. – « Impossible de comprendre, vous concevez », m’expliquait-il, avec un singulier mélange de détachement et de réflexion. Et je n’avais pas de peine à me représenter, en effet, cette impossibilité de comprendre. Aucun des marins de la canonnière ne possédait assez d’anglais pour débrouiller l’histoire bredouillée par le serang. On menait grand tapage aussi, autour des deux officiers. – « Ils se pressaient contre nous ; il y avait un cercle autour de ce mort », poursuivait-il. « Il fallait voir au plus pressé ; ces gens-là commençaient à s’agiter. Parbleu ! une foule pareille, voyez-vous ! » murmurait-il, avec une indulgence philosophique. Pour ce qui est de la cloison, il avait averti son chef que le plus sûr était de la laisser tranquille, tant elle avait vilaine mine. On installa en toute hâte deux haussières, et l’on prit le Patna en remorque, en le tirant par l’arrière, ce qui n’était pas absurde, en l’occurrence, puisque le gouvernail sortait trop de l’eau pour pouvoir servir à grand-chose, et que cette manœuvre soulageait la cloison, dont l’état, m’expliquait l’officier avec une volubilité placide, « exigeait les plus grands ménagements. » Je ne pus m’empêcher de penser que mon interlocuteur avait dû formuler son avis sur toutes ces dispositions ; on le sentait bon officier, malgré une activité ralentie, et il faisait bien figure de marin bien que, avec ses gros doigts noués sur le ventre, il rappelât un de ces paisibles prêtres de campagne au nez barbouillé de tabac, dont les oreilles ont accueilli l’aveu des péchés, des souffrances, des remords de générations de paysans, et dont le visage porte une expression simple et calme, comme un voile jeté sur le mystère des détresses et des douleurs. Il aurait dû porter une soutane noire râpée, soigneusement boutonnée jusqu’à son ample menton, plutôt que la tunique à épaulettes et à boutons de cuivre. Sa large poitrine se soulevait régulièrement, tandis qu’il poursuivait son récit. Il me disait que cette affaire avait été une aventure du diable, – « comme vous pouvez vous le figurer, sans doute, en votre qualité de marin ». Il se pencha vers moi à la fin de sa phrase et plissa ses lèvres rasées, pour en laisser sortir l’air avec un petit sifflement. « Heureusement », expliqua-t-il, « la mer était plate comme cette table, et il n’y avait pas plus de vent qu’ici. » La pièce me semblait, en effet, intolérablement chaude et étouffante ; le visage me brûlait comme si j’eusse été assez jeune pour me trouver embarrassé et rougissant. Naturellement la canonnière avait mis le cap sur le port anglais le plus proche, où, Dieu merci, leur responsabilité avait cessé… Il gonflait légèrement ses joues plates… « Parce que, notez-le bien, pendant tout le temps de la remorque, nous avions laissé deux quartiers-maîtres près des haussières, haches en main, pour trancher le câble au cas où… « Le mouvement des lourdes paupières qu’il abaissait me fit parfaitement comprendre le sens de ses paroles… « Que voulez-vous ? On fait ce qu’on peut ! » et, pendant un instant, il sut donner à son immobilité pesante un air de résignation. « Deux quartiers-maîtres… trente heures… toujours sur le qui-vive ! Deux ! » répéta-t-il, en levant doucement sa main droite et en soulevant deux doigts. C’est le premier geste que je lui eusse vu faire, le premier. Ce fut pour moi l’occasion de noter sur le dos de sa main une cicatrice étoilée, reliquat manifeste d’un coup de feu ; et comme si ma vue eût été aiguisée par cette découverte, j’aperçus aussi sur le côté de sa tête, la trace d’une vieille blessure, qui commençait un peu au-dessous de la tempe, pour se perdre dans les cheveux courts et grisonnants, et qui devait être due à une éraflure de sabre ou à un coup de lance. Il joignit à nouveau les mains sur son ventre. « J’étais resté à bord de ce… de ce… ma mémoire s’en va… Ah ! Patina ; c’est bien ça… Patt-na. Merci ! C’est drôle comme on oublie ! Je suis resté sur ce bateau-là pendant trente heures… ! »

– « Pas possible ! » m’écriai-je. Les yeux toujours baissés sur ses mains il plissa doucement ses lèvres, mais sans siffloter, cette fois. – « On avait jugé convenable », expliqua-t-il en levant tranquillement les sourcils, « de faire rester un des officiers pour ouvrir l’œil… » ; il eut un lent soupir… « et pour communiquer par signaux avec la canonnière, comprenez-vous ? D’ailleurs c’était mon opinion. Nous avions préparé toutes nos embarcations, et moi aussi, sur ce navire, j’avais pris toutes les mesures utiles… Enfin ! On a fait son possible. C’était une situation délicate. Trente heures ! On me prépara mon repas. Mais pour ce qui est du vin, va te faire fiche ; pas une goutte ! » De façon singulière, sans rien changer à l’inertie ou à la placidité de son visage, il sut faire passer sur ses traits les marques d’un profond dégoût. « Moi, vous savez, quand il s’agit de manger sans mon verre de vin, il n’y a rien de fait ! »

« Je craignais de le voir s’étendre sur ce douloureux grief, car il savait, sans un mouvement des membres ou un pli du visage, exprimer l’irritation que lui causait ce souvenir. Mais il parut l’oublier tout à coup. La canonnière avait remis le navire aux « autorités du port », comme il disait, et il avait été frappé du calme avec lequel on avait accepté cet étrange dépôt. – « C’était à croire qu’on leur apportait tous les jours une drôle de trouvaille comme celle-là. Vous êtes extraordinaires, vous autres ! » concluait-il, sans paraître lui-même, avec son dos appuyé au mur, plus fait pour exprimer l’émotion qu’un sac de farine. Il y avait dans le port, à ce moment-là, un cuirassé et un vapeur de la flotte de l’Inde, et mon compagnon ne cachait pas son admiration pour la façon expéditive dont les équipages de ces deux navires avaient débarrassé le Patna de ses passagers. D’ailleurs, son attitude somnolente ne dissimulait rien de ses sentiments ; elle avait cette faculté singulière et presque miraculeuse, qui est le dernier mot du grand art, d’obtenir des effets par des moyens impossibles à déceler. « Vingt-cinq minutes, montre en main,… vingt-cinq minutes, pas davantage ! »… Il dénoua, puis renoua ses doigts, sans ôter les mains de son ventre, en un geste infiniment plus expressif que s’il eût, d’émerveillement, levé les bras au ciel. « Tout ce monde à terre… avec deux petites barques… Plus personne à bord, qu’un piquet de la flotte, et cet intéressant cadavre… Vingt-cinq minutes ! » Avec ses paupières baissées et sa tête légèrement inclinée de côté, il semblait rouler en connaisseur un beau morceau de travail sur sa langue. Il vous persuadait, sans plus de démonstrations, que son approbation avait une appréciable valeur. Il retomba dans son immobilité à peine rompue et me conta qu’ayant des ordres pour rallier Toulon au plus vite, la canonnière était repartie deux heures plus tard « de sorte qu’il y a bien des choses, dans cet épisode de ma vie, qui sont restées obscures pour moi. »