Lord Jim/Chapitre XXV

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Traduction par Philippe Neel.
Édition de la nouvelle revue française (p. 216-224).


XXV


– « C’est ici que je suis resté trois jours prisonnier, me soufflait-il, lors de notre visite au Rajah, pendant que nous traversions lentement la cour de la maison de Tunku-Allang, devant une foule d’indigènes pétrifiés de respectueuse terreur. – « Ignoble endroit, n’est-ce pas ? Et il fallait que je fisse un vacarme du diable pour avoir quelque chose à manger : encore ne m’apportait-on qu’une petite assiette de riz, et un poisson frit gros comme une épinoche… Ah ! les brigands, par Jupiter ! Ai-je eu assez faim, à rôder dans cette enceinte puante, avec ces vagabonds-là qui venaient me fourrer leurs binettes jusque sous le nez ! À la première sommation, j’avais rendu votre fameux revolver, trop heureux d’être débarrassé du maudit objet ! J’avais l’air d’un idiot, à marcher avec une arme vide à la main ! » À ce moment, nous arrivâmes devant la présidence, et mon Jim se fit tout immuable gravité et tout compliments pour l’homme dont il avait été le prisonnier. Oh ! c’était magnifique ! J’ai encore envie de rire, quand j’y pense. Mais j’étais impressionné, aussi. Le vieux gredin de Tunku-Allang ne pouvait s’empêcher de laisser paraître sa terreur (ce n’était pas un héros malgré toutes les histoires de son ardente jeunesse qu’il aimait raconter), et laissait percer en même temps, à l’endroit de son ancien prisonnier, une sorte de confiance attentive. Voyez ! Ceux-là mêmes qui l’exécraient le plus, avaient foi en lui. Jim, à ce qu’il me parut comprendre, profitait de notre visite pour lancer quelques admonestations. De pauvres villageois avaient été attaqués et détroussés, en allant chez Doramin avec des gâteaux de gomme ou de cire d’abeille qu’ils voulaient troquer contre du riz. – « C’est Doramin, le voleur ! » éclata le Rajah. Une furieuse colère faisait trembler son corps frêle. Incarnation de la rage impuissante, il s’agitait frénétiquement sur sa natte, gesticulait des pieds et des mains et secouait les mèches emmêlées de sa tignasse. Il y avait, autour de nous, un cercle de prunelles dilatées et de mâchoires tombantes. Jim se remit à parler résolument, froidement, insistant sur ce fait qu’aucun homme ne devait être empêché de gagner sa vie et celle de ses enfants. Accroupi en tailleur sur son estrade, une main sur chaque genou et la tête basse, l’autre regardait le jeune homme, à travers les cheveux gris qui lui tombaient sur les yeux. Lorsque Jim eut achevé, un grand silence s’établit ; on aurait dit que personne ne respirait plus, et il n’y eut pas un bruit, jusqu’à ce que le vieux Rajah, relevant la tête avec un faible soupir, regardât droit devant lui, en disant vivement : – « Vous entendez, vous autres ? Plus de ce petit jeu-là ! » Ce décret fut accueilli dans un profond silence. Un gros individu aux yeux intelligents, au visage large, osseux et très brun, homme de confiance, évidemment, à la mine obligeante et joviale (je sus plus tard que c’était le bourreau), nous présenta deux tasses de café sur un plateau de cuivre qu’il prit aux mains d’un serviteur subalterne. – « Vous n’êtes pas obligé de boire ! » me souffla vivement Jim. Je ne compris pas tout de suite le sens de ses paroles et le regardai. Il buvait une bonne gorgée et restait tranquillement assis, la soucoupe dans la main gauche. Je me sentis fort ennuyé. – « Pourquoi diable » lui glissai-je avec un sourire aimable, « m’exposez-vous à un danger aussi stupide ? » Je bus naturellement (car il n’y avait pas de choix), sans qu’il fît un signe quelconque, et nous prîmes presque aussitôt congé. Tandis que nous traversions la cour, pour regagner notre canot, sous la conduite de l’intelligent et jovial bourreau, Jim m’exprima ses regrets. C’était un risque minime, à coup sûr, et pour sa part, il ne s’inquiétait guère du poison ; un danger insignifiant. On le tenait, m’affirma-t-il, pour infiniment plus utile que dangereux, de sorte que… – « Mais le Rajah a une frousse abominable de vous ; c’est bien facile à voir… » affirmai-je avec une certaine aigreur, je l’avoue, et sans cesser de me tâter avec inquiétude, en guettant le premier tiraillement de quelque sinistre colique. J’étais parfaitement écœuré. – « Si je veux faire un peu de bien ici et y garder ma situation », m’expliqua Jim, en s’asseyant près de moi dans le canot, « il faut que je coure ce risque-là. Je m’y soumets une fois par mois, au moins. Bien des gens attendent de moi ce geste… et je le fais pour eux. La frousse ! Justement ! Il a peur de moi, très probablement, parce que moi, je n’ai pas peur de son café ! Et me montrant sur la façade nord de l’enceinte un point où les sommets pointus de quelques pieux étaient brisés : « Voilà par où j’ai sauté, le troisième jour qui suivit mon arrivée à Patusan. On n’a pas encore remplacé les pieux. Un beau saut, n’est-ce pas ? » Un instant après, comme nous passions devant une petite anse boueuse : « Et c’est ici que j’ai fait le second. Je courais et j’ai pris de l’élan ; mais je n’ai pas sauté assez loin. J’ai bien cru y laisser ma peau ! J’ai perdu mes souliers en me débattant. Et tout le temps, je me représentais combien il serait odieux de recevoir un coup de leurs maudites lances, pendant que je m’agitais dans cette vase. Écœurement est le mot ! c’était comme si j’eusse mordu dans de la pourriture ! »

« Voilà ce qui s’était passé, et tout le temps la chance courait à côté de lui, sautait par-dessus l’obstacle, pataugeant dans la boue… et gardait toujours son voile ! La brusquerie de son arrivée inopinée était, vous le comprenez bien, la seule circonstance qui l’eût sauvé d’être dépêché à coups de kris au fond de la rivière. On le tenait, mais c’était comme si on eût mis la main sur une apparition, un fantôme, un spectre annonciateur de désastres. Que signifiait cette apparition et qu’en faire ? Était-il trop tard pour se concilier cet homme ? Ne valait-il pas mieux le tuer sans plus de tergiversations ? Mais qu’arriverait-il alors ? À moitié fou d’appréhension et d’incertitude, le misérable vieil Allang ne savait prendre aucune décision. Le conseil fut plus d’une fois interrompu et les conseillers se précipitèrent à la débandade, vers la porte et sur la véranda. L’un d’eux même, paraît-il, sauta par terre de quinze pieds de hauteur, et se cassa la jambe. Le gouverneur royal du Patusan avait de singulières façons : l’une d’elles consistait à entremêler les discussions ardues d’un fatras de vantardises et à si bien se monter la tête, qu’il finissait par sauter de son siège, un kris à la main. Mais, à part de telles interruptions, les délibérations concernant le sort de Jim se poursuivaient jour et nuit.

« Lui, cependant, se promenait dans la cour, objet de terreur pour les uns, de curiosité pour les autres, mais étroitement surveillé par tous, et pratiquement à la merci du premier maroufle venu, qui fût entré avec un couteau dans cette enceinte. Il avait pris possession d’une hutte délabrée pour y dormir ; les odeurs de détritus et de pourriture l’incommodaient fort, mais il faut croire qu’il n’avait pas, pour cela, perdu l’appétit, car il me disait avoir eu faim tout le temps. De temps à autre, « un idiot à l’air important » accourait vers lui, de la part du conseil, et lui infligeait, avec un accent sucré, un interrogatoire stupéfiant. – « Les Hollandais allaient-ils venir s’emparer du pays ? Le blanc ne voulait-il pas redescendre la rivière ? Quelle idée avait pu le pousser à venir dans un pays aussi misérable ? Le Rajah voulait savoir si le blanc savait réparer une montre ? » et on lui apporta, en effet, un réveil en nickel, venu de la Nouvelle-Angleterre, dont, par intolérable ennui, il s’évertua à faire marcher la sonnerie. C’est sans doute pendant qu’il s’occupait ainsi, dans sa cabane, que le frappa l’idée de son extrême danger. Il lâcha le réveil « comme une pomme de terre trop chaude », et sortit vivement dans la cour, sans la moindre idée de ce qu’il voulait ni même de ce qu’il pouvait faire. Il savait seulement que la situation était intolérable. Il se promenait machinalement devant une sorte de petit grenier en ruine, juché sur des piquets, lorsque ses yeux tombèrent sur les pieux brisés de la palissade. Alors, me racontait-il, du premier coup, sans aucun travail mental, pour ainsi dire, et sans trace d’émotion, il décida de fuir, comme s’il eût mis à exécution un plan mûri pendant un mois. Il fit quelques pas, d’un air détaché, pour se donner du champ, et vit, en se retournant, un dignitaire s’approcher de lui, avec deux porteurs de lance, pour lui poser une question. Bondissant sous le nez du bonhomme, il s’envola comme un oiseau, et retomba de l’autre côté de la palissade avec un choc qui ébranla tous ses os et faillit lui faire éclater la tête. Il se releva immédiatement. Il ne pensait à rien ; tout ce dont il se souvenait, c’était d’un grand cri : les premières maisons de Patusan étaient devant lui, à quatre cents mètres ; il vit la petite anse, et, machinalement, pour ainsi dire, força encore l’allure. La terre volait sous ses pieds. Il prit son élan sur le dernier point solide, se sentit enlevé dans l’air et se trouva, sans le moindre choc, planté tout droit dans un banc de vase affreusement molle et gluante. C’est seulement en essayant de remuer les jambes, et en s’apercevant qu’il ne pouvait le faire, que, selon ses propres paroles, « il revint à lui ». Il se mit à penser aux « maudites longues lances ». En fait, la nécessité où se trouvaient les poursuivants de courir à la porte de l’enceinte, de gagner l’embarcadère, de monter dans leurs canots, et de contourner une pointe de terre, lui donnait plus d’avance qu’il ne l’imaginait. De plus, la marée était basse, et sans être complètement à sec, la crique n’avait pas d’eau, ce qui mettait provisoirement Jim à l’abri de toute atteinte ; seul un javelot, lancé de très loin, aurait peut-être pu le toucher. La rive et le sol ferme ne se trouvaient qu’à six pieds environ de lui.

– « J’ai bien cru que j’allais mourir là tout de même », me dit-il. Il allongeait les bras, s’agrippait, et ne réussissait qu’à entasser contre sa poitrine et jusqu’à son menton une masse horriblement froide et visqueuse de vase. Il sentait qu’il allait s’enliser tout vif, et il se mit à faire des gestes frénétiques, en éclaboussant, à coups de poing, la boue qui retombait sur sa tête, sur son visage, dans ses yeux, dans sa bouche. Il se souvint, tout à coup, de la cour, comme on se souvient d’un endroit où l’on a été très heureux, des années auparavant. Il rêvait, me disait-il, de s’y retrouver, penché sur son réveil… Sur son réveil, voilà son idée… Il faisait des efforts prodigieux, spasmodiques, forcenés, des efforts qui paraissaient faire éclater ses yeux dans leurs orbites et le rendre aveugle, des efforts qui aboutirent à un suprême et puissant effort dans l’ombre, pour fendre en deux la terre, pour lui arracher ses membres. Et tout à coup, il se sentit avancer dans la vase. Puis il se retrouva couché de tout son long sur la terre ferme, et il vit la lumière, le ciel. Alors, comme une pensée bienheureuse, une idée de dormir l’envahit. Et il soutient qu’il dormit, en effet, qu’il dormit peut-être une minute, peut-être vingt secondes ou une seconde seulement, mais il se rappelle nettement le sursaut convulsif et violent de son réveil. Il resta un instant immobile, puis se dressant, couvert de vase de la tête aux pieds, il se tint debout, avec la pensée qu’il était seul de son espèce, seul à des centaines de milles de ses pareils, sans espoir, sans sympathie, sans pitié à attendre de personne, comme un animal traqué. Les premières maisons n’étaient pas à plus de vingt pas, et c’est un cri d’épouvante qui le tira de sa torpeur : une femme, devant lui, s’efforçait de fuir avec son enfant. Il se rua tout droit, en chaussettes, couvert d’une carapace de boue, qui lui ôtait toute apparence humaine. Il traversa plus de la moitié de la ville. Alertes, les femmes couraient à droite et à gauche ; les hommes, plus lents, laissaient tomber tout ce qu’ils tenaient à la main, et restaient pétrifiés, la mâchoire tombante. Jim était une terreur volante. Il vit des petits enfants qui cherchaient à fuir mais tombaient sur le ventre en agitant les jambes. Il grimpa une côte, entre deux maisons, escalada une barricade d’arbres abattus (il n’y avait pas de semaine sans combats à Patusan, dans ce temps-là), passa, en crevant une clôture, dans un champ de maïs, où un jeune garçon épouvanté lui lança un bâton, s’engagea dans un sentier et tomba tout à coup sur un groupe d’hommes stupéfaits. Il lui restait juste assez de souffle pour haleter : « Doramin ! Doramin ! » Moitié poussé, moitié porté jusqu’au sommet de la côte, il pénétra dans un vaste enclos planté de palmiers et d’arbres fruitiers, et se trouva en présence d’un gros homme pesamment assis dans un fauteuil, au milieu de l’agitation et de l’émotion la plus prodigieuse. Fouillant dans ses vêtements et dans la boue pour atteindre l’anneau, il se sentit soudain couché sur le dos, et se demanda qui l’avait ainsi jeté sur le sol. En fait, on l’avait tout simplement lâché, comprenez-vous, mais il ne se tenait plus. Au pied de la côte, quelques coups de feu partaient au hasard, et sur les toits de la colonie passait une sourde rumeur d’épouvante. Mais Jim était en sûreté. Les serviteurs de Doramin barricadaient les portes et lui versaient de l’eau dans la gorge ; pleine de sollicitude et de compassion, la vieille épouse de Doramin lançait des ordres aux servantes d’une voix aiguë. – « La bonne vieille s’empressait autour de moi comme si j’eusse été son enfant », m’expliquait Jim. « On me mit dans un lit immense, son propre lit de parade ; elle entrait et sortait de la chambre en s’essuyant les yeux, et s’approchait de mon lit pour me donner de petites tapes sur le dos. Je devais être un objet pitoyable ! Je ne sais combien de temps je suis resté là, comme une souche. »

Il paraissait nourrir une grande tendresse pour la vieille femme. Elle, de son côté, s’était prise pour lui d’affection maternelle. Elle avait un visage rond et doux, couleur de noisette, et couvert de rides menues, avec des lèvres épaisses, d’un rouge vif (elle mâchait assidûment le bétel), et des yeux tirés, clignotants et bons. Toujours en mouvement, elle grondait et menait sans cesse une troupe de jeunes femmes, à visage brun clair et à grands yeux graves, filles, servantes ou esclaves. Vous savez ce qu’il en est dans ces grandes maisons ; il est généralement impossible de faire la distinction. Elle était très économe et son ample manteau même, qu’attachaient sur sa poitrine des agrafes ornées de pierreries, paraissait un peu fripé. Ses pieds bruns et nus étaient chaussés de sandales de paille jaune, de fabrication chinoise. Je l’ai vue moi-même vaquer à ses occupations avec ses longs cheveux gris et très gros tombant sur les épaules. Elle prononçait des paroles empreintes d’un bon sens avisé, était de noble naissance et se montrait excentrique et arbitraire. L’après-midi, assise en face de son mari dans un fauteuil très large, elle regardait longuement par une vaste baie percée dans le mur, qui commandait une vue étendue de la ville et de la rivière.

« Elle repliait toujours ses pieds sur son siège, tandis que le vieux Doramin reposait carrément, imposant comme une montagne assise sur une plaine. Il appartenait seulement à la classe « Nakhoda » ou commerçante, mais le respect qu’on lui témoignait et la dignité de son attitude étaient très frappants. Il était le chef du second pouvoir au Patusan. Les émigrants des Célèbes (une soixantaine de familles qui, avec serviteurs et familiers pouvaient fournir quelque deux cents hommes « portant le kris ») l’avaient, depuis des années, choisi comme chef. Les hommes de cette race sont intelligents, entreprenants, vindicatifs, font montre d’un courage plus franc que les autres Malais, et supportent l’oppression avec impatience. Ils constituaient le parti d’opposition au Rajah. Les querelles étaient motivées par des questions commerciales, cause primordiale des combats de factions et des explosions soudaines qui remplissaient de fumée, de flammes, de coups de feu et de cris telle ou telle partie de la colonie. Des villages brûlaient ; des hommes, traînés dans l’enceinte du Rajah, y étaient tués ou torturés pour avoir fait du négoce avec d’autres que lui. Un jour ou deux seulement avant l’arrivée de Jim, et dans le village même de pêcheurs qu’il devait prendre plus tard sous sa protection spéciale, plusieurs chefs de maison avaient été précipités du haut des falaises, par un parti de lanciers du Rajah, sur le soupçon d’avoir récolté des nids comestibles pour un négociant des Célèbes. Le Rajah Allang prétendait faire seul du commerce dans le pays, et punissait de mort tous ceux qui attentaient à ce monopole, mais ses notions de commerce étaient assez difficiles à distinguer des formes les plus banales du vol. Sa cruauté et sa rapacité avaient pour seule limite sa couardise, et il avait peur du parti organisé des hommes des Célèbes ; seulement, jusqu’à l’arrivée de Jim, il n’avait pas eu assez peur pour se tenir tranquille. Il les frappait en frappant ses propres sujets et se croyait sincèrement dans son droit. La situation était encore compliquée par la présence d’un étranger, un métis Arabe qui, pour des motifs purement religieux, je crois, avait incité à la révolte des tribus de l’intérieur (les peuples des bois, comme disait Jim), et s’était installé dans un camp fortifié, au sommet d’une des montagnes jumelles. Il menaçait de là la ville de Patusan comme un faucon qui plane sur une basse-cour, et dévastait tout le pays d’alentour. Des villages abandonnés pourrissaient sur leurs poteaux noircis au bord des torrents clairs ; ils laissaient par bribes tomber à l’eau l’herbe de leurs murs, les feuilles de leur toit, et ces ruines prenaient un singulier aspect de décrépitude naturelle, comme si elles eussent été une forme de végétation frappée par la maladie dans sa racine même. Les deux partis du Patusan ne savaient pas très bien lequel d’entre eux ce troisième partisan préférait plumer. Le Rajah intriguait sourdement avec lui. Certains des colons Bugis, las d’une éternelle insécurité, songeaient un peu à l’appeler à la rescousse. Les plus audacieux d’entre eux disaient en riant qu’ils allaient charger le Chérif Ali de chasser du pays, à l’aide de ses sauvages, le Rajah Allang. Doramin avait peine à les contenir. Il vieillissait, et bien que son autorité demeurât intacte, la situation commençait à le déborder. Tel était l’état des affaires, lorsque, échappé de la cour du Rajah, Jim arriva devant le chef des Bugis, montra son anneau, et fut, pour ainsi dire, reçu dans le cœur de la communauté. »