SUR LES
INTÉGRALES PARTICULIÈRES
DES
ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES[1].
(Nouveaux Mémoires de l’Académie royale des Sciences et Belles-Lettres
de Berlin, année 1774.)
Dans un Mémoire de feu M. Clairaut, imprimé parmi ceux de l’Académie des Sciences de Paris pour l’année 1734, on trouve cette remarque singulière, qu’il y a des équations différentielles qu’on peut intégrer par la différentiation, et que les intégrales trouvées de la sorte ne sont jamais comprises dans les intégrales complètes que donnent les règles ordinaires de l’intégration, quoique d’ailleurs ces mêmes intégrales satisfassent aux équations différentielles proposées et résolvent très-bien les Problèmes géométriques qui conduisent à ces équations (voyez les Mémoires de 1734, pages 209 et suivantes).
M. Euler a mis ensuite ces deux espèces de paradoxes dans un plus grand jour, et il les a confirmés par différents Exemples tirés de la Géométrie c’est le sujet d’un Mémoire donné à cette Académie et imprimé dans le volume de 1756 sous le titre d’Exposition de quelques paradoxes dans le Calcul intégral. Ce grand Géomètre avait aussi déjà remarqué, dans sa Mécanique, qu’il y a souvent des solutions particulières qui échappent à la solution générale, et il avait même donné une formule pour trouver ces solutions particulières dans un grand nombre de cas (voyez Mechanica, tome II, Articles 268, 303, 335) ; mais ni M. Clairaut ni M. Euler n’avaient encore cherché les moyens de reconnaître à priori si une équation finie qui satisfait à une équation différentielle donnée est comprise ou non dans l’intégrale complète de cette équation différentielle, sans connaître cette intégrale.
Ce Problème, qui est d’une grande importance dans la Théorie du Calcul intégral, a depuis été résolu par M. Euler dans le premier volume de son Calcul intégral. M. d’Alembert s’en est occupé aussi et en a rendu la solution plus rigoureuse et plus générale dans les Mémoire de l’Académie des Sciences de Paris, année 1769 (voyez pages 84 et suivantes). On trouve de plus quelques principes généraux sur le même sujet dans les Ouvrages de M. le Marquis de Condorcet (voyez son Calcul intégral, page 67, les Mémoires de Turin, tome IV, pages 7 et suivantes). Enfin je viens de lire un Mémoire sur les solutions particulières des équations différentielles, que M. de Laplace a donné depuis peu à l’Académie des Sciences, et qui doit paraître dans le volume de 1772, mais dont l’Auteur a bien voulu m’envoyer d’avance un exemplaire imprimé. Dans ce Mémoire, M. de Laplace perfectionne et étend plus loin la théorie déjà connue des solutions particulières, et, ce que personne n’avait encore fait, il donne des méthodes pour trouver directement toutes les solutions particulières qui peuvent satisfaire à une équation différentielle donnée, et qui ne seraient point comprises dans la solution générale de cette équation.
Cette lecture a réveillé d’anciennes idées que j’avais sur la même matière et a occasionné les recherches suivantes, dans lesquelles je me flatte de pouvoir présenter aux Géomètres une Théorie nouvelle et complète sur le point d’Analyse dont il s’agit.
Article Ier. — Des intégrales particulières des équations différentielles du premier ordre à deux variables, et de la manière de les déduire des intégrales complètes.
1. J’entends, en général, par intégrale complète d’une équation différentielle du premier ordre, une équation finie qui satisfait à cette équation différentielle et qui renferme une constante arbitraire ; si l’on donne à cette constante une valeur déterminée, l’intégrale devient alors incomplète, parce qu’elle ne renferme plus de constante arbitraire ; mais elle sera toujours comprise dans l’intégrale complète. Les intégrales particulières dont nous allons traiter ici sont celles qui, ne renfermant point de constante arbitraire, ne sont pas non plus comprises dans l’intégrale complète, et par conséquent échappent à la méthode ordinaire d’intégration. Par exemple, l’intégrale complète de l’équation

est

ou bien

étant une constante arbitraire. Si l’on donnait à
une valeur déterminée quelconque, comme si l’on faisait
on aurait

qui serait une intégrale incomplète ; mais l’équation précédente, malgré la constante arbitraire
n’est pas la seule équation finie qui satisfasse à l’équation différentielle proposée ; car il est aisé de voir que l’équation

y satisfait aussi, équation qu’on voit bien n’être pas comprise dans celle-là, puisque l’une est à un cercle dont le rayon est
et l’autre est à une parabole ayant
pour paramètre.
L’équation

sera donc une intégrale particulière de l’équation différentielle

on trouvera de même que l’équation

est l’intégrale particulière de l’équation différentielle

dont l’intégrale complète est

étant la constante arbitraire. Il en est de même d’une infinité d’autres équations différentielles qui admettent des intégrales particulières, lesquelles ne sauraient être comprises dans les intégrales complètes de ces équations.
2. Après nous être assurés à posteriori de l’existence des intégrales particulières, cherchons, maintenant à priori, et d’après les seuls principes du Calcul intégral, quelle est l’origine de ces sortes d’intégrales.
Pour considérer les choses d’une manière générale, soit

une équation différentielle quelconque,
étant une fonction de
et de
supposons que l’intégrale complète de cette équation soit

étant une fonction de
et d’une constante arbitraire
qui n’entre point dans la fonction
et voyons comment cette équation
satisfait à l’équation différentielle 
L’équation
étant différentiée, donne celle-ci

où
est une fonction finie de
et
puis donc que ces deux équations

ont lieu en même temps, on peut en éliminer la quantité
et l’on aura une équation entre
et
où
n’entrera plus, et qui aura donc lieu en même temps que l’équation finie
ce sera donc nécessairement l’équation 
D’où l’on peut conclure que, si
est l’intégrale complète d’une équation différentielle du premier ordre
celle-ci ne peut être autre chose que le résultat de l’élimination de la constante arbitraire
à l’aide des deux équations
et
Ainsi, l’équation finie

donne par la différentiation

éliminant
on aura

ce qui se réduit à

par conséquent, l’équation ci-dessus sera l’intégrale complète de cette équation différentielle,
étant la constante arbitraire (1).
3. Maintenant, puisque l’équation différentielle
résulte des deux équations
et
en éliminant la constante
il est visible que l’on aura toujours la même équation
quelle que soit la valeur de la quantité
qu’on doit éliminer ; ainsi, quand même cette quantité ne serait pas constante, comme on l’a supposé jusqu’ici, il est clair que l’équation finie
satisfera toujours à l’équation différentielle
pourvu que, par la différentiation de l’équation
on ait également, dans le cas de
variable,
Or, en faisant varier dans l’équation
les quantités
et
à la fois, il est clair qu’on aura cette équation différentielle

et
étant des fonctions de
et
et l’on voit que, pour que cette équation se réduise à
comme dans le cas de
constante, il n’y a qu’à supposer la quantité
égale à zéro. Faisant donc

on aura une équation par laquelle on pourra déterminer la valeur de
en
et
et cette valeur de
étant ensuite substituée dans l’équation finie
cette équation satisfera encore à l’équation différentielle
et en sera une intégrale particulière.
4. Comme en faisant varier à la fois les quantités
et
dans l’équation
on a

on aura, en faisant varier seulement
et 

et par conséquent

donc si
est l’intégrale complète d’une équation différentielle du premier ordre
et que
soit la constante arbitraire introduite par l’intégration ; qu’on fasse varier dans l’équation
et
et qu’on suppose ensuite
qu’on détermine
par le moyen de cette équa-
tion, et qu’on substitue sa valeur dans l’intégrale complète

ou bien, ce qui revient au même, qu’on élimine

par le moyen des deux équations

et

on aura une intégrale particulière de la même équation différentielle

Si l’équation

renferme la quantité

mêlée avec les variables

et

alors la valeur de

tirée de cette équation sera une fonction des mêmes variables ; par conséquent l’intégrale particulière, qui résultera de la substitution de cette valeur de

dans l’équation

sera nécessairement différente de l’intégrale complète

dans laquelle

est supposée constante.
Mais il peut arriver, ou que l’équation
ne renferme que la quantité
avec des constantes, mais sans
ni
ou que cette équation ne renferme que
et
sans
Dans le premier cas, la valeur de
sera nécessairement constante ; ainsi il n’y aura point alors d’intégrale particulière proprement dite.
Dans le second cas, l’équation
sera elle-même une intégrale de la proposée ; mais, pour pouvoir juger si c’est une intégrale particulière ou non, il faudra combiner cette équation avec l’équation
en éliminant
ou
et voir si la résultante donne a variable ou constante. S’il arrivait que la valeur de
demeurât indéterminée ou
ce serait une marque que l’équation
est un facteur de l’équation
indépendant de la constante arbitraire
et par conséquent étranger à l’équation différentielle
Au reste, si l’équation
avait des facteurs, il faudrait appliquer à chacune des équations qui en résulteraient ce que nous venons de dire en général sur l’équation
5. Si, au lieu de faire varier
et
dans l’équation
on y fait varier
et
et qu’on suppose
cette équation, traitée comme l’équation
servira aussi à déterminer les intégrales particulières de la même équation différentielle
ce qui est aisé à démontrer par les mêmes principes que nous avons établis ci-dessus. L’équation
donnera le plus souvent les mêmes résultats que l’équation
mais il y a des cas où ces équations donnent des résultats différents il faudra donc avoir égard à ces deux équations, pour pouvoir trouver toutes les intégrales particulières de l’équation
et il est facile de démontrer qu’il n’y a pas d’autres combinaisons possibles qui puissent fournir des intégrales de cette espèce non comprises dans l’intégrale complète
6. Pour éclaircir la théorie précédente par quelques exemples, je prends d’abord l’équation différentielle

dont nous avons déjà vu que l’intégrale complète est

où
est la constante arbitraire. Faisant donc varier d’abord
et
on aura

et faisant varier
et
on a

les deux équations.

donnent également

ce qui étant substitué dans l’intégrale complète, on a

intégrale particulière de l’équation différentielle proposée, et la seule qui ait lieu.
Soit ensuite l’équation différentielle

dont l’intégrale complète est.

En faisant varier
et
on en tire

donc

et combinant cette équation avec la précédente, on aura

donc

intégrale particulière de la proposée. Si l’on faisait varier
et
on aurait

de sorte que l’équation
donnera le même resultat que l’équation
et qu’ainsi il n’y aura d’autre intégrale particulière possible que celle qu’on a trouvée.
Soit de plus l’équation différentielle

dont on trouve que l’intégrale complète est

étant la constante arbitraire.
Faisant done varier
et
on aura

donc

par conséquent

et combinant cette équation avec la précédente, on aura

de sorte qu’on aura, en éliminant 

intégrale particulière de la proposée, et qui n’est point comprise dans l’intégrale complète.
Si l’on fait varier
et
on aura

et l’équation
redonnera le même résultat que nous venons de trouver d’après l’équation
Ainsi la proposée n’admet point d’autre intégrale particulière que la précédente. Voyez au reste, sur l’intégration de ces deux équations, les nos 17 et 19 ci-après.
Considérions enfin l’équation différentielle séparée

dans laquelle

l’intégrale complète de cette équation est, comme j’ai fait voir ailleurs[2],

où
est la constante arbitraire, et

Faisant d’abord varier
et
et ensuite
et
à la fois, et supposant, pour plus de simplicité,

on aura
![{\displaystyle {\begin{aligned}{\frac {dy}{da}}=&{\frac {(x-y){\sqrt {\mathrm {Y} }}}{\mathrm {Y} '{\sqrt {a+\mathrm {U} }}-\left[\mathrm {U} '(x-y)+2(a+\mathrm {U} )\right]{\sqrt {\mathrm {Y} }}}}\\{\frac {dx}{da}}=&{\frac {(x-y){\sqrt {\mathrm {X} }}}{\mathrm {X} '{\sqrt {a+\mathrm {U} }}-\left[\mathrm {U} '(x-y)+2(a+\mathrm {U} )\right]{\sqrt {\mathrm {X} }}}}.\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/5c57c988c49d1a1a720643707746af4889c3331b)
Les équations
et
donnent d’abord la même équation

laquelle, ne contenant point la quantité
peut être ou n’être pas une intégrale particulière. Pour pouvoir en juger, je reprends l’intégrale complète, et j’en tire

où l’on voit qu’en faisant

devient

par conséquent, l’équation

n’est point une intégrale particulière, mais un cas de l’intégrale complète.
Rejetant donc le facteur
l’équation
donne encore
mais, comme le dénominateur de la fraction se réduit alors à
qui devient aussi nul lorsque
est en même temps égal à zéro, il s’ensuit que l’équation
peut être une intégrale particulière, pourvu que
ne soit pas à la fois égal à zéro. De même, l’équation
donnera
pourvu que
ne soit pas en même temps égal à zéro. Or il est clair, par l’expression de
trouvée ci-dessus, que la valeur de
ne devient point constante par la supposition de
ni par celle de
Donc on peut conclure que les équations
et
seront deux intégrales particulières de la proposée, pourvu que l’on n’ait pas en même temps
et
ainsi donc les intégrales particulières de l’équation dont il s’agit seront toutes comprises sous cette forme

en prenant pour
une des racines simples quelconques de l’équation

Si l’équation proposée était

l’intégrale complète serait

d’où l’on tirerait les mêmes valeurs de
et
que ci-dessus, à l’exception que dans la première le radical
y serait avec un signe différent.
On aurait donc d’abord l’équation

mais comme la valeur de
qui dans ce cas est

devient, par la supposition de
égale à
il s’ensuit que l’équation
doit être rejetée comme étrangère à l’équation différentielle

quoiqu’elle soit contenue (4) dans l’intégrale

Ensuite on trouvera, comme ous haut, les intégrales particulières

étant une des racines simples de l’équation

7. On voit donc par ce que nous venons de démontrer comment, lorsqu’on a trouvé l’intégrale complète d’une équation différentielle du premier ordre, on en peut aisément déduire les intégrales particulières qui satisfont à la même équation ; on voit aussi que si ces intégrales particulières ne sont pas comprises dans l’intégrale complète, ce n’est nullement une imperfection du Calcul intégral, comme on pourrait le croire, faute de donner à ce Calcul toute la généralité dont il est susceptible. Ainsi l’on doit regarder la théorie que nous venons de donner, moins comme une exception que comme un supplément nécessaire à la règle générale du Calcul intégral.
Article II. — De l’étendue des intégrales particulières des équations différentielles du premier ordre, et de la manière de trouver ces intégrales sans connaître les intégrales complète.
8. L’équation finie

dans laquelle
est une fonction des variables
et d’une arbitraire
donne par la différentiation, et en faisant varier à la fois
et, 

étant des fonctions finies de
et
différentiant
et substituant pour
sa valeur, on aura

et différentiant de même
on aura

et ainsi de suite. Maintenant si l’on regarde
comme constante, on a pour le premier ordre

et toute équation différentielle du premier ordre, telle que

à laquelle satisfera l’équation finie
la constante
demeurant arbitraire, sera nécessairement produite par la combinaison deux équations

de manière que
s’évanouisse.
En regardant toujours
comme constante, on a

donc (en prenant
pour constante)

et toute équation différentielle du second ordre, telle que

à laquelle satisfera l’équation finie

la constante
demeurant arbitraire, sera nécessairement formée par la combinaison des équations

en sorte que
disparaisse.
En continuant ainsi, dans l’hypothèse de
constante, on aura

par conséquent

et toute équation différentielle du troisième ordre, telle que

à laquelle satisfera l’équation finie


demeurant arbitraire, sera formée par la combinaison des équations

de manière que
disparaisse ; et ainsi de suite.
9. Voyons maintenant dans quels cas l’équation
pourra satisfaire aux mêmes équations

en supposant que
soit une quantité variable.
Et d’abord il est clair que cela aura lieu pour l’équation du premier ordre
si
parce qu’alors on aura également
comme dans le cas de
constante. De là naissent les intégrales particulières, ainsi que nous l’avons vu dans l’Article précédent.
Pour l’équation du second ordre
il faudra que l’on ait de plus
afin que l’on ait aussi
comme dans l’hypothèse de
constante.
De même pour l’équation du troisième ordre
il faudra que l’on ait encore
pour que la valeur de
soit également
et ainsi de suite.
Donc, en général, l’équation finie
sera une intégrale particulière de l’équation du premier ordre
si
est une quantité telle, que l’on ait
. Elle sera une intégrale particulière de l’équation du second ordre
si l’on a à la fois
et
Elle sera une intégrale particulière de l’équation du troisième ordre
si l’on a en même temps
et ainsi de suite.
10. En regardant
comme une fonction de
et
donnée par l’équation
on a, suivant la notation reçue (8).

ensuite

donc

Ainsi l’on aura pour les équations différentielles du premier ordre la condition

pour celles du second ordre les deux conditions

pour celles du troisième ordre les trois conditions

et ainsi de suite.
Et comme on peut échangera
en
en regardant
comme une fonction de
et
on aura de même (
étant pris pour constante)

pour le premier ordre,

pour le second ordre,

pour le troisième ordre ; et ainsi de suite.
11. De là il s’ensuit que si
est une équation différentielle du second ordre dont l’intégrale aux premières différences soit l’équation différentielle
l’intégrale particulière de cette dernière, trouvée d’après la condition de

ne satisfera pas, en général, à l’équation proposée
à moins que l’on n’ait à la fois

De même, si
est une équation différentielles du troisième ordre, dont l’intégrale aux premières différences soit l’équation
l’intégrale particulière de cette dernière équation, déduite de la condition

ne satisfera pas à la proposée
à moins que l’on n’ait à la fois

ou bien

et ainsi de suite.
Donc, en général, si dans la solution d’un Problème on a été conduit directement à une équation différentielle d’un ordre supérieur au premier, et qu’on ait déjà ramené cette équation au premier ordre à l’aide d’une ou de plusieurs intégrations, l’intégrale particulière de cette équation du premier ordre ne résoudra pas le Problème, à moins que toutes les conditions relatives à l’ordre de l’équation différentielle primitive ne se trouvent remplies.
Mais, si l’équation primitive du Problème n’est que du premier ordre, l’intégrale particulière de cette équation résoudra la question tout aussi bien que l’intégrale complète.
12. L’équation

a pour intégrale complète du premier ordre

et celle-ci a pour intégrale complète finie

d’où l’on tire

ce qui, étant fait égal à zéro, donne, pour l’intégrale particulière,

et par conséquent

comme on l’a déjà vu (6).
Maintenant, pour que cette intégrale particulière satisfasse aussi à l’équation différentio-diflérentielle, il faudra que l’on ait en même temps

différentiant donc la valeur trouvée de
on aura

mais de l’équation

on tire

ce qui ne peut pas être égal à zéro, en général. D’où il faut conclure que, quoique l’équation

satisfasse à l’équation différentielle du premier ordre

elle ne satisfera cependant pas à l’équation différentio-différentielle

qui en est dérivée. En effet, on trouve

ce qui, comme l’on voit, ne satisfait pas à l’équation dont il s’agit.
Prenons maintenant l’équation différentio-difféuentielle

dont l’intégrale du premier ordre est

laquelle a pour intégrale complète

On aura donc

ce qui, étant fait égal à zéro, donne
par conséquent
et

pour l’intégrale particulière. Pour que cette intégrale satisfasse donc aussi à l’équation différentio-différentielle, il faudra que
soit
nul en même temps ; ce qui est en effet ; donc, etc : On peut s’assurer
à posteriori que l’équation

satisfait à la proposée : car on a

ce qui étant substitué dans les termes

tout se détruit de soi-même.
13. S’il arrivait que l’on eût en même temps

ou bien

et ainsi de suite à l’infini ; alors l’intégrale particulière satisferait nonseulement à l’équation différentielle du premier ordre, mais aussi à toutes les équations différentielles des ordres ultérieurs qui en seraient dérivées. Cette intégrale aurait donc les mêmes propriétés que l’intégrale complète ; et nous allons prouver qu’elle sera alors effectivement comprise dans celle-ci ; de sorte qu’elle cessera d’être une intégrale particulière, et devra être rangée dans la classe des intégrales incomplètes. En effet, puisqu’en regardant la quantité
comme une fonction de
et de
donnée par l’équation
on a

à l’infini,
il est visible que la quantité
ne doit pas contenir
et ne peut être,
par conséquent, qu’une fonction de

mêlée avec des constantes. Ainsi, l’équation

donnera

égal à une constante ; donc, etc. Ce sera la même chose si, en regardant

comme une fonction de

et de

on a en même temps

à l’infini.
14. Cette considération nous conduit à une méthode directe pour trouver l’intégrale particulière d’une équation différentielle du premier ordre sans en connaître l’intégrale complète. Soit
l’équation différentielle du premier ordre dont on cherche l’intégrale particulière, et dont l’intégrale complète est
étant une fonction de
et
une fonction de
et de l’arbitraire
Puisque l’équation
est indépendante de la quantité
il s’ensuit qu’on aura également
en regardant
comme une fonction de
et
ou
comme une fonction de
et
donnée par l’équation
et pour avoir la valeur de
il faudra différentier
en faisant varier
seul dans le premier cas, ou
seul dans le second.
Supposons, pour plus de simplicité, que l’équation
ne renferme point de fonctions transcendantes, et imaginons, ce qui est toujours possible et ne change point la nature de l’équation, qu’elle soit délivrée des fractions et des radicaux, en sorte que
soit une fonction entière et rationnelle de
et
on aura, en général, par la différentiation,

et
étant aussi des fonctions rationnelles et entières des mêmes quantités ; donc, en regardant
comme une fonction de
et
on aura

or dans le cas de l’intégrale particulière on a

donc, puisque

ne peut devenir infini étant une fonction sans dénominateur, le terme

deviendra nul, et il faudra qu’on ait

donc, si
n’est pas nul, il faudra que 
Si
en même temps que
l’équation

aura lieu d’elle-même ; mais en prenant la différentielle de cette équation,
et
variant à la fois et
demeurant constante, j’aurai

or on a
et
nuls à la fois par l’hypothèse ; donc, puisque les coefiicients de ces quantités ne sauraient devenir infinis, étant des fonctions sans dénominateur, l’équation précédente se réduira à

laquelle, si
n’est pas nul, donne de nouveau 
Si
est nul aussi, on trouvera, par une nouvelle différentiation, que l’on aura nécessairement
à moins que
ne soit nul ; et ainsi de suite à l’infini.
Mais nous avons vu ci-dessus que pour que l’équation
donne une intégrale particulière, il faut que les quantités

à l’infini
ne soient pas toutes nulles à la fois ; donc il faudra que quelqu’une de ces quantités ne soit pas nulle ; par conséquent il faudra nécessairement qu’on ait

Or l’équation différentielle proposée
donne par la différentiation

donc, puisque dans le cas de l’intégrale particulière
doit être nul, cette équation se réduira à

laquelle devra s’accorder avec l’équation
après avoir chassé la valeur de
au moyen de l’équation proposée 
15. Donc, puisque la valeur de
tirée de l’équation différentielle
au moyen de la différentiation est exprimée, en général, par

il s’ensuit de ce que nous venons de démontrer que cette valeur deviendra égale à
dans le cas de l’intégrale particulière tirée de la condition
et l’on prouvera de même que la condition
rendra la valeur de
égale à
en prenant ici
pour constante au lieu de 
Et quoique la démonstration précédente soit fondée sur l’hypothèse que l’équation proposée ne renferme aucune fonction transcendante, il n’est cependant pas difficile de se convaincre que la même conclusion aura lieu quelles que soient la nature et la forme de cette équation.
16. En supposant que l’équation différentielle proposée
donne par la différentiation

s’il arrive que les deux termes
se détruisent d’eux-mêmes, on aura

et par conséquent

de sorte que dans ce cas l’une et l’autre condition
et
sera remplie par la condition unique
; ainsi il n’y aura qu’à éliminer la quantité
au moyen des deux équations
et
et l’équation résultante entre
et
sera l’intégrale particulière de la proposée. Quant à l’intégrale complète, elle est facile à déduire de l’équation

car cette équation, lorsque
n’est point nul, donne

et par conséquent

étant une constante arbitraire ; il n’y aura donc qu’à substituer cette valeur de
dans l’équation donnée
et l’on aura l’intégrale complète où
sera la constante arbitraire.
Voyons maintenant quels sont les cas où l’on aura

Pour plus de simplicité, je fais
en sorte que
soit une fonction de
dont la différentielle
puis donc
que

on aura

donc

donc

et intégrant

de sorte qu’il faudra que la quantité
soit une fonction de
sans
ni
et alors l’équation sera

dénotant une fonction quelconque de
seul.
17. Toute équation donc de la forme

étant
donnera par la différentiation
celle-ci
![{\displaystyle \left[f'(p)-x\right]dp=0\,;}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/808295a3af184e9474bebd7fe4f1059fb189831f)
en faisant
on aura

et

sera l’intégrale complète où
est arbitraire ; en faisant

et éliminant

au moyen de cette équation et de la proposée

on aura l’intégrale particulière de cette dernière équation. On voit par là que l’intégrale complète ne donnera jamais autre chose qu’une ligne droite, tandis que l’intégrale particulière donnera toujours une courbe ; nous en donnerons la raison à priori dans l’Article suivant.
Ces sortes d’équations sont celles qui donnent lieu aux paradoxes dont il est question dans les Mémoires de MM. Clairaut et Euler que nous avons cités au commencement de ce Mémoire ; et l’on doit voir maintenant que le vrai dénouement de ces paradoxes tient à la théorie des intégrales particulières que nous venons d’exposer.
18. Reprenons les Exemples que nous avons apportés dans le no 6, et voyons si la règle ci-dessus donnera les mêmes intégrales particulières que nous avons trouvées d’après les intégrales complètes.
L’équation

donne par la différentiation

faisant cette quantité égale à
on a les deux équations


la seconde donne d’abord,

Dans le premier cas, on aura donc

et la première équation deviendra par là

ce qui ne donne rien. Dans le second cas, la première équation deviendra

mais la proposée donne, en supposant 

donc l’équation précédente deviendra

laquelle s’accorde avec

ainsi cette équation est une intégrale particulière de la proposée.
Si l’on cherche la valeur de
en prenant
pour constante, on aura

d’où l’on tire ces deux équations, en égalant le numérateur et le dénominateur chacun à zéro,


la dernière de ces équations donne

dans le premier cas, la première équation deviendra

mais

donc
n’est pas une intégrale particulière ; reste donc le cas de

dans lequel la première équation devient

mais on a, dans ce même cas,

donc substituant cette valeur et multipliant par
l’équation précédente deviendra

qui s’accorde avec

en sorte que cette équation sera une intégrale particulière.
Ainsi les deux conditions
et
donnent, dans le cas présent, la même intégrale particulière

ce qui s’accorde avec ce que nous avons trouvé (6), d’où il s’ensuit que
cette équation est l’unique intégrale particulière dont l’équation différentielle proposée soit susceptible.
19. Les deux autres Exemples du no 6 appartiennent à la formule

que nous avons considérée, en général, dans le no 17 ci-dessus. En effet, en faisant
les équations différentielles des deux Exemples dont nous parlons se réduisent à ces formes

et

qui sont évidemment des cas particuliers de la forme générale

or nous avons déjà vu (numéro cité) que cette équation admet toujours une intégrale particulière, laquelle est le résultat de l’élimination de
des deux équations

ainsi il ne s’agit que d’examiner si cette intégrale est la même qu’on tirerait de l’intégrale complète par la règle de l’Article I (nos 4, 5).
L’intégrale dont il s’agit est (17)

d’où l’on tire

ainsi les deux conditions
et
donnent également 
et l’intégrale particulière sera le résultat de l’élimination de

au moyen de cette équation

et de l’équation

or il est visible que ce résultat sera le même que celui de l’élimination de
au moyen des équations

donc, etc.
20. Le dernier Exemple du no 6 est tiré de l’équation différentielle

dans laquelle
est un quinôme en
et
un quinôme semblable en
mais nous supposerons ici que
soit, en général, un polynôme quelconque en
et
un polynôme quelconque en
et nous désignerons par
et
les valeurs de
et de
lesquelles seront par conséquent aussi des polynômes en
et
mais d’un degré inférieur d’une unité.
Puis donc que

on trouvera par la différentiation, après avoir réduit au dénominateur commun,

en prenant dans la première formule
constant et dans la seconde
constant.
Supposons d’abord que les quantités
et
n’aient aucun diviseur commun, non plus que les quantités
et
ce qui arrive lorsque les équations
et
n’ont point de racines égales ; dans ce cas le numérateur et le dénominateur de l’une et de l’autre quantité
et
n’auront non plus de diviseur commun.
Donc :
1o En faisant
on aura les deux équations

dont la seconde donne ou
ou
mais la première donne, par la substitution de la valeur de 

faisant
cette équation se réduit à
laquelle donnerait
ce qui est contre l’hypothèse ; faisant
l’équation précédente se trouve remplie d’elle-même ; ainsi
est une intégrale particulière.
2o Si l’on fait
on trouvera, par un raisonnement semblable, l’intégrale particulière
de sorte que ces deux intégrales particulières auront lieu en même temps.
Si l’on suppose que
et
aient un diviseur commun, alors il est aisé de voir que ce diviseur disparaîtra entièrement par la division du dénominateur de la quantité
par conséquent il ne pourra servir à rendre cette quantité égale à
il en sera de même relativement à la quantité
si
et
ont un diviseur commun.
D’où il faut conclure, en général, que l’équation proposée

aura pour intégrales particulières tous les facteurs simples des deux
équations

et

ce qui s’accorde avec ce que nous avons trouvé dans le
no 6 pour le cas particulier où

et

étaient des quinômes semblables.
Article III. — Dans lequel on déduit la théorie des intégrales
particulières de la considération des courbes.
21. Soit
l’intégrale complète d’une équation différentielle du premier ordre
étant une fonction de
et
on sait que
sera une fonction finie de
et d’une constante arbitraire
donc si l’on considère la courbe exprimée par l’équation
en prenant
et
pour les deux coordonnées, cette courbe exprimera aussi l’équation différentielle
quelque valeur qu’on donne à la constante
de sorte qu’en donnant successivement à
toutes les valeurs possibles depuis zéro jusqu’à l’infini positif et négatif, on aura un assemblage d’une infinité de courbes toutes de la même famille, et infiniment peu différentes l’une de l’autre, dont chacune représentera également l’équation différentielle
Je dis maintenant que la courbe, qui touchera toutes les courbes dont il s’agit, satisfera aussi à la même équation différentielle
Car cette équation détermine la valeur de
par une fonction de
et
par conséquent elle détermine la position de la tangente a chaque point par la position de ce point dans le plan des coordonnées
et
donc toute courbe, qui dans un point quelconque aura la même tangente qu’une des courbes dont nous venons de parler, satisfera aussi nécessairement à l’équation
or il est visible que la courbe, qui touche toutes les courbes données par l’équation
en faisant varier le paramètre
a cette propriété ; donc, etc.
22. Si l’on considère deux points infiniment proches de la courbe touchante, il est facile de concevoir que les deux courbes touchées dans ces points doivent nécessairement se couper dans un point intermédiaire ; par conséquent, en faisant coïncider les deux points d’attouchement, le point d’intersection des deux courbes touchées se confondra avec eux ; d’où il suit que la courbe touchante est formée par l’intersection mutuelle et successive des courbes données par l’équation
en faisant varier le paramètre
donc cette courbe satisfera à l’équation
ce qui est d’ailleurs évident, puisque suivant ce point de vue la courbe dont nous parlons n’est composée que de portions infiniment petites des courbes représentées par l’équation
et dont chacune satisfait à la même équation
23. Maintenant, si l’on regarde
comme une fonction de
et de
donnée par l’équation
il est clair que, pour la même abscisse
les coordonnées qui répondent à deux courbes infiniment proches seront, en général,
et
donc, au point d’intersection de ces deux courbes, on aura
par conséquent, si l’on élimine
au moyen des deux équations
et
on aura l’équation de la courbe formée par les intersections continuelles de toutes les courbes contenues dans l’équation
laquelle sera aussi la courbe qui touchera toutes ces mêmes courbes.
On prouvera de même, en regardant
comme fonction de
et de
que la condition
combinée avec l’équation
en sorte que
disparaisse, donnera aussi la courbe touchante des mêmes courbes.
D’où et de ce que nous avons démontré plus haut (4 et 5) on doit conclure que l’intégrale particulière d’une équation différentielle du premier ordre est représentée par la courbe qui touche toutes les différentes courbes représentées par l’intégrale complète de cette équation, en faisant varier la constante arbitraire, c’est-à-dire toutes les différentes courbes qui peuvent être représentées à la fois par la même équation différentielle.
Ainsi les caustiques par réflexion et par réfraction ne sont autre chose que les courbes représentées par l’intégrale particulière de l’équation différentielle qui exprime à la fois toutes les lignes droites suivant lesquelles les rayons sont réfléchis ou réfractés.
Et les développées ne sont que les courbes représentées par l’intégrale particulière de l’équation différentielle qui exprime toutes les lignes droites qui coupent la développante à angles droits ; et ainsi du reste.
24. Toute équation différentielle du premier ordre représente donc premièrement une infinité de courbes de la même famille, qui ne diffèrent entre elles que par la valeur de la constante arbitraire, laquelle tient lieu de paramètre ; en second lieu, cette équation représente aussi la courbe qui touche toutes ces mêmes courbes ; en sorte qu’on peut regarder en quelque façon tant les courbes touchées que la courbe touchante comme une seule courbe ayant une infinité de branches liées entre elles par la même équation. Ainsi, à chaque point de la courbe touchante il y aura deux branches qui se rencontrent dans ce point et qui ont une tangente commune ; l’une c’est la courbe touchante même, et l’autre c’est la courbe qu’elle touche dans ce même point ; donc à chaque valeur de
il devra répondre une valeur double de
par conséquent l’expression de la quantité
tirée de l’équation différentielle proposée au moyen de la différentiation, devra devenir égale à
pour tous les points de la courbe touchante, par une raison semblable à celle par laquelle on prouve que la valeur de
devient égale à
dans les points doubles des courbes ; et l’on dira la même chose à l’égard de la quantité
en supposant
constant au lieu de
De cette manière on pourra donc déduire de l’équation différentielle même celle de la courbe qui toucherait toutes les différentes courbes représentées par cette équation différentielle ; et comme l’équation de la courbe touchante n’est autre chose que l’intégrale particulière de l’équation différentielle dont nous parlons, ainsi qu’on l’a démontré ci-dessus, il résulte de là la même règle pour trouver ces sortes d’intégrales, que nous avons donnée dans le no 15, d’après d’autres principes.
25. Pour jeter un plus grand jour sur la théorie précédente et rendre bien sensible la liaison qu’il y a entre les intégrales complètes et les intégrales particulières, nous allons apporter quelques Exemples tirés de la Géométrie dans lesquels l’application de cette théorie se présente naturellement.
Supposons qu’on demande une courbe telle, que toutes les perpendiculaires menées d’un point donné sur les tangentes de cette courbe soient d’une grandeur donnée.
Il est visible que le cercle résout d’abord la question, pourvu qu’on place le centre dans le point donné et qu’on fasse le rayon égal à la grandeur donnée ; mais comme le Problème conduit naturellement à une équation différentielle du premier ordre, il s’ensuit que la solution complète doit renfermer une constante arbitraire ; par conséquent, puisque le cercle qui résout le Problème est nécessairement donné de grandeur et de position, on ne peut pas avoir par son moyen une solution complète, mais seulement une solution particulière.
Or si l’on considère que la ligne droite satisfait aussi au même Problème, et que pour cela il suffit que la perpendiculaire menée du point donné sur cette ligne soit donnée, on verra qu’il y a une infinité de droites qui résolvent le Problème ; de sorte que ces droites en donnent la véritable solution complète, puisque dans l’équation qui les représente toutes il entre nécessairement une constante arbitraire ; et l’on verra de plus que toutes ces droites sont nécessairement les tangentes du cercle qui donne la solution particulière.
Pour confirmer par le calcul ce que nous venons de trouver synthétiquement, soient
les coordonnées de la courbe cherchée, et
les coordonnées d’une quelconque de ses tangentes considérée comme une ligne droite ; on aura donc, en général, entre
et
l’équation

et
étant constantes pour la même tangente, mais variables d’une tangente à l’autre. Or, comme la droite et la courbe doivent d’abord se rencontrer dans un point, on aura dans ce point
donc

ensuite, comme elles doivent de plus se toucher dans le même point, on aura encore
mais
donc
et par conséquent
donc l’équation à la tangente sera

Prenons l’origine des coordonnées pour le point donné, et nommant
une ligne menée de ce point à la tangente, on aura

donc, pour que cette ligne soit perpendiculaire, il faudra que
ce qui donne

donc

donc, substituant cette valeur de
dans l’équation ci-dessus, on en tire

donc

c’est le carré de la perpendiculaire menée du point donné sur la tan-
gente ; nommant donc cette perpendiculaire

on aura l’équation

qui servira à résoudre le Problème. Or cette équation a déja été examinée dans le no 6, et nous avons vu qu’elle donne l’intégrale complète

et ensuite l’intégrale particulière

ce qui s’accorde avec les résultats trouvés plus haut.
26. Ayant tiré d’un point donné acne perpendiculaire à la tangente d’une courbe, et menant du point où cette perpendiculaire rencontre la tangente à un autre point donné une droite, on demande quelle doit être la nature de la courbe pour que cette droite comprise entre les deux points dont il s’agit soit d’une grandeur donnée.
Par les propriétés connues des sections coniques il est facile de voir que si l’on décrit une section conique qui ait le premier des deux points donnés pour l’un des foyers, l’autre point pour centre, et la grandeur donnée pour demi-axe, cette section conique résoudra le Problème ; mais la section étant entièrement déterminée par ces données, elle ne pourra pas fournir une solution complète du Problème, lequel conduit naturellement à une équation différentielle du premier ordre, et par conséquent indéterminée.
Outre la section conique, on voit aisément qu’il y a une infinité de droites qui peuvent aussi résoudre la question ; car si l’on décrit autour du second point donné un cercle dont le rayon soit égal à la grandeur donnée, toute ligne droite qui coupera ce cercle en un point quelconque, de manière qu’elle fasse un angle droit avec la droite menée de ce point d’intersection au premier point donné, aura évidemment les propriétés requises.
L’équation générale de toutes ces lignes droites renfermant donc une constante arbitraire ; elle donnera nécessairement la solution complète du Problème ; et il est facile de prouver, par les propriétés connues des sections coniques, que toutes ces droites seront tangentes à la section conique que nous avons vu résoudre aussi le Problème ; de sorte que la solution par une section conique ne sera qu’une solution particulière.
En effet, pour réduire le Problème en équation, on remarquera que, si de l’origine des coordonnées on mène une perpendiculaire à une tangente quelconque d’une courbe dont les coordonnées soient
et
et qu’on nomme
et
les coordonnées qui se rapportent au point de la tangente sur laquelle tombe la perpendiculaire, on remarquera, dis-je, que les formules trouvées dans le no 25 ci-dessus donneront

maintenant si l’on fait passer l’axe des abscisses par les deux points donnés, qu’on prenne le premier de ces deux points pour l’origine, et qu’on nomme
la distance entre les deux points et
la grandeur donnée, il est aisé de concevoir qu’on aura

donc

et substituant pour
et
les valeurs ci-dessus,

d’où, en multipliant par
et extrayant la racine carrée après avoir ajouté de part et d’autre
on aura l’équation du Problème

Nous avons déjà traité cette équation dans le no 6, et nous avons vu que
son intégrale complète est

ce qui donne différentes lignes droites suivant la valeur de la constante arbitraire
nous avons vu ensuite que cette même équation est susceptible d’une intégrale particulière, laquelle est

et représente par conséquent une ellipse dans laquelle les abscisses sont prisses depuis l’un des foyers, et où
est l’excentricité etc le demi grand axe ; de sorte que cette ellipse est la même que celle dont nous avons parlé ci-dessus.
Article IV. — Des intégrales particulières des équations différentielles du second ordre et des ordres plus élevés.
27. Soit

une équation différentielle du second ordre,
étant une fonction de 
et soit

l’intégrale finie et complète de cette équation :
sera, dans ce cas, une fonction de
et de deux constantes arbitraires
et
Or, puisque
et
sont arbitraires, on peut supposer, en général, que
soit une fonction quelconque de
alors
sera une fonction de
et
et, de ce que nous avons démontré dans l’Article II, il s’ensuit que l’équation
satisfera également à l’équation
en supposant
variable, pourvu que l’on ait

ou

et dans ce cas l’équation
deviendraune intégrale particulière (10).
28. Considérons les deux conditions

et supposant

il est clair que si l’on regarde
comme une fonction de
et de
la valeur complète de
sera représente par
de sorte que les deux conditions dont il s’agit seront exprimées ainsi

Au moyen de ces deux équations on déterminera les valeurs de
et de
ou
en
et
et on les substituera ensuite dans l’équation
ou, ce qui revient au même, on éliminera
et
au moyen des trois équations dont il s’agit ; et l’équation résultante sera l’intégrale particulière de l’équation différentio-différentielle
Si l’on remet
à la place de
on aura les deux équations de condition

au moyen desquelles et de l’équation
il faudra éliminer
et
.
En éliminant d’abord les différentiels
on aura l’équation

laquelle, étant combinée avec l’équation
servira à déterminer 
et

en

et

et il n’y aura plus qu’à substituer ces valeurs de

et

dans l’équation

ce qui donnera une équation différentielle du premier ordre en
et
laquelle sera par conséquent l’intégrale particulière cherchée de l’équation du second ordre
Mais puisque l’équation
donne par la différentiation, en faisant varier à la fois

on aura

par conséquent l’équation

sera équivalente à celle-ci

ainsi il n’y aura qu’à substituer les valeurs de
et de
dans cette dernière équation, ou, ce qui revient au même, éliminer les valeurs de
et de
au moyen des équations

l’équation du premier ordre qui en résultera sera l’intégrale particulière dont il s’agit.
29. De là je conclus, en général, que pour trouver l’intégrale particulière de l’équation différentio-différentielle
dont l’intégrale finie et complète est
il n’y a qu’à éliminer les quantités
et
au moyen des équations

et comme au lieu de regarder
comme une fonction de
on peut vice versâ regarder
comme une fonction de
on pourra aussi, à la place des deux dernières équations, substituer ces deux-ci

30. Soit l’équation du second ordre

dont l’intégrale finie et complète est

et
étant les deux constantes arbitraires. On tire par la différentiation

on aura donc ces quatre équations

au moyen desquelles, éliminant les quantités
on aura pour résultante l’intégrale particulière de la proposée.
Les trois dernières donnent

et ces valeurs étant substituées dans la première, on aura

c’est l’intégrale particulière aux premières différences de l’équation différentio-différentielle dont il s’agit.
Si l’on intègre cette équation, on aura alors l’intégrale particulière finie de la proposée. Pour cela, je tire par l’extraction de la racine carrée la valeur de
j’ai

donc, divisant par
et multipliant par
on aura

équation intégrable, et dont l’intégrale est, en ajoutant une constante arbitraire 

Il est remarquable que tandis que l’intégrale complète de la proposée est algébrique, l’intégrale particulière en est transcendante.
31. L’intégrale particulière aux différences premières que nous avons trouvée ci-dessus admet, outre l’intégrale complète précédente, encore une intégrale particulière finie, qu’on peut trouver par les méthodes des Articles I et II. Déduisons-la de l’intégrale complète au moyen de la condition
la différentiation de la dernière équation donne

ainsi l’on aura

comme cette équation ne renferme point la quantité
il faut la combiner avec l’intégrale complète en éliminant l’une des variables
ou
pour voir si la valeur résultante de
est constante ou variable (4) ; or l’équation que nous venons de trouver donne

et cette valeur étant substituée dans l’intégrale complète (numéro précédent), on a

d’où l’on voit que
est déterminée par une fonction de
par conséquent l’équation dont il s’agit est une intégrale particulière.
Mais cette intégrale particulière, quoiqu’elle satisfasse à l’intégrale particulière aux premières différences de l’équation proposée, il ne s’ensuit pas qu’elle doive aussi satisfaire à cette dernière équation ; au contraire, elle n’y satisfera pas à moins que l’on n’ait en même temps

à cause qu’il s’agit d’une équation différentielle du second ordre (11) ; or ayant

on aura

et mettant pour

sa valeur

il viendra

ce qui n’est pas nul ; d’où il s’ensuit que l’équation dont il s’agit, savoir

ne satisfait pas à la proposée du second ordre, comme on peut aisément s’en assurer. Cet Exemple peut servir de confirmation à la théorie donnée dans l’Article II,
Au reste, il est bon de remarquer que cette intégrale particulière

peut aussi se déduire immédiatement de l’intégrale finie et complète

en faisant en même temps

ce qui donne les deux équations

d’où l’on tire

ce qui, étant substitué dans l’intégrale complète, donne

Et cette règle est générale pour toutes les équations différentio-différentielles dont on connaît l’intégrale finie et complète.
32. Si, au moyen de l’équation finie
et de l’équation aux premières différences
qui en est dérivée par la différentiation, on élimine l’une des deux constantes
on a une équation différentielle du premier ordre
qui sera l’intégrale complète aux différences premièresde l’équation différentio-différentielle
et, comme on peut éliminer à volonté l’une ou l’autre des deux constantes arbitraires
on aura ainsi deux intégrales aux premières différences ; ce qui est connu des Géomètres.
Supposons maintenant qu’on ait éliminé
en sorte que dans l’équation
la quantité
soit une fonction de
et
si l’on différentie cette équation en faisant varier
et
et qu’on suppose, en général,

on aura

donc, en faisant varier
seul, on aura

et, faisant varier
seul,

ces valeurs étant substituées dans l’équation de condition

du no 29, on aura

mais on doit avoir aussi (numéro cité)

donc on aura

or si dans l’équation
on fait varier uniquement
et
en regardant
et
comme constantes, on a

d’où

ainsi l’équation de condition se réduira à

laquelle, étant combinée avec l’équation
donnera par l’élimination de
la même équation qu’on eût obtenue d’après les quatre équations du no 29.
Et si au lieu d’éliminer
on eût éliminé
en sorte que
fût une fonction de
et
alors on aurait l’équation de condition

laquelle donnerait encore le même résultat en éliminant

au moyen de l’équation
33. Il s’ensuit de là que si l’on ne connait pas l’intégrale finie et complète
de l’équation différentio-différentielle
mais seulement une des deux intégrales aux premières différences de cette équation, telle que
étant une fonction de
et d’une constante arbitraire
on pourra également trouver l’intégrale particulière de la même équation
pour cela il n’y aura qu’à faire varier dans l’équation
les deux quantités
et
et à supposer ensuite

cette équation, étant combinée avec l’équation
en éliminant la quantité
donnera l’intégrale cherchée.
Cette règle peut aussi se démontrer directement, et indépendamment de la considération de l’intégrale finie et complète
En effet, puisque l’équation du premier ordre
satisfait à l’équation du second ordre
quelle que soit la valeur de la constante
contenue danse, il s’ensuit que cette équation
ne peut être que le résultat de l’élimination de
au moyen de l’équation
et de l’équation
déduite de celle-là au moyen d’une différentiation. Or il est clair que ce résultat sera toujours le même, quelle que soit la quantité à éliminer
constante ou non, pourvu que les deux équations

soient les mêmes ; mais en regardant
comme variable, on a

équation qui se réduira à la forme précédente en faisant

donc si l’on détermine

en sorte que

ou ce qui est la même chose

ou bien

soit nul, l’équation

satisfera encore à l’équation

et, comme

devient dans ce cas égal à une quantité variable, l’équation

ne sera plus qu’une intégrale particulière de la même équation.
34. Pour confirmer cette règle par un Exemple, reprenons l’équation différentio-différentielledu no 30, et nous trouverons aisément, d’après l’intégrale finie et complète qu’on connaît déjà, ces deux intégrales aux premières différences

et
étant les constantes arbitraires.
Faisant varier dans la première les quantités
et
on en tire

et supposant cette quantité égale à zéro, on aura l’équation

d’où résulte

et cette valeur étant substituée dans l’équation ci-dessus, il viendra,
après les réductions,

ou bien

c’est, comme l’on voit, la même équation qu’on a trouvée dans le no 30.
On trouvera encore le même résultat si, dans la seconde équation ci-dessus, on fait varier les quantités
et
et qu’on suppose ensuite
on aura en effet, par la différentiation de cette équation,

ce qui étant supposé égal à zéro donne

et cette valeur étant substituée à la place de
on aura, après les réductions,

ou bien

Ainsi les deux intégrales aux premières différences, quoique très-différentes entre elles, donnent cependant la même intégrale particulière ; la raison en est claire par l’analyse du no 32.
35. La méthode du no 33 pour trouver l’intégrale particulière d’une équation différentio-différelltielle lorsqu’on connaît seulement une de ses intégrales complètes aux premières différences est, comme l’on voit, absolument analogue à celle du no 4 pour trouver l’intégrale particulière d’une équation différentielle du premierordre au moyen de son intégrale finie et complète ; l’une et l’autre sont fondées sur les mêmes principes, et doivent par conséquent donner lieu à des conséquences semblables. Ainsi tout ce qu’on a dit dans l’Article II relativement à l’étendue des intégrales particulières des équations différentielles du premier ordre, pourra s’appliquer aussi aux intégrales particulières des équations différentio-différentielles.
Donc, si l’équation différentio-différentielle
est elle-même l’intégrale d’une équation différentielle du troisième ordre
l’intégrale particulière de l’équation
déduite de la condition
ne satisfera pas à l’équation
à moins que l’on n’ait en même temps
et
et ainsi de suite.
Si l’on a

à l’infini
on prouvera, comme dans le no 13, que la condition
ne donnera plus une intégrale particulière ; et de là, par un raisonnement semblable à celui du no 14, on déduira une règle pour trouver immédiatement l’intégrale particulière d’une équation différentio-différentielle
sans connaître aucune de ses intégrales complètes.
Cette règle consiste à supposer égale à
la valeur de
tirée de l’équation proposée
au moyen de la différentiation ; on aura ainsi deux équations en
d’où éliminant
à l’aide de la même équation
on aura deux équations en
qui devront s’accorder entre elles et se réduire à une même équation, si la proposée est susceptible d’une intégrale particulière ; et alors cette équation sera l’intégrale particulière cherchée.
36. Si l’équation différentio-différentielle
était telle, que l’on eût

alors la condition de
donnerait cette équation unique
par conséquent, en chassant la quantité
au moyen des deux équations

la résultante sera toujours une intégrale particulière de la proposée 
Or dans ce cas on peut aussi trouver aisément l’intégrale finie et complète de la même équation. En effet, puisque
on aura aussi, en différentiant,

donc ou
ce qui, comme nous venons de le voir, donne l’intégrale particulière, ou
et par conséquent

étant trois constantes arbitraires ; or comme l’équation
n’est (hypothèse) que du second ordre, il s’ensuit que son intégrale finie et complète ne peut renfermer que deux constantes arbitraires ; ainsi, si l’on y substitue les valeurs précédentes de
et
il viendra nécessairement une équation entre les constantes
sans
ni
par laquelle il faudra déterminer l’une de ces constantes par les deux autres, qui resteront par conséquent arbitraires.
De là on peut déduire la forme générale de ces sortes d’équations ; car soit, en général,
une fonction de
et
représentée par
et puisqu’on a

on aura

donc, substituant ces valeurs dans l’équation

on aura celle-ci

ou bien, si Pon fait pour plus de simplicité 

toute équation donc qui sera réductible à cette forme aura, comme celle du no 17, la propriété de pouvoir être facilement intégrée au moyen d’une nouvelle différentiation, et son intégrale finie et complète sera

laquelle représente toujours une parabole.
De plus, l’équation précédente aura la propriété d’admettre toujours une intégrale particulière, qu’on trouvera en éliminant
au moyen de l’équation

et qui pourra représenter différentes courbes.
L’équation qui a servi d’exemple dans le no 30 est comprise sous la forme précédente.
37. La théorie que nous venons de donner sur les intégrales particulières des équations différentielles du premier et du second ordre peut s’appliquer aisément aux équations d’un ordre quelconque plus élevé.
Soit par exemple
une équation différentielle du troisième ordre,
étant une fonction de
si l’on connait son intégrale tinie et complète
étant une fonction de
et de trois constantes arbitraires
on déterminera l’intégrale particulière de l’équation
en éliminant les trois quantités
et les deux
de ces six équations

Si l’on connaît seulement une des intégrales complètes aux premières différences telle que
étant une fonction de
et de deux constantes arbitraires
et
on déterminera l’intégrale particulière en éliminant les quantités
au moyen de ces quatre équations

Si l’on ne connaît qu’une intégrale complète aux secondes différences, telle que
étant une fonction de
et d’une constante arbitraire
on pourra déterminer l’intégrale particulière en éliminant
au moyen des deux équations

Enfin on pourra aussi déterminer cette intégrale d’après la seule équation différentielle
pour cela il n’y aura qu’à chercher par la différentiation la valeur de
et la supposer égale à
les deux équations qu’on aura de cette manière devront revenir à la même, après l’élimination de
faite par le moyen de la proposée
si celle-ci est susceptible d’une intégrale particulière, et alors l’équation résultante de l’élimination dont il s’agit sera l’intégrale particulière en question.
On pourra faire au reste sur les intégrales particulières des équations différentielles du troisième ordre des remarques analogues à celles qu’on a faites plus haut sur les intégrales particulières des équations du second ordre ; c’est sur quoi nous ne croyons pas qu’il soit nécessaire de nous étendre davantage.
38. Nous terminerons cet Article par faire remarquer qu’il y
dans chaque ordre, des équations différentielles qui ont des propriétés analogues à celles des équations des nos 17 et 36.
Soit
la forme générale de ces sortes d’équations pour le troisième ordre, on aura par la différentiation

d’où l’on tire ou
ce qui donnera une intégrale particulière après l’élimination de la quantité
parce qu’alors
ou bien
ce qui donnera l’intégrale complète

d’où

or comme l’équation
n’est que du troisième ordre, son intégrale finie et complète ne peut renfermer que trois constantes arbitraires ; par conséquent, si l’on substitue dans cette équation les valeurs précédentes de 

il arrivera nécessairement qu’on aura une équation entre les constantes
sans
ni
par laquelle il faudra déterminer une de ces constantes par les trois autres.
Supposons donc, en général, que l’on ait

et si l’on fait pour plus de simplicité

on aura

donc substituant ces valeurs dans l’équation

on aura pour la forme générale des équations dont il s’agit

L’intégrale finie et complète sera

et l’intégrale particulière se trouvera en éliminant
au moyen de l’équation

Article V. — Des intégrales particulière des équations aux différences partielles, avec des remarques nouvelles sur la nature et sur l’intégration de ces sortes d’équations.
39. Soit

une équation entre trois variables
et deux constantes
je dis qu’on en peut déduire une équation à différences partielles du premier ordre dans laquelle les constantes
et
ne se trouvent plus. En effet, supposons qu’en faisant varier à la fois,
et
on ait

et
étant des fonctions connues de
et
donc en regardant
comme une fonction de
et
on aura, suivant la notation ordinaire des différences partielles,

qu’on élimine les deux quantités
et
dans les trois équations

et l’on aura pour résultante une équation entre
et
où les constantes
et
ne se trouveront plus, et que nous représenterons, en général, par

On peut donc regarder l’équation finie
comme l’intégrale complète de l’équation aux différences partielles du premier ordre
et comme les deux constantes
et
demeurent arbitraires dans l’équation
il s’ensuit que l’intégrale complète de toute équation aux différences partielles du premier ordre entre trois variables doit nécessairement renfermer deux constantes arbitraires.
Soit par exemple l’équation finie

on a par la différentiation

donc

et éliminant
et
on aura

équation dont l’intégrale complète sera donc

et
étant arbitraires.
Soit l’équation

dans laquelle
soit une fonction quelconque de
et
que nous désignerons par
on aura par la différentiation

donc

d’où

par conséquent l’équation différentielle sera

laquelle aura pour intégrale complète

Soit encore l’équation

on aura par la différentiation

donc l’équation différentielle sera

et son intégrale complète sera

40. Nous avons supposé les quantités
et
constantes ; mais si elles étaient variables on parviendrait toujours à la même équation différentielle
pourvu que l’on eût également

comme dans le cas où ces quantités seraient constantes ; car il est clair que le résultat de l’élimination de
et
dans les équations :

sera toujours le même, quelles que soient les valeurs de
et
Or en faisant varier à la fois les quantités
et
on aura

donc la condition dont il s’agit aura lieu si
par consé-
quent si l’on détermine les quantités

et

en sorte que l’on ait

et qu’on substitue ensuite leurs valeurs dans l’équation finie
on aura une nouvelle intégrale de l’équation proposée 
41. La manière la plus simple de satisfaire à l’équation

est de supposer séparément

ce qui donne deux équations qui serviront à déterminer
et
Or, en regardant
comme fonction de
et
il est visible que

donc les deux conditions dont il s’agit seront représentées par

lesquelles étant analogues à la condition
que nous avons trouvée dans l’Article I pour la détermination des intégrales particulières des équations à deux variables, on pourra regarder aussi les intégrales provenantes de ces conditions comme des intégrales particulières des équations à différences partielles entre trois variables.
42. Prenons par exemple l’équation

dont nous avons déjà vu que l’intégrale complète est (39)

En faisant varier successivement
et
on aura

ainsi on aura, pour la détermination de l’intégrale particulière, les deux équations

au moyen desquelles on éliminera
et
de l’équation

et la résultante sera l’intégrale particulière qu’on cherche.
Supposons que l’équation proposée soit

on aura dans ce cas

donc


ainsi on aura d’abord cette intégrale complète

ensuite, pour avoir l’intégrale particulière, il n’y aura qu’à éliminer dans cette équation les quantités
et
au moyen de ces deux-ci

lesquelles donnent


de sorte que l’intégrale particulière sera

43. Pour rendre plus sensible l’analogie qu’il y a entre les intégrales particulières des équations aux différences partielles et celles des équations différentiellesà deux variables, on remarquera que, si l’on exprime les variables
par les coordonnées rectangles d’une surface courbe, l’équation
pourra représenter une infinité de surfaces courbes, en donnant aux arbitraires
et
toutes les valeurs possibles, et chacune de ces différentes surfaces satisfera également à l’équation du premier ordre
ensuite on prouvera, par un raisonnement semblable à celui des nos 21 et suivants, que la surface qui touchera toutes celles-ci satisfera aussi à la même équation différentielle
enfin on démontrera aisément que, pour avoir l’équation de la surface touchante dont il s’agit, il n’y aura qu’à éliminer
et
de l’équation
au moyen des deux équations

d’où il s’ensuit que cette surface touchante exprimera l’intégrale particulière de l’équation
ce qui est conforme à la théorie donnée dans l’Article relativement aux lignes courbes.
44. Pour confirmer cette théorie par un exemple, supposons qu’on demande la surface courbe qui aura cette propriété, qu’en menant d’un point donné sur un quelconque des plans touchants de cette surface une perpendiculaire, elle soit toujours d’une même grandeur donnée.
Il est d’abord visible qu’une sphère décrite autour du point donné avec un rayon égal à la grandeur donnée satisfera à la question ; mais comme dans cette solution tout est déterminé et que le Problème conduit naturellement à une équation aux différences partielles du premier ordre, comme on le verra ci-après, il s’ensuit qu’on ne peut avoir de cette manière qu’une solution particulière du Problème.
De plus, il est clair qu’il y a une infinité de plans qui résolvent ce Problème ; car il suffit pour cela que la position du plan soit telle, que la perpendiculaire qu’on y abaisserait du point donné soit égale à la grandeur donnée ; et si l’on cherche l’équation générale de tous les, plans qui ont cette propriété, on verra sans peine que cette équation renfermera deux constantes arbitraires ; de sorte qu’on pourra la regarder comme l’intégrale complète de l’équation différentielle du Problème.
Enfin il est aisé de se convaincre que tous les différents plans dont il s’agit toucheront une surface sphérique décrite autour du point donné avec un rayon égal à la valeur donnée de la perpendiculaire ; c’est-à-dire la même surface qui nous a déjà donné une solution particulière du Problème.
Appliquons maintenant le calcul à cette question, et nommons
il les trois coordonnées rectangles qui répondent à un point quelconque d’un des plans touchants de la surface cherchée dont les coordonnées rectangles et parallèles à celles-là sont
on aura, par la nature du plan, l’équation

étant des constantes. Or, puisque le plan et la surface passent par un même point, on aura dans ce point
donc

ensuite, puisque dans le même point le plan et la surface se touchent, on aura aussi

mais

donc

et par conséquent

donc, substituant ces valeurs dans l’équation du plan touchant, elle deviendra

Supposons, pour plus de simplicité, que le point donné soit l’origine des coordonnées, et cherchons l’expression générale de la perpendiculaire menée de ce point sur le plan dont l’équation est

soit
la valeur d’une ligne menée du point dont il s’agit à un point quelconque de ce plan, on aura, en général,

et, dans le cas où cette ligne devient perpendiculaire, on aura
et par conséquent

mais l’équation au plan donne

donc

et par conséquent

d’où l’on tire

donc

donc

donc

donc, substituant pour
les valeurs trouvées ci-dessus, on aura enfin pour l’expression générale de la perpendiculaire 

Supposant donc cette perpendiculaire égale à une constante donnée
on aura enfin

pour l’équation du Problème.
Cette équation est la même que nous avons déjà traitée plus haut (42), et dont nous avons trouvé que l’intégrale complète est

et que l’intégrale particulière est

ce qui s’accorde avec les conclusions trouvées ci-dessus.
45. Si l’on rapproche la théorie que nous venons de donner sur les intégrales particulières des équations aux différences partielles de celle que nous avons donnée plus haut sur les intégrales particulières des équations différentielles à deux variables, on en pourra déduire une règle analogue à celle des nos 15 et 24 pour trouver les intégrales particulières sans connaître les intégrales complètes ; car on prouvera aisément, par des principes analogues à ceux qu’on a employés dans les endroits cités, que, dans le cas de l’intégrale particulière, les différences des quantités
déduites de l’équation différentielle proposée
au moyen d’une nouvelle différentiation, devront rester indéterminées.
Ainsi, si après avoir différentié l’équation
et avoir fait dispapaître les fractions on a une équation de la forme

étant des fonctions connues et entières de
il faudra, pour obtenir l’intégrale particulière de l’équation dont il s’agit, faire séparément les quantités
chacune égale à zéro ; ce qui donnera, comme l’on voit, quatre équations, lesquelles étant combinées avec l’équation
donneront, par l’élimination des deux quantités
trois équations finales en
qui devront avoir lieu en même temps. Par conséquent, si ces équations ont un facteur commun, ce facteur sera l’intégrale particulière cherchée sinon la proposée n’admettra point d’intégrale particulière.
46. Si l’équation
était telle, que l’on eût par la différentiation

alors on aurait l’équation différentielle

et les conditions de l’intégrale particulière seraient remplies en faisant
et
on n’aurait donc, dans ce cas, que deux équations de condition, lesquelles serviraient a éliminer les deux quantités 
dans l’équation

et l’équation résultante serait toujours l’intégrale particulière de cette même équation
Au reste on peut aussi trouver son intégrale complète en remarquant que l’équation

donne aussi

d’où

étant une constante et
une fonction de
sans
mais, puisqu’on doit avoir en même temps
il faudra que
donc

et
étant des constantes ; donc

si l’on substitue cette valeur de
dans l’équation différentielle
il arrivera nécessairement que les quantités
et
s’en iront et que l’on aura une équation entre les constantes
par laquelle il faudra en déterminer une par les deux autres.
Soit donc, en général,
l’intégrale complète sera alors

et l’équation différentielles sera, comme on l’a déjà vu (39),

c’est la forme générale des équations différentielles qui peuvent avoir la propriété dont il s’agit.
En effet, si l’on différentie cette équation, on aura, à cause de

celle-ci, où je mets, pour plus de simplicité,
et
à la place de
et 
![{\displaystyle \left[x+{\frac {df(p,q)}{dp}}\right]dp+\left[y+{\frac {df(p,q)}{dq}}\right]dq=0\,;}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/279873fb13e9e3e5fc15d78081702d943db8e345)
ainsi l’on aura pour l’intégrale particulière les deux équations

à l’aide desquelles il faudra éliminer les quantités
et
dans la proposée

Et il est visible qu’on aura de cette manière le même résultat que par la méthode du no 42.
Les équations à différences partielles de la forme dont il s’agit répondent, comme l’on voit, à celles qu’on a considérées plus haut (17).
47. Nous avons vu ci-dessus (40) que, pour que l’équation finie
satisfasse à l’équation aux différences partielles du premier ordre
sans supposer que les arbitraires
et
soient constantes, il suffit que ces quantités soient telles, que l’on ait la condition

c’est-à-dire, à cause de

suivant la notation ordinaire,

Dans les nos 41 et suivants nous avons satisfait à cette condition en faisant séparément
et
ce qui nous a donné l’intégrale particulière de l’équation
mais il est clair que cette supposition est trop limitée et qu’on peut remplir la condition dont il s’agit d’une manière plus générale. En effet, comme il y a deux indéterminées
et
on peut supposer que l’une soit une fonction quelconque de l’autre, par exemple,

(en prenant la caractéristique
pour dénoter une fonction indéterminée) ; substituant cette valeur de
en
et faisant

on aura l’équation de condition

au moyen de laquelle on pourra éliminer
dans l’équation
L’équation résultante de cette élimination satisfera également à l’équation différentielle
et comme elle renferme une fonction arbitraire, elle sera beaucoup plus générale que l’intégrale complète
c’est pourquoi, et pour la distinguer de celle-ci, nous la nommerons l’intégrale générale de l’équation 
48. Ainsi donc, connaissant l’intégrale complète d’une équation à différences partielles du premier ordre, on pourra toujours, par la méthode précédente, en déduire l’intégrale générale, laquelle résoudra la même équation dans toute son étendue. Il n’y aura pour cela qu’à supposer que dans l’intégrale complète l’une des deux arbitraires soit une fonction quelconque de l’autre, différentier ensuite cette intégrale en faisant varier uniquement l’arbitraire restante, et éliminer cette arbitraire. Appliquons cette méthode à quelques Exemples.
Soit proposée d’abord l’équation

dont nous avons vu ci-dessus que l’intégrale complète est

Je fais
j’ai

je différentie en faisant varier
seul et divisant par
j’ai

au moyen de ces deux équations on éliminera
et l’on aura l’intégrale générale. Or comme

on aura
égale à une fonction de
par conséquent

sera aussi nécessairement une fonction de
fonction qui restera indéterminée, à cause que
est une fonction indéterminée de
Ainsi l’on aura pour l’intégrale générale de la proposée

la caractéristique
dénotant une fonction quelconque.
49. Soit l’équation

dont l’intégrale complète est (39)

faisons

on aura
![{\displaystyle z=f\left[a,\varphi (a)\right]+ax+\varphi (a)y,}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/d142733d3827b7fa31a96e6646502fc71ed750fa)
et faisant varier
seul, on aura, après avoir divisé par 
![{\displaystyle f'\left[a,\varphi (a)\right]+x+\varphi '(a)y=0\,;}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/d483e2be39be54b454c240f7a2885d4a138e661e)
et il n’y aura plus qu’à éliminer
au moyen de ces deux équations.
Si l’équation était par exemple

comme dans le Problème du no 44, on aurait

faisant donc
on aurait ces deux équations
![{\displaystyle {\begin{aligned}&z=ax+\varphi (a)y+h{\sqrt {1+a^{2}+\left[\varphi (a)\right]^{2}}},\\&x+\varphi '(a)+h{\frac {a+\varphi (a)\varphi '(a)}{\sqrt {1+a^{2}+\left[\varphi (a)\right]^{2}}}}=0,\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/3e7668c9aa5bae55e211ddad7b6235ec56ba7ba7)
d’où il faudrait éliminer
on aurait ainsi la solution générale du Problème dont il s’agit.
Cette élimination est impossible, en général, c’est-à-dire tant que la fonction
est indéterminée ; ainsi nous nous contenterons d’examiner quelques cas particuliers.
Supposons, ce qui est le cas le plus simple,

et
étant des coefficients constants quelconques, on aura

et les deux équations précédentes deviendront

Pour chasser
de ces deux équations, je commence par tirer de la seconde la valeur du radical, j’ai

ce qui, étant substitué dans la première, donne
![{\displaystyle z=a\left[x+ny-{\frac {\left(1+n^{2}\right)h^{2}}{x+ny}}\right]+my-{\frac {mnh^{2}}{x+ny}}.}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/ce1d24b3578afa367ef6a7cecc090f90f00d7a28)
Maintenant je carre l’équation précédente et je la réduis à celle-ci

d’où je tire

cette valeur étant enfin substituée dans l’équation ci-dessus, on aura celle-ci

Cette équation est celle d’un cylindre droit qui a le rayon de la base égal à
en effet, si l’on change les deux coordonnées rectangles
en deux autres aussi rectangles
telles, que

on aura

et si l’on change encore les deux coordonnées

en deux autres

telles, que

on aura cette équation-ci

laquelle est évidemment celle d’un cylindre droit dont l’axe coïncide avec l’axe des coordonnées
et dont la base a le rayon égal à 
Or, comme en changeant les coordonnées nous n’avons fait que changer la position du cylindre relativement aux coordonnées primitives
il s’ensuit que tout cylindre droit dont l’axe passera par le point donné qui a été pris pour l’origine des coordonnées et dont la base aura la quantité
pour rayon, satisfera au Problème du no 44 ; ce qui est évident par soi-même.
Supposons
![{\displaystyle {\sqrt {1+a^{2}+\left[\varphi (a)\right]^{2}}}=k,}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/eb42e4941da7567dbd24244933bd4dfb1c76932d)
ce qui donne

on aura alors ces deux équations

d’où, éliminant
il viendra

équation à un cône droit dont l’axe coïncide avec l’axe des ordonnées
le sommet est distant du plan des ordonnées
de la quantité
et la base prise dans ce plan est un cercle dont le rayon est
de sorte que si du centre de la base on mène une perpendiculaire à la surface du
cône, cette perpendiculaire sera égale à

ce qui est la condition du Problème.
On trouverait un cône semblable, mais dans une situation oblique à l’axe des ordonnées
si l’on prenait la quantité
telle, que
![{\displaystyle {\sqrt {1+a^{2}+\left[\varphi (a)\right]^{2}}}=k+ma+n\varphi (a)\,;}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/53c9518aab7bf89511fced9945c38c89d2a3c888)
le calcul en étant un peu long, nous ne nous y arrêterons pas.
Comme la forme de la fonction
est arbitraire, on pourra trouver une infinité de solutions différentes du Problème proposé ;` mais il est remarquable que la solution qui donne une sphère, et qui est en quelque façon la plus simple, n’est point comprise dans cette infinité de solutions qui résultent de l’hypothèse que
est une fonction quelconque de
En effet, si l’on reprend les équations générales et qu’on cherche à déterminer
en sorte qu’il en résulte l’équation à la sphère

il faudra qu’en substituant pour
sa valeur
et éliminant ensuite l’une des deux variables
ou
l’autre disparaisse aussi, de manière que l’équation résultante soit uniquement entre les quantités
et
or en éliminant par exemple
on aura une équation où
montera au second degré, en sorte qu’il faudrait faire évanouir séparément les coefficients des trois termes de cette équation ordonnée par rapport à
ce qui donnerait trois équations au lieu d’une ; et l’on se convaincra aisément par le calcul qu’il est impossible de satisfaire à ces trois équations à la fois.
Au reste ce résultat ne doit pas paraître surprenantquand on considère que la sphère est donnée par une intégrale particulière (44) ; et nous n’avons fait cette remarque, qui peut d’ailleurs être appliquée à toutes les intégrales particulières des équations à différences partielles, que pour montrer la nécessité d’avoir égard à ces sortes d’intégrales pour avoir toutes les solutions possibles des équations de l’espèce dont il s’agit.
Une autre chose digne d’être remarquée, c’est que les surfaces, qui représentent l’intégrale particulière et l’intégrale générale d’une même équation à différences partielles du premier ordre, touchent dans chaque point une des surfaces exprimées par l’intégrale complète de la même équation, mais avec cette différence que la surface représentée par l’intégrale particulière touche absolument toutes les surfaces possibles que donne l’intégrale complète (43), au lieu que la surface représentée par l’intégrale générale ne touche que celles de ces surfaces qui se rapportent à une certaine espèce dépendante du rapport qu’on établit entre les deux quantités
et
qui sont les constantes arbitraires de l’intégrale complète ; c’est de quoi on peut se convaincre, en général, par les principes de la méthode du no 48, et dont l’Exemple précédent fournit des preuves particulières, puisqu’il est visible que les cylindres et les cônes, que nous avons déduits de l’intégrale générale, sont touchés partout par desplans exprimés par l’intégrale complète.
50. Soit l’équation

les caractéristiques
et
dénotant des fonctions quelconques données de deux quantités.
Je suppose

étant une constantes ; je tire de cette équation la valeur de
qui sera exprimée en
et
et après avoir multiplié par
j’intègre en faisant varier
seul ; j’aurai

étant une fonction connue de
où entrera aussi la constante
et
une fonction quelconque indéterminée de
j’aurai ensuite

et j’en tirerai de même

étant une fonction connue de
où entrera aussi
comme constante, et
une fonction quelconque de
donc, puisque ces deux valeurs de
doivent être identiques, il faudra que

par conséquent la valeur de
sera
et il est visible qu’on peut ajouter à cette valeur une constante quelconque, puisque dans l’équation différentielle la quantité finie
ne se trouve pas.
On aura donc

intégrale complète de la proposée, puisqu’elle renferme deux constantes arbitraires
et 
Pour en tirer l’intégrale générale, on fera
ensuite on différentiera en faisant varier
seul ; on aura ainsi les deux équations

au moyen desquelles on éliminera
et la résultante sera l’intégrale cherchée.
51. Soit l’équation

Je fais

substituant ces valeurs, j’aurai une équation en
et
d’où je tirerai
exprimé par une fonction de
seul dans laquelle
entrera aussi comme constante ; or l’équation

donnera, en intégrant,

étant une fonction de
seul ; de même l’équation

donnera

étant une fonction de
seul ; donc, pour que ces deux équations deviennent la même chose, il faudra que l’on ait

et alors on aura, en ajoutant une constante
à l’intégrale
cette intégrale complète

Je fais maintenant
et je différentie en faisant varier
seul j’aurai les deux équations

au moyen desquelles il faudra éliminer
pour avoir l’intégrale générale de la proposée.
52. Soit l’équation

étant une fonction quelconque de
et
et
une fonction quelconque de 
Je multiplie l’équation par
et j’ajoute ensuite à l’un et à l’autre membre la quantité
j’ai à cause de

cette équation-ci

je suppose pour un moment

j’ai une équation entre deux variables
et
que j’intègre en
ajoutant la constante arbitraire
je regarde maintenant
comme une fonction de
et
déterminée par cette même équation ; j’aurai par la différentiation

étant une fonction connue de
et
ainsi substituant cette valeur dans l’équation précédente, elle deviendra

Or, si l’on substitue partout dans cette équation à la place de
sa valeur en
et
on aura une équation entre les trois variables
et, supposant
constante, on aura l’équation

entre les deux variables
et
laquelle étant intégrée en y ajoutant une constante arbitraire, qui pourra être une fonction quelconque indéterminée de
donnera sur-le-champ l’intégrale générale de la proposée ; car il n’y aura plus qu’à y remettre à la place de
sa valeur en
et 
53. Soit encore l’équation


étant une fonction quelconque de

et

et

une fonction quelconque de
Je fais pour plus de simplicité

en sorte que
soit une fonction quelconque de
et
et
une fonction quelconque de
je multiplie toute l’équation par
et j’ajoute aux deux membres la quantité
j’ai

or, puisque

et que

on aura

donc l’équation précédente deviendra

Je suppose

ce qui fait une équation entre
et
que j’intègre en y ajoutant une constante arbitraire
de sorte que j’ai une équation finie entre
et
dans laquelle je puis regarder
comme une fonction de
et
et qui donnera par la différentiation

étant une fonction connue de
et
ainsi l’équation précédente deviendra

Qu’on substitue partout dans cette équation à la place de
sa valeur en
et
on aura une équation entre les trois variables
laquelle, en supposant
constante, sera

qu’on intègre donc cette équation entre les deux variables
et
et soit
l’intégrale, dans laquelle on pourra supposer que la constante arbitraire soit une fonction quelconque indéterminée de
faisant ensuite varier dans l’équation
les trois quantités
et
à la fois, il viendra

étant une fonction connue de
donc, substituant cette valeur dans l’équation ci-dessus, on aura

On a donc ainsi deux équations finies

entre les quantités
et, comme
est donnée par une fonction connue de
et
substituant cette valeur de
on aura deux équations entre les trois quantités
et
à l’aide desquelles on pourra éliminer
et
c’est-à-dire
et
dans l’équation proposée

et l’équation résultante sera l’intégrale générale de cette même équation, puisqu’elle contient déjà une fonction indéterminée.
54. Soit enfin l’équation


étant une fonction quelconque de

et

et

une fonction quelconque de
Je fais

j’aurai l’équation

dans laquelle
sera une fonction quelconque de
et où
sera une fonction quelconque de
Je multiplie cette équation par
et j’ajoute aux deux membres la quantité
j’aurai, à cause de

j’aurai, dis-je, l’équation

Je suppose
j’ai une équation entre
et
que j’intègre en y ajoutant une constante arbitraire
ensuite, regardant
comme variable, je différentie de nouveau, j’ai

étant une fonction connue de
cette substitution ainsi que celle de la valeur de
en
et
étant faites dans l’équation ci-dessus, elle deviendra

où
et
seront maintenant des fonctions connues de
et
Regardant donc
comme constante, on aura l’équation

entre les variables
et
dont l’intégrale pourra contenir comme constante une fonction quelconque indéterminée de
Soit

cette intégrale ; en y faisant varier à la fois

et

on en tirera

mais on a

donc

Cette équation étant combinée avec l’équation

on pourra éliminer
après avoir remis pour
sa valeur
et pour
sa valeur en
et
l’équation résultante ne contiendra que
et sera l’intégrale générale de la proposée à cause de la fonction indéterminée qui s’y trouvera.
On pourra, par un procédé semblable, trouver l’intégrale générale de toute équation de la forme

étant une fonction de
et
une fonction de 
Il n’y aura pour cela qu’à changer dans l’analyse précédente
en
et vice versâ.
On voit par là que les équations de la forme

ou

(la caractéristique
dénotant une fonction quelconque donnée de trois quantités), sont intégrables en général car si l’on tire de la première la
valeur de

ou de la seconde celle de

on aura des équations de la forme

et par conséquent intégrables par la méthode ci-dessus.
55. Les Exemples précédents renferment d’une manière générale tous les cas connus d’intégration des équations de différences partielles du premier ordre entre trois variables ; et c’est pour cette raison que nous avons ajouté les trois derniers Exemples, quoique la méthode qu’on y a suivie n’ait pas un rapport immédiat avec la méthode générale du no 48 ; nous avions déjà donné ailleurs l’intégration de l’équation du no 52 [voyez les Mémoires pour 1772[3]] ; mais celle des équations des nos 53 et 54 est, si je ne me trompe, entièrement nouvelle.
56. On a vu ci-dessus que l’intégrale particulière n’est renfermée ni dans l’intégrale complète ni dans l’intégrale générale ; mais il n’en est pas de même de l’intégrale complète par rapport à l’intégrale générale ; car il est facile de se convaincre, soit d’après notre théorie de la formation des intégrales générales, soit d’après la seule considération de la nature de ces intégrales, laquelle consiste en ce qu’elles doivent renfermer une fonction arbitraire, il est aisé, dis-je, de se convaincre que ces sortes d’intégrales doivent toujours renfermer les intégrales complètes comme des cas particuliers. En effet, si dans l’intégrale générale on donne à la fonction indéterminée une valeur particulière dans laquelle il y ait des coefficients arbitraires, en sorte qu’il se trouve deux de ces coefficients dans l’intégrale, cette intégrale sera alors une intégrale complète, et conduira nécessairement par la différentiation à la même équation aux différences partielles du premier ordre que l’intégrale générale dont elle est dérivée. On voit par là qu’on peut donner différentes formes aux intégrales complètes, mais que ces formes différentes sont néanmoins liées entre elles, en sorte que dès qu’on en connaît une on peut en déduire toutes les autres, puisqu’il n’y a qu’à chercher d’abord, par notre méthode, l’intégrale générale, et ensuite donner à la fonction indéterminée des valeurs particulières.
57. Nous allons maintenant considérer les équations à différences partielles du second ordre ; et nous remarquerons d’abord que si
est une équation finie entre les trois variables
et cinq constantes
on pourra en déduire une équation aux différences partielles du second ordre dans laquelle ces constantes ne se trouveront plus. Car, en regardant
comme une fonction de
et
et faisant varier successivement ces deux quantités dans l’équation donnée, on en tirera par une double différentiation ces cinq équations-ci


étant des fonctions connues de
, et
des fonctions aussi connues de
Si donc au moyen de ces cinq équations différentielles et de l’équation finie
on élimine les cinq constantes 
on aura une équation finale entre les quantités

dans laquelle les constantes dont il s’agit ne se trouveront plus, et que nous représenterons, en général, par 
On pourra donc regarder l’équation
comme l’intégrale finie et complète de l’équation aux différences partielles du second ordre
et comme les cinq constantes
demeurent arbitraires, il s’ensuit que l’intégrale finie et complète de toute équation aux différences partielles du second ordre doit renfermer cinq constantes arbitraires.
Soit par exemple l’équation finie

on aura par la différentiation


donc, éliminant les constantes
on aura cette équation finale

dont l’équation précédente sera par conséquent l’intégrale complète.
58. Soit encore l’équation

dans laquelle
soit une fonction donnée de
on aura par la différentiation


donc


donc, substituant ces valeurs, on aura l’équation différentielle du second ordre

dont l’intégrale complète sera

la caractéristique
dénotant une fonction quelconque de cinq quantités.
59. En suivant les principes établis dans ce Mémoire, il est facile de démontrer que pour avoir l’intégrale particulière d’une équation à différences partielles du second ordre
dont on connaît l’intégrale finie complète
il n’y aura qu’à faire varier, tant dans la quantité
que dans les deux quantités
et
des équations

les cinq constantes arbitraires
et supposer les différences de ces trois quantités
nulles ; ce qui donnera trois équations qui contiendront les cinq différentielles
sous une forme linéaire ; on éliminera deux de ces différentielles, et l’on fera ensuite évanouir séparément dans l’équation résultante les coefficients des trois différentielles restantes ; on aura ainsi trois équations de condition qui étant combinées avec les trois équations

donneront, par l’élimination des cinq quantités
une équation à différences partielles du premier ordre, laquelle sera l’intégrale particulière aux premières différences de la proposée
du second ordre.
Par exemple, l’équation différentio-différentielle du numéro précédent donne


donc les équations de condition de l’intégrale particulière seront, en fai-
sant, pour abréger,



Mettant dans la première équation les valeurs de
et
tirées de ces deux dernières, et égalant ensuite à zéro les coefficients des différences
on aura ces trois équations


à l’aide desquelles et des équations

on éliminera les cinq quantités
et la résultante sera l’intégrale particulière aux premières différences de l’équation dont il s’agit.
60. Soit à présent
une équation entre les variables finies
et les différences partielles du premier ordre
dans laquelle entrent deux constantes arbitraires
et
on pourra en déduire par la différentiation une équation aux différences partielles du second ordre dans laquelle les deux constantes
et
ne se trouveront plus. Car, si l’on fait varier successivement
et
on aura les deux équations

à l’aide desquelles on pourra éliminer dans la proposée
les deux constantes
et
et l’équation résultante sera entre les variables
et leurs différences partielles
nous la designerons, en général, par 
Ainsi l’on pourra regarder l’équation
comme l’intégrale complète du premier ordre de l’équation du second ordre
et, comme les deux constantes
et
restent arbitraires, on peut conclure, en général, que toute intégrale complète du premier ordre d’une équation aux différences partielles du second ordre doit contenir deux constantes arbitraires.
Soit par exemple l’équation aux différences premières

et
étant deux constantes qui doivent rester indéterminées, et
deux coefficients donnés.
Faisant varier successivement
et
on aura les deux équations

d’où chassant
il viendra l’équation

dont l’équation ci-dessus sera par conséquent l’intégrale complète du premier ordre.
Ainsi, ayant une équation du second ordre de la forme

il n’y aura qu’à chercher les racines de l’équation

et nommant ces racines
on aura l’intégrale complète du premier ordre

et, comme on peut échanger entre elles les racines

et

on aura aussi cette autre intégrale du premier ordre

et
étant d’autres constantes arbitraires.
Au moyen de ces deux intégrales du premier ordre on pourra, si l’on veut, trouver l’intégrale complète finie ; car en chassant par exemple
on aura l’équation

qui peut être intégrée en faisant varier
seul ; et l’on aura

étant une fonction quelconque de 
Or, si des mêmes équations on chasse
on a

et, intégrant par rapport à
seul, on aura

et, comme ces deux équations doivent être la même chose, il faudra faire

étant une constante arbitraire.
Ainsi l’intégrale complète finie de la proposée sera

où
sont les cinq arbitraires.
Au reste il est facile de voir que cette méthode de trouver l’intégrale complète finie d’une équation du second ordre, lorsqu’on connaît deux différentes intégrales complètes du premier ordre de la même équation, est générale et réussira toujours, quelle que soit la forme de ces intégrales complètes ; car en éliminant
on aura toujours une équation où
pourra être traitée comme constante, et en éliminant
on en aura une où
pourra être regardée elle-même comme constante ; et, l’intégration introduisant nécessairement une nouvelle constante arbitraire, on aura dans l’intégrale finie le nombre de cinq arbitraires ; ce qui est le caractère des intégrales complètes (57).
61. Lorsqu’on connaît l’intégrale complète du premier ordre
d’une équation du second ordre
on en peut déduire sans peine son intégrale particulière.
Car il ne faudra que faire varier dans l’équation
les deux constantes arbitraires
et
et supposer ensuite les coefficients des deux différentielles
et
chacun égal à zéro ; on aura ainsi deux équations qui serviront à éliminer les quantités
et
dans l’équation
et la résultante sera l’intégrale particulière aux premières différences de la proposée
.
62. Enfin, si l’on ne connaît aucune des intégrales complètes de l’équation
du second ordre, on pourra néanmoins trouver son intégrale particulière aux premières différences.
Il n’y aura pour cela qu’à différentier l’équation proposée, et, ayant fait disparaître les fractions pour avoir une équation de la forme

étant des fonctions connues et entières de

on supposera séparément égale à zéro chacune des cinq quantités
ce qui donnera cinq équations, lesquelles étant combinées avec l’équation
en sorte que les trois quantités
disparaissent, il résultera trois équations finales en
il faudra donc que ces trois équations puissent avoir lieu en même temps, c’est-à-dire qu’elles aient un facteur commun, pour que la proposée soit susceptible d’une intégrale particulière ; et ce facteur, s’il y en a un, sera l’intégrale cherchée.
La démonstration de cette méthode et de celle du numéro précédent est facile à déduire des principes exposés dans ce Mémoire, et nous ne croyons pas devoir nous y arrêter.
63. Si l’équation
est telle, que

alors on n’aura pour la détermination de l’intégrale particulière que les trois équations de condition

lesquelles serviront à éliminer les trois quantités
dans l’équation
et la résultante sera l’intégrale particulière de cette même équation
64. Pour trouver la forme générale des équations qui ont cette propriété, il n’y a qu’à remarquer qu’on peut satisfaire à l’équation
en faisant séparément

ce qui donne, en prenant des constantes arbitraires,

et intégrant de nouveau

et enfin

où il se trouve, comme l’on voit, six constantes indéterminées. Or, si l’on substitue ces valeurs dans l’équation
il arrivera nécessairement que les quantités
et
s’en iront d’elles-mêmes, en sorte qu’il ne restera qu’une équation entre les constantes
par laquelle il faudra en déterminer une par les autres.
Supposons donc qu’on ait déterminé
en sorte que l’on ait, en général,

alors on aura l’équation finie

qui, contenant cinq constantes arbitraires, sera l’intégrale complète de la proposée
et d’où l’on pourra par conséquent déduire la forme générale de cette même équation, ainsi que nous l’avons déjà fait plus haut (58).
L’équation différentio-différentielle, que nous avons trouvée dans le no 58, sera donc la formule générale de touttes les équations qui peuvent avoir la propriété en question ; et si l’on différentie cette équation, qu’ensuite on suppose égal à zéro chacun des coefficients des trois différences
on aura trois équations, qui étant combinées avec l’équation proposée donneront, par l’élimination des quantités 
le même résultat que l’on aura par la méthode du no 62.
65. Après avoir vu comment on peut déduire les intégrales particulières des intégrales complètes, voyons comment on peut en déduire aussi les intégrales générales. Et d’abord il est facile de prouver d’après les principes exposés ci-dessus (57) que pour que l’équation
qu’on suppose être l’intégrale complète finie de l’équation du second ordre
satisfasse à cette même équation, en y regardant les cinq arbitraires
comme variables, il suffira que ces quantités soient telles, qu’elles satisfassent aux trois équations différentielles qu’on aura en égalant à zéro les différences des quantités
dans lesquelles on n’aura fait varier que les quantités
Or, comme de cette manière on n’a que trois équations pour la détermination des cinq variables
il est clair qu’il y en aura deux à volonté qu’on pourra supposer être des fonctions quelconques indéterminées des trois autres ; il s’agira seulement de faire en sorte qu’on puisse déterminer ensuite les valeurs des cinq variables dont il s’agit d’une manière finie, en fonctions de
alors il n’y aura plus qu’à substituer ces valeurs dans l’équation
et l’on aura l’intégrale générale de la proposée
du second ordre, laquelle intégrale contiendra deux fonctions indéterminées.
Nous avons vu ci-dessus (57) que l’équation du second ordre

a pour intégrale finie complète

De là on a


donc, faisant varier les quantités
on a les équations de condition

J’ajoute ces deux dernières équations ensemble apyès en avoir multiplié une par un coefficient constant arbitraire
ce qui donne

où l’on voit que, si l’on fait
ce qui donne
on aura

cette équation ne contenant plus que deux variables
et
il n’y aura qu’à supposer, à l’imitation de ce que nous avons pratiqué plus haut (47),

ce qui donnera

et l’on aura, après la substitution et la division par 

d’où l’on tirera la valeur de
en fonction de
or, comme le radical
peut être pris également en moins, on aura de
même l’équation

laquelle, en faisant

donnera

moyennant quoi on connaîtra séparément
et
en
et 
Soit, pour plus de simplicité,

et soient
deux fonctions de
et de
il est clair qu’on aura

donc

par conséquent

On aura donc ainsi

et, substituant ces valeurs dans la première des trois équations de condition, on aura, après les réductions,

d’où l’on tire

Connaissant ainsi les valeurs des cinq quantités
il n’y aura plus qu’à les substituer dans l’équation
et l’on aura

ce qui se réduit à cette forme plus simple

or,
étant une fonction quelconque de
ou
et
une fonction quelconque de
ou
il est visible que
et
seront aussi des fonctions quelconques des mêmes quantités. De sorte qu’on aura, en général,

ce qui s’accorde avec ce que l’on sait depuis longtemps.
Au reste on voit par cet Exemple, qui est d’ailleurs un des plus simples, que la méthode dont il s’agit, quoique directe et générale, est en quelque façon plus curieuse qu’utile, à cause des difficultés qui peuvent se rencontrer dans l’intégration des équations de condition ; c’est pourquoi nous ne nous arrêterons pas davantage sur ce sujet.
66. Il est beaucoup plus aisé de tirer l’intégrale générale aux premières différences de l’intégrale complète du premier ordre. Car nous avons vu (60) que, si
est l’intégrale complète du premier ordre de l’équation du second ordre
il suffit qu’il y ait dans l’équation
deux constantes arbitraires
et
et il est facile de prouver que cette équation satisfera également à l’équation
en y regardant
et
comme des variables, pourvu que l’on ait

de sorte qu’en faisant, en général,

on n’aura que cette seule équation de condition

laquelle servira à éliminer
dans l’équation
; et la résultante contenant une fonction arbitraire sera nécessairement l’intégrale générale aux différences premières de la proposée
il n’y a, comme l’on voit, aucune difficulté dans l’application de cette méthode.
L’équation

a pour intégrale complète du premier ordre

comme on l’a vu plus haut (60). Pour en déduire l’intégrale générale on fera donc varier
et
ce qui donnera

et faisant
on aura

d’où l’on voit que

donc
est égale à une fonction de
et par conséquent
est aussi
égal à une fonction de

donc aussi

est égal à une fonction de

que je dénoterai par

et il est visible que cette fonction pourra être quelconque. Ainsi l’intégrale générale du premier ordre sera

De plus on a vu que la même équation a aussi pour intégrale complet du premier ordre

d’où l’on tirera, par un procédé semblable au précédent, la nouvelle intégrale générale

la caractéristique
dénotant aussi une fonction quelconque.
Maintenant de même que dans l’endroit cité on a tiré l’intégrale finie complète des deux intégrales complètes du premier ordre, de même aussi pourra-t-on déduire des deux intégrales générales du premier ordre qu’on vient de trouver l’intégrale générale finie de l’équation proposée du second ordre.
En effet on a d’abord, en éliminant

multipliant par
et intégrant relativement à
on aura

dénote une fonction quelconque de
, et les caractéristiques
dénotent les intégrales des fonctions exprimées par les
En éliminant de même la quantité
on a

et intégrant relativement à

seul, on aura

étant une fonction quelconque de
or, comme ces deux valeurs de
doivent être identiques, il faudra que

ce qui ne peut avoir lieu, à moins que les deux quantités
et
ne soient constantes ; mais, comme les caractéristiques
expriment des fonctions quelconques, il serait superflu d’ajouter à ces fonctions une constante quelconque. Ainsi l’intégrale générale finie de la proposée sera

Cette méthode est générale, et l’on pourra toujours par son moyen trouver l’intégrale générale finie de toute équation à différences partielles du second ordre, dont on connaîtra deux intégrales complètes du premier ordre.
67. On pourrait croire qu’il suffit de connaître l’intégrale complète finie d’une équation à différences partielles du second ordre pour pouvoir trouver deux intégrales complètes du premier ordre de la même équation, comme cela a lieu pour les équations différentielles à deux variables (32) ; mais il n’en est pas ainsi des équations à différences partielles. En effet, dans ces sortes d’équations, lorsqu’il n’y a que trois variables, toute différentiation simple fournit deux équations, mais une différentiation double en fournit cinq, et une différentiation triple en fournira neuf, et ainsi de suite. De là vient que toute intégrale complète simple ou du premier ordre doit contenir deux constantes arbitraires, toute intégrale double ou du second ordre doit contenir cinq arbitraires, et ainsi du reste. Ainsi, pour pouvoir déduire une intégrale complète du premier ordre d’une intégrale complète du second, il faudrait pouvoir éliminer, par une simple différentiation de celle-ci, trois constantes vphitraires à la fois ; ou bien, si l’on n’en élimine que deux, il faudrait que la résultante fût telle, que les trois arbitraires restantes pussent être éliminées à la fois par une nouvelle différentiation simple ; or c’est ce qui est impossible, en général, et ne peut guère avoir lieu que dans des cas particuliers.
À plus forte raison sera-t-il impossible de déduire, en général, d’tune intégrale complète du troisième ordre une intégrale complète du second ou du premier, et ainsi du reste.
Nous allons rendre tout cela sensible par quelques Exemples.
68. Soit prise d’abord l’équation du no 58 ci-dessus, dont l’intégrale complète finie est

étant 
Une différentiation simple donne les deux équations

il faut donc voir si en combinant ces deux équations avec la précédente on peut chasser à la fois trois des cinq arbitraires
Je fais d’abord cette combinaison

et je remarque que si je retranche cette équation de celle ci-dessus multipliée par
j’en aurai une du premier ordre qui ne contiendra plus que les deux arbitraires
et
pourvu qu’on suppose que
soit une fonction de
et
seulement.
J’aurai donc dans ce cas l’équation

qui sera l’intégrale complète du premier ordre de l’équation du second
ordre

De là on pourra donc trouver, si l’on veut, l’intégrale générale du premier ordre de cette même équation (66).
Car en faisant varier
et
et supposant

on aura l’équation
![{\displaystyle x+2{\frac {df(a,b)}{da}}+\left[y+2{\frac {df(a,b)}{db}}\right]\varphi '(a)=0,}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/e9b3e21cfb566e3b374c7514a15e62001581accf)
par laquelle on éliminera
dans l’intégrale complète après avoir mis partout
à la place de
la résultante sera l’intégrale générale cherchée.
Dans cet Exemple nous avons pu éliminer à la fois les trois arbitraires
ce qui nous a donné une intégrale complète du premier ordre ; mais pour avoir une autre intégrale complète il faudrait pouvoir éliminer à la fois trois autres des cinq arbitraires
ce qui n’est guère possible, comme on peut s’en assurer aisément par le calcul.
Au reste on voit aussi par l’Exemple précédent que, si la quantité était une fonction qui contînt les arbitraires
il ne serait plus possible de parvenir à une intégrale complète du premier ordre, par l’élimination simultanée de trois arbitraires.
69. Soit maintenant l’équation

dont l’intégrale complète est

comme il est facile de s’en assurer par la substitution de cette valeur de
J’aurai par la différentiation

d’où l’on tire cette combinaison

et, retranchant cette équation de la précédente, j’aurai celle-ci

laquelle ne contenant plus que deux arbitraires sera par conséquent l’intégrale complète du premier ordre de la proposée.
On pourra donc tirer de celle-ci l’intégrale générale du premier ordre, laquelle sera

Je remarque de plus que l’on a

et que cette équation est telle, que les trois arbitraires qu’elle renferme peuvent être éliminées à la fois au moyen de ses deux différentielles

car, en ajoutant ces deux équations-ci ensemble après avoir multiplié la
seconde par

on a

qui est l’équation même proposée.
De là il s’ensuit donc que l’équation dont il s’agit sera aussi une intégrale complète du premier ordre, et même on y pourra pour plus de simplicité supposer égale à zéro une quelconque des trois arbitraires qu’elle renferme.
On aura donc de cette manière cette nouvelle intégrale complète

d’où l’on tirera aussi une nouvelle intégrale générale du premier ordre, laquelle sera

Au moyen de cette intégrale et de la précédente on pourra avoir sur-le-champ l’intégrale générale finie ; car multipliant la dernière par
et l’ajoutant à la première on aura

et
étant deux fonctions arbitraires de 
70. Nous nous dispenserons d’examiner les équations à différences partielles des ordres plus élevés, comme aussi celles où il y aurait plus de trois variables ; l’application des principes que nous venons d’établir à ces sortes d’équations ne doit pas être difficile à présent, et d’ailleurs ce Mémoire n’est déjà que trop long.