Mémoires historiques/03

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Annales principales
Chapitre III
Les Yn
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► ╓173 La mère de Sié (101), (ancêtre des) Yn, s’appelait Kien-ti ; c’était une fille de la famille princière de Song (102) ; elle était l’épouse en second de l’empereur Kou ; elle et deux autres personnes allèrent se baigner ; elles virent un oiseau de couleur sombre (103) qui laissa tomber un œuf ; ╓174 Kien-ti le recueillit et l’avala ; c’est à la suite de cela qu’elle devint enceinte, puis enfanta Sié.

Quand Sié fut devenu grand, il aida Yu à maitriser les eaux et y acquit de la gloire (104).

L’empereur Choen donna alors à Sié l’ordre suivant (105) :

[ (106) — Les cent familles n’entretiennent pas des relations amicales ; les cinq ordres (de devoirs) ne sont pas observés ; vous, soyez directeur des multitudes et répandez avec soin les cinq enseignements ; les cinq enseignements (ont leur principe) dans la douceur. »]

Il lui conféra la possession du pays de Chang (107) ; il lui donna le nom de famille Tse. Sié fleurit aux temps de ╓175 T’ang (Yao), de Yu (Choen) et du grand Yu (108). Sa gloire et ses travaux se manifestèrent dans les cent familles et c’est pourquoi les cent familles furent en paix. Sié mourut.

Son fils, Tchao-ming, prit le pouvoir ; il mourut. Son fils, Siang-t’ou (109), prit le pouvoir ; il mourut. Son fils, Tch’ang-jo, prit le pouvoir ; il mourut. Son fils, Ts’ao-yu (110), prit le pouvoir ; il mourut. Son fils, Ming, prit le pouvoir ; il mourut (111). Son fils, Tchen (112), prit le pouvoir ; il mourut. Son fils, Wei (113), prit le pouvoir ; il mourut. Son fils, Pao-ting, prit le pouvoir ; il mourut. Son fils, Pao-i, prit le pouvoir ; il mourut. Son fils, Pao-ping, prit le ╓176 pouvoir ; il mourut. Son fils, Tchou-jen, prit le pouvoir ; il mourut. Son fils, Tchou-koei, prit le pouvoir ; il mourut. Son fils, Tien-i, prit le pouvoir ; ce fut T’ang (114) le victorieux.

Au temps de T’ang le victorieux, [ (115) il y avait eu, depuis Sié jusqu’à T’ang, huit transferts (de capitale) (116). T’ang s’établit d’abord à Po et adopta la résidence de l’ancien roi. Il fit l’» Annoncement à l’empereur (117). »

╓177 Tang réduisit les seigneurs. Le comte de Ko (118) ne faisait pas les sacrifices ; ce fut par sa punition que commença T’ang.] T’ang dit :

— Voici mes paroles : Les hommes regardent dans l’eau pour voir leur visage ; on regarde le peuple pour savoir si le gouvernement est bon ou non.

I Yn dit :

— Cela est sage ! si cette parole peut être écoutée, alors la bonne conduite sera près d’être atteinte. Celui qui règne sur l’État traite le peuple comme son fils ; le principe de tout ce qui se fait d’excellent se trouve dans le roi et ses officiers. Faites tous vos efforts ! faites tous vos efforts !

T’ang dit :

— Ceux de vous qui ne sauront pas respecter mon ordre, je les punirai avec sévérité et les ferai périr ; aucun d’eux ne sera pardonné.

Il fit le « Châtiment (infligé par) T’ang (119). »

╓178 I Yn avait pour nom personnel Ngo-heng (120). Ngo-heng désirait entrer en rapports avec T’ang ; mais, n’en trouvant pas le moyen, il se mit au service de la suivante, fille de la famille princière de Sin (121) et mit sa confiance dans les trépieds et les tables de cuisine (122) ; il discourut devant T’ang sur les goûts savoureux et en arriva à parler du gouvernement royal. Une autre tradition dit : I Yn était un simple particulier ; T’ang envoya des gens le chercher en lui offrant des présents ; ils s’en retournèrent cinq fois (123) ; mais enfin il se résolut à venir ; c’est ╓179 en accompagnant T’ang qu’il discourut sur le Roi simple et sur les neuf Maîtres (124).

T’ang l’éleva en charge pour que l’État fût bien dirigé.

╓180 [ (125) I Yn quitta T’ang pour aller à (la cour de) Hia. Le souverain Hia le remplit d’indignation et il revint à Po. Il entra par la porte du Nord et rencontra Jou Kieou et Jou Fang. Il fit le Jou Kieou et le Jou Fang (126).] T’ang étant sorti, vit dans la plaine un filet qu’on étendait des quatre côtés avec une invocation en ces termes : « Que des quatre lieux du monde tous entrent dans mon filet. » — T’ang dit :

— Oh ! on les prendrait jusqu’au dernier !

Alors il enleva trois faces du filet et mit une prière en ces termes :

— Si vous voulez aller à gauche, allez à gauche, si vous voulez aller à droite, allez à droite ; que ceux qui en ont assez de la vie entrent dans mon filet.

Les seigneurs apprirent ce trait et dirent :

— La vertu de T’ang est extrême ; elle s’étend jusqu’aux oiseaux et aux quadrupèdes (127).

En ce temps, Kié, de la dynastie Hia, était cruel ; son gouvernement était pervers et barbare ; d’autre part, parmi les seigneurs, Koen-ou était un fauteur de troubles. T’ang leva alors des soldats et se mit à la tête des seigneurs. I Yn suivait T’ang. T’ang prit lui-même en main la hache d’armes pour réduire Koen-ou (128) et ensuite pour réduire Kié. ╓181 T’ang dit : [ (129)

— (130) Approchez, vous, multitude du peuple. Venez. Écoutez tous mes paroles. Ce n’est pas moi, petit enfant, qui ose entreprendre de susciter une rebellion. Le souverain Hia est fort coupable. J’ai entendu en effet votre multitude dire : « Hia est coupable. » Or, je crains l’Empereur d’en haut et je n’ose pas ne pas corriger (Hia). Maintenant Hia est fort coupable et le ciel ordonne de le mettre à mort. Maintenant parmi vous, la multitude, il en est qui disent : « Notre prince (131) n’a pas pitié de nous, la multitude ; il interrompt nos travaux de la moisson et son gouvernement est nuisible (132). » Il en est aussi qui disent : « Quels ne sont pas ╓182 ses crimes ! Le roi de la dynastie Hia est le chef de ceux qui arrêtent les efforts de la multitude ; il est le chef de ceux qui dépouillent le royaume de Hia (133) ; le peuple en est de plus en plus las et ne lui est pas attaché. Il (Hia) a dit :

« Ce soleil, le jour il mourra, Moi et vous périrons tous (134). « ╓183 La conduite de Hia étant telle, je me suis résolu à marcher contre lui.

« J’espère que vous vous unirez à moi, l’homme unique (135), pour accomplir le châtiment céleste ;

« Alors je vous récompenserai (136) grandement ; gardez-vous de ne pas me croire ; je ne suis pas un mangeur de paroles (137). Si vous n’obéissez pas à ce que je dis dans cette harangue,

« Je vous ferai périr avec vos enfants,

« Il n’y aura aucun pardon (138). ]

╓184 Par ces paroles, il donna ses ordres à ses soldats ; il fit la harangue de T’ang. Alors Tang dit :

— Je suis très guerrier ; mon surnom sera : le roi guerrier (139).

Kié fut battu sur la colline de Song (140) ; il s’enfuit à Ming-t’iao (141).

[ (142) Les soldats de Hia furent entièrement défaits. T’ang envahit aussitôt San-tsong (143) et prit les joyaux et les pierres précieuses qui s’y trouvaient. I-po et Tchong-po firent « Le Joyau perpétuel. »

Quand T’ang eut vaincu Hia, il voulut changer son dieu de la terre, mais ne put y parvenir ; il fit « Le dieu de la terre des Hia (144). ] ╓185 I Yn annonça (le nouveau règne) ; alors les seigneurs se soumirent. — T’ang prit donc la dignité de Fils du ciel et pacifia l’intérieur des mers.

[ (145) T’ang revint et arriva à T’ai-kiuen (146). Tchong Lei fit sa « Proclamation » (147).

Quand il (T’ang) eut enlevé à Hia la souveraineté, il revint à Po et fit la « Proclamation de T’ang (148). »] C’était ╓186 le troisième mois ; le roi vint lui-même dans la banlieue orientale ; il s’adressa aux seigneurs et à tous les chefs, disant :

— Gardez-vous de ne pas vous donner de la peine pour le peuple ; appliquez-vous de toutes vos forces à votre tâche ; (autrement), je vous punirais avec sévérité et je vous ferais périr ; ne murmurez pas contre moi.

Il dit :

— Autrefois Yu et Kao-yao peinèrent longtemps loin de chez eux ; ils méritèrent bien du peuple et le peuple alors fut en paix. A l’est, fut le Kiang ; au nord, fut le Tsi ; à l’ouest, fut le Ho ; au sud, fut le Hoai (149) ; ces quatre fleuves ayant leur cours bien réglé, la foule du peuple put s’établir dans ses demeures. Le prince Tsi (150) enseigna l’art de semer, de cultiver et de faire multiplier les cent céréales. Ces trois sages (151) méritèrent bien du peuple et c’est pourquoi leurs ╓187 descendants (152) eurent le pouvoir. Autrefois Tch’e-yeou avec ses hauts dignitaires suscita une rebellion parmi les cent familles ; mais l’Empereur (153) ne le soutint pas et le mit en accusation. Ainsi les anciens rois nous disent : « Gardez-vous de ne pas faire tous vos efforts.

Il (T’ang) dit :

— Si vous n’agissez pas d’une manière raisonnable, je ne vous laisserai point dans vos royaumes. Ne murmurez pas contre moi !

Par ces paroles il donna ses ordres aux seigneurs.

[ (154) I Yn fit le « Tous (155) ont une même vertu. »

Kao-chan fit l’» Exposé de la manière dont il faut établir (le peuple). »

T’ang alors changea le mois initial (156) et le premier jour ; il modifia la couleur des vêtements ; il mit en honneur le blanc. Il tint ses audiences à midi.

T’ang mourut (157).

L’héritier présomptif T’ai-ting mourut avant d’avoir pu prendre le pouvoir. Alors on nomma Wai-ping, frère cadet de T’ai-ting ; ce fut l’empereur Wai-ping.

L’empereur Wai ping, après deux années (158) de règne, ╓188 mourut. On nomma Tchong-jen, frère cadet de Wai-ping ; ce fut l’empereur Tchong-jen. L’empereur Tchong-jen, après quatre années de règne, mourut.

I Yn nomma alors T’ai-kia, fils de T’ai-lin. T’ai-kia était le petit-fils légitimement (159) aîné de T’ang le victorieux. Ce fut l’empereur T’ai-kia. [ (160) La première année de l’empereur T’ai-kia, I Yn fit les « Instructions de I » ; il fit la « Déclaration au sujet du gouvernement » ; il fit le « Prince décédé » (161).]

L’empereur T’ai-kia, après trois années de règne (162), se montra inintelligent et cruel ; il ne suivait pas les principes de T’ang ; il avait une conduite perverse ; alors ╓189 Yn le relégua dans le palais de T’ong (163). La troisième année, I Yn exerça la régence et gouverna le royaume ; il donna ainsi audience aux seigneurs. L’empereur T’ai-kia resta dans le palais de T’ong pendant trois années ; il se repentit de ses fautes et blâma sa propre conduite ; il revint au bien. Alors I Yn alla chercher l’empereur T’ai-kia et lui remit le gouvernement. L’empereur T’ai-kia pratiqua la vertu ; les seigneurs firent tous retour à la dynastie Yn ; les cent familles jouirent ainsi du calme. I Yn le loua et fit alors les « Instructions de T’ai-kia » (164), en trois sections.

On décerna à l’empereur T’ai-kia le titre de T’ai-tsong (165). T’ai-tsong mourut. Son fils, Ou-ting (166), prit le pouvoir.

Au temps de l’empereur Ou-ting, I Yn mourut ; [ (167) quand on eut enterré I Yn à Po, Kao-chan mit sous forme d’instructions ce qu’avait accompli I Yn et fit le « Ou-ting ».] Ou-ting mourut ; son frère cadet, T’ai-keng, prit le pouvoir ; ce fut l’empereur T’ai-keng. L’empereur T’ai-keng mourut ; son fils, l’empereur Siao-kia, prit le ╓190 pouvoir. L’empereur Siao-kia mourut ; son frère cadet, Yong-ki, prit le pouvoir ; ce fut l’empereur Yong-ki. La conduite des Yn se pervertit ; parmi les seigneurs, il y en eut qui ne vinrent pas.

L’empereur Yong-ki mourut. Son frère cadet, T’ai-meou, prit le pouvoir. Ce fut l’empereur T’ai-meou (168).

Quand l’empereur T’ai-meou eut pris le pouvoir, I Tche (169) fut son conseiller. A Po, deux mûriers surnaturels (170) poussèrent ensemble dans le palais et, en une soirée, devinrent si gros qu’on les embrassait à peine à deux mains. L’empereur T’ai-meou eut peur ; il interrogea I Tche. I Tche lui dit :

— Votre sujet a entendu dire : Un prodige n’est pas plus fort que la vertu. Le gouvernement de Votre Majesté a sans doute quelque défaut ; que Votre Majesté corrige sa conduite.

T’ai-meou suivit ╓191 ce conseil ; les mûriers surnaturels se desséchèrent alors, périrent et disparurent. [ (171) I Tche en parla au devin Hien] (172) ; le devin Hien gouvernait avec succès la maison royale ; [il fit le « Gouvernement de Hien » ;] il fit le « T’ai meou (173). » L’empereur T’ai-meou parla de I Tche dans le temple ancestral et déclara qu’il n’était plus un sujet (174) ; I Tche déclina (cet honneur) ; il fit « l’Ordre donné à Yuen (175). » La dynastie Yn fut de nouveau florissante ; les sei,gneurs lui firent retour. C’est pourquoi (T’ai-meou) reçut le titre de Tchong-tsong. Tchong-tsong mourut. Son fils, l’empereur Tchong-ting, prit le pouvoir. L’empereur Tchong-ting transféra sa résidence à Ngao (176). [ (177) Ho-tan-kia demeura à Siang.] ╓192 Tsou-i transféra sa résidence à Keng (178). L’empereur Tchong-ting mourut. Son frère cadet, Wai-jen, prit le pouvoir ; ce fut l’empereur Wai-jen. Le livre sur Tchong-ting nous fait défaut et n’est pas à notre disposition (179).

L’empereur Wai-jen mourut ; son cadet, Ho-tan-kia, prit le pouvoir ; ce fut l’empereur Ho-tan-kia. Au temps de Ho-tan-kia, les Yn se pervertirent de nouveau.

Ho-tan-kia mourut. Son fils, l’empereur Tsou-i, prit le pouvoir. Quand Tsou-i eut pris le pouvoir, les Yn prospérèrent de nouveau. Le devin Hien (180) remplit une charge.

Tsou-i mourut. Son fils, l’empereur Tsou-sin, prit le pouvoir.

╓193 L’empereur Tsou-sin mourut. Son frère cadet, Ou-kia, prit le pouvoir ; ce fut l’empereur Ou-kia. L’empereur Ou-kia mourut. On donna le pouvoir à Tsou-ting, fils de Tsou-sin, qui était le frère aîné de Ou-kia. Ce fut l’empereur Tsou-ting. Tsou-ting mourut. On nomma Nan-keng, fils du frère cadet (181) Ou-kia. Ce fut l’empereur Nan-keng. L’empereur Nan-keng mourut ; on nomma Yang-kia, fils de l’empereur Tsou-ting. Ce fut l’empereur Yang-kia. Au temps de l’empereur Yang-kia, les Yn se pervertirent. A partir de Tchong-ting, on avait laissé tomber en désuétude le droit d’aînesse légitime et on avait préféré nommer des personnes prises parmi les frères cadets ou les fils, de quelque naissance qu’ils fussent (182) ; les frères cadets et les fils se disputaient parfois pour s’enlever les uns aux autres le pouvoir ; ces troubles durèrent pendant neuf générations (183) ; alors les seigneurs ne vinrent plus rendre hommage à la cour.

L’empereur Yang-kia mourut. Son frère cadet, P’an-keng, prit le pouvoir ; ce fut l’empereur P’an-keng. Au temps de l’empereur Pan-keng, les Yn avaient déjà placé leur résidence au nord du fleuve (184) ; P’an-keng ╓194 passa au sud du fleuve et s’établit de nouveau dans l’ancienne résidence de T’ang le victorieux. Il y avait eu ainsi cinq émigrations (185) sans qu’on pût avoir un établissement fixe. Le peuple des Yn gémit, et tous, s’excitant les uns les autres, murmurèrent, ne voulant pas changer de place. P’an-keng alors adressa une admonition aux seigneurs et aux grands dignitaires en ces termes :

— Autrefois l’illustre prince T’ang le victorieux et vos ancêtres s’unirent pour pacifier le monde ; la bonne direction put ainsi être suivie. Rester immobile et ne faire aucun effort, est-ce le moyen de rendre la vertu triomphante (186) ?

Il passa donc au sud du fleuve et s’établit à Po. Il gouverna comme T’ang ; c’est pourquoi, par la suite, les cent familles jouirent du calme ; la conduite des Yn fut de nouveau florissante ; les seigneurs vinrent rendre hommage à la cour parce qu’il avait mis en pratique les vertus de T’ang le victorieux.

L’empereur P’an-keng mourut. Son frère cadet, Siao-sin, prit le pouvoir. Ce fut l’empereur Siao-sin. Quand l’empereur Siao-sin eut pris le pouvoir, les Yn se pervertirent de nouveau. Les cent familles pensèrent avec regret à P’an-keng et c’est alors qu’on fit le « Pan keng » en trois sections.

╓195 L’empereur Siao-sin mourut. Son frère cadet, Siao-i, prit le pouvoir. Ce fut l’empereur Siao-i. L’empereur Siao-i mourut. Son fils, l’empereur Ou-ting, prit le pouvoir. Quand l’empereur Ou-ting eut revêtu cette dignité, il pensa à faire de nouveau prospérer les Yn ; mais il n’avait pas encore trouvé celui qui était capable de l’aider. Pendant trois années il ne parla pas ; toutes les affaires du gouvernement étaient décidées par le premier ministre ; il en profita pour observer les mœurs du royaume. Ou-ting rêva pendant la nuit qu’il avait trouvé un sage ; son nom était Yue ; il compara avec la figure qu’il avait vue en songe la foule de ses ministres et ses cent officiers ; ce n’était aucun d’eux ; alors donc il chargea les cent artisans d’en faire le dessein (187) et de le rechercher dans la campagne ; on trouva Yue dans les parages difficiles de Fou. En ce temps Yue était parmi les malfaiteurs qui élevaient des terrassements dans les parages difficiles de Fou (188). Il fut admis en présence de Ou-ting. Ou-ting dit :

— C’est lui.

Quand il l’eut ainsi trouvé, il s’entretint avec lui et reconnut que c’était en effet un sage. Il le promut à la dignité de conseiller. Le royaume des Yn fut fort bien gouverné. (Ou-ting) lui donna donc pour nom de famille le nom des parages difficiles de Fou et on l’appela Fou Yue. ╓196 L’empereur Ou-ting fit le sacrifice à T’ang le victorieux. Le lendemain, (189) un faisan vint en volant se poser sur l’anse du trépied et cria.] Ou-ting fut effrayé. Tsou-ki (190) lui dit :

— Que le roi ne s’inquiète pas ; commencez par réformer votre gouvernement.

Tsou-ki [ (191) donna donc ses instructions au roi, disant :

— Quand le Ciel considère ceux qui vivent en bas, il se règle sur leur justice et leur envoie des années qui sont ou longues ou courtes ; ce n’est pas le Ciel qui donne une mort prématurée aux hommes et qui interrompt leur destinée en son milieu, mais, parmi les hommes il en est qui ne se conforment pas à la vertu et qui ne reconnaissent pas leurs fautes ; le Ciel leur donne donc une destinée par laquelle il corrige leur conduite et ils disent alors : « Comment ferons-nous (192) ? » Ah ! les rois ont pour charge héréditaire d’être attentifs pour le peuple et il n’est aucun d’eux qui ne soit le continuateur du Ciel (193) ; les sacrifices étant réguliers ne doivent pas être exagérés] jusqu’à faire abandonner la droite voie (194).

Ou-ting ╓197 réforma son gouvernement et pratiqua la vertu ; tout l’empire fut heureux ; les Yn prospérèrent derechef.

L’empereur Ou-ting mourut ; son fils, l’empereur Tsou-keng, prit le pouvoir. Tsou-ki loua Ou-ting d’avoir trouvé une occasion d’être vertueux dans l’apparition merveilleuse du faisan. On lui éleva un temple ancestral en lui décernant le nom de Kao-tsong (195). On fit alors le « Jour du sacrifice supplémentaire de Kao-tsong » et les « Instructions (196) (de Kao-tsong). »

L’empereur Tsou-keng mourut ; son frère cadet, Tsou-kia, prit le pouvoir ; ce fut l’empereur Kia. L’empereur Kia se livra à la débauche et aux désordres ; les Yn se pervertirent derechef.

L’empereur Kia mourut ; son fils, l’empereur Lin-sin, prit le pouvoir. L’empereur Lin-sin mourut ; son frère cadet, Keng-ting, prit le pouvoir ; ce fut l’empereur Keng-ting. L’empereur Keng-ting mourut ; son fils, l’empereur ╓198 Ou-i, prit le pouvoir. Les Yn abandonnèrent de nouveau Po et passèrent au nord du fleuve (197).

L’empereur Ou-i agissait d’une manière déraisonnable ; il fit une image de forme humaine et l’appela l’Esprit du Ciel ; il joua avec elle (aux tablettes) et ordonna à un homme de ranger (les tablettes) pour elle ; l’Esprit du Ciel ayant perdu, il l’injuria et l’insulta. Il fit un sac en peau et le remplit de sang ; il le suspendit en l’air et tira sur lui des flèches, disant qu’il tirait sur le Ciel (198). — Ou-i étant allé chasser dans la région comprise entre le fleuve et la rivière Wei (199), il y eut un coup de tonnerre terrible et Ou-i mourut foudroyé.

Son fils, l’empereur T’ai-ting, prit le pouvoir. L’empereur T’ai-ting mourut. Son fils, l’empereur I, prit le pouvoir. Quand l’empereur I eut pris le pouvoir, les Yn se pervertirent encore davantage.

Le fils aîné de l’empereur I s’appelait K’i, vicomte de Wei ; comme la mère de K’i avait un rang secondaire, il ╓199 ne put succéder à son père. Le plus jeune fils était Sin ; la mère de Sin était l’impératrice en titre ; c’est pourquoi il fut l’héritier (200).

L’empereur I mourut ; son fils, Sin, prit le pouvoir ; ce fut l’empereur Sin ; l’empire lui donna le surnom de Tcheou. L’empereur Tcheou se distinguait par des qualités supérieures pour le mal ; il entendait et voyait avec beaucoup d’acuité ; sa force était surhumaine ; avec la main il terrassait des animaux furieux. Son savoir lui permettait de contredire les remontrances ; son habileté à parler lui permettait de colorer ses mauvaises actions. Il intimidait ses officiers par ses capacités ; il s’éleva haut dans l’empire par sa renommée ; de la sorte il fit que tous étaient sous sa dépendance. Il aimait le vin, la débauche et les réjouissances ; il s’adonnait aux femmes ; sa favorite était Ta-ki (201) ; les paroles de Ta-ki étaient des ordres obéis. Alors il ordonna à maître Kiuen (202) de ╓200 faire de nouvelles harmonies lascives, des danses du Pei-li (203) et des airs de musique flatteurs. Il exigea des redevances et des taxes considérables pour accumuler de la monnaie à la Terrasse du Cerf (204), pour faire regorger de grain le (grenier de) Kiu-kiao (205). Il rassemblait en nombre toujours plus grand des chiens, des chevaux et des objets rares ; il en remplissait ses palais et ses demeures. Il étendait sans cesse les parcs et les terrasses de Cha-k’ieou (206) : il réunit une quantité de bêtes sauvages et d’oiseaux ailés qu’il plaça là. Il négligea les esprits des morts et les esprits célestes. Il organisa de grands divertissements à Cha-k’ieou : il fit un étang de vin ; il suspendit des quartiers de viande de façon à en former une forêt ; il envoya des hommes et des femmes nus se poursuivre dans ces lieux ; il donna des orgies qui duraient toute la nuit. Les cent familles murmuraient et attendaient la délivrance ; parmi les seigneurs, il y en ╓201 eut qui se révoltèrent. Alors Tcheou rendit plus terrible les supplices et les châtiments ; il y eut la torture de la poutre de métal placée sur le feu (207).

Les ducs du palais (208) étaient le Chef de l’ouest, Tch’ang (209), le marquis de Kieou (210) et le marquis de Ngo (211). Le marquis de Kieou avait une fille qui était belle ; il la fit entrer dans (le sérail de) Tcheou ; la fille du marquis de Kieou ne se plaisait pas à la débauche ; Tcheou, irrité, la tua, puis il hacha en morceaux le marquis de Kieou. Le marquis de Ngo le blâma avec force et le jugea avec indignation ; il coupa aussi en pièces le marquis de Ngo. Tch’ang, chef de l’ouest, l’apprit et en gémit secrètement ;

╓202 Hou, marquis de Tch’ong (212), sut ce fait et le dénonça à Tcheou ; Tcheou emprisonna le Chef de l’ouest à Yeou-li (213) : Les officiers du Chef de l’ouest, Hong Yao et ses collègues, recherchèrent une belle femme, des objets rares et des chevaux excellents et les offrirent à Tcheou. Tcheou pardonna alors au Chef de l’ouest. Le Chef de l’ouest, étant sorti (de prison), offrit le territoire situé à l’ouest de la rivière Lo (214), en demandant qu’on supprimât le supplice de la poutre de métal placée sur le feu ; Tcheou y consentit. Il lui donna un arc, des flèches, une hachette et une hache d’armes et le chargea spécialement (215) de ╓203 réduire et de combattre (les rebelles) en lui conférant le titre de Chef de l’ouest (216).

Puis (Tcheou) se servit de Fei Tchong pour gouverner. Fei Tchong était un flatteur habile et était intéressé ; le peuple des Yn ne lui était pas attaché. Tcheou se servit en outre de Ngo-lai (217). Ngo-lai s’entendait fort bien à perdre les gens et à les calomnier ; c’est pourquoi les seigneurs s’éloignèrent de plus en plus.

Le Chef de l’ouest revint chez lui ; il pratiqua alors secrètement la vertu et fit le bien ; les seigneurs se détachèrent en grand nombre de Tcheou et firent retour au Chef de l’ouest. Le Chef de l’ouest grandit et par suite Tcheou perdit graduellement son autorité et son importance. Le fils du roi (218), Pi-kan, lui fit des remontrances ; il ne les écouta pas. Chang Yong était un sage que les cent familles aimaient ; Tcheou le dégrada.

Il arriva que le Chef de l’ouest combattit le royaume de Ki (219) et le détruisit. Un ministre de Tcheou, Tsou I, ╓204 l’apprit et augura mal (du Chef de l’ouest, prince) (220) de Tcheou : saisi de crainte, [ (221) il se hâta d’en informer Tcheou, disant :

— Le Ciel met donc fin au mandat de nos souverains, les Yn. Si nous nous en rapportons aux hommes et à la grande tortue (222), nous n’osons rien prévoir d’heureux. ╓205 Ce n’est pas que les anciens rois ne nous aident pas, nous leurs descendants ; mais c’est que Votre Majesté est débauchée et cruelle (223), et que, par sa conduite, elle cause elle-même sa fin ; c’est pourquoi le Ciel nous a rejetés et nous ne pouvons plus jouir de la nourriture. Vous ne tenez pas compte de la nature que le Ciel vous a donnée ; vous ne suivez pas les lois directrices (224). Maintenant, dans tout notre peuple, il n’est personne qui ne désire votre ruine et ne dise : « Pourquoi le Ciel ne « fait-il pas descendre sur lui sa colère ? pourquoi quelqu’un, investi du grand mandat, ne vient-il pas (225) ? » Maintenant, ô roi, que ferez-vous ?

Tcheou dit :

— La destinée de ma vie ne dépend-elle pas du Ciel ?

Tsou I se retira en disant :]

— Il est impossible d’adresser des réprimandes à Tcheou. Après la mort du Chef de l’ouest, le roi Ou, (prince de) Tcheou, dirigea une expédition armée du côté de l’est ; il parvint au gué de Mong (226) ; les seigneurs se révoltèrent contre les Yn ; il y en eut huit cents qui se réunirent au (roi Ou, prince de) Tcheou ; les seigneurs disaient tous :

— On peut punir Tcheou. Le roi Ou dit :

— Vous ne connaissez point encore le décret du Ciel.

Alors il revint.

Tcheou s’enfonça de plus en plus dans la débauche et ╓206 le désordre et ne s’arrêta pas. Le vicomte de Wei (227), le reprit plusieurs fois sans être écouté ; il projeta alors avec le grand précepteur et le second précepteur (228) de s’enfuir aussitôt. Pi-kan dit :

— L’homme qui est un sujet ne saurait se dispenser de lutter jusqu’à la mort.

Il adressa donc de fortes remontrances à Tcheou. Tcheou se mit en colère et dit :

— J’ai appris que le cœur d’un sage avait sept ouvertures.

Il coupa Pi-kan en deux pour regarder son cœur. Le vicomte de Ki (229) eut peur ; il feignit alors la folie et se livra à des occupations serviles ; Tcheou le jeta en prison. Le grand précepteur et le second précepteur des Yn prirent leurs ustensiles des sacrifices et leurs instruments de musique et s’enfuirent auprès du (roi Ou, prince de) Tcheou.

Alors le roi Ou, (prince de) Tcheou, se mit aussitôt à la tête des seigneurs pour attaquer Tcheou. Tcheou de son côté envoya des soldats pour le repousser dans la ╓207 Campagne de Mou (230). Au jour kia tse, les soldats de Tcheou furent battus ; Tcheou s’enfuit et rentra (dans la ville) ; il monta sur la Terrasse du Cerf (231) ; il revêtit ses habits ornés de joyaux précieux, se précipita dans le feu et mourut. Le roi Ou, (prince de) Tcheou, coupa alors la tête de Tcheou et la suspendit à l’étendard blanc ; il tua Ta-ki. [ (232) Il délivra le vicomte de Ki de prison ; il éleva un tertre sur la sépulture de Pi-kan ; il honora la porte du village de Chang Yong] (233). Il conféra une terre au fils de Tcheou, Ou-keng Lou-fou (234) pour qu’il perpétuât les sacrifices des Yn et lui ordonna de remettre en pratique le gouvernement de P’an-keng (235) ; le peuple des Yn en fut très heureux.

Alors le roi Ou, (prince de) Tcheou, fut Fils du ciel. Ses descendants renoncèrent au titre d’empereur et prirent le titre de rois. On conféra au descendant des Yn la dignité de seigneur ; il dépendit des Tcheou. A la mort du roi Ou (de la dynastie) Tcheou, Ou-keng de concert avec Koan-chou et Ts’ai-chou (236), fomenta une ╓208 révolte. Le roi Tch’eng ordonna au duc de Tcheou de le tuer ; puis il nomma le vicomte de Wei dans le territoire de Song (237) pour qu’il continuât la descendance des Yn.

Ω Le duc grand astrologue dit : « C’est avec les odes sacrificatoires que j’ai mis en ordre les événements qui concernent Sié (238). A partir de T’ang le victorieux, j’ai compilé le Chou (king) et le Che (king). — Sié avait pour nom de famille Tse ; ses descendants reçurent divers apanages et prirent pour nom de famille le nom de leurs royaumes ; il y eut la famille Yn, la famille Lai, la famille Song, la famille Kong-t’ong, la famille Tche, la famnille Pe-yn, la famille Mou-i (239). — Kong-tse a dit : « Le char impérial des Yn était excellent et la couleur qu’ils mirent en honneur fut le blanc (240). »

Notes


(101. ) Sié fut le premier ancêtre de la seconde dynastie. Cette dynastie s’appela d’abord Chang, du nom de la terre qui, comme on le lira quelques lignes plus bas, fut donnée à Sié par l’empereur mm Choen ; elle prit ensuite le nom de Yn lorsque P’an-keng transféra son peuple dans la terre de ce nom.

(102. ) D’après le commentaire Tcheng i, Song est une localité correspondant à la circonscription de P’ou. Aujourd’hui, préfecture de P’ou-tcheou, province de Chan-si.

— L’expression [] signifie proprement « la famille qui possède Song » et c’est pourquoi je traduis : la famille princière de Song.

— Sur les quatre femmes de K’ou, cf.note 01.162.

(103. ) L’oiseau de couleur sombre est l’hirondelle.

— Le Che king (3e des odes sacrificatoires des Chang, trad. Legge, p. 636 ; [trad. Couvreur]) rappelle aussi cette légende :

« Le Ciel ordonna à l’oiseau de couleur sombre de descendre et de donner naissance à Chang (c’est-à-dire à Sié, ancêtre des Chang).

— Dans l’annotation que Se-ma Ts’ien a placée à la fin de ce chapitre, on verra qu’il dit lui-même qu’il s’est servi des odes sacrificatoires du Che king pour rédiger ce qui concerne Sié.

(104. ) Le Che king (4e des odes sacrificatoires des Chang, trad. Legge, p. 638 ; [trad. Couvreur]) réunit de même les noms du grand Yu et de l’ancêtre des Chang.

(105. ) L’allocution de Choen à Sié fait partie du Choen tien et nous l’avons traduite dans les Annales principales des cinq empereurs, p.╓83. Dans le texte présent, nous notons deux variantes [qui] rendent le texte plus facile à comprendre.

(106. ) Chou king : Choen tien.

(107. ) D’après la géographie de l’époque des T’ang intitulée Kouo ti tche ; le fief de Chang correspondait à la sous-préfecture de Chang lo. Cette sous-préfecture est à 85 li à l’est de l’actuel Chang-tcheou, province de Chàn-si.

— D’après le chapitre Kiu pien du Che pen, la résidence de Sié aurait été dans la ville de P’an.

(108. ) Tang et Yu ne sont autres que Yao et Choen. Le grand Yu est le fondateur de la dynastie des Hia.

(109. ) Siang-t’ou est mentionné dans le Che king (4e des odes sacrificatoires des Chang, trad. Legge, p. 640 ; [trad. Couvreur]) comme un des princes les plus éminents parmi les premiers souverains de la dynastie Yn.

(110. ) D’après le chapitre Ti hi du Che pen, Ts’ao-yu s’appellerait Leang-yu. En outre, entre ce prince et le suivant s’en trouverait un, nommé Ken-kouo te.

Pan Kou, dans le Kou kin jen piao du Ts’ien Han chou a essayé de combiner le système de Se-ma Ts’ien et celui du Che pen en faisant de Ts’ao-yu et de Ken-kouo un seul personnage qu’il appelle Ken-yu, fils de Tch’ang-jo.

(111. ) Le Tchou chou ki nien, 13e année de l’empereur Tch’ou de la dynastie Hia, dit que Ming mourut noyé dans le Fleuve.

(112. ) Le Che pen (chap. Ti hi) dit que le fils de Ming s’appela Ho.

(113. ) D’après Hoang-fou Mi, l’appellation de Wei était Chang-kia. Le mot kia est un des dix termes du cycle kia, i, ping, ting, ou, ki, keng, sin, jen, koei. A partir du roi Wei, tous les souverains de la dynastie Yn ont, dans leur nom, un de ces dix caractères cycliques. D’après les commentateurs (qui s’appuient sur le Po hou t’ong de Pan Kou), ces caractères servaient à désigner le jour de leur naissance. — On remarque cette même particularité dans les noms des ancêtres des princes de Ts’i (cf. Mém. hist., Ts’i T’ai kong che kia, chap. XXXII).

(114. ) T’ang est un titre posthume qui, d’après le Che fa, signifie : Celui qui écarte la cruauté et qui supprime le tyran.

— Les historiens modernes disent tous que le nom personnel de ce souverain fut Li ; mais le nom de Tien-i, indiqué par Se-ma Ts’ien, nous semble préférable, car il renferme un des dix caractères cycliques (cf. la note précédente et aussi note 02.330).

(115. ) Chou king : Préface.

(116. ) D’après le T’ong kien tsi lan (ch. II, p. 11 v°), Sié résida à Chang Tchao-ming à Ti-che ; Siang-t’ou, à Chang-k’ieou ; T’ang, à Po. Les quatre autres capitales sont inconnues. Ce qu’il est essentiel de noter, c’est que les ancêtres de la dynastie passaient pour avoir habité le Chàn-si, tandis que Tang avait sa capitale dans le Ho-nan.

(117. ) Il existe trois localités appelées Po qui toutes trois se trouvent dans le Ho-nan. Le Po méridional était à 40 li à l’est de la sous-préfecture actuelle de Chang-k’ieou, préfecture de Koei- ; le Po occidental correspond à la ville de Yen-che, préfecture de Ho-nan ; enfin le Po septentrional, qui était aussi appelé King Po, parce qu’il était voisin de la montagne Ning, correspond à la ville de Ta-mong, préfecture de Koei-.

T’ang, qui avait d’abord résidé au Po méridional, transféra sa résidence au Po occidental, et, comme le Po occidental avait été la capitale de son ancêtre l’empereur K’ou, père de Sié (cf. note 01.156), T’ang fit, à l’occasion de ce déplacement, l’Annoncement à l’empereur, c’est-à-dire à l’empereur K’ou. L’Annoncement à l’empereur devait faire autrefois partie du Chou king, mais, dès le temps de Se-ma Ts’ien, il était perdu. D’après Se-ma Tcheng, ce chapitre avait pour titre, non pas Ti kao, mais Ti Kou, c’est-à-dire, non pas « Annoncement à l’Empereur », mais « l’Empereur K’ou ».

(118. ) Le pays de Ko correspond à la sous-préfecture de Ning-ling, préfecture de Koei-, province de Ho-nan. L’expédition de T’ang contre le comte de Po est mentionnée dans le Chou king (chap. Tchong hoei tche kao, trad. Legge, p. 180 ; [trad. Couvreur]) ; Mencius en a aussi parlé et a raconté les causes qui menèrent cette guerre (III, a. 5, trad. Legge, p. 148 ; — cf. I, b. 11, trad. Legge. p. 47; [trad. Couvreur]).

(119. ) Le Châtiment infligé par T’ang est le titre d’un chapitre perdu du Chou king. Les paroles qui précèdent doivent en avoir fait partie. En effet, un peu plus loin, Se-ma Ts’ien donne le texte de la harangue de T’ang et ajoute aussitôt après : « il fit la harangue de Tang » ; dans les deux passages la méthode de composition, ou plutôt de compilation, est la même.

Kiang Cheng (H. T. K. K., ch. CCCXCIII, p. 1 et 2) reconstitue le « Châtiment infligé par rang » au moyen du texte de Se-ma Ts’ien et de celui de Mencius. Il est à remarquer que ce chapitre ne se trouvait ni dans le texte moderne de Fou Cheng, ni dans le texte antique de K’ong Ngan-kouo (cf. Introduction, ch. III, § 1, listes A et B) ; Se-ma Ts’ien a donc dû l’emprunter à une source qui nous est inconnue.

(120. ) Soen-tse, cité par P’ei Yn, dit que le nom personnel de I Yn était Tche ; aussi la plupart des commentateurs rejettent-ils le témoignage de Se-ma Ts’ien et considèrent-ils Ngo-heng, non pas comme le nom personnel de I Yn, mais comme le titre de sa fonction ; Ngo-heng signifierait alors : l’appui et le justicier. Quant aux deux mots I Yn, on les explique de la manière suivante : la mère de ce personnage demeurait près de la rivière I et c’est de là que lui vient le nom de I ; quant au mot Yn, il signifie « rectifier » ; en effet T’ang chargea I Yn de rectifier ce qui était mal dans son royaume.

(121. ) Le pays de Sin correspond à la sous-préfecture actuelle de Tch’en-lieou, préfecture de Kai-fong, province de Ho-nan.

(122. ) Mencius (V, a, 7, trad. Legge, p. 240 ; [trad. Couvreur]) a nié qu’I Yn se soit jamais déguisé en cuisinier pour parvenir jusqu’à T’ang :

« J’ai entendu dire, écrit-il, qu’I Yn chercha à s’introduire auprès de T’ang, par le moyen des doctrines de Yao et de Choen ; je n’ai pas entendu dire qu’il l’ait fait par le moyen de ses connaissances en cuisine.

— Il est à remarquer d’ailleurs que Se-ma Ts’ien lui-même ne semble pas attacher beaucoup de valeur à cette tradition puisqu’il en cite une autre aussitôt après.

— Le discours d’I Yn sur les saveurs nous a été conservé dans le Tch’oen ts’ieou de Lu Pou-wei, ch. XIV, p. 6 r°.

(123. ) D’après Mencius (V, a. 7, trad. Legge, p. 239 ; [trad. Couvreur]), T’ang n’envoya que trois fois des messagers à I Yn.

(124. ) Le Roi simple paraît être un personnage fictif qui représente le souverain idéal des théories taoïstes ; c’est le prince dont la conduite est simple et vraie. Le commentaire Souo yn explique les neuf Maîtres en disant que ce sont les trois souverains, et les cinq empereurs de la haute antiquité, auxquels on ajoute Yu, le fondateur de la dynastie des Hia. Lieou Hiang cependant en donne une autre explication : les neuf Maîtres seraient :

  • 1. les princes de la loi (c’est-à-dire les princes qui règnent en appliquant des lois sévères, comme Hiao, duc de Ts’in, ou Ts’in Che hoang ti) ;
  • 2. les princes de la peine (c’est-à-dire les princes qui s’épuisent en efforts pour le bien du peuple, comme Yu le grand ou le prince Tsi, promoteur de l’agriculture) ;
  • 3. les princes équitables (c’est-à-dire ceux qui font sentir leur prestige avec justice et qui récompensent avec équité, comme Kao-tsou, fondateur de la dynastie des Han) ;
  • 4. les princes qui donnent (c’est-à-dire ceux qui ne gouvernent pas suivant leur bon plaisir, mais confient le pouvoir à leurs sujets) ;
  • 5. les princes autocrates (tel fut l’empereur Siuen, de la dynastie des premiers Han) ;
  • 6. les princes destructeurs (c’est-à-dire ceux qui bataillent inconsidérément et en arrivent à perdre leur royaume et leur propre vie) ;
  • 7. les princes temporaires (c’est-à-dire ceux qui, par leur arrogance, amènent dans un temps plus ou moins prompt une rupture entre eux et leur peuple) ;
  • 8. les princes obstinés (c’est-à-dire ceux qui ne songent qu’à élever des remparts et à préparer des cuirasses et des armes de guerre sans pratiquer la vertu) ;
  • 9. les princes des dieux de la terre triennaux (l’explication de ce terme est obscure ; ce sont, d’une manière générale, les princes qui vénèrent les dieux de la terre et des moissons ; mais on ne voit pas ce que signifient les mots : de trois années),

(125. ) Chou king : Préface.

(126. ) Le Jou Kieou et le Jou Fang sont deux chapitres perdus du Chou king.

(127. ) Pour comprendre cette anecdote, il faut se rappeler que les filets étaient employés à la chasse dans les battues ; il est évident que quand on étendait des filets de manière à cerner une plaine, tout le gibier de poil qui s’y trouvait était pris. Les anciens rois se contentaient de rabattre un filet sur une seule ligne de façon que beaucoup d’animaux pouvaient échapper, soit à droite, soit à gauche ; ceux qui se laissaient prendre dans le filet étaient considérés comme l’ayant fait volontairement et on avait alors le droit de les tuer. T’ang remit en vigueur cette ancienne coutume (T’ong kien kang mou, ch. III, p. 14 r°).

(128. ) Le nom de Koen-ou est mentionné par le Che pen (chap. Ti hi) qui rapporte la légende suivante :

Lou Tchong, descendant de l’empereur Tchoan-hiu, épousa une sœur cadette du chef de la tribu Koei-fang (les ancêtres des Hiong-nou, cf. note 01.124). Cette femme fut enceinte trois années ; comme elle n’accouchait pas, on lui ouvrit le côté gauche et il en sortit trois fils ; puis on lui ouvrit le côté droit et il en sortit aussi trois fils. L’un de ces enfants était Koen-ou. — On trouvera plus de détails sur ce mythe dans la traduction et les notes du chapitre XL des Mémoires historiques (Tch’ou che kia, au début).

— D’après la géographie Kouo ti tche, le pays de Koen-ou correspondait à la sous-préfecture de P’ou-yang ; il devait donc être au sud de l’actuel K’ai-tcheou, préfecture de Ta-ming, province de Tche-li.

(129. ) La traduction qu’on va lire de la harangue de T’ang est notablement différente de celle qu’a donnée M. Legge (Chinese Classics, t. III, p. 173 et suiv.) ; d’après M. Legge, T’ang aurait eu pour but, en prononçant ce discours, de couper court aux murmures de son peuple qui blâmait son expédition contre Kié. Je crois au contraire que T’ang ne fait que rappeler les griefs du peuple contre Kié, afin de montrer que le Ciel l’a chargé de punir le souverain pervers.

(130. ) Chou king : T’ang che.

(131. ) Le prince dont il est question est Kié.

(132. ) Le texte du Che ki transpose ici l’ordre des phrases tel qu’il se trouve dans le Chou king. Dans le Chou king nous lisons :

« Le souverain Hia est fort coupable et le Ciel ordonne de le mettre à mort. Maintenant, parmi vous, la multitude ; il en est qui disent : « Notre prince n’a pas pitié de nous, la multitude ; il interrompt nos travaux de la moisson et c’est avec cruauté qu’il gouverne Hia. » J’ai entendu en effet votre multitude dire : « Hia est coupable ». Or je crains l’Empereur d’en haut... »

(133. ) Le Che ki donne la leçon [], qui n’offre aucune difficulté de traduction. Le Chou king écrit tchéng Hià ; l’addition du mot Hia est embarrassante ; c’est sans doute le désir d’expliquer ce mot qui a engagé M. Legge à transformer toute l’allure du chapitre et à changer les plaintes du peuple contre Kié en murmures contre T’ang lui-même. Cependant Hia peut être ici l’équivalent de [], que nous trouverons quelques lignes plus bas, et signifier « le pays ou le peuple de Hia. » En outre, tous les commentateurs admettent que le mot tchéng est ici pour le mot []. On peut alors traduire : C’est avec cruauté qu’il (Kié, de la dynastie Hia) gouverne (le pays de) Hia.

Kiang Cheng (H. T. K. K., ch. CCCXCIII, p. 3 r°) admet l’exactitude absolue de la leçon de Se-ma Ts’ien et regarde le caractère Hia comme une interpolation.

(134. ) La plupart des commentateurs adoptent l’explication du ta tchoan de Fou Cheng et mettent cette parole dans la bouche de Kié ; c’est un blasphème par lequel il se déclare impérissable comme le soleil. Il est à remarquer cependant que Mencius (I, a, 2, trad. Legge [§ 4], p. 5 ; [trad. Couvreur] ) n’entend pas ainsi ce passage et c’est pourquoi Kiang Cheng (H. T. K. K., ch. CCCXCIII, p. 4 r°) attribue cette phrase au peuple sujet de Kié : le peuple sait qu’il périra en même temps que son souverain ; mais il déteste si fort celui-ci qu’il souhaite la mort, pourvu que le monstre disparaisse en même temps. Il faut alors traduire, comme l’a fait M. Legge :

« Quand ce soleil (c’est-à-dire Kié) expirera-t-il ? Nous voulons tous mourir avec toi. »

(135. ) Au début de son discours, Tang a dit en parlant de lui-même : Moi, petit enfant ; ici, il dit : Moi, l’homme unique. Le commentateur Ts’ai Pien explique cette différence par la raison que, dans le premier cas, T’ang se compare au Ciel dont il reçoit les ordres, tandis que, dans le second cas, il parle à son peuple dont il se distingue par la situation de chef unique.

(136. ) Le mot [] est ici l’équivalent du mot lái qui se trouve dans le texte du Chou king. — Cette phrase et les deux autres qu’on lit trois lignes plus bas forment trois vers dont les rimes sont […], au chang cheng de la 5e catégorie (H. T. K. K., ch. DCLX, p. 6 r°). On a vu plus haut, dans la harangue à Kan, que l’annonce des récompenses et des punitions était aussi mise sous une forme rimée (cf. note 02.316).

(137. ) Cette expression signifie : je ne dis pas des paroles inconsidérées et vides de sens.

(138. ) La harangue se termine ici au même point que dans le Chou king. Mais Kiang Cheng (H. T. K. K., ch. CCCXCIII, p. 4 v° et 5) ajoute à ce discours un fragment qui se trouve dans le Loen yu (trad. Legge, Chinese Classics, t. I, p. 214) et dans Me-tse (chap. 3e partie, p. 12 r°)-

(139. ) Le titre de Roi guerrier wâng, appliqué à T’ang, est mentionné dans le Che king (4e ode sacrificatoire des Chang, trad. Legge, Chinese Classics, t. IV. p. 642).

(140. ) Cf. note 102.

(141. ) Cf. note 332. Ming-t’iao était à peu de distance au sud-ouest de Song.

(142. ) Chou king : Préface. Ce paragraphe et le suivant se retrouvent dans la préface du Chou king, mais leur ordre de succession est renversé.

(143. ) La géographie Kouo ti tche dit : La sous-préfecture de Tsi-yn (aujourd’hui au nord-ouest de la sous-préfecture de Ts’ao, préfecture de Ts’ao-tcheou, province de Chan-tong), dans le Ts’ao-tcheou, est l’ancien Ting-t’ao. A l’est se trouve le relais de San-tsong ; c’est le lieu dont il est question dans ce passage. — C’était là que Kié était venu se réfugier.

(144. ) Le dieu de la terre des Hia était Keou-long, fils de Kong-Kong. T’ang ne put le remplacer parce qu’il ne trouva parmi ces ancêtres personne dont les mérites pussent atteindre ceux de Keou-long ; il changea du moins le dieu des moissons qui, sous les Hia, avait été Tchou, fils de Lié-chan, et qui, à partir du règne de T’ang, fut K’i, l’ancêtre de la future maison royale des Tcheou (cf. Ts’ien han chou, traité 5, sur les Sacrifices ; cf. notes 01.296 et 00.154).

— Ce passage rappelle l’anecdote de l’histoire romaine sur le dieu Terme qui ne se laissa pas supplanter.

— « Le dieu de la terre des Hia » et, au paragraphe précédent « Le Joyau perpétuel », sont les titres de deux chapitres perdus du Chou king.

(145. ) Chou king : Préface.

(146. ) … On explique le mot [] de la manière suivante : la localité appelée Ta-t’ong reçut plus tard le nom de Ting-t’ao ; un commentateur aura écrit à côté de l’ancien nom le nom plus moderne et, par une erreur de copiste, le second mot de la glose aura passé dans le texte même.

Ting-tao correspond à la sous-préfecture actuelle de Ts’ao dans la province de Chan-tong.

(147. ) Le nom de Tchong Lei est écrit Tchong Hoei dans le Chou king. La Proclamation de Tchong Hoei forme le second des livres de la dynastie Chang dans ce qui nous a été conservé du Chou king (trad. Legge, Chinese Classics, t, III, p. 177 et suiv. [css : édition/rechercher : ‘II.’] ; [trad. Couvreur]).

(148. ) La Proclamation de T’ang est le troisième des livres des Chang dans le texte du Chou king (trad. Legge, p. 191 et suiv. [css : édition/rechercher : ‘III.’] ; [trad. Couvreur]). Mais, de l’avis des critiques chinois les plus autorisés, elle n’est qu’une compilation faite à l’époque des Tsin orientaux (317-420 ap. J.-C.). D’après Kiang Cheng (H. T. K. K., ch. CCCXCIII, p. 7 v° et 8 r°) et Wang Ming-cheng (H. T. K. K., ch. CCCCXXXIV b., p. 27 et 28), le vrai texte de la Proclamation de T’ang est celui que nous trouvons ici dans les Mémoires historiques, depuis les mots : « C’était le troisième mois... » jusqu’à « Par ces paroles, il donna.. »

— Il est à remarquer que ce chapitre est le seul du texte antique de K’ong Ngan-kouo que Se-ma Ts’ien reproduise ; or, comme il est entièrement différent du chapitre qui nous est donné sous le même titre dans le Chou king traditionnel, c’est une forte preuve à l’appui de la théorie qui veut que le prétendu texte antique du Chou king traditionnel ne soit point celui de Kong Ngan-kouo (cf. notre Introduction, ch. IV, § 1).

(149. ) Wang Ming-cheng (loc. cit.) fait observer que, d’après le traité sur les Sacrifices du Livre des Han postérieurs, les quatre cours d’eau sont. comme ici, le Kiang, le Tsi, le Ho et le Hoai ; mais le Kiang est appelé le fleuve du Sud et le Hoai est appelé le fleuve de l’Est, ce qui est en effet plus rationnel. D’après Wang Ming-cheng, cette différence aurait peu d’importance, car les anciens confondaient souvent le nord avec l’ouest et le sud avec l’est.

(150. ) Le prince Tsi est celui qui fut adoré comme le dieu des moissons sous la dynastie Yn (cf. notes 144 et 01.296).

(151. ) Les trois sages dont il est question sont Yu, Kao-yao et le prince Tsi.

(152. ) Le mot traduit par « descendants », est le mot heóu qui, dans les textes anciens, se substitue souvent au caractère []. Cf. le Ta hio (trad. Legge, Chinese Classics, t. I, p. 220 et 222).

(153. ) D’après Se-ma Tcheng, l’Empereur dont il est ici question est le Ciel.

(154. ) Chou king : Préface.

(155. ) Tous, c’est-à-dire le prince et ses sujets.

(156. ) Sous les Yn, le mois initial fut le douzième mois, celui qui est marqué du caractère cyclique.

(157. ) Hoang-fou Mi dit : T’ang était au pouvoir, comme prince de Chang, depuis dix-sept années quand il prit le titre de Fils du ciel ; il fut Fils du ciel pendant treize années et mourut âgé de cent ans.

(158. ) L’édition de 1596 et le Che ki loen wen écrivent « trois années ». La leçon « deux années » est celle de l’édition de 1747 ; elle est d’accord avec un passage de Mencius (trad. Legge, Chinese Classics, t. II, p. 236) et avec le Tchou chou ki nien. D’après la préface du Chou king (trad. Legge, Chinese Classics t. III, p. 5, § 18), ni Wai ping ni Tchong-jen n’auraient régné et le successeur immédiat de T’ang aurait été T’ai-kia ; c’est cette donnée qu’a acceptée la chronologie de T’ong kien kang mou, tandis que le Tchou chou ki nien admet comme Se-ma Ts’ien, les règnes de ces deux princes (cf. notre Introduction, chap. IV, § 2).

(159. ) Le mot [] désigne les enfants de l’épouse principale, par opposition aux enfants des femmes de second rang et des concubines ; faute d’une autre expression, je traduis ce mot par « légitime », ce qui ne veut pas dire que les autres enfants étaient des bâtards, mais que ceux de l’épouse étaient seuls les héritiers légitimes du souverain.

(160. ) Chou king : Préface.

(161. ) De ces trois dissertations qui faisaient autrefois partie du Chou king, les deux dernières ont disparu. Quant à la première, le texte qui nous en est presenté par le Chou king traditionnel passe pour inauthentique. Kiang Cheng a essayé de reconstituer le texte véritable (H. T. K. K., ch. CCCXCIII, p. 9 et suiv.).

— Dans le titre d’une de ces dissertations, « le prince décédé » dont il est question est T’ang.

(162. ) D’après le T’ong kien kang niou et le T’ong kien tsi lan, T’ai-kia fut relégué dès la première année dans le palais de T’ong ; il faudrait donc peut-être traduire : « Pendant les trois premières années que T’ai-kia fut au pouvoir..., pendant trois ans, I Yn exerça la régence. » Mais cette traduction ne me paraît pas suivre d’assez près le texte.

(163. ) D’après le T’ong hien tsi lan, le palais de Tong se trouvait près de la tombe de T’ang, dans la sous-préfecture actuelle de Yong-ho, préfecture de P’ou-tcheou, province de Chàn-si.

(164. ) Les « Instructions de T’ai-kia » ont simplement pour titre, dans le Chou king traditionnel, le T’ai-kia. C’est un des chapitres du pseudo Kong Ngan-kouo.

(165. ) T’ai-tsong est le premier des noms de temple [] que nous rencontrons dans l’histoire de Chine.

(166. ) MM. Legge et Mayers appellent tous deux ce souverain Yuh (=Yeou)-ting ; mais le Dictionnaire de K’ang-hi range le mot Ou-ting parmi les cas où le caractère [] se prononce Ou.

(167. ) Chou king : Préface.

(168. ) Le caractère [a], qui se prononce aujourd’hui ou, se lisait autrefois meou. En 907 après J.-C., on interdit l’usage de ce caractère qui faisait partie du nom d’un souverain et on le remplaça provisoirement par le caractère [b] ou. C’est cette dernière prononciation qui subsista, même après qu’on eût recommencé à employer le caractère [a].

(169. ) K’ong Ngan-kouo dit que I Tche était le fils de ce I Yn dont il a été souvent parlé plus haut.

(170. ) Le texte de Se-ma Ts’ien et celui de la préface au Chou king donnent les deux mots [a] [b] qui signifieraient : un mûrier et une céréale ; mais cette interprétation n’est pas admissible, car on ne voit pas une céréale devenant si grosse qu’on ne peut l’embrasser avec les deux mains, et, d’autre part, quelques lignes plus bas, Se-ma Ts’ien dit que, lorsque T’ai-meou eut corrigé sa conduite, les mûriers périrent, mais il ne parle plus d’une céréale. L’explication de cette difficulté nous est fournie par le traité sur les Cérémonies fong et chan (chap. XXVIII des Mémoires historiques) où ce passage est aussi cité ; en effet, le mot [b] y est écrit avec un trait de moins, et ce caractère, dit Yen Che-kou, désigne un tch’ou chou, sorte de mûrier.

(171. ) Chou king : Préface.

(172. ) Certains commentateurs veulent que le mot ou qui signifie devin soit un nom de famille. Il faudrait dire alors « Ou Hien » et non le devin « Hien ». Ce devin Hien eut un fils qui s’appela Hien ; d’après Tch’ang Cheou-kié, leur deux tombes se trouvaient dans la sous-préfecture de Tchang-chou, préfecture de Sou-tcheou, province de Kiang-sou ; c’est en effet de cette localité qu’ils étaient originaires.

(173. ) Le chapitre T’ai meou n’est pas mentionné dans la préface du Chou king. Il y est remplacé par le chapitre I Tche, peut-être par erreur (H. T. K. K., ch. CCCLXIII, p. 14 r°).

(174. ) Les commentateurs sont muets au sujet de ce passage : T’ai-meou paraît avoir voulu imiter Yao et Choen qui se désistèrent du pouvoir pour le remettre à celui qu’ils jugeaient le plus sage ; mais I Tche refusa l’honneur qu’on voulait lui faire.

(175. ) D’après Ma Yong, Yuen est le nom d’un personnage.

(176. ) Le T’ong kien kang mou et le T’ong kien tsi lan écrivent Hiao au lieu de Ngao. La capitale de Tchong-ting était au nord-ouest de la sous-préfecture de Yong-tsé, préfecture de K’ai-fong, province de Ho-nan.

(177. ) Chou king : Préface.

(178. ) En parlant ici de Ho-tan-kia et de Tsou-i, Se-ma Ts’ien anticipe un peu sur ce qui suit, afin d’énumérer en même temps les changements de résidence.

Siang devait être au sud de la sous-préfecture de Nei-hoang, préfecture de Tchang-, province de Ho-nan.

Keng était dans la sous-préfecture de Ho-tsin, préfecture de P’ou-tcheou, province de Chān-si. D’après le T’ong kien tsi lan, il faudrait faire une distinction entre [] qui fut d’abord la capitale de Tsou-i et qui répondrait à la localité que nous venons d’indiquer et [] où Tsou-i transféra ensuite sa résidence et qui serait aujourd’hui la sous-préfecture de Hing-T’ai, préfecture de Choen-, province de Tche-li ; mais cette distinction paraît n’être qu’un raffinement de subtilité.

(179. ) Le livre sur Tchong-ting est mentionné dans la préface du Chou king (trad. Legge, p. 6, § 24) ; on voit que Se-ma Ts’ien déclare expressément que, dès son époque, il avait disparu.

(180. ) Le devin Hien est le fils du devin dont il a été parlé plus haut (cf. note 172).

(181. ) C’est-à-dire fils de Ou-hia, frère cadet de Tsou-sin.

(182. ) Cf. note 159.

(183. ) Plus exactement, pendant neuf règnes, à savoir ceux de Tchong-ting, Wai-jen, Ho-tan-kia, Tsou-i, Tsou-sin, Ou-hia, Tsou-ting, Nan-keng et Yang-kia.

(184. ) On a vu plus haut que Tsou-i avait transféré sa capitale à Keng, au nord du Hoang-ho (cf. note 178).

P’an-keng passa de nouveau au sud du fleuve et établit sa résidence dans le Po occidental (cf. note 117) qu’il appela Yn. C’est à partir de ce moment que la dynastie changea de nom et s’appela Yn au lieu de Chang (cf. note 101).

(185. ) Les cinq transferts de capitale ont été expliqués de diverses manières. Nous nous bornerons à donner ici l’opinion de Tchang Cheou-kié :

  • 1. T’ang se transporta du Po méridional au Po occidental (cf. note 117) ;
  • 2. Tchong-ting émigra à Ngao (cf. note 177) ;
  • 3. Ho-tan kia se fixa à Siang ;
  • 4. Tsou-i se fixa à Keng (cf. note 178) ;
  • 5. Le cinquième transfert fut celui qu’opéra P’an-keng en retournant à Po, au sud du fleuve.

(186. ) Ce discours ne fait point partie du chapitre intitulé P’an keng dans le Chou king. Comme on le verra quelques lignes plus loin, le P’an keng, d’après Se-ma Ts’ien, n’aurait été composé qu’après la nort du souverain de ce nom.

(187. ) Le texte des Mémoires historiques est très concis, mais il est éclairci par celui du Tong kien tsi lan, ch. II, p. 23 r°.

(188. ) La présence de ce sage en si mauvaise compagnie est expliquée par le désir qu’il avait de se cacher loin du monde.

— La localité de Fou devait se trouver dans la sous-préfecture de P’ing-lou, préfecture secondaire de Kié, province de Chān-si.

(189. ) Chou king : Préface.

(190. ) On ne connaît ce personnage que par ce texte.

(191. ) Chou king : Kao-tsong yong je.

(192. ) C’est-à-dire que, avertis par le Ciel, les hommes cherchent alors à se corriger.

(193. ) Le roi est le représentant du Ciel sur la terre, car c’est le Ciel qui est le.principe de tout ordre.

(194. ) Dans ce discours, Tsou-ki interprète l’apparition du faisan comme un avertissement donné au roi qui commettait la faute de trop multiplier certains sacrifices au détriment de certains autres. Le texte du Chou king est ici plus clair que celui de Se-ma Ts’ien, car il spécifie de quelle exagération il s’agit ; Ou-ting se montrait trop zélé pour les sacrifices à son père défunt, au détriment de ses autres ancêtres qui avaient cependant droit aux mêmes honneurs, puisque tous étaient également les continuateurs du Ciel.

(195. ) Le nom de temple Kao-tsong attribué à Ou-ting se retrouve dans le chapitre Sang fou se tche du Li ki qui donne sur ce souverain quelques renseignements conformes à ce que nous en apprend Se-ma Ts’ien (cf. Legge, Sacred Books of the East, t. XXVIII, p. 468-469).

(196. ) Les Instructions de Kao-tsong sont un chapitre du Chou king qui est mentionné dans la Préface, mais qui est aujourd’hui perdu. Le jour du sacrifice supplémentaire de Kao-tsong faisait au contraire partie du texte moderne de Fou Cheng et c’est pourquoi Se-ma Ts’ien a pu le reproduire. Dans ce dernier titre, le mot indique le sacrifice qui se faisait le lendemain du jour où avait eu lieu le sacrifice principal ; ce mot se prononce ici yong (T’ong kien tsi lan, ch. II, p. 23 v°), comme le mot dont il n’est que le substitut (H. T. K. K., ch. CCCXCIII, p.. 38 v°).

(197. ) D’après le Tong kien tsi lan, la capitale de Ou-i se serait trouvée dans la sous-préfecture actuelle de K’i, préfecture de Wei-hoei, province de Ho-nan.

(198. ) Cf. J. Darmesteter : La flèche de Nemrod en Perse et en Chine (Journal asiatique, fév.-mars-avril 1885, p. 220-228). D’après M. Darmesteter, ce récit chinois aurait émigré en Perse où on le retrouve dans le cycle de Kai Ka ous (cf. L’Avesta et Firdousi). La même légende fut empruntée à la Perse par les Arabes qui lui donnèrent pour héros Nemrod ; Tabari (839-923) raconte que Nemrod se fit enlever en l’air dans une caisse tirée par des vautours ; il lança trois flèches contre le ciel qui les lui renvoya teintes de sang. Enfin le Livre du Juste, compilation d’un Juif espagnol du XIIe siècle de notre ère, dit que lorsque Nemrod bâtissait la tour de Babel, les hommes, du haut de la tour, tiraient des flèches contre le ciel ; elles retombaient sanglantes et ils se disaient les uns aux autres : « Ah ! nous avons tué tout ce qui est dans le ciel. »

(199. ) C’est-à-dire dans le Chàn-si. Sur la rivière Wei, cf. p. 131, n. 1.

(200. ) Tcheng Hiuen, se fondant sur un passage de Tch’oen ts-ieou de Lu Pou-wei, dit que K’i et Sin avaient la même mère, mais que cette femme ne fut promue au rang d’impératrice qu’après la naissance de K’i ; c’est donc le fils qu’elle eut après son élévation, c’est-à-dire Sin, qui fut considéré comme l’héritier, quoiqu’il fût le cadet.

— D’après Mencius, K’i et un autre personnage nommé Pi-kan, dont il sera question plus loin, étaient les oncles de Sin et par conséquent les fils de l’empereur T’ai-ting (Mencius, VI, a. 6 ; trad. Legge, p. 277 ; [trad. Couvreur]).

(201. ) Ta-ki était une prisonnière que Tcheou avait emmenée après avoir défait le prince de Sou, dont les États étaient dans la sous-préfecture de Tsi yuen, préfecture de Hoai-k’ing, province de Ho-nan. Le nom de famille des princes de ce royaume était Ki c’est pourquoi il est dit dans le Kouo yu que, dans le nom de Ta-ki, Ta est le surnom et Ki le nom de famille.,

(202. ) Si on s’en rapporte à un passage du traité de la Musique (Mémoires historiques, ch. XXIV, vers la fin), il faudrait lire : maître Yen, au lieu de : maître Kiuen. L’anecdote racontée dans ce texte du traité de la Musique est fort curieuse.

(203. ) Le Pei-li est cité dans le traité sur les Sacrifices fong et chan (p. 15 de ma première trad.) comme le lieu d’où l’on tirait une céréale employée pour ces cérémonies. Mais je n’ai pas pu déterminer où se trouvait ce pays.

(204. ) La Terrasse du Cerf était étendue de 3 li et haute de 1000 pieds ; d’après le T’ong hien tsi lan (ch. II, p. 27 r°), on en voit encore les traces dans la sous-préfecture de K’i, préfecture de Wei-hoei, province de Ho-nan.

(205. ) Le grenier de Kiu-kiao était au nord-est de la sous-préfecture de K’iu-tcheou, préfecture de Koang-p’ing, province de Tche-li.

(206. ) Cha-k’ieou était au nord-est de la sous-préfecture de P’ing-hiang préfecture de Choen-, province de Tche-li.

(207. ) Ce supplice est décrit de la manière suivante par le T’ong kien tsi lan (ch. II, p. 27 v°) : une colonne de cuivre était enduite de graisse, puis placée horizontalement au-dessus d’un brasier ; les condamnés devaient marcher le long de cette colonne et lorsqu’ils tombaient dans le brasier, le roi et Ta-ki s’en amusaient.

(208. ) Nous retrouverons souvent dans l’histoire chinoise cette expression san kong qui désigne les trois plus hauts fonctionnaires après le souverain. Je la traduis par l’expression « ducs du palais », afin de distinguer ces personnages de ceux des seigneurs qui avaient le titre de « ducs ».

(209. ) Le Chef de l’ouest, Tch’ang, est le père de Ou-wang, fondateur de la dynastie des Tcheou, et reçut lui-même le titre posthume du Wen-wang. Dans l’expression [..], le mot si n’est pas un nom de lieu et désigne l’ouest en général ; c’est pourquoi le mot po ne peut être pris dans le sens précis de « comte ».

(210. ) La ville de Kieou se trouvait dans la sous-préfecture de Ché, préfecture de Ho-nan. Certains textes remplacent, le nom de Kieou par celui de Koei.

(211. ) Le nom de la ville de Ngo est écrit parfois Yu ; or il avait une ancienne ville de Yu dans la sous-préfecture de Ho-nei, préfecture de Hoai-k’ing, province de Ho-nan (T’ong kien tsi lan, ch. II, p. 27 v°).

(212. ) Le fief de Tch’ong est aujourd’hui la sous-préfecture de Ngo, préfecture de Si-ngan, province de Chàn-si. Sous les Hia, ce fief avait été celui de Hou.

(213. ) Yeou-li était à 9 li au nord de la sous-préfecture de T’ang-yn, préfecture de Tchang-, province de Ho-nan.

— C’est dans sa prison de Yeou-li que Wen-wang passe pour avoir fait ses travaux sur le I king (cf. note 00.149).

— D’après une légende peu vraisemblable rapportée par le Ti wang che ki de Hoang-fou Mi (cité par Tchang Cheou-kié), Tcheou aurait fait bouillir le fils aîné de Wen-wang et le lui aurait donné à manger pendant qu’il était en prison.

(214. ) La rivière Lo dont il est ici question est la rivière Tsiu-lo, dans le Chàn-si (cf. note 02.208, 1e hypothèse du n° 2). Le pays à l’ouest de la rivière Lo correspond donc à la sous-préfecture de I-tch’oan et aux territoires avoisinants, préfecture de Yen-ngan, province de Chàn-si.

(215. ) Le mot dans le texte de Se-ma Ts’ien me paraît inexplicable. Le T’ong hien kang mou et le T’ong kien tsi lan le remplacent par le mot [] qui signifie « spécial » et est parfaitement intelligible.

Wen-wang fut chargé par Tcheou de repousser les barbares de l’ouest.

(216. ) Cette phrase et la glose qu’en donne le T’ong kien hang mou (il fut le chef des seigneurs des régions occidentales) prouvent que le mot [] n’a pas le sens de « comte » (cf. note 209).

(217. ) Ngo-lai passe pour un des ancêtres des princes de Ts’in cf. Mém. hist., chap. V, au commencement) ; son frère, Ki-cheng, fut l’ancêtre des princes de Tchao (Mém. hist., chap. XLIII, p. 1).

(218. ) On a vu plus haut que, d’après Mencius, Pi-kan était le fils de l’empereur T’ai-ting et c’est pourquoi il est appelé ici le fils du roi (cf. note 200).

(219. ) Ce pays de Ki est appelé K’i dans le Tchou chou ki nien et dans Fou Cheng, et Li dans le Chou king (chap. Si po k’an Li). C’est aujourd’hui la sous-préfecture de Li-tch’eng, préfecture de Lou-ngan, province de Chān-si.

Se-ma Ts’ien attribue l’expédition contre le pays de Li à Wen-wang ; il en est de même du Tchou chou ki nien. Au contraire, la chronologie adoptée par le T’ong kien hang mou et le T’ong hien tsi lan, place cette campagne onze ans après la mort de Wen-wang et l’attribue par conséquent à son fils Ou-wang. Comme la plupart des problèmes qui résultent des divergences entre les deux grands systèmes chronologiques du Tchou chou ki nien d’une part et du T’ong hien hang mou d’autre part, la question est insoluble ; mais il est intéressant de remarquer une fois de plus l’accord de Se-ma Ts’ien avec le Tchou chou ki nien (cf. notre Introduction, chap. IV, seconde partie).

(220. ) Notre système de transcription ne pouvant faire aucune distinction entre Tcheou, nom de la dynastie qui supplanta les Yn, et Tcheou dernier souverain des Yn, nous ajoutons quelques mots entre parenthèses pour préciser de quel Tcheou il s’agit.

(221. ) Chou king : Si po k’an Li.

(222. ) Le texte des Mémoires historiques est ainsi conçu [….].

Dans le Chou king, le premier de ces quatre mots est écrit [] et il faut alors traduire, comme le fait M. Legge : les plus sages des hommes et la grande tortue n’osent rien prévoir d’heureux.

Kiang-Cheng (H. T. K. K., ch. CCCXCIII, p. 43 r°) propose d’écrire [] par analogie avec un passage du chap. K’iu li du Li ki (trad. Legge, p. 94) ; mais on ne voit plus le sens que pourrait avoir cette phrase ; dans le Li ki, en effet, c’est une formule d’invocation : je m’en rapporte à toi, grande tortue... ; ici au contraire Tsou-i s’adresse au roi. Si nous nous en tenons au texte de Se-ma Ts’ien, il faut traduire comme nous l’avons fait.

— La tortue dont la carapace servait au Fils du ciel était longue de 1 pied 2 pouces : c’était la plus grande de toutes.

— D’après le Loen heng de Wang Tch’ong, au moment où parlait Tsou-i, on avait consulté soixante-dix fois les sorts sans obtenir une seule réponse favorable ; c’est ce qui explique la phrase : nous n’osons rien prévoir d’heureux.

(223. ) Kiang Cheng dit que la leçon du Chou king est une erreur et que le mot donné par Se-ma Ts’ien est correct.

(224. ) En donnant à ces deux phrases le roi pour sujet, je suis l’interprétation de Kiang Cheng (H. T. K. K., ch. CCCXCIII, p. 43 v°).

(225. ) C’est-à-dire : Pourquoi quelqu’un ne reçoit-il pas du Ciel le mandat de fonder une nouvelle dynastie ?

(226. ) Cf. note 02.233.

(227. ) Le vicomte de Wei n’est autre que Ki (cf. note 200). La ville de Wei-tse se trouve dans la sous-préfecture de Lou--h’eng, préfecture de Lou-ngan, province de Chān-si.

(228. ) Le grand précepteur et le second précepteur sont mentionnés dans le chapitre du Chou king intitulé Wei tse et la plupart des commentateurs sont d’avis que le grand précepteur est le vicomte de Ki et que le second précepteur est Pi-kan. Mais il est évident que Se-ma Ts’ien ne l’entend pas ainsi puisqu’il dit qu’après que Pi-kan eût été mis à mort et après que le vicomte de Ki eût simulé la folie, le grand précepteur et le second précepteur s’enfuirent ; on verra au chapitre suivant que le grand précepteur s’appelait Ts’e et que 1e second précepteur s’appelait K’iang.

(229. ) La ville de Ki se trouve dans la sous-préfecture de Yu, préfecture secondaire de Leao, province de Chān-si.

(230. ) La campagne de Mou s’étendait au sud de la sous-préfecture de K’i, préfecture de Wei-hoei, province de Ho-nan. — Tous ces événements seront racontés plus en détail au chapitre suivant.

(231. ) Cf. note 204.

(232. ) Chou king : Ou tch’eng.

(233. ) Cf. p. ╓203 .

(234. ) Le T’ong kien tsi lan (ch. III, p. 1 v°) dit que Ou-keng est le nom personnel de ce personnage, mais il ne nous renseigne pas sur le rôle que jouent les deux caractères Lou-fou. Quoi qu’il en soit, le fils de Tcheou est appelé indifféremment par les historiens Ou-keng et Lou-fou, ou, comme ici, Ou-keng Lou-fou.

(235. ) Cf. p. ╓193-194 .

(236. ) Koan-chou et Ts’ai-chou étaient les frères cadets du roi Ou. Voyez sur ces événements le chapitre suivant et le chapitre XXXV des Mémoires historiques.

(237. ) Song est aujourd’hui la sous-préfecture de Chang-k’ieou, préfecture de Koei-té, province de Ho-nan.

(238. ) Cf. notes 103, 104 et 109.

(239. ) A l’exception des princes de Song (cf. note 237), toutes les autres familles qui sont ici énumérées paraissent avoir été peu importantes et ne sont pas mentionnées dans le Tch’oen ts’ieou.

(240. ) Se-ma Ts’ien réunit ici deux textes classiques différents. Dans le Loen yu, on lit : Montez le char des Yn ; — dans le Li ki : Au temps des Yn, on mit en honneur le blanc.



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