Mémoires historiques/04

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Annales principales
Chapitre IV
Les Tcheou
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╓209 Heou tsi, (ancêtre des) Tcheou, avait pour nom personnel K’i (101). Sa mère était une femme de la famille princière de T’ai (102), et s’appelait Kiang-yuen. Kiang-yuen était la première des épouses de l’empereur K’ou. ╓210 Kiang-yuen sortit dans la campagne ; elle vit les empreintes des pas d’un géant ; son cœur s’en réjouit et elle y prit plaisir ; elle voulut marcher sur ces traces ; quand elle marcha sur ces traces, son corps eut un frémissement comme celui d’une femme qui conçoit. Elle resta chez elle pendant toute la durée de la gestation, puis elle enfanta un fils. Estimant que c’était un malheur, elle exposa l’enfant dans une ruelle étroite ; mais les chevaux et les bœufs qui passaient l’évitaient tous et ne le foulaient pas aux pieds. Elle l’emporta et le mit au milieu de la forêt, mais justement plusieurs hommes se trouvaient dans la forêt de la montagne. Elle transporta son enfant ailleurs et l’exposa sur la glace au milieu d’un canal ; mais des oiseaux vinrent en volant pour le protéger et le soutenir avec leurs ailes. Kiang-yuen vit là un prodige ; elle recueillit donc son enfant, le nourrit et l’éleva. Comme elle avait voulu d’abord l’abandonner, il reçut le nom de K’i (103)

Quand K’i était encore enfant, il avait une fermeté de caractère comparable à celle d’un géant. Quand il allait çà et là pour jouer, il aimait à semer et planter du chanvre et des haricots ; le chanvre et les haricots prospéraient. Devenu homme fait, il se plut encore au labourage ; il connaissait ce qui convient à la terre ; les céréales qui convenaient étaient semées et donnaient des récoltes. Tout le peuple le prenait pour modèle.

L’empereur Yao apprit cela et éleva K’i à la dignité d’intendant de l’agriculture. L’empire y trouva son avantage et (K’i) fut couvert de gloire.

[ (104) L’empereur Choen dit :

— O K’i, le peuple aux cheveux noirs était auparavant affamé. Vous, Prince Millet ╓211 (Heou-tsi), semez et transplantez les cent céréales (105). »]

Il donna en fief à K’i le pays de T’ai (106) ; le surnom de K’i fut Heou-tsi ; il avait en outre un nom de clan qui était Ki (107). Il fleurit à l’époque de T’ao-t’ang, de Yu et de Hia (108). Sous tous ces princes, il eut une éminente vertu.

Heou-tsi mourut. Son fils (109), Pou-tchou, prit le pouvoir. Vers la fin de la vie de Pou-tchou, le roi (de la dynastie) Hia gouverna mal (110). Il supprima (l’intendant du) millet et ╓212 ne s’en occupa pas (111). Pou-tchou perdit donc sa charge et s’enfuit dans le pays des (barbares) Jong et Ti. Pou-tchou (112) mourut.

Son fils, Kiu, lui succéda. Kiu mourut.

Son fils, le duc Lieou, lui succéda. Quoique le duc Lieou fût dans le pays des Jong et des Ti, il remit en honneur les occupations auxquelles s’était livré Heou-tsi. Il s’appliqua à labourer et à semer. Il fit ce qui était favorable à la terre. Depuis les rivières Ts’i et Tsiu (113) ╓213 jusqu’au delà de la rivière Wei, il prit les plantes qui pouvaient lui servir. Ceux qui voyageaient s’enrichirent ; ceux qui restaient chez eux eurent des troupeaux et des réserves de grain. Le peuple eut confiance dans son zèle ; les cent familles l’aimèrent. Plusieurs personnes émigrèrent pour venir se mettre sous sa protection. C’est alors que commença la prospérité de la conduite des Tcheou. C’est pourquoi les poètes chantaient et se réjouissaient en pensant à sa vertu (114). Le duc Lieou mourut.

Son fils, K’ing-kié, lui succéda. Il eut sa capitale à Pin (115). K’in-kié mourut. Son fils, Hoang-p’ou, lui succéda ; Hoang-p’ou mourut. Son fils, Tch’a-fou, lui succéda ; Tch’a-fou mourut. Son fils, Hoei-yu, lui succéda ; Hoei-yu mourut. Son fils, le duc Fei, lui succéda ; le duc Fei mourut. Son fils, Kao-yu, lui succéda ; Kao-yu mourut. Son fils, Ya-yu, lui succéda ; Ya-yu mourut. Son fils, le duc Chou-tsou-lei (116), lui succéda ; le duc Chou-tsou-Lei mourut.

Son fils, l’Ancien duc Tan-fou, lui succéda. L’Ancien duc Tan-font remit en honneur les occupations de ╓214 Heou-tsi et du duc Lieou. Il eut une abondance de vertus et pratiqua la justice. Les habitants du pays l’honoraient tous. Les Hiun-yu (117), les Jong et les Ti l’attaquèrent ; ils désiraient s’emparer de ses richesses et de ses biens. Il les leur livra. Ils l’attaquèrent derechef, car ils voulaient prendre sa terre et son peuple. Tout le peuple était indigné et voulait combattre. L’Ancien duc dit (118) :

— Lorsqu’un peuple se nomme un chef, c’est afin de tirer de lui quelque avantage. Maintenant si les Jong et les Ti m’attaquent, c’est pour avoir ma terre et mon peuple. Que le peuple dépende de moi ou qu’il dépende d’eux, quelle différence cela fait-il ? Le peuple veut combattre à cause de moi. Mais tuer les pères et les fils des hommes sur lesquels on règne, c’est ce que je ne puis souffrir.

Il prit donc avec lui sa famille et quitta Pin (119) ; il traversa les rivières Ts’i et Tsiu (120), franchit la montagne Leang (121) et s’arrêta au pied de la montagne K’i. Les ╓215 habitants de Pin partirent en masse, soutenant les vieillards et aidant les faibles ; tous vinrent de nouveau se mettre sous la protection de l’Ancien duc, au pied de la montagne K’i. Puis d’autres pays voisins, entendant parler de la bonté de l’Ancien duc, vinrent aussi en grand nombre auprès de lui.

Alors l’Ancien duc renonça aux mœurs des Jong et des Ti ; car il construisit et éleva un rempart et une enceinte, des maisons et des salles ; la ville fut alors un lieu distinct (122). Il institua les cinq fonctionnaires (123) qui eurent des attributions. Tout le peuple le chantait, était joyeux à cause de lui et célébrait ses vertus.

L’Ancien duc avait un fils aîné qui s’appelait T’ai-po et un second fils qui s’appelait Yu-tchong. T’ai-Kiang enfanta le plus jeune fils, Ki-li ; Ki-li prit pour femme T’ai-jen. (T’ai-Kiang et T’ai-jen (124)) furent toutes deux des épouses parfaites. A la naissance de Tch’ang (125), il y eut ╓216 un saint miracle (126). L’Ancien duc dit :

— Ce qui, chez mes descendants, doit être glorieux, c’est chez Tch’ang que cela se trouve ! Les fils aînés, T’ai po et Yu-tchong, sachant que l’Ancien duc désirait donner le pouvoir à Ki-li, afin qu’il fût transmis à Tch’ang, se retirèrent tous deux chez les Man (du pays) de King (127). Ils se tatouèrent et coupèrent leurs cheveux (128) et cédèrent ainsi la place à Ki-li.

A la mort de l’Ancien duc, Ki-li prit le pouvoir ; ce fut le duc Ki. Le duc Ki continua à observer les maximes de conduite que lui avait laissées l’Ancien duc ; il s’appliqua avec fermeté à pratiquer la justice. Les seigneurs lui furent soumis. Le duc Ki mourut.

╓217 Son fils, Tch’ang, prit le pouvoir. Ce fut le Chef de l’ouest. Le Chef de l’ouest s’appela le roi Wen. Il se livra aux occupations de Heou-tsi et du duc Lieou ; il observa les principes de l’Ancien duc et du duc Ki ; il s’appliqua avec fermeté à être bon. Il honorait les vieillards ; il chérissait les enfants ; il était respectueux et humble à l’égard des sages. Pendant le jour il ne se donnait pas le loisir de manger, afin de s’occuper des hommes de valeur ; aussi les hommes de valeur venaient-ils en grand nombre auprès de lui. Po-i et Chou-ts’i, qui étaient dans le pays de Kou-tchou (129), apprirent que le Chef de l’ouest, dans sa bonté, entretenait les vieillards ; ils vinrent donc auprès de lui. Plusieurs grands, T’ai Tien, Hong Yao, San I-cheng, Yu-tse (130), Sin-kia, vinrent tous auprès de lui.

Ω Hou, marquis de Tch’ong (131), parla mal du Chef de l’ouest ╓218 à Tcheou, (souverain de la dynastie) Yn, disant :

— Le Chef de l’ouest a perfection sur perfection, vertu sur vertu. Les seigneurs inclinent vers lui. Cela ne sera pas à l’avantage de l’empereur.

L’empereur Tcheou emprisonna alors le Chef de l’ouest à Yeou-Li (132). Hong Yao et ceux qui étaient avec lui en furent fort attristés ; ils firent alors venir une belle femme de la famille princière de Sin (133), un cheval tacheté du pays de Li-jong (134), neuf quadriges de la tribu qui occupait le pays de Hiong (135) et d’autres objets très merveilleux, Ils les offrirent à Tcheou par l’entremise de Fei Tchong qui était un favori à la cour des Yn. Tcheou, très joyeux, dit :

« Parmi ces présents il en est un qui, à lui seul, aurait suffi à faire relâcher le Chef de l’ouest (136). A combien plus forte raison lorsqu’ils sont en si grand nombre !

Il pardonna donc au Chef de l’ouest et lui fit cadeau d’un arc, de flèches, d’une hachette et d’une hache d’armes. Il chargea le Chef de l’ouest d’aller réduire les rebelles et dit :

— C’est Hou, marquis de Tch’ong (137), qui avait calomnié le Chef de l’ouest.

╓219 Puis le Chef de l’ouest offrit à Tcheou le pays situé à l’ouest de la rivière Lo (138), en le priant de renoncer au supplice de la poutre de métal placée sur le feu. Tcheou y consentit.

Le Chef de l’ouest fit le bien en secret. Les seigneurs venaient tous à lui pour qu’il tranchât leurs querelles et leur donnât la paix.

En ce temps les habitants de Yu et ceux de Joei (139) avaient un différend qu’ils ne pouvaient vider. Ils se rendirent donc auprès (du prince) de Tcheou ; quand ils entrèrent sur son territoire, (ils virent que) les laboureurs ne se contestaient jamais les limites de leurs champs, que le peuple tout entier était habitué à témoigner de la déférence aux vieillards. Les habitants de Yu et ceux de Joei n’avaient pas encore vu le Chef de l’ouest qu’ils étaient déjà tout confus et se disaient les uns aux autres :

— Ce qui fait l’objet de notre dispute serait tenu pour chose déshonorante par les hommes du pays de Tcheou ; pourquoi aller plus avant ? nous ne recueillerions que de la honte.

Ils s’en retournèrent aussitôt et se séparèrent pleins de condescendance les uns pour les autres. Les seigneurs, en apprenant ce fait, dirent :

— ╓220 Le Chef de l’ouest est certainement un prince qui a reçu le mandat (divin).

L’année suivante, le Chef de l’ouest battit les K’iuen Jong (140). L’année suivante, il battit (les gens de) Mi-siu (141). L’année suivante, il fut vainqueur du pays de K’i (142). Tsou-i, qui était un sujet des Yn, ayant appris ces choses, eut des craintes et en informa l’empereur Tcheou. Tcheou dit :

— N’ai-je pas le mandat céleste ? Comment cela pourrait-il arriver (143) ?

L’année suivante, (le Chef de l’ouest) triompha de Yu (144).

╓221 L’année suivante, il fut vainqueur de Hou, marquis de Tch’ong et construisit la ville de Fong (145). Il émigra du pied de la montagne K’i et vint transférer sa capitale à Fong. L’année suivante, le Chef de l’ouest mourut.

L’héritier présomptif, Fa, prit le pouvoir. Ce fut le roi Ou.

Le Chef de l’ouest dut régner cinquante ans ; lorsqu’il fut emprisonné à Yeou-li, il passe (146) pour avoir multiplié les huit trigrammes des Changements et en avoir fait les soixante-quatre hexagrammes. Les poètes célébrèrent le Chef de l’ouest. L’année où il reçut le mandat et où il se proclama roi dut être celle où il trancha le différend qui existait entre les pays de Yu et de Joei(147). Sept ans (148) plus ╓222 tard, il mourut. Son titre posthume (149) fut : le roi Wen. Il changea les règles et les mesures et détermina le premier jour du premier mois. Il conféra, par une vénération rétrospective, à l’ancien duc le titre d’Auguste roi (150) ; et au duc Ki le titre de Roi Ki. L’heureux présage de la royauté dut (151) apparaître dès le temps de l’Auguste roi.

Lorsque le roi Ou prit le pouvoir, T’ai-kong-wang (152) fut ╓223 nommé précepteur et le duc de Tcheou, Tan (153), fut nommé assistant ; leurs collègues, les ducs de Chaoi (154) et de Pi (155), furent les précepteurs royaux de gauche et de droite du roi. (Le roi Ou) mit en honneur les principes de conduite que lui avait laissés le roi Wen. La neuvième année(156), le roi Ou offrit un sacrifice en ╓224 haut à Pi (157).

Il passa, dans l’est, une revue de ses soldats et arriva au gué de Mong (158). Il avait fait en bois une tablette du roi Wen et la transportait dans un char au milieu de l’armée (159) ; le roi Ou s’appelait lui-même « l’héritier présomptif, Fa (160) » ; il disait qu’il obéissait au roi Wen en dirigeant les hostilités et qu’il n’osait pas agir de sa propre autorité. Il parla en ces termes au Se-ma, au Se-t’ou, au Se-k’ong (161) ╓225 et à tous les officiers :

— Soyez respectueux, vigilants et de bonne foi ! je suis ignorant mais, par mes ancêtres, j’ai de la force ; moi, sujet et petit enfant (162), je suis le dépositaire de la gloire de mes ancêtres. J’épuiserai ma force (163) pour récompenser et punir afin de conserver cette gloire.

Il mit donc son armée en mouvement. Le grand précepteur (164) donna ses ordres en ces termes (165) :

— ╓226 Rassemblez vos multitudes ; réunissez vos barques et vos rames ; ceux qui arriveront en retard seront décapités !

Le roi Ou traversa la rivière ; au milieu du passage, un poisson blanc sauta hors de l’eau et vint tomber dans la barque du roi (166). Le roi Ou se baissa et le ramassa pour l’offrir en sacrifice. Lorsqu’il eut passé la rivière, une flamme vint de haut en bas, contrairement à ce qui se passe d’habitude ; arrivée sur la demeure du roi, elle se transforma en un corbeau de couleur rouge dont la voix était douce (167).

En ce temps, huit cents seigneurs se réunirent au gué de Mong, quoiqu’on ne leur eût point donné rendez-vous. Ces seigneurs disaient tous :

— C’est le moment de punir Tcheou. Le roi Ou leur dit :

— Vous ne connaissez pas encore la volonté du Ciel ; le moment n’est pas encore arrivé.

Il ramena donc ses soldats et s’en retourna.

Deux ans plus tard (168) on apprit que Tcheou se livrait à ╓227 des orgies et à des cruautés de plus en plus grandes : il avait tué le fils de roi Pi-kan ; il avait emprisonné le vicomte de Ki. Le grand précepteur, Ts’e, et le second précepteur, Kiang, prirent leurs instruments de musique et s’enfuirent auprès de (Ou, prince de) Tcheou. Alors le roi Ou fit une proclamation à tous les seigneurs en ces termes : « Yn a accumulé crime sur crime. Il m’est impossible, si je ne le punis pas définitivement, d’obéir au roi Wen. »

Il se mit donc à la tête de ses chars de guerre qui comptaient trois cents quadriges, de trois mille guerriers ardents comme des tigres et de quarante-cinq mille soldats armés de cuirasses pour aller dans l’est punir Tcheou. La onzième année, au douzième mois, au jour ou ou (169), les soldats franchirent tous le gué de Mong. L’assemblée entière des seigneurs disait :

— Courage ! courage (170) ! N’ayons aucune mollesse !

Le roi Ou fit alors la grande harangue (171) et s’adressa à la foule en ces termes :

— Voici, le roi (de la dynastie) Yn, Tcheou, obéit aux paroles de ╓228 sa femme (172) ; il s’est séparé lui-même du Ciel ; il a ruiné et corrompu les trois principes (173). Il s’est aliéné ses oncles et ses frères (174). Il a interrompu et rejeté la musique de ses ancêtres pour la remplacer par des chants de débauche ; il a changé et altéré les sons justes pour plaire à sa femme. C’est pourquoi maintenant moi, Fa, je me borne à exécuter avec respect le châtiment céleste. Faites tous vos efforts, ô hommes vaillants ! C’est une tentative qu’on ne peut répéter ni deux, ni trois fois (175).

La deuxième lune (176), [ (177) au jour kia tse, à l’aube, le roi Ou arriva le matin dans la plaine de Mou (178) qui était dans le voisinage de Chang (179) ; alors il fit une harangue. Le roi ╓229 Ou, s’appuyant de la main gauche sur la grande hache jaune et de la main droite brandissant le fanion blanc afin de donner un signal (180), s’écria :

— Vous êtes venus bien loin, ô hommes de la terre d’Occident !

Le roi Ou dit :

— O vous, mes chefs illustres qui possédez des royaumes (181), directeurs de l’intérieur, de la guerre et des travaux publics (182), grands dignitaires (183), officiers des gardes (184), capitaines de mille soldats et capitaines de cent soldats, et vous, hommes des pays de Yong, de Chou, de Kiang, de ╓230 Meou, de Wei, de Lou, de P’ong et de Pou (185), haussez vos piques, réunissez vos boucliers, dressez vos lances, j’ai à vous parler !

Le roi dit :

— Les anciens avaient ce proverbe : La poule ne chante pas le matin ; si la poule chante le matin, c’est la ruine de la maison (186). Maintenant, le ╓231 souverain de la dynastie Yn, Tcheou (187), ne prête plus d’attention qu’aux paroles de sa femme. Il a lui-même rejeté les sacrifices disposés (188) en l’honneur de ses ancêtres et ne répond pas (189) (aux bienfaits de ces derniers) ; dans sa stupidité, il a repoussé les princes de sa famille ; il a négligé ses oncles et ses frères (190) et ne les a pas nommés à des fonctions. Ceux-là seulement qui viennent des quatre bouts (du monde) chargés de crimes et fugitifs (191), ce sont ceux-là qu’il honore, ce sont ceux-là qu’il élève, ce sont ceux-là en qui il se confie, ce sont ceux-là qu’il emploie ; de la sorte, ils exercent leurs cruautés sur les cent familles ; ainsi, ils se conduisent en ennemis et en traîtres (192) dans le royaume de Chang. Maintenant moi, Fa, je ne fais qu’exécuter avec respect le châtiment céleste. Pour ce qui est de l’affaire d’aujourd’hui, ne faites que six pas ou sept pas (à la fois), puis arrêtez-vous pour reprendre vos rangs. Hommes braves, faites tous vos efforts ! Ne dépassez pas quatre coups, cinq coups, six ╓232 coups ou sept coups (193), puis arrêtez-vous pour reprendre vos rangs. Faites tous vos efforts, hommes braves ! Prenez un air terrible (194) ! soyez comme des tigres et comme des ours rayés, corme des loups et comme des dragons (195). Avancez dans la banlieue de Chang (196) ; n’empêchez pas que (les soldats de Tcheou) puissent fuir (197), afin qu’ils deviennent les serviteurs de notre terre d’Occident. Faites tous vos efforts, hommes braves ! D’ailleurs, si vous ne faites pas tous vos efforts, vous attirerez sur vous la mort. »] Ainsi se termina la harangue.

╓233 Les soldats des seigneurs qui s’étaient réunis comptaient quatre mille chars de guerre ; [ils se rangèrent en bataille dans la campagne de Mou (198).] L’empereur Tcheou, ayant appris la venue du roi Ou, envoya de son côté sept cent mille soldats pour les opposer au roi Ou. [ Le roi Ou ordonna au grand précepteur (199) de prendre avec lui cent guerriers pour provoquer les troupes (200) ; avec ses grands bataillons (201), il se précipita sur les soldats de l’empereur Tcheou ;] quoique les soldats de Tcheou fussent en grand nombre, aucun d’eux n’avait le désir de ╓234 combattre ; mais ils souhaitaient que le roi Ou entrât promptement (dans le pays). Les soldats de Tcheou tournèrent tous leurs armes en arrière pour combattre (202) et ainsi ils livrèrent passage au roi Ou. Le roi Ou s’élança sur eux ; les soldats de Tcheou furent tous mis en déroute et firent défection à Tcheou. [Tcheou s’enfuit et s’en revint dans (sa ville) ; il monta sur la Terrasse du Cerf (203) ; il se couvrit et se para de ses perles et de ses jades, puis il se brûla dans le feu et mourut. Le roi Ou saisit le grand étendard blanc afin de donner un signal aux seigneurs ; les seigneurs vinrent tous se prosterner devant le roi Ou et celui-ci alors les salua.] Les seigneurs suivirent tous le roi Ou et ils arrivèrent dans le royaume de Chang. [Le peuple tout entier du royaume de Chang les attendait hors de la ville ; alors le roi Ou envoya la foule de ses officiers parler au peuple de Chang en ces termes :

« Le Ciel suprême a fait descendre la prospérité.

Les gens de Chang se prosternèrent par deux fois et touchèrent du front la terre. Le roi Ou répondit à son tour par une prosternation (204).

Puis il pénétra dans le lieu où Tcheou était mort. Le roi Ou tira en personne de l’arc sur lui (le cadavre de Tcheou) ; il lança trois flèches ; ensuite il descendit de ╓235 son char ; avec son poignard (205), il le frappa ; avec la grande hache jaune il coupa la tête de Tcheou ; il la suspendit au grand étendard blanc. Puis il alla auprès des deux femmes favorites de Tcheou (206) ; toutes deux s’étaient tuées en s’étranglant ; le roi Ou tira encore trois flèches, les frappa de son épée et les décapita avec la grande hache noire ; il suspendit leurs têtes au petit étendard blanc. Quand le roi Ou eut fini, il sortit et regagna l’armée.

Le lendemain, il fit déblayer la route et réparer l’(autel du) dieu de la terre ainsi que le palais de Tcheou (de la dynastie) Chang. Lorsque le moment fut venu, cent hommes portaient les étendards han (207) pour faire faire place devant lui. Le frère cadet du roi Ou, le fils puîné Tchen-to (208) présentait avec ordre le char de cérémonie ; le duc de Tcheou, Tan, avait en main la grande hache ; le duc de Pi (209) avait en main la petite hache ; ils se tenaient ainsi aux côtés du roi. San I-cheng, T’ai Tien et Hong Yao (210) tenaient tous des épées ; ils faisaient ainsi une garde au roi Ou. Puis ils entrèrent et se tinrent debout ╓236 au sud (de l’autel) du dieu de la terre. Tous ceux des grands bataillons, à droite et à gauche, le suivaient. Mao Tcheng le puîné offrait l’eau pure (211) ; Kang le puîné, (prince de) Wei (212), avait l’enveloppe de toile et la natte ; le duc de Chao, Che (213), avait la seconde étoffe ; le che chang fou (214) conduisait la victime ; Yn I tira les sorts et prononça la prière (215) en ces termes :

— Le dernier descendant des Yn, Tcheou, le plus jeune de tous, détruisait et perdait la brillante vertu des anciens rois ; il méprisait et négligeait les dieux du ciel et les dieux du sol ; il ne faisait pas les sacrifices ; dans sa stupidité, il était cruel pour le peuple du royaume de Chang. Que cela soit clairement et manifestement entendu par le Souverain céleste, Empereur d’en haut (216).] ╓237 Alors le roi Ou se prosterna deux fois et baissa la tête jusqu’à terre. (Le prieur) dit (217) :

— Il faut changer le grand mandat, dégrader les Yn et recevoir le glorieux mandat du Ciel.

[Le roi Ou se prosterna derechef deux fois et baissa la tête jusqu’à terre, puis sortit.

Il donna en fief à Lou-fou (218), fils de Tcheou (de la dynastie) Chang, ce qui restait du peuple des Yn. Le roi Ou, considérant que (le peuple des) Yn venait à l’instant d’être calmé et n’était pas encore réuni, chargea donc ses frères cadets le puîné Sien, prince de Koan, et le puîné Tou, prince de Ts’ai (219), d’aider Lou-fou à gouverner (le peuple des) Yn.

Quand ce fut fini, il ordonna au duc de Chao de délivrer le vicomte de Ki de prison ; il ordonna au duc de Pi de délivrer ceux du peuple qui étaient emprisonnés ; il honora la porte du village de Chang Yong (220) ; il ordonna à Nan-kong Kouo (221) de répandre les richesses de la Terrasse du Cerf (222) et de distribuer le grain de ╓238 Kiu-kiao (223), afin de secourir les gens (224) pauvres et misérables ; il ordonna à Nan-kong Kouo et au clerc I (225) d’exposer les neuf trépieds et les joyaux protecteurs (226) ; il ordonna à Hong Yao d’élever un tertre sur la tombe de Pi-kan ; il ordonna au prieur ancestral de faire les offrandes aux morts dans le camp. (227)] Puis il licencia ses troupes et revint dans l’ouest ; il parcourut les fiefs. Pour rappeler les événements de son expédition, on fit la « Réussite de la guerre » (228).

(Le roi Ou) conféra des fiefs aux seigneurs — il distribua en présent les vases ancestraux (229) ; on fit le « Partage des ustensiles et des objets que possédaient les Yn. (230) »

Le roi Ou eut une pensée rétrospective pour les anciens rois sages ; il éleva donc le descendant de Chen-nong en lui donnant un fief à Tsiao (231) ; (il conféra) au ╓239 descendant de Hoang-ti le fief de Tchou (232), au descendant de l’empereur Yao le fief de Ki (233), au descendant de l’empereur Choen le fief de Tch’en (234), au descendant de Yu le Grand le fief de K’i (235). Puis il donna des fiefs aux ministres qui avaient fait des actions d’éclat et à ceux qui avaient donné des avis ; or, le précepteur, le vénérable Chang (236), fut le premier à recevoir un fief ; (le roi Ou) donna Yng-k’ieou en fief au vénérable Chang et (ce pays) s’appela Ts’i (237) ; il donna K’iu-feou en fief à son frère cadet, le duc de Tcheou, Tan, et (ce pays) s’appela Lou (238) ; il donna en fief au duc de Chao, Che, (le pays de) Yen (239) ; il donna en fief ╓240 à son frère cadet, le puîné Sien, (le pays de) Koan (240) et à son frère cadet, le puîné Tou, (le pays de) Ts’ai (241). Les autres reçurent des fiefs chacun à son tour.

[ (242) Le roi Ou (243) convoqua les chefs (appelés) les neuf pasteurs (244) ; il monta sur la colline de Pin (245) afin de regarder ╓241 de loin le pays (246) de Chang. Le roi Ou étant arrivé à Tcheou (247), de toute la nuit ne se couchait pas. Le duc de Tcheou, Tan, tint donc ce langage au roi :

— Pourquoi ne vous couchez-vous pas ?

Le roi dit :

— Je vous l’expliquerai : il est de fait que le Cïel n’agréait pas les offrandes des Yn ; depuis le moment où moi, Fa, je n’étais pas encore né (248), jusqu’à aujourd’hui, pendant ces soixante années, des cerfs de grande taille ont apparu dans la banlieue, des vols d’oies sauvages remplissaient la campagne (249) ; le Ciel n’avait pas pour agréables les Yn et maintenant j’ai réussi. Mais, quand le Ciel a établi les Yn, il a élevé (en même temps) trois cent soixante hommes renommés ; c’est pourquoi les Yn n’avaient pas un grand éclat, mais n’étaient pas non plus chassés et ╓242 détruits (250). Jusqu’à maintenant je n’ai point encore (251) été assuré de la protection du Ciel ; comment aurais-je le loisir de me coucher ?

Le roi dit :

— M’assurer la protection céleste, m’appuyer sur la résidence céleste (252), rechercher partout les hommes méchants pour les punir comme (j’ai puni) le roi (de le dynastie) Yn, Cheou (253), voilà ce à quoi jour et nuit je m’appliquerai, (maintenant que je suis) venu dans ma terre d’Occident. Je dois briller dans mes actions et ma vertu doit resplendir de tous côtés (254). Depuis le tournant de la rivière Lo jusqu’au ╓243 tournant de la rivière I (255), c’est une résidence commode et sans lieux difficiles ; c’était la résidence des Hia (256). Au sud, j’ai considéré au loin (le pays de) San-t’ou (257) ; au nord, j’ai considéré au loin les pays à la frontière des montagnes (258) ; j’ai observé et regardé le pays où se trouve le Fleuve ; je constate donc que les rivières Lo et I ne sont pas éloignées de la résidence céleste (259) ] (260).

Il traça le plan de la demeure des Tcheou à la ville de Lo (261) et ensuite il s’en alla.

Il mit ses chevaux en liberté au sud de la montagne Hoa ; il fit paître ses bœufs sur la colline de Tao-lin (262). Il ╓244 renversa ses boucliers et ses lances ; il arrêta (263) ses soldats et licencia ses troupes, montrant (ainsi) à l’empire qu’il ne s’en servirait plus (264).

Deux ans après que le roi Ou eut terminé sa victoire sur les Yn, il demanda au vicomte de Ki quelles étaient les causes pour lesquelles les Yn s’étaient perdus. Le vicomte de Ki n’était pas disposé à parler des vices des Yn (265) ; il discourut sur la conservation et sur la ruine et sur ce qui est avantageux à un royaume ; le roi Ou de son côté fut honteux (de sa question) et c’est pourquoi il l’interrogea sur la voie que suit le Ciel (266).

Le roi Ou tomba malade ; l’empire n’était pas encore réuni (sous sa domination) ; tous les hauts dignitaires eurent peur ; avec respect ils consultèrent les sorts ; alors le duc de Tcheou se purifia pour écarter le mal ; il s’offrit en victime et souhaita d’être substitué au roi Ou. Le roi Ou guérit (267).

Plus tard, il mourut. L’héritier présomptif, Song, prit ╓245 le pouvoir à sa place ; ce fut le roi Tch’eng. Le roi Tch’eng était jeune et les Tcheou venaient seulement de s’assurer l’empire ; le duc de Tcheou, craignant une révolte des seigneurs, prit donc en main la régence et gouverna l’État. Ses frères cadets, parmi lesquels le puîné prince de Koan et le puîné prince de Ts’ai (268), mirent le duc de Tcheou en suspicion (269) ; ils s’unirent à Ou-keng pour faire un soulèvement et se révolter contre les Tcheou. Le duc de Tcheou reçut avec respect les ordres du roi Tch’eng ; il réprima et mit à mort Ou-keng et le puîné prince de Koan ; il exila le puîné prince de T’sai ; il mit le vicomte de Wei, K’ai (270), à la place du descendant des Yn et sa capitale fut à Song (271) ; il réunit ce qui restait ╓246 encore du peuple des Yn et le donna en apanage au frère cadet du roi Ou, Fong, qui fut appelé le puîné (prince de) K’ang (et seigneur de) Wei (272). Le puiné prince de T’ang (273) (et ancêtre des ducs de) Tsin trouva une céréale de bon augure (274) ; il l’offrit au roi Tch’eng. Celui-ci la remit au duc de Tcheou au lieu où se trouvait l’armée ; le duc de Tcheou reçut l’épi dans la terre orientale : il exposa (275) l’ordre donné par le Fils du ciel.

Auparavant, quand (le prince de) Koan et (le prince de) Ts’ai s’étaient révoltés contre les Tcheou, le duc de Tcheou les punit et en trois ans il acheva la pacification ; c’est ainsi que furent composés d’abord la « Grande ╓247 proclamation », ensuite la « Charge donnée au vicomte de Wei », ensuite l’« Épi offert », ensuite l’« Épi de bon augure », ensuite la « Proclamation à K’ang », ensuite la « Proclamation au sujet du vin », ensuite le « Bois de catalpa (276) ». Ces choses se trouvent dans le chapitre sur le duc de Tcheou (277). Quand le duc de Tcheou eut exercé le gouvernement pendant sept années, le roi Tch’eng se trouva grand et le duc de Tcheou rendit le gouvernement au roi Tch’eng ; il se tourna vers le nord (278) et se mit à la place des sujets.

Le roi Tch’eng, se trouvant à Fong (279), chargea le duc de Chao de reprendre la construction de la ville de Lo pour se conformer à la pensée du roi Ou (280) ; le duc de Tcheou consulta de nouveau les sorts et réitéra son examen ; en définitive il bâtit (la ville) et y plaça les neuf trépieds ; il dit :

— Ce lieu est le centre de l’empire ; pour y apporter le tribut des quatre côtés, les li de la route sont uniformes (281).

On composa la « Proclamation de Chao » et la « Proclamation relative à Lo ». Le roi Tch’eng ╓248 transporta alors (là) le reste du peuple des Yn (282) ; le duc de Tcheou annonça les ordres du roi ; il fit les « Officiers nombreux » et le « Contre les excès ».

[ (283) Le duc de Chao fut le Protecteur et le duc de Tcheou fut le Précepteur.

A l’est, (le roi) punit les barbares de la rivière Hoai (284) ; il détruisit (le pays de) Yen et transporta son prince à Pouo-kou (285).

Le roi Tch’eng revint de Yen (286) et se trouvant au Tcheou ancestral (287) il fit les « Nombreuses régions ».

Quand il eut dégradé les Yn en leur enlevant leur mandat et quand il eut attaqué à l’improviste les barbares de la rivière Hoai, il revint à Fong et fit les » Fonctionnaires des Tcheou. »] ╓249 Les rites et la musique fleurirent et furent corrects ; les mesures et les règles furent alors changées. Le peuple vécut donc dans l’harmonie et la concorde ; le son des odes s’éleva.

[ (288) Quand le roi Tch’eng eut puni les barbares de l’est, les Si-tchen (289) vinrent le féliciter ; le roi récompensa le comte de Yng (290) ; on fit l’» Ordre de récompenser les Si-tchen ». Quand le roi Tch’eng fut sur le point de mourir,] il craignit que l’héritier présomptif, Tchao, ne fût pas capable de remplir sa charge ; [il ordonna donc au duc de Chao et au duc de Pi de prendre la direction des seigneurs et d’aider] l’héritier présomptif ; puis il lui donna le pouvoir. Quand le roi Tch’eng fut mort, les deux ducs prirent la direction des seigneurs ; ils menèrent l’héritier présomptif Tchao rendre visite au temple des rois ses ancêtres et lui exposèrent en détail les difficultés qu’avaient eues les rois Wen et Ou à faire leur métier de roi ; (ils lui montrèrent que) l’essentiel était d’être modéré, de n’avoir pas beaucoup de désirs ; avec sincérité et bonne foi (ils lui donnèrent) les instructions dernières (du roi Tch’eng) ; ainsi fut composé l’» Ordre prononcé au moment de mourir » (291).

L’héritier présomptif, Tchao, prit alors le pouvoir ce fut le roi K’ang. Quand le roi K’ang fut sur le trône, il fit une proclamation à tous les seigneurs et leur ╓250 exposa quelle avait été l’œuvre des rois Wen et Ou afin qu’on la continuât ; il fit la « Proclamation de K’ang ». C’est pourquoi, au temps des rois Tch’eng et K’ang, l’empire jouit du calme et les dispositions (292) relatives aux châtiments pendant plus de quarante années n’eurent pas à être mises en vigueur.

Le roi K’ang donna un ordre par écrit pour que le duc de Pi répartît les résidences et administrât le pays-frontière de Tch’eng-tcheou (293). Il fit l’» Ordre donné à Pi » .

Le roi K’ang mourut ; son fils Hia, (qui fut le) roi T’chao, prit le pouvoir. Au temps du roi Tchao, la conduite royale devint faible et défectueuse ; le roi Tchao alla au sud parcourir les fiefs ; il ne revint pas et mourut sur les bords du Kiang (294) ; ses soldats ne revinrent pas l’annoncer et gardèrent le silence à ce sujet.

On donna le pouvoir à Man, fils du roi Tchao ; ce fut le roi Mou. Quand le roi Mou monta sur le trône, il avait déjà cinquante ans. La conduite royale s’était pervertie et affaiblie ; le roi Mou, affligé de ce qu’on manquait à la conduite des rois Wen et Ou, ordonna à Po-kiong de réitérer les règles et d’être le grand conducteur du ╓251 gouvernement de l’État (295). Ainsi fut composé l’« Ordre donné à Kiong ». Le calme se rétablit.

[ (296) Le roi Mou voulut châtier les K’iuen Jong (297). Meou-fou, duc de Tchai (298), le blâma, disant :

— Il ne faut pas agir ╓252 ainsi. Les rois vos prédécesseurs rendaient éclatante leur vertu et ne faisaient point parade de leurs soldats. Aussi les rassemblements de soldats n’étaient-ils mis en mouvement qu’au moment voulu ; mais, lorsqu’ils étaient mis en mouvement, ils inspiraient la terreur tandis que lorsqu’on en fait parade, ils ne sont qu’un amusement ; or un amusement n’est pas redoutable. C’est pourquoi l’ode composée par le duc Wen (299), de Tcheou, dit :

Oh ! rassemblez les boucliers et les lances ;
Oh ! mettez dans leurs étuis les arcs et les flèches.
Je recherche la belle vertu.
Pour déployer cette grandeur (300),
En vérité, moi le roi, je la préserverai (301) (c’est-à-dire la vertu).

« ╓253 Les rois vos prédécesseurs donnaient tous leurs soins au peuple ; ils faisaient prospérer et rectifiaient sa vertu et ils amélioraient sa nature ; ils augmentaient l’usage des richesses (302) et rendaient profitable l’utilité des instruments ; ils lui montraient où était son avantage et où était son désavantage. Par la paix (303) ils l’amélioraient et lui ╓254 apprenaient à s’occuper de ce qui lui était profitable, à éviter ce qui lui était nuisible, à chérir la vertu et à craindre ce qui est majestueux. ils savaient donc protéger les hommes de façon à (assurer) l’augmentation et l’agrandissement (304). Autrefois nos anciens rois remplirent la charge héréditaire de surintendant des céréales (305), et servirent en cette qualité Yu (Choen) et les Hia. Puis les Hia se pervertirent ; ils méprisèrent les céréales et ne s’en occupèrent plus. C’est pourquoi notre ancien roi Pou-tchou (306) perdit sa charge et s’alla réfugier chez les Jong et les Ti ; mais il n’osa point négliger ses travaux et, suivant l’ordre des saisons, il exerça ses talents ; il continua à mettre en honneur ce qui lui avait été légué ; il observa ces instructions et ces règles ; matin et soir il s’y conformait avec respect ; il les pratiquait avec sincérité et constance ; il les suivait avec fidélité et confiance. Les générations qui lui succédèrent furent aussi vertueuses et ne furent pas indignes de leurs ancêtres. Lorsque arrivèrent le roi Wen et le roi Ou, ils brillèrent du même éclat que leurs ancêtres et eurent en outre l’affabilité et la cordialité. Ils honorèrent les dieux et protégèrent le peuple ; il n’y eut personne qui ne fût satisfait et joyeux. Le souverain de la dynastie Chang, ╓255 l’empereur Sin (307), était fort mauvais pour le peuple ; la foule du peuple ne pouvait le souffrir et mettait toutes ses joies et ses espérances dans le roi Ou. C’est pourquoi il amena ses soldats dans (la plaine de) Mou, (dans le pays des) Chang. Ainsi le roi votre prédécesseur ne prenait pas intérêt à la guerre ; il avait seulement pitié des aspirations secrètes du peuple et arracha le fléau (dont il souffrait).

« D’ailleurs, d’après les règlements des anciens rois, ceux qui sont dans le territoire (du Fils du ciel) sont les vassaux du domaine royal ; ceux qui sont en dehors du royaume sont les vassaux seigneuriaux ; depuis les seigneurs jusqu’aux protecteurs, ce sont les vassaux qui viennent comme hôtes ; les I et les Man sont les vassaux par contrainte ; les Jong et les Ti sont les vassaux des terres incultes (308). Les vassaux du domaine royal ╓256 (contribuent aux) sacrifices tsi ; les vassaux seigneuriaux (contribuent aux) sacrifices se ; les vassaux qui viennent en hôtes (contribuent aux) sacrifices hiang ; les vassaux par contrainte (contribuent aux) sacrifices kong ; les vassaux des pays incultes (contribuent aux sacrifices qui se font à l’avènement du) roi.

« Les sacrifices tsi se font chaque jour ; les sacrifices se se font chaque mois ; les sacrifices hiang se font à chaque saison ; les sacrifices kong se font chaque année ; (c’est lorsque le deuil était) fini (qu’on faisait le sacrifice de l’avènement du) roi. Telle était la règle qu’observaient les anciens rois dans les sacrifices (309). Lorsque les ╓257 vassaux ne (contribuaient) pas aux sacrifices tsi, (le roi) améliorait ses pensées ; lorsque les vassaux ne (contribuaient) pas aux sacrifices se, il améliorait ses paroles, lorsque les vassaux ne (contribuaient) pas aux sacrifices hiang, il améliorait ses écrits ; lorsque les vassaux ne (contribuaient) pas aux sacrifices kong, il améliorait sa renommée ; lorsque les vassaux ne (contribuaient) pas (au sacrifice de l’avènement du) roi, il améliorait sa vertu (310). Si, lorsque cette gradation avait été observée, des vassaux ne venaient point encore, (le roi) recourait aux punitions. Il châtiait donc ceux qui ne (contribuaient) pas aux sacrifices tsi ; il réprimait ceux qui ne (contribuaient) pas aux sacrifices se ; il corrigeait ceux qui ne (contribuaient) pas aux sacrifices hiang ; il faisait des reproches à ceux qui ne (contribuaient) pas aux sacrifices kong ; il avertissait ceux qui ne (contribuaient) pas au sacrifice (fait à l’avènement du) roi. Il avait donc, pour châtier par les punitions, des supplices ; pour réprimer ╓258 par l’attaque, des armes de guerre ; pour corriger avec vigueur, des préparatifs ; pour faire des reproches avec autorité, des injonctions ; pour avertir avec douceur, des explications. Lorsqu’il avait publié ses ordres et exposé ses explications (311), s’il y avait (des vassaux) qui ne venaient pas, il améliorait derechef sa vertu, mais n’envoyait pas son peuple souffrir dans des contrées éloignées. De cette manière il n’était personne qui ne lui obéît au près, personne qui ne lui fût soumis au loin. Maintenant, depuis la mort de Ta-pi et de Po-che (312), les K’iuen Jong sont toujours, suivant leur devoir, venus aux sacrifices (faits aux avènements de) rois. Le Fils du ciel dit : « Certainement je les corrigerai parce qu’ils ne viennent pas aux sacrifices hiang (313) ! » Bien plus, il fait parade de ses soldats. N’est-ce pas là rejeter les instructions des anciens rois (314) ? Or je crains que Votre Majesté n’en retire du dommage. J’ai appris que Chou-toen, (chef des) K’iuen Jong (315), pratiquait les vertus de ses ancêtres et ╓259 qu’il défendait l’intégrité (de son territoire avec obstination et fermeté. Il est capable de nous résister. »

Le roi partit aussitôt pour corriger (les Kiuen Jong) ; à son retour, il rapporta quatre loups blancs et quatre cerfs blancs. A partir de ce moment, les vassaux des pays incultes ne vinrent plus à la cour (316).] (317)

Parmi les seigneurs, il y en avait qui ne maintenaient pas la concorde. Le marquis de Fou parla avec le roi et ainsi fut composée la « Réforme des peines et des supplices » (318).

[ (319) Le roi dit :

— Hé, venez, vous qui gouvernez les hommes ╓260 et les terres (320) ! Je vous dirai comment on rend les châtiments bienfaisants (321). Si maintenant (vous voulez) maintenir l’ordre dans les cent familles, qui choisir avec soin ╓261 sinon les hommes capables ? à quoi faire attention sinon aux châtiments convenables ? à quoi s’arrêter sinon à ce qui est profitable ? Lorsque les deux parties sont venues entièrement prêtes (devant le tribunal), les juges décident d’après les cinq témoignages (322) ; lorsque les cinq témoignages assurent la culpabilité (323) et sont évidents, ╓262 (les juges) règlent le cas au moyen des cinq châtiments. Si les cinq châtiments ne sont pas véritablement (mérités (324)), ils règlent le cas au moyen des cinq amendes. Si les cinq amendes ne conviennent pas, ils règlent le cas en le faisant rentrer dans les cinq erreurs (325). Il est mal d’invoquer les cinq erreurs soit parce que la cause implique des fonctionnaires, soit parce que la cause implique des femmes (326) ; recherchez en toute sincérité quelle est la faute et ne la faites rentrer dans les erreurs qu’à juste titre (327). Lorsqu’il est douteux que les cinq châtiments (soient mérités), il faut en faire grâce ; lorsqu’il est douteux que les cinq amendes (soient méritées), il faut en faire grâce. Que l’examen du cas soit décisif ! Même quand plusieurs points sont certains et évidents, cependant il faut que le juge instructeur fasse son examen ; lorsque (le juge) est convaincu sans que la certitude soit établie (328), il a toujours à craindre la rigueur du Ciel. ╓263 Lorsqu’il est douteux que la peine de la marque (soit méritée) et qu’on en fait grâce, l’amende sera de cent choa (329) ; recherchez en toute sincérité quelle est la faute — Lorsqu’il est douteux que la peine de l’ablation du nez soit méritée et qu’on en fait grâce, l’amende sera du double ou du quintuple (330) ; recherchez en toute sincérité quelle est ╓264 la faute. Lorsqu’il est douteux que la peine de l’ablation des rotules (331), soit méritée et qu’on en fait grâce, l’amende sera du double moins un tiers (332) ; recherchez en toute sincérité quelle est la faute. Lorsqu’il est douteux que la peine de la castration (333) soit méritée et qu’on en fait grâce, l’amende sera de cinq cents choa (334) ; recherchez en toute sincérité quelle est la faute. Lorsqu’il est douteux que la peine capitale soit méritée et qu’on en fait grâce, l’amende sera de mille choa ; recherchez en toute sincérité quelle est la faute. — Les gens dont le crime mérite la marque sont dans la proportion de mille ; ceux dont le crime mérite l’ablation du nez sont dans la proportion de mille ; ceux dont le crime mérite l’ablation des rotules sont dans Ia proportion de cinq cents ; ceux dont le crime mérite la castration sont dans la proportion de trois cents ; ceux dont le crime mérite la peine capitale sont dans la ╓265 proportion de deux cents, le nombre total de ceux qui se rendent passibles des cinq châtiments étant ainsi de trois mille (335).]

Le nom (de cette réglementation) fut : le Code criminel de Fou (336).

Le roi Mou fut au pouvoir cinquante-cinq années (337), puis mourut.

Son fils, I-hou, qui fut le roi Kong, prit le pouvoir.

[ (338) Le roi Kong alla se promener sur les bords de la rivière King (339). Le duc K’ang, de Mi (340), l’accompagnait. ╓266 Trois femmes l’avaient épousé contrairement aux rites (341). Sa mère lui dit :

— Il vous faut remettre ces femmes au roi. En effet, trois animaux forment un troupeau ; trois personnes forment une assemblée ; trois femmes forment un luxe (342). Lorsque le roi va chasser, il ne s’empare ╓267 pas d’un troupeau (343) ; lorsqu’un duc agit, il ne soumet pas (sa décision) à une assemblée (344) ; lorsque le roi prend des concubines (345), il ne choisit pas trois femmes du même clan (346). Or le luxe est une chose magnifique ; cette assemblée, qui constitue une chose magnifique, vous est revenue (347) ; comment auriez-vous qualité pour en être digne ? Si le roi même n’en est pas digne, à combien plus forte raison ne l’êtes-vous pas, vous, petit avorton. Si vous, petit avorton, vivez avec faste, vous finirez par périr.

Le duc K’ang ne donna pas (les femmes au roi) ; un an plus tard le roi Kong détruisit l’État de Mi.]

╓268 Le roi Kong mourut.

Son fils Kien, qui fut le roi I, prit le pouvoir (348). Au temps du roi I, la maison royale déclina rapidement ; les poètes firent des satires (349). Le roi I mourut.

Pi-fang, frère cadet du roi Kong, prit le pouvoir. Ce fut le roi Hiao. Le roi Hiao mourut.

Les seigneurs reportèrent alors leur choix sur Sié, ,qui était le fils aîné du roi I ; ce fut le roi I (350). Le roi I mourut.

Son fils Hou, qui fut le roi Li, prit le pouvoir. Après trente ans de règne, le roi Li devint avide de richesses et éleva en dignité le duc I, de Yng (351). [ (352) Le grand dignitaire Leang-fou, (comte de) Joei (353), blâma le roi Li en lui disant (354) :

— La maison royale court à sa ╓269 perte. En effet, le duc de Yng aime accaparer les richesses et il ne sait pas quelles graves difficultés (s’ensuivront). L’utilité est ce que produisent tous les êtres, (qui eux-mêmes) sont soutenus par le ciel et par la terre. Si l’on vient à l’accaparer, c’est une cause de maux nombreux. Les cent espèces d’êtres qui dépendent du ciel et de la terre, tous (les hommes) (355) veulent les prendre ; comment pourrait-on les accaparer ? ceux qu’on irriterait seraient fort nombreux et comment ne préparerait-on pas ainsi de graves difficultés ? C’est pourquoi j’avertis Votre Altesse, car comment pourrait-elle mener longtemps cette conduite ? Celui qui règne sur les hommes doit diriger l’emploi de ce qui est utile et le répartir en haut et en bas de façon à ce que parmi les dieux, les hommes et tous les êtres il n’y en ait aucun qui n’atteigne à sa perfection. Il y fait une attention de tous les jours et craint d’exciter contre lui l’animosité. C’est pourquoi une ode chantée aux sacrifices dit (356) :

O parfait Heou-tsi (357) ! Vous avez été digne d’être placé à côté du Ciel (358) ; ╓270 Vous avez donné à manger à la foule de notre peuple ; C’est uniquement l’effet de votre perfection. Et dans le Ta ya, il est dit :

Il répandit ses bienfaits de manière à soutenir les Tcheou (359). « N’est-ce pas la preuve que, s’ils n’avaient pas réparti les avantages, ils (les anciens princes) auraient craint les difficultés ? C’est grâce à ces principes qu’ils ont pu maintenir la (maison) des Tcheou jusqu’à aujourd’hui. Maintenant Votre Altesse étudie les moyens d’accaparer ce qui est utile ; comment le peut-elle faire ? Un homme du commun, s’il s’approprie un objet utile, est déclaré un voleur. Si quelqu’un est roi et qu’il agisse ainsi, il verra peu de sujets lui rester soumis (360). Si le duc de Yng est écouté, les Tcheou sont perdus.]

Le roi Li n’écouta pas ces conseils, mais en définitive, il fit du duc de Yng un haut dignitaire et l’employa dans les affaires. Le roi eut une conduite cruelle et hautaine. ╓271 [ (361) Les gens du royaume le blâmèrent (362). Le duc de Chao (363) a reprit (le roi) en lui disant :

— Le peuple ne peut supporter son sort (364).

Le roi se mit en colère et chargea un ╓272 devin (365) du pays de Wei de découvrir ceux qui le blâmeraient ; ceux qu’il dénonçait étaient aussitôt mis à mort ; les critiques furent rares, mais les seigneurs ne vinrent plus à la cour rendre leur hommage. La trente-quatrième année, le roi redoubla de sévérité ; les gens du royaume n’osaient plus parler ; ils se jetaient seulement un regard en passant leur chemin. Le roi Li s’en réjouit et dit au duc de Chao :

— J’ai supprimé toute critique, car on n’ose plus parler.

Le duc de Chao répondit :

— Vous avez fait un barrage. Mais retenir les bouches du peuple est plus difficile que de retenir les eaux. Lorsque les eaux sont arrêtées, elles débordent et les personnes qui en sont victimes sont en grand nombre. Il en est de même pour le peuple. C’est pourquoi, comme ceux qui s’occupent des eaux leur pratiquent des issues et les laissent s’écouler, ceux qui s’occupent du peuple le libèrent et le laissent parler. Aussi, le Fils du ciel, lorsqu’il gouverne, engage-t-il les fonctionnaires, depuis les ducs du palais (366) et les hauts fonctionnaires jusqu’aux divers officiers (367), à lui présenter les poésies, ceux qui n’ont pas d’yeux à lui présenter les pièces de musique (368), ╓273 les annalistes à lui présenter les livres (369) ; les maîtres de la musique donnaient les avertissements ; ceux dont les yeux sont privés de pupilles récitaient (370) ; ceux dont les yeux ne voient point, quoique ayant des pupilles, chantaient (371) ; les cent fonctionnaires (372) exprimaient leurs critiques. Les gens du commun peuple faisaient transmettre (373) leurs paroles (au souverain) ; les officiers qui approchaient (le souverain) rectifiaient tous (les abus) ; ses parents réparaient ses fautes et le surveillaient ; ceux qui étaient privés d’yeux et les annalistes l’instruisaient et l’informaient ; les hommes de soixante et de cinquante ans le perfectionnaient (374). Alors le roi ╓274 lui-même délibérait. C’est ainsi que dans la conduite des affaires il n’y avait pas d’injustice. Le peuple a des bouches comme la terre a des montagnes et des fleuves d’où viennent les choses dont on se sert, comme elle a des lieux hauts et des lieux bas, des plaines et des marais où se produisent ce dont on s’habille et ce dont on se nourrit. Les bouches manifestent les paroles ; c’est en elles que se trouve (l’indication de) ce qui est excellent et de ce qui est funeste ; (grâce à elles), on pratiquera ce qui est excellent et on préviendra ce qui est funeste ; c’est ce qu’on entend en les comparant à ce qui produit les choses dont on se sert, ce dont on s’habille et ce dont on se nourrit (375). Quand le peuple a des soucis dans son cœur et qu’il les expose par sa bouche, (on peut alors) perfectionner et accomplir (ce qu’il réclame (376)). Si on lui ferme la bouche, comment cela pourrait-il durer longtemps (377) ?

Le roi n’écouta pas ces conseils. Alors personne dans le royaume n’osa parler. Trois ans plus tard,] des gens se liguèrent pour faire une révolte et attaquèrent à l’improviste le roi Li. Le roi Li sortit du royaume) et se réfugia à Tche (378). ╓275 L’héritier présomptif du roi Li, Tsing (379), se cacha dans la maison du duc de Chao. [ (380) Les gens du pays, l’ayant appris, vinrent cerner la maison. Le duc de Chao leur dit :

— Autrefois j’ai adressé souvent des remontrances au roi, mais le roi n’y a point cédé, ce qui a amené les difficultés présentes. Si maintenant vous tuez l’héritier présomptif, le roi pensera que je me venge et que je suis haineux et irrité. Or celui qui sert un prince, même quand il a été mis en danger, ne doit pas se venger ni être haineux ; même quand il a été affligé, il ne doit pas être irrité. A combien plus forte raison en est-il ainsi quand on sert un roi.

Le duc de Chao substitua donc son propre fils] à l’héritier présomptif et celui-ci put en définitive échapper (au péril).

Les deux conseillers, le duc de Chao et le duc de Tcheou exercèrent le gouvernement. Le nom (de leur régence) fut Kong-ho (381).

La quatorzième année Kong-ho (828 av. J.-C.), le roi Li mourut à Tche. L’héritier présomptif, Tsing, avait grandi ╓276 dans la maison du duc de Chao ; les deux conseillers le nommèrent alors roi d’un commun accord. Ce fut le roi Siuen. Lorsque le roi Siuen fut au pouvoir, les deux conseillers l’aidèrent et perfectionnèrent son gouvernement ; il prit pour règle les principes laissés par les rois Wen, Ou, Tch’eng et K’ang. Les seigneurs recommencèrent à respecter les Tcheou. La douzième année (816 av. J.-C.), le duc Ou, de Lou, vint rendre hommage à la cour (382).

[ (383) Le roi Siuen ne pratiqua pas la cérémonie du labourage dans le domaine de mille meou (384). Le duc Wen, de Kouo (385), l’en blâma, disant :

— Vous ne devez pas agir ╓277 ainsi (386).

Le roi ne l’écouta pas. La trente-neuvième année (789 av. J.-C.), une bataille fut livrée à Ts’ien-meou (387) et les soldats du roi furent complètement défaits par les Jong des tribus Kiang.] [ (388) Comme le roi Siuen avait perdu des troupes dans les royaumes du sud (389), il (voulut) faire le recensement du peuple à T’ai-yuen (390). Tchong Chan-fou (391) l’en blâma, en disant :

— On ne doit pas faire le dénombrement du ╓278 peuple(392).]

Le roi Siuen n’écouta pas ce conseil et fit en définitive le dénombrement du peuple.

Après quarante-six ans de règne (782 av. J.-C.), le roi Siuen mourut (393).

Son fils, Kong-nié, qui fut, le roi Yeou, prit le pouvoir.

[ (394) La deuxième année (780 av. J.-C.) du règne du roi Yeou, les trois cours d’eau de la province occidentale (395) furent soulevés (396). Po-yang-fou (397) dit :

— Les Tcheou vont ╓279 périr. (Il importe en effet que) les influences du ciel et de la terre ne perdent pas leur ordre ; si elles y manquent, c’est que le peuple est troublé (398). Lorsque le principe Yang est caché et qu’il ne peut sortir et lorsque le principe Yn l’opprime et qu’il ne peut s’élever (399), alors il y a un tremblement de terre. Or maintenant les trois cours d’eau ont été réellement soulevés ; c’est que le Yang a perdu sa place et que le Yn pèse sur lui (400). Lorsque le Yang a perdu son rang et se trouve (sous) le Yn, les sources alors sont fermées ; lorsque les sources sont fermées, le royaume est certainement perdu. Lorsque l’eau et la terre sont dans un état propice, le peuple trouve ce qui lui est nécessaire. Lorsque la terre (401) n’est pas dans une condition propice, le peuple est privé des choses dont il se sert. Comment espérerait-on éviter la ╓280 ruine ? Autrefois le I et le Lo (402) se desséchèrent, et la dynastie des Hia périt. Le Ho se dessécha et la dynastie des Chang (403) périt. Maintenant la vertu des Tcheou est comme était celle de ces deux dynasties à leur déclin. Les sources de ses rivières sont aussi fermées ; ces sources étant fermées, les rivières se dessèchent. Or un royaume a pour fondement ses montagnes et ses cours d’eau ; lorsque les montagnes s’écroulent et que les cours d’eau se dessèchent, c’est un présage de la ruine de l’État. Comme les cours d’eau se sont desséchés, les montagues s’écrouleront. Quant à la ruine du royaume, elle arrivera dans un délai de dix ans, car c’est là le cycle des nombres (404). L’abandon du Ciel se manifeste dans un délai qui ne dépasse pas ce cycle.

En cette année donc, les trois cours d’eau se desséchèrent et la montagne K’i (405) s’écroula.]

La troisième année de son règne (779 av. J.-C.), le roi Yeou devint fort épris de Pao-se (406). Pao-se enfanta un fils, Po-fou, et le roi Yeou voulut dégrader l’héritier ╓281 présomptif. La mère de l’héritier présomptif était fille du marquis de Chen (407), et était reine. Mais plus tard, lorsque le roi Yeou eut Pao-se et l’aima, il voulut dégrader la reine Chen, renvoyer en même temps l’héritier présomptif I-kieou et nommer Pao-se reine et Po-fou héritier présomptif. Le grand astrologue des Tcheou, Po-yang (408), ayant lu les mémoires des annalistes (409), dit :

— Les Tcheou sont perdus.

[ (410) Autrefois, lorsque les souverains de la dynastie Hia s’étaient pervertis, il y eut deux dragons divins (411) qui s’arrêtèrent dans le palais de l’empereur (de la dynastie) Hia, et dirent :

— Nous sommes deux princes (412) du pays de Pao.

L’empereur (de la dynastie) Hia tira les sorts pour savoir s’il devait les tuer, ou les renvoyer, ou les garder ; aucune réponse ne fut favorable. Il tira alors les sorts pour savoir s’il devait demander aux dragons de ╓282 l’écume (de leur bouche (413)) et la conserver ; (la réponse) fut favorable. Alors on étendit une pièce d’étoffe devant les dragons et on leur présenta une prière écrite. Ils se retirèrent et leur écume resta ; elle fut placée dans un coffret qu’on mit à part (414). Lorsque les Hia disparurent, on transmit cet objet aux Yn ; lorsque les Yn disparurent, on transmit derechef cet objet aux Tcheou. Pendant ces trois dynasties successives il ne se trouva personne qui osât l’ouvrir. Mais à la fin du règne du roi Li (415), on l’ouvrit et on regarda. L’écume coula dans le palais et on ne put l’enlever ; le roi Li fit venir ses femmes nues pour prononcer des imprécations (416) contre elle. L’écume se transforma en un lézard (417) noir et sous cette forme elle entra dans le sérail. Dans le sérail, une petite fille, qui était à l’âge où on perd ses dents de lait (418), la trouva. Lorsqu’elle arriva à l’âge où les jeunes filles mettent ╓283 une épingle à leurs cheveux (419), elle se trouva enceinte (420). Sans avoir eu de mari, elle enfanta ; saisie de crainte, elle abandonna son enfant (421). Au temps du roi Siuen, une petite fille chanta, disant :

— Celui qui a un arc fait avec du bois de mûrier sauvage et un carquois fait de roseaux, celui-là certainement perdra le royaume des Tcheou.

Le roi Siuen vint à entendre ces paroles et, comme il y avait un homme et sa femme qui vendaient de tels objets, il envoya des gens pour les arrêter et les mettre à mort. Ils s’enfuirent et dans leur marche ils aperçurent gisant sur le chemin l’enfant qui avait été abandonné par la jeune femme du sérail. Ils l’entendirent crier pendant la nuit ; ils en eurent pitié et le recueillirent. L’homme et la femme continuèrent à s’éloigner et se réfugièrent dans le pays de Pao. Les gens du pays de Pao, ayant commis une faute, demandèrent à racheter leur faute en remettant au roi la fille qui avait été abandonnée par la jeune femme ;] c’est ainsi que la fille abandonnée vint du pays de Pao et c’est pourquoi on l’appela Pao-se (422). C’était alors la troisième année du roi Yeou. Le roi se rendit dans le sérail, y vit (Pao-se) et l’aima. Elle enfanta un fils, Po-fou. En définitive la reine Chen et l’héritier présomptif furent dégradés ; Pao-se fut faite reine et ╓284 Po-fou héritier présomptif. Le grand astrologue Po-yang dit :

— Le malheur est consommé ; il n’y a plus moyen d’y échapper.

Pao-se ne riait pas volontiers. Le roi Yeou désirait la faire rire ; il eut recours à mille moyens, mais elle ne riait point. Le roi Yeou avait établi un bûcher qu’on pouvait allumer le jour, un bûcher qu’on pouvait allumer la nuit (423) et un grand tambour. (Comme si) les ennemis étaient arrivés, il alluma le bûcher destiné au jour et les seigneurs accoururent ; lorsqu’ils arrivèrent, il n’y avait point d’ennemis. Pao-se rit alors aux éclats. Le roi Yeou en fut aise et plusieurs fois il alluma le bûcher destiné au jour ; mais dans la suite on n’y crut pas et les seigneurs de leur côté cessèrent les uns après les autres de venir (424).

Le roi Yeou nomma haut dignitaire Che-fou, prince de Kouo (425) et lui confia le gouvernement ; tous les habitants du royaume s’en indignèrent. Che-fou était habile à tenir des discours trompeurs ; il savait flatter et il était âpre au gain. Le roi l’employa ; en outre il dégrada la reine Chen et renvoya l’héritier présomptif. Le marquis ╓285 de Chen (426), irrité, s’allia au pays de Tseng (427), aux barbares occidentaux et aux K’iuen Jong et attaqua le roi Yeou. Le roi Yeou alluma le bûcher destiné au jour, afin d’appeler les soldats ; les soldats ne vinrent pas. (Les ennemis) tuèrent donc le roi Yeou au pied de la montagne Li (428), emmenèrent prisonnière Pao-se, s’emparèrent de toutes les richesses des Tcheou, puis se retirèrent.

Alors les seigneurs s’entendirent avec le marquis de Chen pour donner le pouvoir à l’ex-héritier présomptif du roi Yeou, I-kieou, qui fut le roi P’ing, afin qu’il fût chargé des sacrifices des Tcheou (429). Le roi P’ing, ayant pris le pouvoir, transféra (sa capitale) du côté de l’est, à la ville de Lo (430), pour se soustraire aux incursions des Jong. Au temps du roi P’ing, la maison des Tcheou déclina et s’affaiblit ; les seigneurs usaient de leur force pour opprimer les faibles. Ts’i, Tch’ou, Ts’in et Tsin (431) ╓286 commencèrent à grandir ; le pouvoir fut exercé par celui qui avait l’hégémonie dans sa région (432). — La quarante-neuvième année (722 av. J.-C.), le duc Yn, de Lou, prit le pouvoir (433). — Après cinquante et un ans de règne (720 av. J.-C.), le roi P’ing mourut.

L’héritier présomptif, Sié-fou, étant mort prématurément, on mit sur le trône son fils, Lin. Ce fut le roi Hoan. Le roi Hoan était (donc) petit-fils du roi P’ing. La troisième année (717 av. J.-C.) du roi Hoan, le duc Tchoang, de Tcheng, vint à la cour. Le roi Hoan ne le traita pas avec les rites qui lui étaient dus (434). — La cinquième année (715 av. J.-C.), (le duc de) Tcheng, irrité (435), fit un échange avec Lou et acquit ainsi le pays de Hiu-tien. Hiu-tien était le lieu dont se servait le Fils du ciel ╓287 pour faire le sacrifice au T’ai-chan (436). — La huitième année (712 av. J.-C.), les gens de Lou assassinèrent le duc Yn et nommèrent le duc Hoan. — La treizième ╓288 année (707 av. J.-C.), (le roi) attaqua Tcheng ; (un homme de) Tcheng blessa d’une flèche le roi Hoan (437) ; celui-ci se retira et opéra sa retraite. — La vingt-troisième année (697 av. J.-C.), le roi Hoan mourut.

Son fils, T’ouo, qui fut le roi Tchoang, prit le pouvoir. La quatrième année (693 av. J.-C.) du roi Tchoang, le duc de Tcheou, Hei-kien (438), projeta de tuer le roi Tchoang et de donner le pouvoir au fils de roi, K’o (439). Sin po en avertit le roi ; celui-ci mit à mort le duc de Tcheou ; le fils de roi, K’o, s’enfuit (dans le pays de) Yen (440). — La quinzième année (682 av. J.-C.), le roi Tchoang mourut.

Son fils, Hou-ts’i, qui fut le roi Hi (441), prit le pouvoir. — La troisième année (679 av. J.-C.) du roi Hi, le duc Hoan, de Ts’i, pour la première fois eut l’hégémonie (442). — La cinquième année (677 av. J.-C.), le roi Hi mourut.

Son fils, Lang, qui fut le roi Hoei, prit le pouvoir. — ╓289 La deuxième année (675 av. J.-C.) du roi Hoei (arrivèrent les faits suivants) (443) : autrefois, le roi Tchoang avait fort aimé sa concubine Yao ; celle-ci enfanta un fils, T’oei, qui jouit de la faveur royale). Lorsque le roi Hoei prit le pouvoir, il (le roi) s’empara du jardin d’un de ses principaux officiers (444) pour en faire un parc ; c’est pourquoi cinq grands officiers, parmi lesquels était Pien Po, soulevèrent des troubles ; ils projetèrent d’appeler les soldats de Yen et de Wei ; ils attaquèrent le roi Hoei ; le roi Hoei s’enfuit à Wen (445) ; ensuite il s’établit à Li (446), ville du pays de Tcheng. On nomma roi T’oei, frère cadet (447) du roi Hi ; on fit de la musique et on dansa toutes les danses ; ╓290 les princes de Tcheng et de Kouo (448) en furent irrités (449). — La quatrième année (673 av. J.-C. les princes de Tcheng et de Kouo attaquèrent et tuèrent le roi T’oei ; ils réintégrèrent le roi Hoei (dans ses États).

La dixième année (667 av. J.-C.) du roi Hoei, celui-ci conféra au duc Hoan, de Ts’i, l’hégémonie (450). — La vingt-cinquième année (652 av. J.-C.), le roi Hoei mourut (451).

Son fils, Tcheng, qui fut le roi Siang, prit le pouvoir. La mère du roi Siang était morte de bonne heure ; sa seconde mère s’appelait la reine (femme du roi) Hoei (452). La reine (femme du roi) Hoei enfanta Chou-tai (453) qui fut en faveur auprès du roi Hoei ; le roi Siang le craignait. — La troisième année (649 av. J.-C.), Chou-tai s’allia aux Jong et aux Ti et projeta d’attaquer le roi Siang. Celui-ci voulut mettre à mort Chou-tai et Chou-tai s’enfuit (dans le pays de) Ts’i. Le duc Hoan, de Ts’i, [ (454) envoya ╓291 Koan Tchong (455) pour faire la paix entre les Jong et les Tcheou ; il envoya Si P’ong pour faire la paix entre les Jong et les Tsin (456). Le roi honora Koan Tchong avec les rites qui sont dus à un haut dignitaire de premier rang. Koan Tchong s’y refusa, disant :

— Votre sujet est un fonctionnaire infime, Voici Kouo et Kao(457) qui sont deux surveillants nommés par le Fils du ciel. Si, aux époques fixées, au printemps et en automne, ils viennent pour recevoir les ordres du roi, avec quels rites les traiterez-vous ? Moi qui suis doublement sujet (458), je me permets de refuser.

Le roi dit :

— (O envoyé de) mon beau-père (459) ; je loue votre mérite. Ne résistez pas à mon ordre.

En définitive, Koan Tchong accepta les rites qui sont dus à un haut dignitaire de second rang, puis il s’en retourna].

La neuvième année (643 av. J.-C.), le duc Hoan, de Ts’i, mourut.

La douzième année (640 av. J.-C.), Chou-tai revint à (la cour des) Tcheou (460).

La treizième année (639 av. J. -C.), (le prince de) Tcheng ╓292 attaqua (le prince de) Hoa (461). Le roi envoya Yeou Suen et Po Fou (462) pour intercéder en faveur de Hoa ; les gens de Tcheng emprisonnèrent ces (messagers) ; le duc Wen, de Tchen, [ (463) était irrité de ce que le roi Hoei, lors de sa rentrée (dans sa capitale), n’avait pas donné un vase tsio (464) au duc Li ; il était irrité aussi de ce que le roi Siang s’était mis du parti de Wei et de Hoa] (465) ; c’est pourquoi il emprisonna Po Fou. [Le roi en fut irrité et se proposa de se servir des Ti pour attaquer Tcheng. Fou Tchen l’en reprit, disant] :

— En toute occasion, depuis que notre maison des Tcheou s’est transportée dans l’est, (les princes de) Tsin et de Tcheng ont été nos appuis ; ╓293 lorsque le prince T’oei s’est révolté, c’est grâce à Tcheng que l’ordre a été rétabli. Maintenant, pour une petite animosité, vous le rejetez (466).

[ (467) Le roi n’écouta pas (ces conseils).

La quinzième année (637 av. J.-C.), le roi fit descendre les soldats des Ti pour attaquer Tcheng. Le roi, par estime pour les services que lui avaient rendus les Ti, voulut prendre la fille (de leur prince) pour en faire la reine (sa femme). Fou Tchen le reprit, disant] :

— (Les rois) P’ing, Hoan, Tchoang et Hoei ont tous profité de la peine que Tcheng a prise pour eux ; que Votre Majesté rejette ses parents et s’apparente aux Ti, c’est ce qu’on ne peut approuver (468).

[Le roi n’écouta pas (ces conseils).

La seizième année (636 av. J.-C.), le roi dégrada la reine Ti (469). Les Ti vinrent faire du carnage et tuèrent T’an Po (470). Fou Tchen dit :

— J’ai souvent fait des remontrances qui n’ont point été suivies. Dans ces circonstances, si je ne ╓294 sors pas (pour combattre), le roi estimera que j’agis par haine.

Alors avec tous les siens il alla périr (en combattant contre) eux (les Ti) (471).

Autrefois, la reine (femme de l’empereur) Hoei avait voulu donner le pouvoir au prince Tai et c’est ainsi qu’avec son parti, (Tai) fit des ouvertures aux Ti (472). Les Ti pénétrèrent donc dans (la capitale des) Tcheou ; le roi Siang sortit et s’enfuit (dans le pays de) Tcheng]. (Le prince de) Tcheng l’installa à Fan (473). Le prince Tai assuma le pouvoir et se proclama roi ; il prit la reine Ti qui avait été dégradée par le roi Siang et s’établit avec elle à Wen (474).

La dix-septième année (635 av. J.-C.), le roi Siang implora le secours (du prince de Tsin. Le duc Wen de Tsin réinstalla le roi et tua Chou-tai. Le roi Siang donna alors au duc Wen, de Tsin, une tablette de jade, un fourreau d’arc, un arc et des flèches et le nomma hégémon (475) ; ╓295 il donna le territoire du Ho-nei (476) à Tsin.

La vingtième année (632 av. J.-C.), le duc Wen, de Tsin, manda le roi Siang. Le roi Siang vint le trouver à Ho-yang et à Tsien-t’ou (477). Les seigneurs (lui) rendirent tous homrnage. Le livre (478) dissimule (ces faits) en disant « Le roi (nommé) par le Ciel (passa l’inspection des) fiefs à Ho-yang. »

La vingt-quatrième année (628 av. J.-C.), le duc Wen, de Tsin mourut.

La trente et unième année (621 av. J.-C.), le duc Mou, de Ts’in, mourut.

La trente-deuxième année (479) (620 av. J.-C.), le roi Siang ╓296 mourut. Son fils, Jen-tch’en, qui fut le roi King, prit le pouvoir.

La sixième année (613 av. J.-C.), le roi K’ing mourut. Son fils, Pan, qui fut le roi K’oang, prit le pouvoir.

La sixième année (607 av. J.-C.), le roi K’oang mourut. Son frère cadet, Yu, prit le pouvoir ; ce fut le roi Ting.

La première année (606 av. J.-C.) du roi Ting, le roi Tchoang, de Tch’ou, attaqua les Jong de Lou-hoen (480) ; puis il arriva au bord de (la rivière) Lo ; il envoya des gens poser des questions au sujet des neuf trépieds (481) ; le roi envoya Wang-suen Man (482) lui répondre ; celui-ci trouva un moyen pour éviter (de s’expliquer). Les soldats de Tch’ou alors se retirèrent.

╓297 La dixième année (597 av. J.-C.), le roi Tchoang, de Tch’ou, assiégea (la capitale du pays de) Tcheng. Le comte de Tcheng se rendit, mais ensuite recouvra (son territoire) (483).

La seizième année (591 av. J.-C.), le roi Tchoang, de Tch’ou, mourut.

La vingt et unième année (586 av. J.-C.), le roi Ting mourut. Son fils I, qui fut le roi Kien, prit le pouvoir.

La treizième année (573 av. J.-C.) du roi Kien, (les gens de) Tsin tuèrent leur prince, le duc Li ; ils allèrent chercher le fils (du duc), Tcheou, à (la capitale des) Tcheou ; ils lui donnèrent le pouvoir ; ce fut le duc Tao. La quatorzième année (572 av. J.-C.), le roi Kien mourut. Son fils, Sie-sin, qui fut le roi Ling, prit le pouvoir.

La vingt-quatrième année (548 av. J.-C.) du roi Ling, Ts’oei Tchou, du pays de Ts’i, assassina son prince, le duc Tchoang (484). La vingt-septième année (545 av : J.-C.), le roi Ling mourut. Son fils, Koei, qui fut le roi King, prit le pouvoir.

La dix-huitième année (527 av. J.-C.) du roi King, le fils aîné de la reine, qui était sage, mourut prématurément (485).

La vingtième année (525 av. J.-C.), le roi King, qui avait ╓298 en affection son fils, Tchao (486), aurait voulu lui donner le pouvoir. Il arriva que (le roi) mourut (487). Le parti du prince Kai (488) disputa le pouvoir à (Tchao) ; les gens du royaume mirent sur le trône le fils aîné, Mong (489), et le nommèrent roi ; le prince Tchao attaqua et tua Mong ; Mong fut appelé le roi Tao (490). Les gens de Tsin attaquèrent le prince Tchao et mirent sur le trône Kai : ce fut le roi King.

La première année (519 av. J.-C.) du roi King, les gens de Tsin (voulurent) faire entrer le roi King (dans la capitale) ;. le prince Tchao s’arrogea le pouvoir ; le roi King ne put entrer et résida à Tsé (491).

La quatrième année (516 av. J.-C.), Tsin, à la tête des seigneurs, réintégra le roi King dans (la capitale des) Tcheou ; le prince Tchao devint un sujet. Les seigneurs construisirent un rempart à (la capitale des) Tcheou (492). La seizième année (504 av. J.-C.), les partisans du prince Tchao suscitèrent de nouveau une révolte ; le roi King s’enfuit (dans le pays de) Tsin.

La dix-septième année (503 av. J.-C.), le duc Ting, de Tsin, fit aussitôt rentrer le roi King dans (la capitale des) Tcheou.

╓299 La trente-neuvième année (481 av. J.-C..), T’ien Tch’ang, du pays de Ts’i, tua son prince, le duc Kien.

La quarante et unième année (479 av. J.-C.), (l’État de) Tch’ou anéantit (l’État de) Tch’en. Kong-tse mourut (493).

La quarante-deuxième année (494) (478 av. J.-C.), le roi King mourut. Son fils Jen, qui fut le roi Yuen, prit le pouvoir (495).

╓300 La huitième année (469 av. J.-C.), le roi Yuen mourut. Son fils, Kié, qui fut le roi Ting, prit le pouvoir.

La seizième année (453 av. J.-C.) du roi Ting, les trois Tsin tuèrent Tche-po (496) et se partagèrent ses terres.

La vingt-huitième année (441 av. J.-C.), le roi Ting mourut. Son fils aîné, K’iu-tsi, prit le pouvoir : ce fut le roi Ngai. Le Ngai avait pris le pouvoir depuis trois mois, lorsque son frère cadet, Chou, l’attaqua soudain, le tua et s’arrogea le pouvoir ; ce fut le roi Se. Le roi Se avait pris le pouvoir depuis cinq mois quand son frère plus jeune, Wei, l’attaqua, le tua et s’arrogea le pouvoir ; ce fut le roi K’ao. Ces trois rois étaient tous fils du roi Ting.

La quinzième année (426 av. J.-C.), le roi K’ao mourut. Son fils, Ou, qui fut le roi Wei-lié, prit le pouvoir.

Le roi K’ao avait donné Ho-nan en fief à son frère cadet, qui fut le duc Hoan, afin qu’il héritât des charges et dignités du duc de Tcheou ; à la mort du duc Hoan, son fils, le duc Wei, prit le pouvoir à sa place ; à la mort du ╓301 duc Wei, son fils, le duc Hoei, prit le pouvoir à sa place ; il donna alors Kong en fief à son fils cadet pour qu’il fût chargé du roi ; son titre fut le duc Hoei des Tcheou orientaux (497).

La vingt-troisième année (403 av. J.-C.) du roi Wei-lié, les neuf trépieds furent frappés de la foudre. (Le roi) ordonna que Han, Wei et Tchao devinssent des seigneurs (498).

La vingt-quatrième année (402 av. J.-C.), il mourut. Son fils, Kiao, qui fut le roi Ngan, prit le pouvoir. Cette année-là, des brigands tuèrent le roi Cheng, de Tch’ou.

╓302 Après vingt-six ans de règne, le roi Ngan mourut (376 av. J.-C.). Son fils, Hi, qui fut le roi Lié, prit le pouvoir.

La deuxième année (374 av. J.-C.) du roi Lié, Tan, grand astrologue des Tcheou, rendit visite au duc Hien, de Ts’in, et lui dit :

— Autrefois les Tcheou ont été en bonne harmonie avec le royaume de Ts’in, puis ils s’en sont séparés ; après cinq cents ans de séparation, ils se réuniront de nouveau ; après dix-sept ans de réunion, celui qui sera roi par la force apparaîtra (499).

╓303 La dixième année (500), le roi Lié mourut : Son frère cadet ; Pien, prit le pouvoir ; ce fut le roi Hien.

╓304 La cinquième année (364 av. J.-C.) du duc Hien, celui-ci complimenta le duc Hien, de Ts’in. Le duc Hien se proclama hégémon.

La neuvième année (360 av. J.-C.), (le roi) envoya au duc Hiao, de Ts’in, de la viande des sacrifices offerts aux rois Wen et Ou.

La vingt-cinquième année (344 av. J.-C.), Ts’in rassembla les seigneurs à (la capitale des) Tcheou.

La vingt-sixième année (343 av. J.-C.), (le roi) Tcheou offrit l’hégémonie au duc Hiao, de Ts’in.

La trente-troisième année (336 av. J.-C.), il complimenta le roi Hoei, de Ts’in.

La trente-cinquième année (334 av. J.-C.), il envoya au roi Hoei, de Ts’in, de la viande des sacrifices offerts aux rois Wen et Ou.

La quarante-quatrième année (325 av. J.-C.), le roi Hoei, de Ts’in, se proclama roi. A la suite de cela, tous les seigneurs devinrent rois.

La quarante-huitième année (321 av. J.-C.), le roi Hien mourut. Son fils, Ting, qui fut le roi Chen-tsing, prit le pouvoir.

╓305 La sixième année (315 -av. J.-C.), il mourut. Son fils Yen, qui fut le roi Nan (501), prit le pouvoir.

Au temps du roi Nan, les Tcheou orientaux et les Tcheou occidentaux se partagèrent le gouvernement. Le roi Nan transféra sa résidence chez les Tcheou occidentaux (502).

[ (503) L’héritier présomptif, Kong, du duc Ou, des Tcheou occidentaux, mourut. (Le duc) avait cinq fils nés de femmes secondaires et n’avait pas décidé (504) lequel il nommerait (héritier présomptif). Le généralissime (505) Tsien dit au roi de Tch’ou (506) :

— Le mieux est de donner une terre à Kieou, fils du duc, et d’en profiter pour demander qu’il soit l’héritier présomptif.

Tso Tch’eng dit :

— Il ne faut pas agir ainsi ; si Tcheou ne vous écoute pas, votre sagesse sera alors à bout de ressources et un éloignement se produira dans nos rapports avec Tcheou. Le mieux est de demander au prince Tcheou qui il veut nommer.

A mots couverts, (le duc Ou) parla à Tsien (507) ; ╓306 Tsien lui proposa d’inviter (le roi de) Tch’ou à lui donner une terre en guise de félicitations] ; (le duc) nomma en effet son fils Kieou héritier présomptif.

La huitième année (307 av. J.-C.), Ts’in attaqua I-yang (508). Tch’ou vint à son secours, puis croyant que Tcheou embrassait le parti de Ts’in, il se prépara à l’attaquer. Sou Tai (509) parla en faveur de Tcheou au roi de Tch’ou et lui dit :

— Pourquoi (amener) une calamité en pensant que Tcheou agit en faveur de Ts’in (510) ? Ceux qui disent que Tcheou est plus en faveur de Ts’in que de Tch’ou désirent faire que Tcheou s’unisse à Ts’in, et c’est pourquoi ils disent Tcheou-Ts’in (511). Si Tcheou sait qu’il ne peut rompre (votre dessein), il s’unira certainement à Ts’in, c’est là le moyen subtil (qu’ont imaginé) ceux qui désirent que Ts’in s’empare de Tcheou. Ceux qui font des plans pour Votre Majesté (lui diront) : Si Tcheou s’allie à Ts’in, profitez-en pour l’approuver ; s’il ne s’allie pas à Ts’in, dites encore que c’est fort bien ; de ╓307 cette manière vous le détacherez de Ts’in : Tcheou, s’étant séparé de Ts’in, s’unira certainement à Yng (512).

[ (513) Ts’in (voulait) emprunter le chemin qui se trouvait entre les deux Tcheou, dans l’intention d’attaquer Han (514). Tcheou eut peur que, s’il le prêtait, il eût tout à craindre de Han, que, s’il ne le prêtait pas, il eût tout à craindre de Ts’in. Le clerc Yen dit au prince de Tcheou (515) :

— Pourquoi n’ordonnez-vous pas à des gens d’aller parler à Chou, duc de Han, en ces termes : Si Ts’in ose couper Tcheou par le milieu pour attaquer Han, c’est qu’il a confiance dans les Tcheou orientaux ; pourquoi Votre Altesse ne donne-t-elle pas une terre à Tcheou et ne livre-t-elle pas des otages qu’elle enverra à Tch’ou ? (Si vous agissez ainsi,) Ts’in certainement soupçonnera Tch’ou et ne se fiera pas à Tcheou et ainsi Han ne sera pas attaqué. — Vous ferez dire d’autre part à Ts’in : C’est forcé par la contrainte que Han donne une terre à Tcheou, car il se propose de rendre ainsi Tcheou suspect aux yeux de Ts’in ; Tcheou n’ose pas ne pas recevoir (ce présent). — Ts’in n’aura certainement aucune raison pour ordonner à Tcheou de ne pas l’accepter ; ainsi vous aurez reçu une terre de Han et vous aurez obéi à Ts’in.]

╓308 [ (516) Ts’in manda le prince des Tcheou occidentaux ; le prince des Tcheou occidentaux redoutait ce voyage ; c’est pourquoi il envoya des gens dire au roi de Han (517) :

— Si Ts’in mande le prince des Tcheou occidentaux, c’est qu’il compte en profiter pour envoyer (une armée) attaquer votre ville de Nan-yang. Pourquoi Votre Majesté ne fait-elle pas sortir des soldats devant Nan-yang (518) ? Le prince de Tcheou en profiterait pour s’en faire une excuse auprès de Ts’in, et si le prince de Tcheou n’entre pas dans (le pays de) Ts’in, Ts’in n’osera certainement pas franchir le Fleuve pour attaquer Nan-yang.] [ (519) Les Tcheou orientaux se trouvant en lutte avec les Tcheou ocidentaux, Han (voulut) venir au secours des Tcheou occidentaux. Quelqu’un parla en faveur des Tcheou orientaux au roi de Han, disant :

— Les Tcheou occidentaux sont l’ancien royaume des Fils du ciel ; ils possèdent beaucoup d’objets renommés et de joyaux précieux. Si Votre Majesté tient ses armes en repos et ne met pas ses soldats en campagne, elle pourra ainsi s’attirer la reconnaissance des Tcheou orientaux et d’autre part les joyaux des Tcheou occidentaux pourront certainement être tous obtenus (520).]

╓309 Le roi Nan parla à Tch’eng-kiun (521).

Tch’ou assiégeait (la ville de) Yong-che (522). [ (523) Han exigea des Tcheou orientaux des cuirasses et du grain. Le prince des Tcheou orientaux, saisi de peur, manda Sou Tai (524) et lui exposa (l’affaire). (Sou) Tai lui dit :

— Pourquoi Votre Altesse s’afflige-t-elle de cela ? Votre sujet se charge de faire que Han ne demande à Tcheou ni cuirasses, ni grains ; bien plus, je puis obtenir (la ville de) Kao-tou (525) pour Votre Altesse.

Le prince Tcheou répliqua :

— Si vous en êtes en effet capable, je vous prierai de commander à tout le royaume.

(Sou) Tai fut admis auprès du conseiller d’État de Han et lui dit :

Tch’ou a commencé à assiéger (la ville de) Yong-che au troisième mois ; maintenant c’est le cinquième mois et il n’a pu la prendre ; c’est (une marque de) la faiblesse de Tch’ou. Si maintenant, ô conseiller d’État, vous exigez de Tcheou des cuirasses et du grain, ce sera déclarer votre faiblesse à Tch’ou. Le conseiller d’État (526) de Han dit :

— C’est fort bien ; l’envoyé suspendra (527) son départ.

(Sou) Tai dit :

— Pourquoi ne donnez-vous à Tcheou (la ville de) Kao-tou ?

Le conseiller d’État de Han se mit fort en colère et dit :

— Je n’exige de Tcheou ni cuirasses ni grain, et c’est déjà beaucoup. Pourquoi donc donnerais-je à Tcheou (la ville de) Kao-tou ?

(Sou) Tai répliqua :

— Si vous donnez à Tcheou (la ville de) Kao-tou, ce sera cause que Tcheou se décidera (528) et prendra le parti de Han. Lorsque Ts’in l’apprendra, il sera fort en colère et s’irritera contre Tcheou (529) ; c’est pourquoi il n’aura plus de relations avec les envoyés des Tcheou ; au prix (de la ville) peu importante de Kao-tou vous obtiendrez Tcheou tout entier ; pourquoi ne pas la donner ?

Le conseiller d’État dit :

— C’est bien.

Il donna donc à Tcheou (la ville de) Kao-tou .]

La trente-quatrième année (281 av. J.-C.), [ (530) Sou Li (531) parla au prince de Tcheou en ces termes. ; « Ts’in a écrasé ╓311 Han et Wei ; il a battu Che Ou (532) ; au nord, il s’est emparé de Lin et de Li-che (533), (villes du pays de) Tchao ; celui qui a fait tout cela (534), c’est Po K’i (535) ; en effet (ce général) sait fort bien se servir des soldats, et en outre il est prédestiné par le Ciel. Maintenant il (se propose de) sortir de nouveau de la frontière (536) à la tête de ses soldats pour attaquer Leang (537). Lorsque Leang aura été écrasé, Tcheou sera en danger. Pourquoi Votre Altesse n’envoie-t-elle pas des gens dire à Po K’i : Dans le pays de Tch’ou vivait un certain Yang Yeou-ki (538) qui était excellent archer ; en tirant à cent pas sur une feuille de mûrier, il tira cent coups et l’atteignit cent fois. Les assistants, qui étaient au nombre de plusieurs milliers, disaient tous : C’est admirablement tiré. Un homme vint cependant se placer ╓312 à côté de (Yang Yeou-ka et dit :

— C’est bien, mais je puis vous apprendre à tirer.

Yang Yeou-ki en colère lâcha son arc, saisit son épée et dit :

— Étranger, prétendez-vous être capable de m’enseigner à tirer ?

L’étranger lui répondit :

— Ce n’est pas que je sois capable de vous enseigner à tendre le bras gauche et à replier le bras droit. Mais, lorsqu’à une distance de cent pas d’une feuille de mûrier vous avez tiré cent fois et que vous l’avez touchée cent fois, si vous ne vous arrêtez pas satisfait, petit à petit votre ardeur se ralentira, vos forces faibliront, votre arc se tordra, vos flèches se courberont, et un seul coup où vous ne réussirez pas détruira l’effet de vos cent coups (précédents).— Or (539) maintenant vous avez écrasé Han et Wei ; vous avez battu Che Ou ; au nord, vous vous êtes emparé de Lin et de Li-che, (villes de) Tchao ; vous avez acquis une grande gloire ; cependant vous allez derechef sortir de la frontière à la tête de vos soldats pour traverser les deux Tcheou, tourner le dos à Han et attaquer Leang. Si une seule de vos entreprises ne réussit pas, toute votre gloire passée sera perdue. Il vaut mieux pour vous prétexter une maladie et ne pas vous mettre en campagne. »]

La quarante-deuxième année (273 av. J.-C.), [ (540) Ts’in viola la convention relative à Hoa-yang (541). Ma Fan parla au prince de Tcheou en ces termes :

— Je vous prie d’ordonner ╓313 à Leang (542), de construire un rempart pour Tcheou. Puis il dit au roi de Leang :

— Le roi de Tcheou est malade (543) ; s’il meurt, moi Fan, je mourrai certainement. Permettez-moi, je vous prie de remettre de ma propre autorité les neuf trépieds à Votre Majesté ; que Votre Majesté reçoive les neuf trépieds et avise à un plan en faveur de Fan.

Le roi de Leang dit :

— C’est fort bien parlé.

Aussitôt il lui donna des soldats en leur disant de tenir garnison à Tcheou. Alors (Ma Fan) dit à Ts’in :

Leang ne veut point tenir garnison à Tcheou (544) ; mais il se propose de l’attaquer ; que le roi essaie de faire sortir ses soldats à la frontière pour l’observer.

Ts’in fit en effet sortir ses soldats. (Ma Fan) revint alors dire au roi de Leang : « Le roi de Tcheou est fort malade ; moi, (Ma) Fan, je demande à vous envoyer les trépieds plus tard, dès que l’occasion le permettra. Maintenant que Votre Majesté a envoyé des soldats à Tcheou, les seigneurs vous soupçonnent tous ; lorsque, ensuite vous voudrez agir, ils ne vous croiront plus. Le mieux est d’ordonner à vos soldats de construire un rempart pour ╓314 Tcheou afin de cacher votre entreprise (545).

Le roi de Leang dit :

— C’est fort bien parlé.

Aussitôt il chargea (ses soldats) de construire un mur pour Tcheou.] La quarante-cinquième année (270 av. J.-C.), [ (546) le prince de Tcheou vint (dans le pays de) Ts’in. Un étranger dit à Tcheou Siu (547) :

— Ce que vous avez de mieux à faire, c’est de flatter la piété filiale du roi de Ts’in, et, pour cela, de donner en présent Yng (548) à la reine-douairière (549) comme son domaine propre, Le roi de Ts’in s’en réjouira certainement. Vous aurez ainsi des rapports (550) avec Ts’in. ╓315 Si ces rapports sont bons, le prince de Tcheou vous en saura gré ; si ces rapports sont mauvais, vous serez un homme qui aura encouragé l’annexion de Tcheou à Ts’in et vous serez certainement considéré comme criminel.]

[ (551) Ts’in (voulut) attaquer Tcheou. Tcheou Siu parla au roi de Ts’in en ces termes :

— Si je puis donner un conseil au roi, c’est de ne pas attaquer Tcheou ; si vous attaquez Tcheou, en vérité vous n’y aurez pas de profit (552). Votre renommée sera abhorrée de l’empire, et l’empire, détestant Ts’in à cause de sa renommée, s’alliera certainement à l’est avec Ts’i. Vos armes se seront abaissées (en entrant en conflit) avec Tcheou et vous aurez fait s’allier l’empire avec Ts’i. Alors T’sin n’aura plus la royauté. L’empire désire abaisser Ts’in et c’est pourquoi on engage Votre Majesté à attaquer Tcheou. Si Ts’in est abaissé aux yeux de l’empire, ses ordres ne seront plus obéis.]

La cinquante-huitième année (257 av. J.-C.), [ (553) les trois Tsin (554) résistèrent à Ts’in. Tcheou ordonna à son conseiller d’État de se rendre à Ts’in. Comme Ts’in le traita avec mépris, celui-ci revint de sa mission. Un étranger parla ╓316 au conseiller d’État en ces termes :

— Si Ts’in vous a méprisé ou honoré, c’est ce que je ne puis savoir. Mais Ts’in désire connaître les dispositions des trois royaumes ; le mieux est donc que vous alliez promptement voir le roi de Ts’in et que vous lui disiez : Je prie Votre Majesté d’écouter les changements qui se produisent dans l’est (555). — Le roi de Ts’in vous estimera certainement ; en vous estimant, Ts’in estimera Tcheou et Tcheou par là se sera gagné Ts’in. Quant à l’estime de Ts’i, il y a certainement Tcheou Siu (556) grâce à qui Ts’i nous est acquis. Ainsi Tcheou ne perdra point ses bonnes relations avec les royaumes puissants.] Ts’in aura confiance en Tcheou et enverra ses soldats attaquer les trois Tsin (557).

La cinquante-neuvième année (256 av. J.-C.), Ts’in prit (au pays de) Han le village de Fou-chou (558), (près de) Yang tch’eng. Les Tcheou occidentaux eurent peur ; ils ╓317 rompirent avec Ts’in et firent une ligue du nord au sud (559) avec les seigneurs. Ils se mirent à la tête de soldats d’élite et sortirent par I-k’iue (560) il pour attaquer Ts’in et faire qu’il ne pût avoir de communications avec Yang-tch’eng. Le roi Tchao, de Ts’in, se mit en colère et envoya le général Kieou attaquer les Tcheou occidentaux. Le prince des Tcheou occidentaux (561) s’enfuit dans (le pays de) Ts’in ; il se prosterna et se reconnut coupable ; il offrit toutes ses villes qui étaient au nombre de trente-six et comptaient trente mille habitants. Ts’in accepta ce qu’il offrait. Il renvoya ce prince à Tcheou. Le prince de Tcheou et le roi Nan moururent. Le peuple des Tcheou s’enfuit alors à l’est ; Ts’in s’empara des neuf trépieds et des ustensiles précieux ; puis il transféra le duc des Tcheou occidentaux (562) à Tan-hou. Sept années plus tard, le roi ╓318 Tchoang-siang, de Ts’in, anéantit les Tcheou orientaux et les Tcheou occidentaux ; les Tcheou orientaux et les Tcheou occidentaux furent tous deux annexés à Ts’in et dès lors les sacrifices des Tcheou cessèrent.

Le duc grand astrologue dit : Les érudits prétendent tous que lorsque (le roi Ou de) Tcheou battit Tcheou, (de la dynastie Yn), il résidait à la ville de Lo (563) ; en rassemblant les faits réels, on voit qu’il n’en est pas ainsi. Le roi Ou traça le plan (de cette ville) (564) ; le roi Tch’eng envoya le duc de Chao consulter les sorts sur cette résidence et y plaça les neuf trépieds (565) ; cependant les Tcheou eurent encore leur capitale à Fong et à Hao (566). Puis, lorsque les K’iuen-jong battirent le roi Yeou, alors les Tcheou transférèrent leur capitale dans l’est, à la ville de Lo (567). Au sujet de ce qu’on rapporte que le duc de Tcheou fut enterré au lieu qui est de nos jours Pi (568), (je dirai que) Pi est au milieu des poiriers, au sud-est de Hao. — Après que les Ts’in eurent anéanti les Tcheou et quand les Han régnaient déjà depuis plus de quatre-vingt-dix années, le Fils du ciel (569), voulant aller faire le ╓319 sacrifice fong sur le T’ai-chan, inspecta les fiefs à l’est ; arrivé à Ho-nan (570), il s’informa des descendants des Tcheou et donna à leur descendant, Kia, une terre de trente li avec le titre de « prince Tcheou de Tse-nan » (571) ; il le mit sur le même pied que les seigneurs indépendants pour qu’il pût s’acquitter des sacrifices à ses ancêtres.

Notes


(101. ) Sur l’appellation de heou tsi — prince Millet, donnée à K’i, cf. note 01.296 — Le texte des Mémoires historiques est connu : Tcheou Heou tsi ; mais il est à remarquer que K’i n’eut pas de son vivant le nom de Tcheou et qu’il ne peut être considéré que comme l’ancêtre de la famille de ce nom. C’est seulement Tan-fou, qui fut le grand-père de Wen-wang et qui est plus connu sous le nom de T’ai-wang, qui fixa sa résidence à Tcheou-yuen (dans la sous-préfecture de K’i-chan, préfecture de Fong-siang, province de Chàn-si) et donna par suite à son royaume le nom de Tcheou.

(102. ) T’ai correspond à la sous-préfecture de Ou-kong, préfecture secondaire de K’ien, province de Chàn-si. Les princes de ce petit État avaient pour nom de clan Kiang et c’est pourquoi certains commentateurs disent que, dans le nom de Kiang yuen, Kiang est le nom de clan et Yuen le surnom. D’autres auteurs sont d’avis que Kiang yuen est un titre posthume.

— Sur les quatre femmes de l’empereur K’ou, cf. note 01.162.

(103. ) Le caractère K’i signifie « abandonner ».

(104. ) Chou king : Choen tien.

(105. ) Cf. p.╓ 82 .

(106. ). note 102.

(107. ) Le nom de clan Ki est celui qu’avait eu Hoang-ti (cf. note 01.105).

(108. ) T’ao-t’ang n’est autre que Yao (cf. note 01.166) ; Yu n’est autre que Choen (cf. note 01.206). Quant à Hia, ce nom, qui est celui de toute une dynastie, ne désigne ici que le premier des souverains Hia, Yu le Grand.

(109. ) D’après le commentateur Ts’iao Tcheou, le titre de Heou-tsi aurait été donné à plusieurs représentants successifs de la famille Tcheou et Pou-tchou ne serait pas le propre fils de Ki, mais son descendant éloigné. En effet, si l’on admet avec Se-ma Ts’ien que Heou-tsi est un personnage unique qui fut le père de Pou-tchou, on trouve que, depuis Heou-tsi jusqu’à Wen-wang exclusivement, il n’y a que quatorze générations ; d’autre part cependant, depuis Yao et Choen jusqu’à Wen-wang, il s’est écoulé, d’après la chronologie du T’ong kien kang mou, environ 1,200 années et, d’après celle du Tchou chou ki nien, environ 1,000 années ; par conséquent, chacun des quatorze représentants de la famille Tcheou n’aurait pu en moyenne avoir son fils aîné qu’à l’âge de quatre-vingt-cinq ou de soixante-dix ans. C’est pourquoi Ts’iao Tcheou suppose qu’il y eut plusieurs personnes qui portèrent successivement le titre de Heou-tsi.

— En réalité, la difficulté que nous signalons ici prouve simplement le désaccord qui existe entre les listes généalogiques par lesquelles on a prétendu reconstituer l’histoire de ces temps éloignés.

(110. ) D’après Wei Tchao, l’empereur était alors T’ai-k’ang. Cf. p. ╓166 .

(111. ) Se-ma Tcheng considère Pou-tchou comme le sujet de cette phrase ; Pou-tchou aurait abandonné la surveillance du millet et ne s’en serait plus occupé. Il me semble plus logique de prendre, comme le fait Wei Tchao, le roi pour sujet.

(112. ). Le Kouo ti tche dit : L’ancienne ville de Pou-tchou est à 3 li au sud de la sous-préfecture de Hong-hoa, dans l’arrondissement de K’ing.

— La géographie administrative de l’époque yuen-ho (806-820 ap. J.-C.) dit aussi : La tombe de Pou-tchou est à 2 li à l’est de la sous-préfecture de Choen-hoa) (qui est identique à la sous-préfecture de Hong-hoa ; le nom fut changé en l’an 756), dans l’arrondissement de K’ing.

— La sous-préfecture de Choen-hoa ou de Hong-hoa se trouvait sur le territoire de la préfecture actuelle de K’ing-yang W, province de Kan-sou. — Cependant ces indications sont contestées par plusieurs critiques ; en effet, d’après les commentateurs de l’ode sur le duc Lieou (cf. note 114), petit-fils de Pou-tchou, ce serait ce duc qui le premier aurait émigré à Pin (aujourd’hui préfecture secondaire de Pin, province de Chàn-si). Pou-tchou aurait eu, comme ses prédécesseurs, sa résidence à T’ai (au sud de l’actuelle sous-préfecture de Ou-kong, préfecture secondaire de K’ien, province de Chàn-si).

(113. ) Les rivières Ts’i et Tsiu sont des affluents du cours supérieur de la rivière Wei, dans la partie occidentale du Chàn-si ; il ne faut pas les confondre avec les rivières du même nom qui sont mentionnées dans le Tribut de Yu (cf. note 02.208).

(114. ) Une des odes du Che king est en l’honneur du duc Lieou (ode 6 de la décade Cheng min ; trad. Legge, Chinese Classics, t.IV, p. 483-489 ; [trad. Couvreur]).

(115. ) La localité de Pin correspond à la préfecture secondaire de Pin, province de Chàn-si.

(116. ) Ce nom est difficile à analyser. Le San tai che piao (chap. XIII du Che ki) écrit simplement Chou-lei ; le Che pen dit : le duc illustre Tsou-kan-tchou-tcheou, et considère Chou-lei comme son appellation.

— Toute cette généalogie est peu claire (cf. T’ong kien kang mou, chap. IV, p. 14 r°, 26e année de l’empereur Yang-kia).

(117. ) Cf. note 01.124.

(118. ) Ce discours de Tan-fou est rapporté sous une forme assez différente par Mencius (I, b, 15 ; trad. Legge, p. 52 ; [trad. Couvreur]). Dans ce texte, Mencius désigne Tan-fou par son titre posthume de T’ai-wang.

— Sur l’Ancien duc Tan-fou, voyez encore : § Mencius, I, b, 3, trad. Legge, p. 31; [trad. Couvreur] — I, b, 5, trad. Legge, p. 39 ; [trad. Couvreur] — I, b, 14, trad. Legge, p. 50 ; [trad. Couvreur] § et surtout Che king, 3e ode de la décade du roi Wen, trad. Legge [css : édition/rechercher : ‘ode 3.’] , p. 437. ; [trad. Couvreur]

(119. ) Cf. note 115.

(120. ) Cf. note 113.

(121. ) La montagne Leang est à peu de distance au nord-ouest de la préfecture secondaire de K’ien, province de Chàn-si. Elle est au sud de la préfecture secondaire de Pin (cf. note 112) et au nord-est de la sous-préfecture de K’i-chan ; elle était donc sur la route de Tan-fou quand il quitta Pin pour émigrer vers le sud et aller s’établir au pied de la montagne K’i. — La ville fondée par Tan-fou s’appela Tcheou ou Tcheou-yuen et c’est de-là que vint plus tard le nom de la dynastie.

(122. ) Ce texte montre nettement l’époque où s’opéra, pour les Tcheou, le passage de l’état nomade à l’état sédentaire.

(123. ) P’ei Yn cite ici un texte du Li ki d’après lequel les cinq fonctionnaires sont le se t’ou, le se ma, le se kong, le se t’ou et le se k’eou.

(124. ) Dans les noms de T’ai-Kiang et de T’ai-jen, Kiang et Jen sont des noms de clan. Ces deux femmes sont mentionnées dans le Lié niu tchoan ou Biographies des femmes remarquables.

(125. ) Tch’ang est le nom personnel de celui qui devait être plus tard le Chef de l’ouest et recevoir le titre posthume de Wen wang. Sa mère était T’ai-jen, ce qui n’est pas nettement indiqué dans le texte de Se-ma Ts’ien.

(126. ) D’après le Chang chou ti ming yen (qui est sans doute un wei du Chou king, cf. note 00.165), le miracle fut le suivant : un moineau rouge qui tenait dans son bec un écrit vermillon s’arrêta dans la maison de Tch’ang ; sur ce livre on lisait quelques préceptes de morale.

(127. ) D’après Tchang Cheou-kié, T’ai po se retira dans le lieu où s’éleva plus tard la capitale du royaume de Ou ; c’est le village de Mei-li, à 50 li au nord-ouest de Sou-tcheou, à la limite du territoire de la sous-préfecture de Ou-si, préfecture de Tch’ang-tcheou, province de Kiang-sou.

— Cependant cette localité ne se trouve pas dans la province de King, mais dans celle de Yang, si l’on se reporte à la division de l’empire qui existait au temps de Yu ; Tchang Cheou-kié lève cette difficulté en disant que les royaumes de Ou et de Yue furent détruits par celui de Tch’ou ; or le caractère tch’ou était interdit au temps des Ts’in et on le remplaçait par le caractère king ; comme le Kiang-sou avait fini par tomber sous la dépendance du pays de Tch’ou, on pouvait donc dire qu’il était dans le pays de King = Tch’ou.

(128. ) Les auteurs chinois répètent à satiété que les barbares qui vivent au bord de l’eau se tatouent le corps et se coupent les cheveux afin de ressembler à des enfants de dragons et d’éviter ainsi tout mal quand ils sont dans l’eau.

(129. ) Les commentateurs ne disent rien sur les noms de Po-i et de Chou-ts’i ; il me semble que leurs noms étaient simplement I et Ts’i ; en effet po, chou, ainsi que les mots tchong et ki, étaient de simples désignations appliquées aux hauts fonctionnaires et indiquant leur rang ; c’est avec ce sens que les mots Po et chou sont employés dans le Che king, 14e ode du pays de Tch’eng, trad. Legge, p. 141 ; [trad. Couvreur] (cf. H. T. K. K., chap. XIX, p. 9 v°). — Se-ma Ts’ien a consacré à Po-i et à Chou-ts’i la première de ses monographies (Mém. hist., chap. LXI).

— Le pays de Kou-tchou correspond à la préfecture de Yong-p’ing, province de Tche-li.

(130. ) Yu-tse avait pour nom personnel Hiong (T’ong k’ien tsi lan, ch. II, p. 26 r°). — Sin-kia était un ministre de l’empereur Tcheou qui abandonna son maître après avoir vu que soixante-quinze réprimandes étaient restées sans effet.

(131. ) Cf. note 03.212.

(132. ) Cf. note 03.213.

(133. ) L’ancien royaume de Sin avait son centre au lieu où se trouve encore aujourd’hui le village de Sin, sous-préfecture de Ho-yang, préfecture de T’ong-tcheou, province de Chàn-si. — Ce pays de Sin ne doit pas être confondu avec l’État du même nom qui a été mentionné dans les Annales des Yn (cf. note 03.121).

(134. ) Le Kouo ti tché dit :

« L’ancienne ville du royaume de Li-jong est à 16 li au sud-est de la sous-préfecture de Sin-fong, arrondissement de Yong.

La sous-préfecture de Sin-fong était au nord-est de la sous-préfecture actuelle de Lin-t’ong, préfecture de Si-ngan, province de Chàn-si.

(135. ) Cf. note 01.352.

(136. ) Ce présent de valeur singulière était la femme du pays de Sin.

(137. ) Cf. note 03.212.

(138. ) Cf. note 03.214.

(139. ) Yu est identifié avec la ville de ce nom dans la sous-préfecture de P’ing-lou, préfecture secondaire de Kié, pro vince de Chàn-si.

Joei correspond à la sous-préfecture de Joei-tch’eng, préfecture secondaire de Kié, province de Chān-si.

— D’après le T’ong kien tsi lan, le terrain en contestation devint une zone neutre ; ce terrain est celui de la ville de Kien-yuen qu’on appelle vulgairement la ville de la limite concédée, et qui se trouve dans la sous-préfecture de P’ing-lou.

(140. ) Le nom de K’iuen Jong signifie « les Jong-chiens ».

Tchang Cheou kié rappelle l’origine de cette peuplade, d’après le Chan hai king (chap. Ta hoang pei king), dans les termes suivants : Hoang-ti engendra Miao-long ; celui-ci engendra Yong-ou ; celui-ci engendra Ping-ming ; Ping-ming engendra les Chiens blancs qui étaient deux, un mâle et une femelle ; ce furent les K’iuen Jong.

— D’après l’histoire des Han postérieurs, les K’iuen Jong étaient descendants d’un certain P’an-hou. Ils occupaient la plus grande partie des commanderies de Tch’ang-cha et de Ou-ling, c’est-à-dire la province actuelle de Hou-nan.

(141. ) Ce pays est identifié avec l’ancienne ville de Yn-mi, dans la sous-préfecture de Ling-t’ai, préfecture de P’ing-Leang, province de Kan-sou.

(142. ) Ce pays de K’i est le même que Se-ma Ts’ien a appelé Ki dans le chapitre précédent, et qui apparaît dans le Chou king sous le nom de Li ; cf. note 219.

(143. ) On a vu précédemment cette anecdote racontée avec plus de détails ; cf. p. ╓204-205 .

(144. ) D’après Siu Koang, Yu correspond à la sous-préfecture de -wang : c’est aujourd’hui la sous-préfecture de Ho-nei, préfecture de Hoai-k’ing, province de Ho-nan.

(145. ) Sur Hou, marquis de Tch’ong, cf. note 03.212.

Fong était située à l’ouest de la rivière de ce nom, dans la sous-préfecture de Hou, préfecture Si-ngan, province de Chàn-si.

(146. ) Le mot [], d’après Tchang Cheou-kié, donne ici à la phrase un sens dubitatif.

— L’invention des huit trigrammes qui sont le principe du I king ou Livre des Changements est attribuée à Fou-hi (cf. p. ╓6 et note 00.149) .

(147. ) A la suite de l’heureuse issue du débat entre les pays de Yu et de Joei, plus de quarante seigneurs proclamèrent roi le Chef de l’ouest.

Tchang Cheou-kié cite un passage du grand commentaire du Li ki, d’après lequel le roi Ou aurait été le premier à conférer à ses ancêtres jusqu’à la troisième génération le titre de roi, décernant le titre de t’ai wang à l’ancien duc, Tan-fou, le titre de wang au duc Ki et le titre de wen wang à Tch’ang. D’après ce texte, le Chef de l’ouest n’aurait donc pas pris de son vivant le titre de roi. Cependant le dire de Se-ma Ts’ien est d’accord avec d’autres textes cités aussi par Tchang Cheou-kié.

(148. ) L’édition de 1596 et le Che ki loen wen donnent tous deux la leçon « dix ans ». L’édition de K’ien-long donne la leçon « sept ans ». Les deux chiffres semblent d’ailleurs inexacts ; Tchang Cheou-kié dit qu’il faut écrire « neuf ans » ; en effet, Mao Tch’ang, le célèbre éditeur du Che king, dit que le roi Wen vécut quatre-vingt-dix-sept ans et ne porta le titre de roi que pendant les neuf dernières années ; Hoang-fou Mi, dans son Ti wang che ki, dit aussi que le Chef de l’ouest prit le titre de roi la quarante-deuxième année de son règne, et, comme il régna en tout cinquante ans, c’est donc bien pendant neuf ans qu’il fut appelé « roi ».

(149. ) Nous voyons apparaître ici pour la première fois, d’une manière sûre, l’institution des titres posthumes. Il convient de distinguer soigneusement les titres posthumes des noms de temple (cf. note 03.165) ; la confusion a été souvent faite par les auteurs européens entre ces deux séries d’appellations ; c’est ainsi que Mayers, dans les tables placées à la fin de son Chinese Reader’s Manual, mentionne comme noms de temple une foule de titres posthumes ; pour prendre un exemple, l’empereur sous le règne duquel vécut Se-ma Ts’ien eut pour titre posthume Hiao-ou, mais son nom de temple fut Che-tsong.

(150. ) T’ai wang.

(151. ) C’est le mot que nous traduisons par « devoir », afin de donner à la phrase une tournure d’affirmation moins absolue (cf. note 146).

— C’est lorsque Tan-fou quitta Pin pour venir au pied de la montagne K’i et que son peuple le suivit que se manifesta pour la première fois la destinée royale de la famille (cf. p. ╓214 ).

(152. ) T’ai-kong-wang est le surnom de Lu Chang qui avait été conseiller du roi Wen. Quand le roi Wen rencontra cet homme dans des circonstances assez singulières (cf. Mém. hist., chap. XXXII), il lui dit que son père, l’illustre duc, avait prévu et espéré sa venue ; c’est pourquoi le surnom de Lu Chang fut T’ai-kong-wang, ce qui signifie : L’illustre duc l’a espéré. Lu Chang passe pour l’ancêtre des princes de Ts’i.

— La charge que lui conféra le roi Ou fut celle de che chang fou, c’est-à-dire grand précepteur.

(153. ) Tan, duc de Tcheou, était le frère cadet du roi Ou. Cf. Mém. hist., chap. XXXIII.

(154. ) Sur Che, duc de Chao, cf. Mém. hist., chap. XXXIV.

(155. ) Kao, duc de Pi, passe pour l’ancêtre des princes de Wei. Cf. Mém. hist., chap. XLIV. Pi est aujourd’hui la sous-préfecture de Hien-yang, préfecture de Si-ngan, province de Chàn-si.

(156. ) C’est à partir des mots « La neuvième année... » que commence la grande harangue aux yeux des critiques qui estiment que le texte authentique de ce chapitre du Chou king se trouve en partie dans les lignes qui vont suivre et non dans le Chou king traditionnel (cf. notre Introduction, chap. III, partie 1 ; — voyez aussi le fragment de la grande harangue cité par Se-ma Ts’ien au chap. XXXII des Mém. hist., — et les essais de reconstitution de la grande harangue par Kiang Cheng, H. T. K. K., ch. CCCXCIV, p 1 et suiv., et Wang Koang lou, H. T. K. K., ch. CCCCXIV, p. 1 et suiv.).

— Qu’est-ce que la neuvième année dont il est ici question ? Si l’on fait abstraction de tous les autres textes, il faut évidemment entendre que c’est la neuvième année du règne du roi Ou ; c’est bien là le sens que Se-ma Ts’ien devait avoir en vue. Cependant la question a été fort compliquée par les commentateurs qui ont rapproché du texte de Se-ma Ts’ien celui de la préface du Chou king (d’après lequel la grande harangue aurait été prononcée la onzième année) et celui de la grande harangue elle-même dans le Chou king traditionnel (texte d’après lequel il faudrait rapporter ces événements à la treizième année). La onzième et la treizième année sont comptées par les commentateurs à partir du moment où le roi Wen reçut le mandat céleste, c’est à-dire neuf ans avant la mort de ce souverain. Cette question est une des plus difficiles de la chronologie chinoise et je ne crois pas qu’on ait les moyens de la résoudre d’une manière satisfaisante.

(157. ) D’après P’ei Yn, Pi serait le nom du lieu où fut enterré le roi Wen (cf. Mencius, IV, b,1 ; trad. Legge ; [trad. Couvreur]). — Mais Se-ma Tcheng appelle l’attention sur le mot [] = en haut, qui se trouve dans la phrase et en conclut que Pi est ici le nom d’une constellation. C’est à la constellation Pi et non à la tombe de son père que le roi Ou offre un sacrifice.

(158. ) Cf. note 02.233.

(159. ) Cf. note 02.315.

(160. ) Fa était son nom personnel. En se désignant ainsi, le roi donnait à entendre qu’il considérait son père comme encore vivant.

(161. ) Le se ma ou généralissime, le se t’ou ou ministre de l’Instruction et de l’Intérieur et le se k’ong ou ministre des Travaux publics, étaient, si l’on s’en rapporte au Ta tchoan de Fou Cheng, les trois grands officiers appelés san hong. Wang Koang-lou rejette cependant cette explication et dit que ces trois fonctionnaires étaient les seuls des six hauts dignitaires qui eussent des devoirs à remplir en temps de guerre ; c’est pourquoi ils sont spécifiés à l’exclusion des trois autres. Cette opinion est plus conforme à ce que nous savons de l’organisation administrative des Tcheou : au temps des Tcheou, les san kong étaient le t’ai che, ou grand précepteur, le t’ai fou ou grand maître et le t’ai pao ou grand gouverneur. C’est à la fin de la dynastie des premiers Han que le se ma, le se t’ou et le se k’ong furent considérés comme les san kong ; sous les Tcheou, ils étaient au nombre des six hauts dignitaires (leou k’ing) qui comprenaient en outre le tchong tsai, le tsong po et le se k’eou (cf. Couvreur, Dict. chinois-fiançais, p. 382 et 450).

(162. ) Je suis ici la ponctuation du Che ki loen wen ; le texte donné par Kiang Cheng et Wang Koang-lou, d’après le Ta tchoan de Fou Cheng, nécessite une ponctuation différente.

(163. ) Le Che ki loen wen donne la leçon li = force ; l’édition de K’ien long donne la leçon li = être au pouvoir ; ce dernier texte ne me paraît pas correct ; si on l’admet cependant, il faudra traduire : « tant que je serai au pouvoir, je récompenserai ... »

(164. ) Le grand précepteur ou che chang fou n’est autre que Lu Chang (cf. note 152). On pourrait aussi traduire : le précepteur qui était le vénérable Chang ; mais Lieou Hiang, dans son ouvrage intitulé Pié lou, dit […] : on le prend pour précepteur ; on le vénère ; on le prend pour père ; c’est pourquoi il s’appelle che chang fou. Dans son commentaire à l’ode ta ming du Che king, Mao Tch’an, donne une explication analogue. Dans l’expression che chang fou, chang n’est donc pas le nom de Lu Chang, mais les trois mots réunis désignent une fonction.

— Il est à remarquer cependant qu’on trouve plus loin dans Se-ma Ts’ien l’expression qui ne peut plus être le nom d’une fonction et doit signifier : le vénérable Chang.

— Les deux interprétations qu’on donne de l’expression che chang fou sont donc également plausibles.

(165. ) Cette allocution commence dans le XXXIIe chapitre des Mémoires historiques par les deux mots, répétés : ils signifient « rhinocéros vert ». D’après le loen heng de Wang Tch’ong, un monstre à neuf têtes se serait en effet montré au milieu des eaux et c’est son apparition que le che chang fou signalerait à ses hommes pour les engager à passer la rivière au plus vite, de crainte d’être mis à mal par cet être terrible. Se-ma Tcheng donne une explication beaucoup plus raisonnable en disant qu’on appelait rhinocéros verts les officiers préposés aux bateaux ; le che chang fou les interpelle pour leur donner l’ordre de se hâter.

(166. ) Les commentateurs se sont ingéniés pour trouver des interprétations subtiles de ce prodige ; la seule qui paraisse avoir quelque valeur est celle-ci ; le blanc était la couleur mise en honneur par les Yn ; le poisson blanc qui saute dans la barque du roi et y reste sans défense est donc, le présage que les Yn tomberont au pouvoir des Tcheou.

(167. ) Le corbeau est l’emblème de la piété filiale et le rouge est la couleur mise en honneur par les Tcheou ; l’apparition du corbeau rouge était donc la gage que le roi Ou serait capable de mener à bien l’œuvre entreprise par son père, le roi Wen ; en outre, la voix de cet oiseau était douce, ce qui donnait à entendre que l’empire jouirait du calme sous le règne du futur souverain.

(168. ) Cette indication est en complet désaccord avec le Chou king traditionnel d’après lequel la revue passée au gré de Mong et la harangue faite par le roi Ou au moment d’attaquer Tcheou seraient des événements consécutifs qui auraient eu lieu dans le cours d’une seule et même année.

(169. ) Le jour ou ou est aussi celui qui est indiqué dans le Chou king traditionnel, mais ces événements y sont rapportés à la treizième année et non à la onzième, comme cela résulterait de Se-ma Ts’ien.

(170. ) Le caractère [] est ici l’équivalent du caractère [] = s’appliquer avec ardeur. C’est cette dernière leçon que donne Wang Koang-lou. Pour cet emploi du mot tse, cf. Mencius, VII, a, 25 ; trad. Legge, p. 340.

(171. ) Kiang Cheng (H. T. K. K., ch. CCCXCIV, p. 7 v°) remarque que Se-ma Ts’ien donne expressément ce qui suit comme étant la grande harangue et qu’en outre P’ei Yn explique ce texte au moyen des commentaires de Ma Yong (79-166 ap. J.-C.) et de Tcheng Hiuen (127-200 ap. J.-C.), ce qui prouve que, sous les Han, c’était bien là ce qu’on regardait comme la grande harangue ; quoique le Chou king traditionnel présente en son lieu et place une rédaction entièrement différente.

(172. ) La trop fameuse Ta-ki (cf. note 03.201).

(173. ) Les trois principes sont le ciel, la terre et l’homme. Voyez la même expression dans la harangue à Kan, note 02.313.

(174. ) Mot à mot : les pères du roi et les frères cadets nés de la même mère. Cette expression désigne d’une manière générale les parents consanguins et utérins de Tcheou.

(175. ) D’après Tcheng K’ang-tch’eng, la revue des troupes au gué de Mong avait été une première tentative ; celle que le roi Ou allait faire était donc la seconde ; si elle échouait, une troisième attaque serait impossible. Le sens de la phrase serait donc : c’est une entreprise qu’on ne peut tenter deux fois, — et le roi, se reprenant, ajoute : ou plutôt trois fois, si l’on considère que c’est déjà le second essai que nous faisons.

(176. ) D’après Siu Koang, le second mois dont il est ici question est le mois marqué du signe tch’eou ; c’est le douzième mois dans la supputation qui a cours aujourd’hui. Dans le calendrier des Tcheou, c’était le deuxième mois ; dans le calendrier des Yn, c’était le premier.

(177. ) Chou king : Mou che.

(178. ) La campagne de Mou s’étendait au sud de la sous-préfecture de K’i, préfecture de Wei-hoei, province de Ho-nan. — Sur la bataille décisive qui se livra en ce lieu, voyez aussi les stances 7 et 8 de la fameuse ode ta ming du Che king, trad. Legge, p. 436 ; [trad. Couvreur]

(179. ) Chang est la capitale de la dynastie de ce nom ; elle se trouvait à peu de distance de la sous-préfecture de K’i (cf. la note précédente ; sous les Han, ce fut la sous-préfecture de Tchao-ko. La plaine de Mou était à 70 li au sud de la capitale ; à parler exactement, elle n’était donc pas dans la banlieue de la ville, puisque cette banlieue n’avait que 50 li ; je ne crois pas cependant qu’il faille pour cela altérer le sens de la phrase, comme le fait Tcheng K’ang- tch’eng qui dit : Sur le point d’aller livrer bataille dans la banlieue de Chang, il s’arrête dans la campagne de Mou (en dehors de la banlieue) et fait une harangue.

(180. ) La grande hache jaune était ainsi nommée parce qu’elle était couverte d’or. D’après K’ong Ngan-kouo, le roi tient de la main gauche la hache pour montrer qu’il n’a pas l’intention de tuer en ce moment et de la main droite le fanion pour montrer qu’il a quelque chose à annoncer.

(181. ) Se-ma Ts’ien donne la leçon [a], tandis que, le Chou king écrit [b] ; avec ce second texte, il faut traduire : Chefs illustres des royaumes alliés.

(182. ) Sur le se t’ou, le se ma et le se k’ong, cf. note 161.

(183. ) L’expression [] signifie « multitude secondaire » et désigne les officiers immédiatement au-dessous du se t’ou, du se ma et du se k’ong.

(184. ) Les fonctions des officiers appelés [] sont décrites dans le Tcheou li (chap. XIII, trad. Biot, t. I, p. 291) ; mais elles ne répondent guère à ce que nous attendrions d’un commandant militaire. Aussi K’ong Ngan-kouo a-t-il peut-être raison quand il dit que les che che sont simplement ceux qui gardent les portes avec des soldats.

(185. ) : § Le pays de Yong était au sud-est de la sous-préfecture actuelle de Tchou-chan, préfecture de Yun-yang, province de Hou-pe. § Le pays de Chou correspond à la préfecture de Tch’eng tou, province de Se-tch’oan. § Le nom de Kiang était donné aux tribus qui habitaient l’ouest du Chàn-si, le Kan-sou et même le Tibet. § Le pays de Meou occupait le territoire de la préfecture de Tch’ong-k’ing dans le Se-tch’oan, mais s’étendait vraisemblablement jusque dans le Yun-nan, car, sous la dynastie des T’ang, on trouve dans cette dernière province l’arrondissement de Meou qui est aujourd’hui la préfecture de Tch’ou-hiong. § Le grand commentaire de Fou Cheng place aussi le pays de Wei dans le pays de Pa, c’est-à-dire dans le Se-tch’oan. § Le pays de Lou (dont le nom est écrit dans le Chou king) correspond à la sous-préfecture de Siang-yang, préfecture de Siang-yang, province de Hou-pe. § Le pays de P’ong correspond à la préfecture secondaire de Mei, province de Se-tch’oan. § Enfin le pays de Pou est la sous-préfecture actuelle de Che-cheou, préfecture de King-tcheou, province de Hou-pe.

Il est à remarquer que ces huit royaumes étaient considérés, au temps des Tcheou, comme faisant partie des barbares de l’ouest et du sud. Les Tcheou durent être une tribu barbare qui fit irruption dans le royaume du Milieu.

(186. ) Le coq mais non la poule, annonce le point du jour par son chant. Ce proverbe signifie donc que, si la femme s’occupe des affaires de l’homme, tout ira mal.

(187. ) Kiang Cheng (H. T. K. K., ch. CCCXCIV, p. 14 v°) remarque ici que dans toute la grande harangue du pseudo-K’ong Ngan-kouo, le nom de Tcheou est remplacé par celui de Cheou ; mais cette modification n’a aucune raison d’être.

(188. ) [] est ici l’équivalent de [] disposer, et non la désignation d’un sacrifice d’une espèce particulière, comme le dit Tcheng Hiuen.

(189. ) Je suis ici le sens fort bien indiqué par M. Legge, Chinese Classics, t. III, p. 303.

(190. ) Cf. note 174.

(191. ) Dans le chapitre Ou tcheng du Chou king, Tcheou est appelé le chef de tous les fugitifs de l’empire et cette phrase est citée dans le Tso tchoan, 7e année du duc Tchao, trad. Legge, p. 616.

(192. ) Sur le sens de l’expression [], cf. note 01.314.

(193. ) Les quatre mots « six coups ou sept coups » ne se trouvent pas dans les citations que les commentateurs de l’époque des Han font de ce passage ; c’est donc peut-être une interpolation (H. T. K. K., clt. CCCXCIV, p. 16 r°).

(194. ) Aujourd’hui encore il y a un commandement analogue dans l’armée chinoise. Sur un ordre donné par le général, tous les soldats prennent un air terrible, afin d’effrayer l’ennemi.

(195. ) D’après Siu Koang, le mot [] est ici l’équivalent de [] qui désigne une espèce d’anirnal féroce (H. T. K.. K., ch. CCCXCIV, p. 16 r°).

(196. ) En ne rattachant pas cette phrase à ce qui précède, je suis la division des paragraphes indiquée par les éditeurs des Mémoires historiques et par Kiang Cheng. Il faut avouer cependant que, puisque la plaine de Mou se trouvait déjà dans la banlieue de Chang, on ne comprend pas bien pourquoi le roi Ou donne l’ordre à ses soldats d’entrer maintenant dans cette banlieue (cf. note 178). C’est pourquoi Wang Koang-lou rapporte cette phrase à ce qui précède et il faut alors traduire comme l’a fait M. Legge : Soyez comme des tigres... ici, dans la banlieue de Chang. Mais le sens n’est guère plus satisfaisant.

(197. ) J’ai suivi le sens indiqué par Wang Sou (H. T. K. K., ch. CCCCXIV, p. 15 r°). Tchen K’ang-tch’eng explique : « Ne mettez pas à mort avec cruauté ceux qui fuient. » Mais, malgré les autorités dont cette interprétation peut se réclamer, elle me paraît faire violence au sens des mots.

(198. ) Tcheou chou, § 36, K’o Yn. Cette phrase et celles qui, dans ce qui suit, sont mises entre crochets, se retrouvent, avec quelques variantes, dans le livre intitulé Tcheou chou. Ce livre est mentionné dans le I wen tche du Ts’ien Han chou et il est probable qu’il existait avant Se-ma Ts’ien ; les parties qui nous en ont été conservées sont réimprimées dans le Han Wei ts’ong chou. C’est par erreur qu’on appelle quelquefois ce livre Ki tchong Tcheou chou, car il ne se trouve point au nombre des ouvrages qui furent retrouvés dans une tombe princière à Ki, en l’an 281 de notre ère.

(199. ) Le grand précepteur ou che chang fou n’est autre que Lu Chang (cf. note 152). Sur le rôle de Lu Chang à la bataille de Mou, cf. l’ode ta ming du Che king, trad. Legge, p. 436 ; [trad. Couvreur].

(200. ) C’était une coutume dans l’antiquité d’envoyer un certain nombre de braves provoquer l’ennemi pour engager la bataille. Le Tso tchoan raconte une anecdote curieuse qui montre bien comment se pratiquait cet usage (12e année du duc Siuen, trad. Legge, 1e col., § 2 ; [trad. Couvreur]).

(201. ) On appelait [], dit Siu Koang, une unité militaire qui se composait de 350 chars de guerre, de 26,250 fantassins et de 3,000 guerriers vaillants comme des tigres. — Cette explication semble s’inspirer du passage où Mencius (VII, b, 4 ; trad. Legge, p. 356 ; [trad. Couvreur]) dit que lorsque le roi Ou triompha des Yn, il avait avec lui 300 chars de guerre et 3,000 guerriers vaillants comme des tigres. — Mais ce témoignage de Mencius ne s’accorde pas avec celui de Se-ma Ts’ien, d’après qui le roi Ou avait 4,000 chars de guerre ; c’est pourquoi j’ai mis le terme « grand bataillon » au pluriel.

(202. ) Dans ce passage et dans ce qui suit, nous avons sans doute des fragments du chapitre Ou tch’eng du Chou king. Quoique le texte du Chou king traditionnel soit fort différent, il présente cependant quelques phrases analogues ; ici en particulier il donne une leçon plus claire que celle de Sema Ts’ien : les premiers rangs retournèrent leurs armes et attaquèrent ceux qui étaient derrière eux.

(203. ) Cf. p. 200, n. 2.

(204. ) Se-ma Tcheng s’étonne fort de cette phrase : il est indigne du roi Ou, dit-il, de se prosterner devant le peuple ; en outre, pourquoi se prosternerait-il devant le peuple, alors qu’il s’est borné à saluer les seigneurs ?

(205. ) Proprement : avec son épée légère. Le Tcheou chou écrit King-lu, qui est le nom propre d’une épée.

(206. ) L’une de ces deux femmes était Ta-ki, d’après l’annotateur du Tcheou chou.

(207. ) Ces étendards étaient ceux que portaient les hommes d’avant-garde pour annoncer la venue du souverain et faire écarter la foule. Le nom complet paraît être, non pas han, mais yun han (rareté des nuages ?). On voit mentionnés les neuf étendards Yun han dans le poème de Tchang Heng (78-139 ap. J.-C.) sur la capitale orientale (Wen siuen, édition lithographique du Hong wen chou kiu, chap. III, p. 5 r°).

(208. ) Sur les frères cadets du roi Ou, cf. Mém. hist., chapitre XXXV, au début.

(209. ) Cf. note 155.

(210. ) On a vu ces trois personnages mentionnés plus haut, p. ╓217 .

(211. ) C’était, d’après le Tcheou li, la rosée qu’un fonctionnaire appelé le se hoei che recueillait pendant la nuit au moyen d’un miroir en métal ; on croyait que cette eau émanait de la lune. On s’en servait pour les sacrifices.

(212. ) Cf. Mém. hist., chap. XXXVII. — L’enveloppe que portait Kang et la seconde étoffe que portait le duc de Chao devaient servir à entourer les objets présentés en offrande.

(213. ) Cf. Mém. hist., chap. XXXIV.

(214. ) Lu Chang, cf. note 199.

(215. ) Cette prière, comme l’indique Tchang Cheou-kié, fut prononcée pendant le sacrifice au dieu de la terre.

(216. ) Nous trouvons ici l’expression [abcd] ; le Tcheou chou présente l’expression beaucoup plus usuelle [eacd] On sait que l’explication exacte de ces mots a donné lieu à de nombreuses discussions entre les sinologues. Le commentateur du Tcheou chou dit qu’il s’agit ici des cinq empereurs qui sont en haut dans le ciel ; mais il nous a semblé que la théorie des cinq empereurs n’existait pas encore au temps des premiers rois Tcheou (cf. p. 59, n.1, ad fin.,) ; par conséquent nous serions tentés de voir dans les quatre mots précités deux termes en apposition : le Souverain céleste, Empereur d’en-haut, avec la leçon de Se-ma Ts’ien — le Ciel auguste, Empereur d’en-haut, avec la leçon du Tcheou chou.

(217. ) Une note du Che ki loen wen montre que la phrase qui suit est mise dans la bouche du prieur.

(218. ) Cf. note 01.225.

(219. ) Cf. Mém. hist., chap. XXXV. — Le roi Ou divisa l’ancien royaume des Yn en trois États ; celui de Pei fut donné à Lou-fou ; celui de Yong, à Sien, prince de Koan, et celui de Wei, à Tou, prince Ts’ai. Ces trois principautés étaient dans le voisinage de la préfecture de Wei-hoei, province de Ho-nan.

(220. ) Voyez un passage analogue dans le chapitre Ou tch’eng du Chou king ; trad. Legge, p. 315. — Sur Chang Yong, cf. p. ╓203 et ╓207 .

(221. ) Le Kouo yu appelle ce personnage Nan-kong T’ao. Son appellation était Tse-yong (Dict. Chang yeou lou, chap. XIII, p. 25 v°).

(222. ) Cf. note 204.

(223. ) Cf. note 205.

(224. ) On trouve aussi dans le Tchan kouo ts’é l’expression avec le sens de plèbe, bas peuple. Cf. Couvreur, Dict. chinois-français, p. 530.

(225. ) C’est sans doute le Yn I qui avait prononcé la prière sur l’autel du dieu de la terre. Cf. p. ╓236 .

(226. ) Le texte de Tcheou chou est ici beaucoup plus clair : le roi Ou donne l’ordre « de transporter les neuf trépieds à San-ou.

(227. ) Fin du ch. K’o Yn de Tcheou chou.

(228. ) Cette phrase semble indiquer que, dans ce qui précède, doit se trouver tout ou partie de ce qui était considéré, au temps de Se-ma Ts’ien, comme le chapitre Ou tch’eng du Chou king.

(229. ) On trouve dans le Dictionnaire chinois-français du P. Couvreur, p. 176, le dessin d’un des vases rituels appelés i .

(230. ) Ce chapitre du Chou king est aujourd’hui perdu ; la préface seule nous en rappelle l’existence.

(231. ) L’ancien État de Tsiao était au lieu où se trouve aujourd’hui la ville de ce nom, dans la préfecture secondaire de Chàn, province de Ho-nan.

(232. ) L’emplacement de Tchou est marqué par la ville de Tchou-ngo, sous-préfecture de Tch’ang-ts’ing, préfecture de Tsi-nan, province de Chan-tong.

(233. ) Ki est aujourd’hui la sous-préfecture de Ta-hing, préfecture de Choen-tien (Péking), province de Tche-li.

— D’après le T’ong kien tsi lan (ch. III, p. 2 r°), c’est le descendant de Hoang-ti qui reçut en fief Ki, et le descendant de Yao qui reçut en fief Tchou ; c’est aussi ce qu’on lit dans le chapitre Yo ki du Li ki (trad. Legge, Sacred Books of the East, t. XXVIII, p. 123).

(234. ) Tch’en correspond à la préfecture de Tch’en Tcheou, province de Ho-nan. La capitale de cet État s’appelait Wan-k’ieou

(235. ) Aujourd’hui, la sous-préfecture de Ki, préfecture de K’ai-fong, province de Ho-nan.

(236. ) Cf. note 152, ad fin.

(237. ) Yng-k’ieou, qui était la capitale de l’État de Ts’i, correspond à la sous-préfecture de Tch’ang-lo, préfecture de Ts’ing-tcheou, province de Chan-tong.

(238. ) La sous-préfecture de K’iu-feou dépend aujourd’hui de la préfecture de Yen-tcheou, province de Chan-tong.

(239. ) Tchang Cheou-kié dit que le duc de Chao s’établit dans la sous-préfecture de Ou-tchong et qu’il nomma son royaume du nom de la montagne Yen.

— La sous-préfecture de Ou-tchong est aujourd’hui la préfecture secondaire de Ki i, préfecture de Choen-tien (Péking).

— Il semble que le fief de Yen et celui de Ki (cf. note 233) se soient trouvés à peu près au même endroit et qu’il y ait là une répétition difficile à expliquer.

(240. ) Aujourd’hui, la ville de Koan, préfecture secondaire de Tcheng, préfecture de K’ai-fong, province de Ho-nan.

(241. ) Aujourd’hui, l’ancienne ville de Ts’ai, dans la sous-préfecture de Sin Ts’ai, préfecture de Jou-ning, province de Ho-nan.

(242. ) Tcheou chou : § 44, Touo i.

(243. ) Les difficultés du texte qui va suivre sont considérables. Ce texte se retrouve dans le Tcheou chou (cf. note 198), mais avec des variantes qui dénaturent parfois entièrement le sens des phrases et avec plusieurs développements qui manquent chez Se-ma Ts’ien. L’idée principale me paraît être celle-ci : quoique le roi Ou ait vaincu les Yn, il n’a point encore osé s’établir dans leur pays et c’est pourquoi il est inquiet et ne peut dormir ; il projette donc d’établir une ville auprès des rivières Lo et I, immédiatement au sud de ce qui avait été la résidence des Yn, afin de pouvoir surveiller le pays nouvellement conquis et empêcher qu’il ne s’y produise des rébellions. La précaution n’était pas inutile puisqu’à la mort du roi Ou le peuple, qui avait autrefois obéi aux souverains Yn, se souleva aussitôt.

— En lisant les textes qui sont tirés du Tcheou chou, on reconnaît aisément qu’ils doivent avoir une haute antiquité, mais en même temps qu’ils sont d’une interprétation très ardue à cause de l’état, défectueux où ils nous sont parvenus et de l’absence presque totale de commentaires.

(244. ) Cf. note 116.

(245. ) Pin avait été autrefois la résidence du duc Lieou ; il était absolument impossible de voir depuis là le territoire des Yn qui était situé dans la partie du Ho-nan qui est au nord du fleuve Jaune. Le Tcheou chou est mieux avisé en rapportant l’anecdote du roi Ou contemplant le pays de Chang au moment où le roi vainqueur ne s’en était pas encore éloigné et n’avait pas regagné ses terres à l’ouest, dans le Chàn-si.

(246. ) Le mot est ici, comme cela arrive souvent dans ces anciens textes, le synonyme de [].

(247. ) D’après Tchang Cheou-kié, la capitale du roi Ou était dès ce moment la ville de Hao (aujourd’hui, sous-préfecture de Tch’ang-ngan, dans la cité préfecturale de Si-ngan, province de Chàn-si). La ville de Hao tirait son nom de l’étang de Hao ; cet étang fut agrandi et transformé par l’empereur Ou, de la dynastie Han, qui voulait exercer sur ses eaux des troupes aux combats navaux afin de combattre les tribus Koen-ming, dans la Chine méridionale ; à partir de ce moment, cet étang fut appelé l’étang Koen-ming.

(248. ) Il faut sans doute sous-entendre : mais où ma mère m’avait déjà conçu. — Cette phrase attribuerait au roi Ou soixante ans à l’époque où il vainquit Tcheou ; cette donnée est en désaccord complet avec les chronologies reçues qui estiment en général que le roi Ou avait quatre-vingt-quatre ans quand il prit le pouvoir.

(249. ) D’après Tchang Cheou-kié, les cerfs de grande taille dans la banlieue étaient un symbole que les courtisans et les flatteurs remplissaient la cour ; les oies sauvages dans la campagne (c’est-à-dire plus loin que la banlieue) étaient un symbole que les sages étaient chassés et exilés. Tchang Cheou-kié veut voir un sens analogue dans l’ode du Che king où les oies sauvages représentent les sages (7e ode de la décade T’ong kong ; trad. Legge, Chinese Classics, t. IV, p. 292-293 ; [trad. Couvreur]). Tcheng Hiuen dit : Les oies sauvages connaissent le yn et le yang et prévoient le chaud et le froid ; à ce point de vue, elles sont comparables aux hommes qui savent quels sont les méchants qu’il faut éviter et les bons auprès de qui il faut aller.

— D’après Se-ma Tcheng, les deux mots (que nous avons traduits : des vols d’oies sauvages) désigneraient des moustiques dont les vols s’abattant sur la campagne étaient un présage de mauvais augure.

(250. ) Pour cette phrase dont le sens est très controversé, ma traduction se conforme aux explications de Se-ma Tcheng. Il faut admettre que [] est l’équivalent de [] qui signifie : chasser, exclure. — Le sens est que, quoique les Yn ne fussent pas vertueux, cependant les 360 hommes de valeur qui avaient apparu de leur temps rendaient leur gouvernement tolérable et prévenaient leur ruine immédiate.

— Remarquer ce nombre de 360 qui paraît avoir quelque rapport avec le nombre des jours de l’année.

(251. ) Au lieu du mot [] = pas encore, le Tcheou chou écrit le mot qui est la marque du futur : je m’assurerai...

(252. ) D’après le Che ki loen wen, la résidence céleste n’est autre que le pays de Chang, résidence de la dynastie Yn.

(253. ) Cheou était, dit-on, le surnom de Tcheou ; mais cette explication n’a pas grande valeur. Cf. note 187.

(254. ) Tel est le programme que veut remplir le roi Ou avant de se permettre de prendre du repos.

— Après cette phrase, on trouve dans le Tcheou chou une page entière qui est supprimée par Se-ma Ts’ien.

(255. ) La rivière I est un affluent de droite de la rivière Lo, dans le Ho-nan ; c’est non loin de leur confluent que s’éleva la ville de Lo, ou Lo-yang. Cette cité devait devenir plus tard la capitale de douze rois de la dynastie Tcheou, depuis le roi P’ing (770-720 av. J.-C.) jusqu’au roi King (544-520) exclusivement.

(256. ) D’après le Kouo ti tche, depuis Yu le Grand jusqu’à T’ai-k’ang, les souverains Hia auraient résidé à Yang-tch’eng (aujourd’hui sous-préfecture de Teng-fong, préfecture et province de Ho-nan). Mais il est à remarquer que cette opinion est loin d’être universellement adoptée.

(257. ) San-fou, dit Tou Yu, est au sud de Lou-t’se ; or Lou-ts’e est aujourd’hui la préfecture secondaire de Chen, province de Tche-li. — D’après le T’ong kien tsi tan (ch. III, p. 10 v°), San-t’ou est le nom d’une montagne au sud-ouest de la sous-préfecture de [], préfecture et province de Ho-nan.

(258. ) Les montagnes dont il s’agit sont la chaîne appelée T’ai-hang-chan (cf. note 02.223).

(259. ) Cf. note 250.

(260. ) Fin du chap. Touo i de Tcheou chou.

(261. ) Cf. note 255.

(262. ) La montagne Hoa est celle qui est au sud de la sous-préfecture de Hoa-yn, dans le Chàn-si, non loin du confluent de la rivière Wei avec le Hoang-ho ; Tao-lin, c’est-à-dire la forêt des pêchers, était un peu plus à l’est, sur la rive droite du Hoang-ho, au sud-est du lieu qui est aujourd’hui l’arrondissement indépendant de T’ong-koan, province de Chàn-si.

(263. ) Sur ce sens du mot, cf. Che king, 4e ode de la décade T’ong kong ; trad. Legge, Chinese Classics, t. IV, p. 287.

(264. ) Tout ce paragraphe se retrouve avec plus de détails dans le chapitre Yo ki du Li ki ; trad. Legge, Sacred Books of the East, t. XXVIII, p. 123-124 ; [trad. Couvreur].

(265. ) Le vicomte de Ki (cf. p. 206, n. 3) était un ancien sujet de la dynastie Yn ; il ne voulait pas mal parler d’elle et c’est pourquoi il discourut sur la politique en général.

(266. ) La réponse du vicomte de Ki constitue le chapitre Hong fan du Chou king.

(267. ) Voyez le chapitre Kin t’eng du Chou king et le chap. XXXIII des Mémoires historiques.

(268. ) On a vu plus haut (p. ╓237 ) que Sien, prince de Koan, et Tou, prince de Ts’ai, avaient été chargés par le roi Ou d’administrer avec Ou-keng Lou-fou, descendant de l’empereur Tcheou, le territoire des Yn.

— D’après le T’ong kien kang mou (ch. VII. p. 4 v°), le puîné Tch’ou, prince de Houo, était aussi au nombre des rebelles et c’est ce qui justifie l’expression [].

(269. ) D’après le T’ong kien tsi lan (chap. VII, p. 5 r°) les calomnies répandues secrètement par les futurs rebelles réussirent pendant quelque temps à éveiller la défiance du roi Tch’eng contre le duc de Tcheou qui dut quitter la cour et résider dans l’est ; mais le roi s’aperçut ensuite de son erreur et chargea le duc de Tcheou de punir les coupables.

(270. ) Le vicomte de Wei avait pour nom personnel, non pas K’ai mais K’i (cf. note 03.227) ; mais, comme K’i était le nom personnel de l’empereur Han King-ti (156-141 av. J.-C.), les Mémoires historiques le remplacent par le mot K’ai (cf. Mém. hist., chap. XXXVIII, p. 1 r°, note de Se-ma Tcheng).

— Le vicomte de Wei, étant un ancien sujet de la dynastie Yn, était qualifié pour remplacer le descendant des Yn, c’est-à-dire pour accomplir les sacrifices à la dynastie déchue.

— Ce vicomte de Wei passe pour le premier ancêtre de Confucius.

(271. ) Song est aujourd’hui la sous-préfecture de Chang-k’ieou , préfecture de Koei-, province de Ho-nan.

(272. ) Le nom personnel de ce frère cadet du roi Ou était Fong, il est fort vraisemblable que K’ang était le nom de son apanage, de même que dans les expressions Koan chou et Ts’ai chou, Koan et Ts’ai sont les apanages de Sien, prince de Koan, et Tou, prince de Ts’ai.

— La capitale de l’État féodal de Wei était Tchao-ko aujourd’hui sous-préfecture de K’i, préfecture de Wei-hoei, province de Ho-nan.

(273. ) T’ang était à l’ouest de la sous-préfecture de I-tch’eng, préfecture de P’ing-yang, province de Chān-si.

— Ce ne fut que le fils de Yu, prince de T’ang, qui donna à son fief le nom de Tsin (cf. Mém. hist., ch. XXXIX).

(274. ) D’après la préface du Chou king, cette céréale merveilleuse consistait en deux tiges de chaume qui se réunissaient pour ne porter qu’un seul épi.

(275. ) Le duc de Tcheou exposa l’ordre que lui avait donné le roi dans le chapitre, aujourd’hui perdu, du Chou king, intitulé : La céréale de bon augure.

(276. ) Parmi tous ces chapitres du Chou king, l’« Épi offert » et l’« Épi de bon augure » ont disparu ; la « Charge donnée au vicomte de Wei » n’existe que dans le texte antique du pseudo Kong Ngan-kouo. Les quatre autres font partie du texte moderne de Fou Cheng.

(277. ) Cf. Mém. hist., chap. XXXIII.

(278. ) Le Fils du ciel, quand il rend audience, est tourné vers le sud. Tous ceux qui viennent lui apporter leurs hommages sont tournés vers le nord ; être tourné vers le nord est donc le synonyme d’être sujet.

(279. ) Cf. note 145.

(280. ) Cf. p. ╓243 .

(281. ) C’est encore aujourd’hui une locution usuelle que de dire que de tel endroit à tel autre endroit les li sont longs, c’est-à-dire que pour parcourir une distance d’un demi-kilomètre environ on met plus de temps que pour franchir la même distance sur une bonne route.

(282. ) La ville construite par le duc de Tcheou se composait de deux cités : l’une était appelée Tch’eng-tcheou ou la capitale inférieure et c’est là que fut transporté le reste du peuple des Yn ; l’autre était appelée Kia-jou ; c’est là que furent déposés les neuf trépieds et que les rois Tcheou résidèrent depuis le roi P’ing (770-720 av. J.-C.), jusqu’au roi King (519-476) qui, le premier, fixa sa demeure à Tch’eng-tcheou (cf. Legge, Tso tchoan, p. 694). Un des faubourgs de la ville à l’est s’appelait Ti-ts’iuen ; c’est là que se trouvaient les tombes des rois.

(283. ) Chou king : Préface.

(284. ) Sur la rivière Hoai, cf. note 02.152. Les barbares de la rivière Hoai sont les tribus qui habitaient sur les deux rives de ce cours d’eau, non loin de son embouchure dans la mer.

(285. ) Le pays de Yn était situé dans le territoire de la sous-préfecture de K’iu-feou, préfecture de Yen-tcheou, province de Chan-tong.

(286. ) Aujourd’hui, sous-préfecture de Po p’ing, préfecture de Ts’ing-tcheou, province de Chan-tong.

(287. ) Le Tcheou ancestral est la ville de Hao (cf. Legge, Chou king, p. 525).

(288. ) Chou king : Préface.

(289. ) Cf. note 01.336.

(290. ) Ce comte de Yng (ou de Yong, car les deux prononciations sont indiquées par le Dictionnaire de K’ang-hi) ne m’est connu que par ce texte.

(291. ) Le mot [], d’après Tcheng Hiuen, a le sens de : sur le point de mourir.

(292. ) Le mot [], d’après Yng Chao, a ici le sens de [] = établir, disposer.

(293. ) Tch’eng-tcheou est le nom qui était alors donné à la ville de Lo-yang.

(294. ) D’après le Ti wang che ki, c’est sur la rivière Han que le roi Tchao trouva la mort ; les gens du pays qui le haïssaient, le firent entrer dans un bateau dont les planches étaient jointes avec de la colle ; au milieu de la rivière, les planches se disjoignirent et le roi fut noyé.

(295. ) Le sens exact de l’expression a donné lieu à de nombreuses discussions qui sont fort bien résumées par M. Legge, Chou king, p. 583-584 ; d’après M. Legge, la fonction désignée par cette expression serait celle de grand chambellan. Ici cependant le mot pou a un complément direct et est un verbe ; il faut donc le prendre dans le sens de « diriger, conduire ».

(296. ) Kouo yu : Tcheou yu, 1er discours.

(297. ) Cf. note 140. — Le discours qui va suivre a pour but de dissuader le roi de faire une expédition guerrière contre les K’iuen Jong ; il est le développement de deux arguments : en premier lieu, les anciens rois de la dynastie des Tcheou n’étaient pas des rois guerriers ; ils s’occupaient d’instruire et de nourrir le peuple ; si le roi Ou a combattu la dynastie des Yn, ce n’est pas par amour de la guerre, c’est par pitié pour les souffrances du peuple. En second lieu, les K’iuen Jong ne doivent pas être attaqués ; en effet ils sont rangés dans la catégorie des vassaux barbares : or, les règlements royaux veulent que lorsque les vassaux barbares manquent à leurs devoirs on leur adresse une proclamation, mais ils ne veulent pas qu’on les combatte ; d’ailleurs les K’iuen Jong n’ont pas manqué au devoir des vassaux barbares qui est de venir à la cour à chaque nouvel avènement. Le roi Mou a donc tort de projeter une attaque contre les K’iuen Jong. — Nous rappellerons ici que la plupart des discours de la section Tcheou yu, dans le Kouo-yu, ont été traduits par M. de Harlez, Journal asiatique, nov.-déc189. et janv.-fév. 189. .

(298. ) D’après le Dictionnaire de K’ang-hi, le mot [], qui se prononce d’habitude tsi, a ici le même son que le caractère tchai. Le pays de Tchai était compris dans le domaine impérial ; si on s’en rapporte au Kouo ti tche, il avait son centre à 15 li au nord-est du relais de poste de Koan-tch’eng, préfecture secondaire de Tcheng, province de Ho-nan.

— Le duc de Tchai était un descendant du duc de Tcheou, car nous lisons dans le Tso tchoan (24e année du duc Hi ; trad. Legge, p. 192 ; [trad. Couvreur]) : les princes de Fan, Tsiang, Hing, Mao, Tsou et Tchai étaient des descendants du duc de Tcheou.

— D’après Yng Chao, Meou-fou était l’appellation du duc de Tchai ; ce personnage est cité dans le Mou t’ien t’se tchoan (cf. trad. Eitel, China Review, t. XVII, p. 227, 2e col.) sous le nom de Tchai-fou, c’est-à-dire (Meou)-fou, (duc de) Tchai.

(299. ) Le duc Wen est le titre posthume qu’on décerna à Tan, duc de Tcheou.

(300. ) Mot à mot : pour faire un déploiement dans cette grandeur.

(301. ) Cette ode est la huitième de la décade ts’ing miao ; trad. Legge, p. 577-578 [trad. Couvreur]. Elle offre cette particularité qu’elle n’est pas rimée.

— Dans ma traduction, j’ai suivi les explications de Wang Yuen-soen (Kouo yu fa tcheng, chap. I, p. 2 v°) qui s’appuie sur un texte du Tso tchoan (12e année du duc Siuen, trad. Legge, p. 320). D’après le Tso tchoan, c’est le roi Ou qui parle et non le duc de Tcheou.

— En second lieu, le mot hià est traduit par M. Legge comme signifiant ce grand pays, c’est-à-dire la Chine, et cette opinion est fort soutenable. — Cependant Wei Hong explique ce mot comme désignant un grand paragraphe d’une ode chantée ; en effet, on appelait kiòu hià les neuf paragraphes ou les neuf airs qui étaient en honneur au temps des Tcheou ; il faudrait alors traduire : Je recherche la belle vertu — et je l’expose dans cette ode.

— Mais le texte précité du Tso tchoan semble bien prouver que hià est simplement l’équivalent de = grand, grandeur ; on y lit en effet :

« être guerrier consiste à réprimer la cruauté, à rassembler les armes et à préserver la grandeur,

et plus loin :

« si on est cruel et qu’on ne rassemble pas (les armes), comment pourra-t-on préserver la grandeur ?

— Quel que soit le sens qu’on donne à ces trois derniers vers, soit qu’on suive avec M. Legge l’explication traditionnelle, soit qu’on admette l’exactitude des observations de Wang Yuen-soen, la raison d’être de cette citation est évidente : elle prouve que le roi Ou, quelque guerrier qu’il fût, ne se plaisait pas aux combats et s’empressait de remettre dans les magasins ses armes, dès qu’il n’était plus pressé de s’en servir par une nécessité urgente.

(302. ) D’après Wang Yuen-soen, [] signifie : faire usage des richesses.

(303. ) Le mot [] désigne tout l’ensemble des vertus et des arts qui dérivent de la paix. L’idée essentielle est toujours que les ancêtres de la dynastie Tcheou, ont été grands par leurs qualités pacifiques plus que par leurs talents à la guerre.

(304. ) D’après Wang Yuen-soen (op. cit., ch. I, p. 2 v°), cette phrase est le commentaire des deux derniers vers de l’ode citée plus haut.

(305. ) Proprement : la charge de Prince Millet. On a vu que K’i avait été honoré de ce titre au temps de Choen (qui est appelé ici Yu) et de Yu le Grand, fondateur de la dynastie Hia.

— Ce texte est un de ceux qu’on invoque pour prouver que Pou-tchou n’est pas le fils de K’i, mais son descendant après plusieurs générations dont les représentants eurent les uns après les autres le titre de heou tsi ou Prince Millet (cf. note 109).

(306. ) Cf. p. ╓211-212 .

(307. ) Le dernier empereur des Yn, Tcheou.

(308. ) Le paragraphe qui suit se rapporte à la division schématique de l’empire en carrés concentriques ; mais on y trouve un assez singulier mélange de la division en cinq domaines qui prévalait au temps de Yu (cf. note 02.246) et de la division en dix domaines que nous trouvons dans le Tcheou li. Le premier domaine est appelé ici [], nom qui se trouve dans la nomenclature du Yu kong, tandis que, dans le Tcheou li, il est appelé []; le second domaine, celui des seigneurs, est le même que dans le Yu kong ; le troisième domaine est, lisons-nous dans ce texte, celui des seigneurs et des protecteurs ; pour comprendre cette définition, il faut recourir à la division du Tcheou li ; ainsi les seigneurs et les protecteurs constituent les uns le premier, les autres le dernier de ces cinq termes ; on en conclut que le domaine appelé par le Kouo yu domaine des seigneurs et des protecteurs embrassait l’ensemble de ces cinq domaines ; cette réunion des cinq domaines en un seul ne doit pas nous surprendre, car on les retrouve énumérés simultanément dans le chapitre K’ang hao du Chou king (trad. Legge, p. 381) ; quelque ingénieuse que soit cette explication qui est celle de Kia K’oei, on ne comprend pas comment le Kouo yu peut parler d’abord du domaine des seigneurs et ensuite d’un autre domaine dont le premier n’aurait été qu’une partie. Le quatrième et le cinquième domaines cités par le Kouo yu ont les mêmes noms que dans le Yu kong.

(309. ) Lieou min (commencement du Ier siècle de notre ère) a cité, dans un rapport au trône, ce passage du Kouo yu et l’a commenté de la manière suivante (Ts’ien Han Chou, chap. LXXIII, biographie de Wei Hiuen-tch’eng, p. 13 v°) :

« Au grand-père et au père décédé, on fait chaque jour le sacrifice tsi : au bisaïeul et au trisaïeul, on fait chaque mois le sacrifice se ; aux deux chambres qui contiennent les tablettes des autres ancêtres plus éloignés, on fait à chaque saison le sacrifice hiang ;sur l’autel (consacré au ciel) et sur l’aire (consacrée à la terre), on fait chaque année le sacrifice kong ; (sur l’emplacement du) grand sacrifice impérial c’est lorsque (le deuil est) fini qu’on fait le sacrifice (de l’avènement du) roi.

— Voyez aussi même chapitre, p. 6 v°.

— Le sens du mot tchong = quand le deuil de trois ans est fini, nous est indiqué par Hia Chen, cité par Wang Yuen-soen (Kouo yu fa tcheng, chap. I, p. 9 v°).

— Les redevances payées par les vassaux étaient censées être des contributions aux sacrifices faits par le Fils du ciel ; plus les vassaux étaient éloignés de la capitale, moins fortes étaient leurs redevances et par conséquent moins fréquents étaient les sacrifices auxquels ils contribuaient.

(310. ) La gradation qui précède se règle sur l’éloignement plus ou moins grand où les vassaux se trouvaient de la capitale ; ceux qui étaient les plus rapprochés pouvaient connaître les pensées intimes du roi ; s’ils manquaient à leur devoir, le roi devait faire retour sur lui-même et réformer ses pensées, car c’est peut-être à leur imperfection qu’était due l’infraction de ses sujets à la règle ; de même les vassaux du deuxième domaine connaissaient le roi par ses ordres verbaux ; ceux du troisième domaine le connaissaient par ses mandements écrits, etc.

(311. ) C’est-à-dire lorsqu’il avait eu recours aux deux seuls moyens d’action qu’il eût sur les vassaux des deux domaines les plus éloignés.

(312. ) Ta-pi et Po-che sont, d’après Wei Hong, les noms de deux chefs des K’iuen Jong.

(313. ) Ils n’étaient pas tenus d’y venir, puisqu’ils ne devaient contribuer qu’aux sacrifices faits aux avènements de rois.

(314. ) Meou-fou reprend les deux arguments qui sont à la base de tout son discours (cf. note 297) et montre que le roi, en dirigeant une expédition contre les K’iuen Jong, manquerait doublement aux préceptes de ses ancêtres.

(315. ) D’après Wei Hong, le mot chou serait le synonyme de [] dresser, établir ; la phrase K’iuen Jong chou toen signifierait alors les K’iuen Jong ont établi (parmi eux) la sincérité. — Mais Wang Yuen-soen (Kouo yu fa tcheng, chap. I, p. 10 r°) avance avec beaucoup d’ingéniosité que Chou-toen doit être le nom du chef des K’iuen Jong ; en effet, dit-il, dans le Pei che (biographie de Che Ning, chap. LXI) et dans l’histoire des T’ang (Tang chou, biographie de Wang Nan-, chap. CXLVII) on voit mentionnée la ville de Chou-toen qui fût la capitale des T’ou-yu-hoen ; le nom de cette ville doit évidemment venir de ce que l’ancien chef des K’iuen Jong, Chou-toen y demeura. Cette cité de Chou-toen se trouvait au nord de la montagne Si-man-t-eou, préfecture de Si-ning, province de Kan-sou.

(316. ) Malgré les remontrances de Meou-fou, le roi Mou use envers des K’iuen Jong de la correction qui était, d’après les règles de l’État, réservée aux vassaux du troisième domaine ; il ne rapporte de son expédition qu’un butin dérisoire et ne réussit qu’à détacher entièrement de lui les barbares.

(317. ) Fin de Kouo yu : Tcheou yu, 1er discours.

(318. ) Dans la phrase [], les trois derniers mots ne peuvent être, si l’on considère la manière dont Se-ma Ts’ien ne manque jamais de s’exprimer dans des cas analogues, que le titre d’un chapitre du Chou king ; il est à remarquer cependant que, dans le Chou king, le chapitre dont il est ici question n’est pas intitulé « Réforme des peines et des supplices », mais le « Code pénal de Lu »

— Ce dernier titre se retrouve dans tse, chap. II, Chang hien, 3e partie, p. 13 v°) ; cependant le Hiao king et le Li ki (trad. Legge, Sacred books of the East, t. XXVIII, p. 330, 334 et passim) appellent ce même texte le « Code pénal de Fou » : en effet, le personnage auquel est attribuée la rédaction de ce code est appelé tantôt le marquis de Lu, tantôt 1e marquis de Fou. C’est la première dénomination qui paraît être la plus ancienne et qui devait être en usage au temps du roi Mou ; mais, vers l’époque du roi Siuen (827-782 av. J.-C.), les marquis de Lu changèrent de fiefs et devinrent les marquis de Fou ; ils sont mentionnés sous ce nom dans une ode du Che king qui date du roi Siuen (5e ode de la décade de Tang, trad. Legge, p. 535). Cette famille princière passait pour descendre des officiers qui avaient été chefs des quatre montagnes au temps de Yao et de Choen et la même filiation était réclamée par les princes de Ts’i de et de Chen. Les seigneurs de Lu et ceux de Chen sont mentionnés simultanément dans un grand nombre de textes : la raison en est que les terres de Chen et de Lu étaient fort voisines, la première se trouvant à 30 li au nord de la sous-préfecture actuelle de Nan-yang qui fait partie de la ville préfecturale du même nom, dans la province de Ho-nan, et la seconde étant à 40 li à l’ouest de la même localité. — Quant au pays de Fou, on n’en connaît pas la situation exacte.

Se-ma Ts’ien ne cite ici qu’une petite partie du chapitre Lu hing du Chou king ; c’est celle qui correspond au commencement de la section V dans la traduction de M. Legge.

(319. ) Chou king : chap. Lu hing.

(320. ) D’après Kiang Cheng (H. T. K. K., ch. CCCXCIX, p. 15 v°), [] désigne les vassaux qui sont en dehors du domaine royal et sont assez indépendants pour avoir des royaumes ; [] désigne ceux qui sont dans le domaine impérial et ne peuvent avoir que des terres.

Ts’ai Tch’en (Chou king, ch. XXI, p. 13 r°) donne une autre explication […] ; aux yeux des Chinois, toute autorité régulière a pour mission, d’une part, de gouverner le peuple (min) et à ce titre elle dirige le royaume, et, d’autre part, de servir les dieux locaux (ché) et à ce titre elle est préposée à la terre.

(321. ) Le mot [] est écrit [] par Tcheng Hiuen, et il faut alors traduire : Je vous parlerai en détail des châtiments.

(322. ) Tchang Cheou-kié est d’avis que [] est le synonyme de [] ; cette dernière expression est expliquée par le Hing fa tche du Ts’ien Han chou comme désignant les cinq modes d’informations auxquels le juge peut avoir recours : informations par les témoignages, par les apparences, par les sentiments, par les oreilles, par les yeux. — Mais cette explication n’est pas satisfaisante, car il y a parallélisme évident entre les cinq témoignages et les cinq châtiments ; les fautes peuvent être de cinq ordres et les témoignages qui les attestent sont répartis aussi en cinq catégories, non pas suivant leur nature (orale, visible, etc.), mais suivant celle des fautes. Il importe que le juge écoute ces témoignages pour prononcer sa sentence : soit par exemple un meurtre ; le juge entend un témoignage au criminel ; d’après la gravité de ce témoignage, il décidera que le coupable est passible de mort, ou qu’il est au bénéfice des circonstances atténuantes et peut se racheter, ou enfin qu’il a péché par inadvertance.

(323. ) Le mot [], qui revient souvent dans ce chapitre, signitie simplement : établir la certitude ; ici il faut entendre : établir la certitude de la faute.

(324. ) C’est-à-dire s’il y a des circonstances atténuantes.

(325. ) C’est-à-dire dans les fautes commises par inadvertance, sans mauvaise intention..

(326. ) En d’autres termes, il est mal, de la part du juge, de se laisser entraîner dans certains cas par des considérations d’intérêt personnel et de déclarer faute par inadvertance ce qui en réalité est crime et mérite châtiment.

— Le Che ki loen wen donne la leçon nei yu qui est d’accord avec le texte du Chou king et que j’ai adoptée ; l’édition de K’ien-long donne la leçon k’ieou yu = la cause impliquant des prisonniers ; cette leçon ne me paraît pas conciliable avec la suite des idées.

(327. ) Ce texte est assez différent de celui du Chou king et demande une autre traduction que celle qui est indiquée par les commentateurs du livre classique.

(328. ) La leçon de Se-ma Ts’ien est [], mot à mot : sans certitude pas de doute ; c’est-à-dire si le juge n’a pas de doute, quoiqu’en réalité il ne soit pas certain...

— La leçon du Chou king, qui est aussi celle du Li ki, dans le chapitre Wang tche, est [], c’est-à-dire : si la certitude n’est pas établie, on ne décide pas la cause.

— Dans le texte de Se-ma Ts’ien, l’idée me paraît être celle-ci : si les magistrats ne doivent pas faire abus de l’indulgence, ils ne doivent cependant appliquer les châtiments qu’avec la plus grande circonspection ; s’ils se persuadent sans examen suffisant de la culpabilité d’un accusé, ils seront punis par le Ciel.

(329. ) Se-ma Ts’ien donne la leçon du texte moderne qui est : cent choa ; le Chou king traditionnel donne la leçon du texte antique qui est : cent hoan. Kiang Cheng (H. T. K. K., ch. CCCXCIX, p. 18 r°) dit que choa est l’équivalent de choe ; le choe est un poids de 6 Leang (onces) et 2/3 ; cent choe équivalent à 41 kin (livres) 10 Leang et 2/3. Ce poids était un poids de cuivre ; mais il paraît trop considérable à Kiang Cheng qui adopte la leçon du texte antique ; le hoan vaut 11 chou (vingt-quatrième partie du leang) et 13/25 ; cent hoan valent environ 3 kin (livres).

(330. ) Le Chou king dit simplement que l’amende sera du double ; Se-ma Ts’ien ajoute le mot [] qui, d’après Se-ma Tcheng, se prononce ici li ; mais je ne vois pas que ce mot puisse avoir ici aucun sens ; d’après Siu Koang, un texte substitue à ce mot le caractère si qui signifie le quintuple ; on trouve l’expression [] = le double ou le quintuple, dans Mencius (III, a, 4 et VI, a, 6 ; trad. Legge, p. 132 et 279).

— La leçon du Chou king paraît bien préférable, car on ne saurait admettre que l’amende soit tantôt du double, tantôt du quintuple ; elle n’est que du double et le mot surajouté dans le texte de Se-ma Ts’ien est une superfétation.

(331. ) La leçon des Mémoires historiques est [] = ablation des rotules ; la leçon du Chou king est [] ou [] = ablation des pieds.

(332. ) Le texte est ici assez ambigu ; d’après Ma Yong, l’amende est le double de l’amende précédente, plus un tiers de ce double : elle est donc égale à (200 x 2) + (200 x 2)/3 = hoan 533,333. Mais cette amende serait à peu près égale à celle qui correspond à la peine plus grave de la castration ; on ne peut donc pas admettre cette explication. D’après Tchang Cheou kié et Kiang Cheng, l’amende est le double de l’amende précédente, moins un tiers de cette amende ; elle est donc égale à (200 x 2) — 200/3 = 333 hoan et 1/3.

(333. ) Le mot de « castration » ne répond pas absolument au mot chinois si cette peine, impliquait la castration pour l’homme, elle n’était pour la femme qu’un emprisonnement.

(334. ) Le Chou king dit que l’amende sera de six cents hoan.

— D’après Siu Koang, un texte du Che ki donne la leçon : six cents choa.

(335. ) Ce passage établit une moyenne de la criminalité : sur trois mille coupables, il y en a mille qui ont mérité la marque ; mille, l’ablation du nez ; cinq cents, l’ablation des rotules ; trois cents, la castration ; deux cents, la mort.

(336. ) On a vu plus haut (note 318) que le Chou king appelle ce même texte le code criminel de Lu.

(337. ) Nous avons vu (p. ╓250 ) que le roi Mou avait cinquante ans lorsqu’il prit le pouvoir ; il aurait donc atteint l’âge de cent cinq ans. Ce témoignage est d’accord avec le texte du Chou king (code criminel de Lu, au début) qui dit que le roi Mou avait cent ans lorsqu’il réforma la législation.

— Dans ce chapitre, Se-ma Ts’ien passe sous silence la fameuse légende du voyage du roi Mou dans les contrées occidentales et de sa visite à la reine d’Occident ou plutôt, s’il faut en croire les plus anciens textes, au chef barbare appelé Si wang mou. Cette légende nous a été conservée dans le petit livre intitulé Mou t’ien tse tchoan ; le Mou t’ien tse tchoan a été traduit en anglais par le Dr Eitel (China Review, vol. XVII, p. 223-240 et 247-258). Se-ma Ts’ien fait cependant allusion à ce voyage au commencement des Annales principales des Ts’in ; nous en reparlerons plus longuement dans nos notes à ce chapitre.

(338. ) Kouo yu : Tcheou yu, 2e discours.

(339. ) La rivière King prend sa source dans la montagne Ki-t’eou, sous-préfecture de P’ing-Leang, province de Kan-sou. Elle se jette dans la rivière Wei, non loin de la sous-préfecture de Kao-ling, préfecture de Si-ngan, province de Chàn-si.

(340. ) Wei Tchao dit que ce prince de Mi avait pour nom de famille Ki mais c’est une erreur. Il y avait deux États de Mi ; l’un, dont le prince avait pour nom de famille Ki, se trouvait à 70 li à l’est de la sous-préfecture actuelle de Mi, préfecture de Kai-fong, province de Ho-nan. L’autre, dont le prince avait pour nom de famille Ki, était dans la sous-préfecture de Ling-ta, préfecture de P’ing-leang, province de Kan-sou ; c’est l’État de Mi-siu dont il a été parlé plus haut (cf. note 141) ; c’est celui dont il est question dans ce passage, puisque la tombe du duc K’ang se trouve à 50 li à l’ouest de la sous-préfecture de Ling-T’ai (Wang Yuen-soen : Kouo yu fa tcheng, chap I, p. 11 v°).

(341. ) Le sens du mot [] est épouser sans l’assentiment du préposé aux mariages. Voyez l’article consacré à ce fonctionnaire dans le Tcheou li (trad. Biot, t. I, p. 307) et le passage de cet article cité par le Dictionnaire de K’ang-hi, au mot pen.

— Le mariage du prince de Mi était contraire aux rites parce qu’il avait épousé des femmes du même nom de clan que lui ; en effet nous savons que le nom d’une de ces trois femmes était Po-ki, le second caractère de ce nom représentant le nom de clan ; cette femme avait donc le même nom de clan que le prince (cf. la note précédente). Le texte qui nous donne le nom de Po-ki se trouve dans le Tcheou yu. 2e partie, 1er discours ; nous y lisons : « (L’État de) Mi-siu fut perdu par Po-ki. » Wang Yuen-soen, dans son commentaire à ce passage (Kouo yu fa tcheng, chap. II, p. 2 r°) dit que les princes de l’État de Mi et ceux des autres États qui eurent un sort analogue se perdirent tous pour avoir épousé des femmes qui avaient le même nom de clan qu’eux.

(342. ) Le caractère [], quand il désigne trois femmes, a, dit le Chouo wen, le sens de beau.

(343. ) D’après les anciens rites, le roi n’avait pas le droit de prendre à la chasse plus de deux animaux. Cet exemple est invoqué par la mère du prince de Mi pour lui montrer que le nombre de trois est excessif.

(344. ) Cette phrase est rendue fort obscure par la présence de la négation ; je crois que cette négation est une interpolation maladroite d’un copiste qui aura voulu établir entre les trois phrases une sorte de symétrie. Le texte du Kouo yu ne comporte pas la négation.

— un duc, dans sa conduite, se soumet à une assemblée, c’est-à-dire que lorsque trois personnes ou plus ont un avis différent de celui d’un duc, celui-ci leur cède ; c’est encore une preuve de l’importance que prend une réunion dès qu’elle compte trois personnes,

(345. ) Le mot [] désigne ici les concubines du Fils du ciel, celles qui sont appelées [] dans le Tcheou li (trad. Biot, t. I, p. 156). — C’est ici le second argument : non seulement trois concubines sont un nombre excessif, mais encore il est interdit qu’elles soient du même clan que le prince.

(346. ) Le commentaire de Wei Tchao à cette phrase a été fort altéré ; voyez la restitution qu’en fait Wang Yuen-soen (Kouo yu fa tcheng, chap. I, p. 11 r°).

(347. ) Il faut se rappeler les définitions précédentes : trois personnes constituent une assemblée ; trois femmes constituent un luxe ; un luxe constitue une chose magnifique.

— ...vous est revenue = vous appartient.

(348. ) Le roi I transféra sa capitale à Kiuen-k’ieou ; cette localité, qui s’appelait Hoai-li au temps des Han, se trouvait au sud-est de la sous-préfecture de Hing-p’ing, préfecture de Si-ngan, province de Chàn-si.

(349. ) Le T’ong hien kang mou remarque qu’il y a dans le Che king un grand nombre d’odes satiriques, mais qu’on ne sait pas lesquelles furent composées au temps du roi I

(350. ) D’après le Tchou chou ki nien, c’est le roi I qui fit périr le duc Ngai du pays de Ts’i, en le jetant dans un liquide bouillant. Cf. Mém. hist., chap. XXXII.

(351. ) I est un titre posthume ; ce personnage était un descendant du duc de Yng que la préface du Chou king mentionne au temps du roi Tch’eng (cf. note 290). Par -tse, nous savons que son nom personnel était Tchong.

(352. ) Kouo yu : Tcheou yu, 4e discours.

(353. ) Joei correspond à la sous-préfecture actuelle de Joei-tch’eng, préfecture secondaire de Kié, province de Chān-si. Les princes de ce petit État avaient pour nom de clan Ki ; ils étaient comtes.

(354. ) Le discours qu’on va lire se retrouve dans le Kouo yu, mais placé après celui qui le suit dans les Mémoires historiques. Il est fait allusion à ce même discours dans -tse, au chapitre So jan et le Tch’oen ts’ieou de Lu Pou-wei, au chapitre Tang jan.

(355. ) Je suis ici l’explication de Wei Hong.

(356. ) Dixième ode de la décade ts’ing miao — trad. Legge, p. 580.

(357. ) L’ancêtre des Tcheou qui fut célèbre par ses talents pour l’agriculture, au temps de l’empereur Choen.

(358. ) Le mot [] = être mis en corrélation avec, indique la place qu’occupait la tablette du défunt au moment du sacrifice. La tablette de Heou-tsi étant à côté de celle du Ciel occupait le rang le plus élevé qu’elle pût avoir.

(359. ) Ce vers se trouve dans la 1e ode du IIIe livre du Ta ya (Che king, trad. Legge, p. 428). Dans sa traduction, M. Legge admet que le sujet de la phrase est [] qu’il traduit par « Dieu » et il condamne l’opinion de K’ong Yng-ta qui veut que ce sujet soit « le roi Wen ». Il est évident cependant que, dans ce passage du Kouo yu, la manière même dont la citation est amenée prouve qu’il s’agit du roi Wen ; ce qu’il s’agit de démontrer, en effet, c’est que les souverains vertueux se sont efforcés de répandre leurs bienfaits sur le peuple et n’ont pas voulu leur intérêt personnel.

(360. ) Ce sens est celui qu’indique Wei Tchao. Wang Yuen-soen (Kouo yu fa tcheng, chap. I, p. 15 r°) propose de considérer comme l’équivalent de [] ; il faut alors traduire :

« Il a peu de chances de parvenir jusqu’à la fin de sa (destinée)

et la phrase répond à celle que nous avons plus haut :

« Comment Votre Altesse pourrait-elle mener longtemps cette conduite ?

A l’appui de sa thèse, Wang cite deux passages du Tso tchoan : 7e année du duc Hi, trad. Legge, p. 149 et 11e année du duc Siuen, trad. Legge, p. 310, où le sens de tchong et de koei est identique. Cette explication me paraît un peu subtile.

(361. ) Kouo yu : Tcheou yu, 3e discours.

(362. ) Parmi les odes du Che king il en est quelques-unes qui sont considérées comme contenant des reproches au roi Li ; ce sont l’ode Min lao (9e de la décade cheng min ; trad. Legge, p. 495 ; [trad. Couvreur]) et l’ode Tang (IIe de la décade Tang ; trad. Legge, p. 505; [trad. Couvreur]) qui sont attribuées au duc Mou, de Chao ; l’ode Pan (10e de la décade cheng min, trad. Legge, p. 499; [trad. Couvreur]) attribuée au comte de Fan et l’ode Sang yeou (3e de la décade Tang ; trad. Legge, p. 519; [trad. Couvreur]) attribuée au comte de Joei.

(363. ) Le duc de Chao était le descendant de ce Che, duc de Chao, qui reçut le titre posthume de Kang et joua un grand rôle au temps des rois Ou et Tch’eng. Cette famille avait le fief de Yen qui était un marquisat, mais en même temps, elle jouissait des revenus de la terre de Chao (aujourd’hui le relais de Chao, sous-préfecture de Ki-chan, préfecture de Fong-siang, province de Chàn-si) ; c’est pourquoi le chef de la maison pouvait être appelé indifféremment duc de Chao ou marquis de Yen. C’est de la même manière que les ducs de Lou avaient pour fief le pays de Lou, mais avaient aussi les revenus de la terre de Yong (aujourd’hui sous-préfecture de Fong-siang, province de Chànsi) et étaient nommés pour cette raison ducs de Tcheou.

— D’après Wei Tchao, le duc de Chao qui vivait au temps du roi Li a pour nom personnel Hou In et pour titre posthume Mou ; d’après Se-ma Ts’ien (Mém. hist., chap. XXXIV), c’était le marquis de Yen dont le titre posthume est Hoei ; je ne vois pas comment on peut accorder ces deux témoignages.

(364. ) Le [] dont il est ici question n’est pas celui du prince, c’est-à-dire ses ordres ou son gouvernement, mais celui du peuple, c’est-à-dire sa destinée ou son sort.

(365. ) Les connaissances surnaturelles du devin lui permettaient de découvrir ceux qui parlaient mal du roi,

(366. ) Je traduis ici le mot [] par « duc du palais », parce qu’il désigne uniquement les trois grands personnages appelés « les trois ducs », et non les ducs de la hiérarchie féodale. Cf. note 03.208.

(367. ) Les divers officiers sont appelés « divers » parce qu’ils se distinguent en trois catégories.

(368. ) Le Kouo yu donne, au lieu du mot [], le mot [] et il faut alors traduire : ceux qui n’ont pas d’yeux présentent les chants.

Sous les Tcheou, les aveugles étaient préposés à la musique (Tcheou li, trad. Biot, t. I, p. 405). On les divisait, suivant la nature de leur cécité, en trois classes : ceux qui n’avaient pas d’yeux étaient appelés kou ;ceux qui avaient conservé la prunelle de leurs yeux étaient appelés mong ; ceux qui avaient des yeux sans prunelles étaient appelés seou .

(369. ) D’après Wei Tchao, les annalistes dont il est ici parlé sont les annalistes de l’extérieur ; le Tcheou nous apprend que ces fonctionnaires étaient préposés aux Livres des trois Souverains et des cinq Empereurs.

(370. ) D’après Wei Tchao, ils récitaient les poésies des ducs du palais, des hauts dignitaires et des divers officiers. D’après le I wen tche du livre des Han antérieurs, le mot signifie : réciter sans chanter.

(371. ) Ils chantaient les avertissements et les critiques.

(372. ) L’expression kōung dans le sens de « les cent fonctionnaires » se trouve dans le Chou king (Yao tien, trad. Legge, p. 22 ; Lo kao, trad. Legge, p. 439).

(373. ) Ils n’avaient pas accès auprès du souverain en personne et c’est pourquoi ils lui faisaient transmettre leurs requêtes.

(374. ) Wang Yuen-soen a bien établi, contre l’avis de Wei Tchao, que [] désigne le roi lui-même et non les instructions des annalistes et des aveugles.

(375. ) Le duc de Chao explique ici la comparaison dont il s’est servi quelques lignes plus haut, quand il a dit que les bouches du peuple étaient comme la terre qui produit ce dont on se sert, ce dont on s’habille et ce dont on se nourrit.

(376. ) Le Kouo yu ajoute ici la phrase : « Comment pourrait-on y faire obstacle ? »

(377. ) Tel est le sens indiqué par Wei Tchao.

(378. ) La ville de Tche se trouvait dans la préfecture secondaire de Houo, préfecture de P’ing-yang, province de Chān-si.

(379. ) Ce nom de Tsing est écrit [] dans le livre des Han antérieurs.

(380. ) Kouo yu : Tcheou yu, 5e discours.

(381. ) L’expression hong ho signifie « la commune harmonie ». D’après ce que nous dit Se-ma Ts’ien, les ducs de Tcheou et de Chao auraient exercé simultanément la régence, comme leurs ancêtres, Tan, duc de Tcheou, et Che, duc de Chao, l’avaient fait au temps du roi Tch’eng.

— Cependant Tchoang-tse et le Tchou chou ki nien disent que Kong est le nom d’un fief et Ho le nom personnel du comte de ce pays ; ce serait donc Ho, comte de Kong, qui aurait exercé la régence et non les ducs de Tcheou et de Chao. — Les historiens modernes adoptent la version de Se-ma Ts’ien.

— La première année kong ho (841 av. J.-C.) est une date fort importante, car elle est celle à partir de laquelle, d’après Se-ma Ts’ien, commence la chronologie exacte. Nous indiquerons dorénavant entre parenthèses les dates avant notre ère auxquelles correspondent les indications données par Se-ma Ts’ien. Cf. note 500.

(382. ) Cette visite fait l’objet du septième discours dans le premier chapitre du Tcheou yu. Le duc Ou, de Lou, avait deux fils ; il désirait que le cadet, Hi, lui succédât au détriment de l’aîné Kouo. Le roi Siuen y consentit, malgré les représentations de Tchong Chan-fou. Hi prit dont le pouvoir ; ce fut le duc I ; neuf ans après son avènement, Po-yu, fils de Kouo, le tua et prit le pouvoir (cf. Mém. hist., chap. XXXIII).

(383. ) Kouo yu : Tcheou yu, 6e discours.

(384. ) Le meou est une mesure de superficie qui, dans l’antiquité, avait 100 pas de côté, le pas étant lui-même de 6 pieds. — On lit dans le Li ki (trad. Legge, Sacred Books of the East, t. XXVIII, p. 222)

« C’était ainsi qu’autrefois le Fils du ciel avait son champ de mille meou, dans lequel il tenait lui-même la charrue, portant le chapeau carré avec des attaches rouges. Les seigneurs avaient aussi leur champ de cent meou, dans lequel ils faisaient de même, portant le même chapeau avec des attaches vertes.

(385. ) D’après Kia K’oei, ce duc de Kouo était un descendant de Kouo ; d’après Wei Tchao, c’était un descendant de Kouo-tchong. Kouo-tchong et Kouo-chou étaient tous deux fils du duc Ki et par conséquent frères du roi Wen (cf. Tso tchoan, 5e année du duc Hi ; trad. Legge, p. 145, § 9 ; [trad. Couvreur]). Kouo-tchong reçut en fief le Kouo oriental (à l’ouest de la sous-préfecture de Se-choei, préfecture de Kai-fong, province de Ho-nan) ; Kouo-chou reçut en fief le Kouo occidental (à 60 li à l’est de la sous-préfecture de Pao-hi, préfecture de Fong-siang, province de Chàn-si). Il est difficile de savoir qui a raison, de Kia K’oei ou de Wei Tchao.

(386. ) Après ces mots, on lit dans le Kouo yu un assez long discours qui est supprimé par Se-ma Ts’ien.

(387. ) Cette localité, dont le nom signifie précisément « (le champ de) mille meou », se trouvait à la limite est du Chān-si, dans la préfecture secondaire de Leao. Une allusion est faite à cette bataille dans le Tso tchoan, 2e année du duc Hoan.

(388. ) Kouo yu : Tcheou yu, 9e discours.

(389. ) Les royaumes du sud sont ceux qu’arrosent la rivière Han et la rivière Min considérée comme le cours supérieur du Yang-tse-Kiang (cf. Che king, 10e ode de la décade siao-min, 6e strophe ; trad. Legge, p. 358; [trad. Couvreur]). Wei Tchao dit que les mots désignent les soldats qui furent tués par les Kiang Jong. Mais Wang Yuen-soen remarque qu’on ne saurait désigner les Kiang Jong sous le nom de royaumes du sud ; peut-être l’identification de Ts’ien-meou avec une localité du Chān-si est-elle erronée et faut-il placer ce lieu dans le sud.

(390. ) Wang Yuen-soen (Kouo yu fa tcheng, chap. I, p. 23 v°) montre que toutes les identifications qu’on a faites de T’ai-yuen avec des localités qui portent aujourd’hui ce nom sont erronées ; selon lui, la position exacte de T’ai-yuen ne peut pas être déterminée ; elle devait être au nord de la province où se trouvait la capitale.

(391. ) Chan-fou est l’appellation, et Tchong le nom de famille de ce personnage qui était marquis de Fan.Une ode du Che king célèbre ses mérites (6e de la décade tang ; trad. Legge, p. 541; [trad. Couvreur]).

(392. ) Se-ma Ts’ien ne reproduit pas tout le discours qui se trouve ici dans le Kouo yu. A la fin de ce texte, le Kouo yu ajoute : « et le roi Yeou fut donc battu et anéanti », c’est-à-dire que la perte du roi Yeou, fils du roi Siuen, aurait été la conséquence du recensement fait par son père contre l’avis de Tchong Chan-fou.

(393. ) Tchang Cheou-kié rapporte, d’après le tch’oen ts’ieou de Tcheou la légende suivante sur la mort du roi Siuen :

« Le roi Siuen mit à mort le comte de Tou, quoiqu’il fût innocent. Trois ans plus tard, le roi Siuen assembla des seigneurs pour chasser à Pou. Au milieu du jour le comte de Tou se dressa sur la gauche du chemin ; il avait un vêtement et un bonnet rouges et il tenait à la main un arc et des flèches rouges ; il tira sur le roi Siuen et l’atteignit au cœur ; le roi eut l’épine dorsale brisée et mourut.

(394. ) Kouo yu : Tcheou yu, 10e discours.

(395. ) Au lieu de [], le Kouo yu écrit : (le pays des) Tcheou occidentaux ; dans les deux textes, le sens est le même ; le pays dont il s’agit est celui où se trouvait la ville de Hao (cf. p. 241, n. 2) qui était la capitale des Tcheou avant qu’ils eussent émigré du côté de l’orient.

(396. ) Les trois rivières furent soulevées par un tremblement de terre ; ces trois rivières sont : la rivière Wei, la rivière King (cf. note 02.207) et la rivière Lo ; celle-ci est aussi un cours d’eau du Chàn-si ; elle se jette dans le Hoang-ho à peu près au même point que la rivière Wei, en sorte que plusieurs commentateurs la considèrent comme un affluent de gauche du Wei : elle ne doit pas être confondue avec la rivière du même nom qui se trouve dans le Ho-nan et sur les bords de laquelle s’élevait la ville de Lo-yang.

(397. ) Les commentateurs ne disent pas comment il faut analyser le nom de Po-yang-fou. Ce personnage était grand astrologue à la cour des Tcheou ; T’ang Kou (qui vivait sous la dynastie Ou, 222-265 ap. J.-C.) l’identifie avec le célèbre Lao-tse ; mais son opinion ne s’accorde pas avec la tradition qui veut que Lao-tse ait eu une entrevue avec Confucius, car Confucius ne vécut que trois siècles après le roi Siuen.

— Le discours de Po-yang-fou est rapporté non seulement par le Kouo yu, mais aussi par le chapitre Ou hing tche du Livre des Han antérieurs (Ts’ien Han chou, chap. XXVII, 1e section de la 3e partie, p. 5 v°).

(398. ) La leçon du Kouo yu me paraît préférable : min tche loan ye, au lieu de min loan tche ye : « c’est l’indice de troubles chez le peuple. »

(399. ) Wei Tchao explique le mot [] comme l’équivalent du mot [] qui est la leçon du Chou king.

(400. ) La construction de la phrase chinoise est ici assez obscure.

(401. ) Le Kouo yu dit : « Lorsque l’eau et la terre... »

(402. ) Le I et le Lo sont les deux rivières du Ho-nan près du confluent desquelles était la ville de Lo-yang. On a vu (note 256) que la résidence des premiers empereurs Hia passe pour avoir été dans le Ho-nan. Mais il n’est point sûr que la résidence du dernier de ces souverains, Kié, ait été au sud du Hoang-ho ; c’est cependant ce qui est supposé par ce texte.

(403. ) La dynastie Chang résidait dans la partie du Ho-nan qui est au nord du Hoang ho et était donc voisine de ce fleuve.

(404. ) Le cycle de dix a joué de tout temps un grand rôle dans les calculs du temps, comme le prouve l’antique existence de la série des termes kia, i, ping, ting...

(405. ) C’est la montagne qui a donné son nom à la sous-préfecture de K’i-chan, préfecture de Fong-siang, province de Chàn-si.

(406. ) Dans l’antiquité, on désignait les femmes par deux caractères dont le premier indiquait 1e pays d’où elles étaient originaires et dont le second était leur nom de clan. Pao-se signifie donc : la femme qui avait pour nom de clan Se et qui était originaire du pays de Pao (aujourd’hui sous-préfecture de Pao-tch’eng, préfecture de Han-tchong, province de Chàn-si) ; on verra quelques lignes plus bas pourquoi Pao-se passait pour originaire du pays de Pao, quoiqu’elle n’y fût point née.

(407. ) Le pays de Chen correspond à la sous-préfecture de Nan-yang, préfecture de Nan-yang, province de Ho-nan. Les princes de cet État avaient pour nom de clan Kiang et étaient descendants des Chefs des quatre montagnes (cf. notes 00.159 et 00.160).

(408. ) C’est sans doute le même personnage que le Po-yang-fou dont il a été question plus haut (cf. note 396).

(409. ) Kouo yu : Tcheou yu, 1er discours.

(410. ) Les mémoires des annalistes sont désignés ici par l’expression que Se-ma Ts’ien a donnée pour titre à son œuvre.

(411. ) Le Kouo yu dit : « Les âmes d’hommes (du pays) de Pao se transformèrent en deux dragons... »

(412. ) Deux anciens princes décédés.

(413. ) Wei Tchao dit que cette écume était celle qui sortait de la bouche des dragons. Lieou Hiang, dans le Ou hing tche du Ts’ien Han chou, estime que c’était une écume de sang.

(414. ) Le Kouo yu écrit : « Elle fut placée dans un coffret qu’on cacha. »

(415. ) Le père du roi Siuen.

(416. ) Proprement : « crier toutes ensemble contre elle ». — Pourquoi les femmes étaient-elles nues ? c’était peut-être afin que l’écume surnaturelle entrât dans l’une d’elles et que le prodige fût ainsi exorcisé ; l’hypothèse est plausible puisque nous voyons que c’est cette écume, transformée en lézard, qui produit la grossesse de la petite fille du sérail. Cette écume semble avoir été le liquide spermatique des dragons.

(417. ) Le mot a le sens de tortue ou celui de lézard. Certains textes donnent la variante [] ; c’est donc le sens de lézard qu’il faut adopter.

(418. ) A l’âge de sept ans.

(419. ) C’est l’àge où les jeunes filles sont nubiles, c’est-à-dire à quinze ans suivant les rites.

(420. ) Le Kouo yu ajoute ici la phrase : « Au temps du roi Siuen, elle enfanta. »

(421. ) A partir des mots « Au temps du roi Siuen... » jusqu’à « ... l’enfant qui avait été abandonné par la jeune femme du sérail », ce paragraphe est placé par le Kouo yu avant tout ce qui précède. Se-ma Ts’ien a mis un ordre plus régulier entre les diverses parties du récit.

(422. ) Cf. note 396.

(423. ) Le bûcher destiné au jour était fait avec des matières qui, en brûlant, produisent beaucoup de fumée ; c’est ainsi qu’aujourd’hui encore, en Mongolie, on se sert de crottes de loup pour donner des signaux. Le bûcher destiné à la nuit était fait avec des matières qui produisent une vive flamme.

(424. ) Se-ma Ts’ien ne mentionne pas la fameuse éclipse du soleil qui eut lieu la 6e année du roi Yeou et fut l’occasion d’une des odes du Che king (9e de la décade de Ki-fou ; trad. Legge, p. 320; [trad. Couvreur]). Dans cette ode, le mois et le jour de l’éclipse sont indiqués et sont trouvés exacts par les calculs des astronomes ; l’éclipse eut lieu le 29 août 776 (775 en style astronomique).

(425. ) D’après le T’ong kien tsi lan (ch. III, p. 24 r°), ce personnage était prince du Kouo oriental (cf. note 385).

(426. ) Cf. note 407.

(427. ) Les princes de Tseng avaient pour nom de clan Se et se prétendaient descendants de Yu le Grand, fondateur de la dynastie Hia. Le pays de Tseng était à 80 li à l’est de la sous-préfecture de I, préfecture de Yen-tcheou, province de Chan-tong.

— Cette identification, qui est faite d’après les indications du Kouo ti tche, est cependant peu plausible. Puisque le marquis de Chen s’allia aux barbares occidentaux et puisque le roi P’ing, successeur du roi Yeou, transféra sa capitale sur les bords de la rivière Lo pour éviter le danger qui le menaçait à l’ouest, il semble peu probable qu’un État tout oriental ait aussi attaqué le roi de la dynastie Tcheou.

(428. ) Cette montagne est au sud-est de la sous-préfecture de Lin-t’ong, préfecture de Si-ngan, province de Chàn-si.

(429. ). Celui qui est chargé des sacrifices aux ancêtres est regardé comme le chef actuel de la famille.

(430. ) C’est la ville qui avait été construite par le roi Tch’eng (cf. p. 247).

(431. ) Cf. Mém. hist., chap. XXXII, XL, V et XXXIX.

(432. ) Le mot [] désigne un seigneur qui avait acquis assez de puissance pour commander à tous les autres. L’expression [] paraît avoir un sens plus restreint et désigner non pas les seigneurs qui commandaient à tout l’empire, mais ceux qui avaient la suprématie dans une région plus ou moins étendue.

(433. ) Ce synchronisme est très important ; l’année 722 avant J.-C, est la première de la période tch’oen ts’ieou.

(434. ) L’incident auquel il est fait ici allusion est raconté dans le Tso tchoan, 6e année du duc Yn ; trad. Legge, p. 21 ; [trad. Couvreur].

— Le premier prince de Tcheng était un frère cadet du roi Siuen et reçut de lui un fief qui correspond à l’ancienne sous-préfecture de Tcheng, préfecture secondaire de Hoa, province de Chàn-si. Lorsque le roi P’ing transféra sa capitale à Lo-yang, les princes de Tcheng émigrèrent aussi dans l’est, et leur nouveau royaume eut son centre sur le territoire de la sous-préfecture actuelle de Sin-tcheng, province de Ho-nan.

(435. ) L’édition de K’ien-long change le mot yuen= irrité, contre le mot yuen qui est, d’après le Tso tchoan (8e année du duc Yn), le nom du haut dignitaire de Tcheng qui vint à Lou pour négocier l’échange des deux territoires.

(436. ) Si l’on s’en rapporte au Tso tchoan (8e année du duc Yn) et au commentaire de Tou Yu, le texte de Se-ma Ts’ien renfermerait ici une erreur, car Hiu-tien n’appartenait pas au Fils du ciel, mais au duc de Lou. Voici comment les faits doivent être rétablis :

Le roi Tch’eng avait eu quelque temps le projet d’aller se fixer à Lo-yang (cf. p. ╓247 ) ; c’est pourquoi il donna au duc de Tcheou la terre de Hiu-tien comme résidence pour les ducs de Lou quand ils viendraient rendre hommage à la cour ; Hiu-tien, dont le nom signifie le champ (voisin de) Hiu, se trouvait sur le territoire de la préfecture secondaire de Hiu, province de Ho-nan, et était en effet assez voisin de Lo-yang. D’autre part, le roi Siuen avait donné au prince de Tcheng la terre de Pong) afin qu’il pût s’y établir quand il devrait aider le Fils du ciel à faire le sacrifice au T’ai-chan ; Pong se trouvait dans la sous-préfecture actuelle de Pi, préfecture de Tcheou, province de Chan-tong. La cinquième année du roi Hoan, Tchoang, duc de Tcheng, donna à Yn, duc de Lou, la terre de Pong qui était voisine de l’État de Lou et reçut en échange la terre de Hiu-tien qui était proche de son fief. Cette transaction ne faisait en réalité aucun tort au roi, mais elle était illicite, car les seigneurs ne possédant leurs terres que par une investiture du Fils du ciel n’auraient pas dû en trafiquer à leur guise.

— Ce récit nous montre que les seigneurs possédaient, en outre de leurs fiefs, d’autres terres qui leur avaient été données en dédommagement de telle ou telle corvée à laquelle ils étaient astreints ; ces terres, d’ordinaire peu étendues, ne payaient aucun impôt au roi et on les désignait sous le nom de t’ang mou tche i, proprement : territoires pour le bain, c’est-à-dire territoires dont les revenus étaient affectés aux bains ou, d’une manière plus générale, aux dépenses privées du seigneur ; le mot mou désigne le lavage de la chevelure ; quant au mot t’ang, c’est, nous dit un commentateur du Tcheou li, l’eau chaude dont on se servait pour les bains du corps (cf. K’ang hi tse tien, au mot mou).

(437. ) Cf. Tso tchoan, 5e année du duc Hoan ; trad. Legge, p. 46 ; [trad. Couvreur].

(438. ) Ce Hei-kien, duc de Tcheou, ne nous est connu que par deux textes du Tso tchoan (5e et 18e années du duc Hoan ; trad. Legge, p. 45 [trad. Couvreur] et 71 [trad. Couvreur), dont le second raconte en détail les faits que Se-ma Ts’ien se contente d’indiquer ici.

(439. ) K’o avait pour appellation Tse-i ; il était le fils du roi Hoan et, par conséquent, le frère cadet du roi Tchoang.

(440. ) Cet État de Yen est le Yen méridional, dont les princes avaient pour nom de clan Ki ; c’est aujourd’hui la sous-préfecture de Yen-tsin, préfecture de Wei-hoei, province de Ho-nan.

(441. ) Le nom posthume de ce roi est généralement écrit Hi. Se-ma Ts’ien l’écrit [], mais Tchang Cheou-kié dit que ce caractère doit être prononcé comme le caractère hi.

(442. ) Cf. note 00.162.

(443. ) Nous trouvons ici pour la première fois une tournure de phrase qui est très fréquente chez Se-ma Ts’ien ; quand il veut raconter un événement, il en cite la date, puis il s’interrompt brusquement pour exposer les faits antécédents qui sont la raison d’être de celui qu’il a en vue.

(444. ) Nous apprenons, par le Tso tchoan (19e année du duc Tchoang ; trad. Legge, p. 99 [trad. Couvreur]), que ce grand officier s’appelait Wei Kouo ; irrité de ce que le roi lui avait ravi son jardin, il fomenta une rébellion avec quatre autres grands officiers appelés Pien Po, Tchan-fou, Tse-k’in et Tchou Koei ; les conjurés s’appuyèrent sur les soldats des pays de Wei (sous-préfecture de K’i, province de Ho-nan) et de Yen méridional (cf. note 440) pour chasser le roi Hoei et mettre T’oei à sa place. — Le texte du Tso tchoan donne à entendre au contraire que les rebelles furent battus, mais cela ne s’accorde guère avec ce qui suit.

(445. ) Aujourd’hui, sous-préfecture de Wen, préfecture de Hoai-k’ing, province de Ho-nan.

(446. ) Tou Yu nous apprend que la ville de Li était, au temps des Tsin, la sous-préfecture de Yang-ti : elle se trouvait donc sur le territoire qui est aujourd’hui celui de la préfecture secondaire de Yu, préfecture de K’ai-fong, province de Ho-nan.

(447. ) T’oei était le fils du roi Tchoang, le frère cadet du roi Hi et par conséquent l’oncle du roi Hoei.

(448. ) Le pays de Kouo est appelé Kouo-chou par le Tso tchoan ; c’était donc le Kouo occidental (cf. note 385).

(449. ) Ils s’indignèrent, dit le Tso tchoan (20e année du duc Tchoang [trad. Couvreur]), de ce que T’oei se livrait aux réjouissances en faisant faire des chants et des danses en un temps où tous les esprits étaient inquiets.

(450. ) Cf. note 00.162.

(451. ) La mort du roi Hoei eut lieu en réalité la 24e année (653 av. J.-C.), mais son fils, qui fut le roi Siang, craignant les troubles que pourrait susciter Chou-tai (voyez le paragraphe suivant), n’annonça la mort de son père que le douzième mois de l’année suivante. C’est pourquoi le Tso tchoan assigne la mort du roi Hoei à la 7e année du duc Hi, de Lou (653 av. J.-C.), tandis que le Lch’oen ts’ieou la rapporte, comme Se-ma Ts’ien, à l’année suivante.

(452. ) Cette femme était originaire du pays de Tch’en dont les princes avaient pour nom de clan Koei ; c’est pourquoi on l’appelait Tch’en Koei (cf. note 406).

(453. ) Chou-tai reçut le fief de Kan (non loin de la sous-préfecture de Lo-yang, préfecture et province de Ho-nan) et eut le titre posthume de duc Tchao. Chou-tai signifie : le puîné Tai.

(454. ) Tso tchoan, 12e année du duc Hi.

(455. ) Cf. Mém. hist., chap. LXII, et Mayers, Manual, n° 293.

(456. ) Le prince de Tsin avait secouru le roi en attaquant à son tour les Jong.

— On voit que le duc Hoan, de Ts’i, prenait au sérieux son rôle d’hégémon, et était comme l’arbitre suprême de l’empire.

(457. ) Kouo et Kao sont les noms de famille de deux personnages, parents du duc de Ts’i, qui étaient hauts dignitaires de premier rang à sa cour et avaient reçu du Fils du ciel le titre de Surveillants.

(458. ) C’est-à-dire sujet d’un seigneur qui est lui-même sujet du Fils du ciel.

(459. ) Le roi Ou, fondateur de la dynastie Tcheou, avait épousé une fille du premier duc de Ts’i. Les ducs de Ts’i pouvaient ainsi être considérés comme les beaux-pères des rois Tcheou.

(460. ) Il y fut rappelé par le roi lui-même.

— D’après le Tso tchoan (22e année du duc Hi), Chou-tsi revint la quatorzième et non la douzième année du roi Siang.

(461. ) Hoa était un petit royaume dont les princes avaient pour nom de clan Ki ; il était sous la dépendance du pays de Tcheng et c’est pour avoir voulu secouer ce joug et se mettre sous la protection du pays de Wei que le marquis de Tcheng l’attaqua (cf. Tso tchoan, 20e année du duc Hi). La capitale de l’État de Hoa était à 25 li au sud-est de la ville de Kou-che, près de la ville préfecturale de Ho-nan.

(462. ) Yeou Suen et Po Fou étaient deux grands officiers de la cour du roi.

(463. ) Tso tchoan, 24e année du duc Hi.

(464. ) D’après le Si ts’ing kou kien (publié en 1749), qui donne quatre représentations graphiques de coupes tsio, ce vase aurait eu la forme d’un casque renversé monté sur trois pieds ; il avait de 5 à 6 pouces de hauteur.

— L’incident auquel Se-ma Ts’ien fait allusion est raconté dans le Tso tchoan (21e année du duc Tchoang) : en l’an 673, le roi Hoei avait été fêté par le duc Li, de Tcheng, et lui avait donné une ceinture ornée d’un miroir ; puis il se rendit auprès du prince de Kouo à qui il fit présent d’une coupe tsio ; le duc Li, de Tcheng, fut jaloux de ce cadeau qu’il trouvait supérieur à celui qu’il avait reçu et le duc Wen, fils et successeur du duc Li, hérita de son ressentiment.

(465. ) Cf. note 461. Le roi avait encouragé le prince de Hoa à se détacher du pays de Tcheng et à reconnaître l’État de Wei comme son protecteur.

(466. ) Le discours de Fou Tchen se trouve dans le Tso tchoan (24e année du duc Hi) et dans le Kouo yu (Tcheou yu, 2e partie, 1°, discours) ; mais les paroles qu’on lui attribue dans ces deux ouvrages sont fort différentes ; quant à Se-ma Ts’ien, il se borne à résumer l’argumentation en quelques mots.

— On remarquera que Se-ma Ts’ien assigne pour date à ces faits la 13e année du roi Siang (639 av. J.-C.), tandis que le Tso tchoan les rapporte à la 24e année du duc Hi (636 av. J.-C.). Se-ma Ts’ien est d’accord avec le Kouo yu, mais tous deux sont dans l’erreur et c’est le Tso tchoan qui a raison, s’il faut en croire Wang Yuen-soen. A ce propos, il est à remarquer que les commentateurs du Kouo yu font concorder la 13e année du roi Siang avec la 20e du duc Hi ; mais c’est avec la 21e qu’elle concorde d’après tous les chronologistes et d’après les tableaux de Se-ma Ts’ien lui-même (Mém. hist., chap. XIV).

(467. ) Kouo yu : Tcheou yu, 2e partie, 1er discours.

(468. ) Ceci n’est encore que le résumé des discours qui se trouvent dans le Tso tchoan et le Kouo yu.

(469. ) Il la dégrada, dit le Tso tchoan (21e année du duc Hi), parce qu’elle avait eu des relations illicites avec le frère du roi, Chou-tai.

(470. ) T’an Po était un grand officier de la cour des Tcheou.

(471. ) L’expression est fort elliptique. Wei Tchao la commente en disant : Il se mit à la tête des siens.

(472. ) Cette phrase est destinée à expliquer l’immixtion des barbares dans les affaires du royaume du Milieu. Autrefois la reine femme de l’empereur Hoei avait noué des relations avec les Ti pour mettre son fils Tai sur le trône ; le projet échoua, mais Tai conserva des rapports avec les barbares ; ce fut lui qui suggéra au roi l’idée de se servir d’eux : pour combattre Tcheng ; puis, quand le roi dégrada la femme qu’il avait prise chez les Ti parce qu’elle avait commis adultère avec Tai, ce fut encore celui-ci qui se mit à la tête des troupes barbares, chassa le roi de sa capitale et s’arrogea le pouvoir.

(473. ) La ville de Fan, étant devenue la résidence du roi Siang, prit le nom de ville de Siang (aujourd’hui encore sous-préfecture de Siang-tch’eng, préfecture secondaire de Hiu, province de Ho-nan).

(474. ) Cf. note 445.

(475. ) Ce fut le second des cinq hégémons (cf. note 00.162). — Le caractère désigne le plus souvent un vin parfumé dont on se servait aux sacrifices. Cependant on le trouve dans le Che king (4e des odes du pays de Tcheng ; trad. Legge, p. 131 ; [trad. Couvreur]) avec le sens de fourreau d’arc ; cette acception me paraît mieux convenir ici, car il est évident que les présents que le roi fait au duc sont les insignes de l’hégémonie et symbolisent sa suprématie guerrière.

(476. ) Le Ho-nei est une division administrative de l’époque des Han ; il correspond assez exactement à la partie du Ho-nan qui est au nord du Fleuve.

(477. ) D’après le Tch’oen ts’ieou, la réunion à Tsien-t’ou aurait eu lieu au cinquième mois et la réunion à Ho-yang en hiver.

Tsien-t’ou correspond à la sous-préfecture de Yong-tsé, préfecture de K’ai-fong, province de Ho-nan.

Ho-yang était sur le territoire de la sous-préfecture de Mong, préfecture de Hoai-k’ing, province de Ho-nan.

(478. ) C’est-à-dire le Tch’oen ts’ieou de Confucius (cf. 28e année du duc Hi) ; c’est le Tso tchoan qui remarque que le livre classique dénature ici les faits ; comme il était indigne du roi d’obéir à un ordre d’un de ses sujets, le Tch’oen ts’ieou explique sa venue auprès du duc de Tsin en disant qu’il faisait une tournée d’inspection des fiefs.

(479. ) Toutes les éditions de Se-ma Ts’ien donnent la leçon : trente-deux. Cependant les historiens modernes et Se-ma Ts’ien lui-même dans ses tableaux chronologiques (chap. XIV) disent que le roi Siang mourut dans la 33e année de son règne (619).

(480. ) Cette tribu Jong avait pour nom de clan Yun : elle résidait primitivement sur le territoire de la préfecture secondaire de Koa, dans le Kan-sou, et une de ses branches s’appelait la tribu Lou-hoen ; elle était donc au nord-ouest des pays de Ts’in et de Tsin. En l’an 638 avant J.-C., les princes de Ts’in et de Tsin l’engagèrent à venir s’établir auprès de la rivière I (cf. Tso tchoan, 22e année du duc Hi), La localité où ils se fixèrent prit le nom de la principale tribu et s’appela Lou-hoen ; elle se trouvait à l’ouest de la sous-préfecture de Song, préfecture et province de Ho-nan (cf. T’ong kien tsi lan, 14e année du roi Siang) ; c’est là que le roi de Tch’ou les attaqua : puis, comme il se trouvait tout près de la rivière Lo et de la résidence du Fils du ciel, il envoya des gens interroger le roi sur les dimensions et le poids des trépieds.

(481. ) Les neuf trépieds étaient considérés comme une sorte de palladium qui sauvegardait la dynastie. D’après certains auteurs, sur chacun d’eux était représenté l’une des neuf provinces de Yu.

(482. ) Wang-suen Man était un grand officier de la cour des Tcheou : il est mentionné dans le Kouo yu (Tcheou yu, 2e partie, p. 8 v°). Ce personnage réussit à éluder la question indiscrète du roi de Tch’ou en lui disant que le poids et les dimensions des trépieds variaient avec la plus ou moins grande vertu du Fils du ciel (cf. Tso tchoan, 3e année du duc Siuen).

(483. ) Cf. Tso tchoan, 12e année du duc Siuen. Quoique le prince de Tcheng se fût rendu à discrétion, le roi de Tch’ou lui fit grâce et lui permit de conserver l’intégrité de ses États.

(484. ) Tous les événements auxquels Se-ma Ts’ien fait allusion brièvement dans ces pages sont racontés dans la section des Mémoires historiques intitulés Maisons héréditaires.

(485. ) Le Tso tchoan nous apprend que l’héritier présomptif, Cheou, mourut le cinquième mois, et la reine Mou le huitième mois (15e année du duc Tchao).

(486. ) Tchao était, nous dit Kia K’oei, l’aîné des fils nés de femmes secondaires.

(487. ) La vingt-cinquième année de son règne (525 av. J.-C.).

(488. ) Kai était le frère cadet de la reine Mou, qui avait été la première épouse du roi King.

(489. ) Mong était le second fils de la reine Mou, le frère de l’héritier présomptif Cheou (cf. note 485). — Les troubles qui s’élevèrent après la mort du roi King sont racontés en détail dans le Tso tchoan (23e année du duc Tchao).

(490. ) Quoiqu’il ait reçu un titre posthume, ce souverain ne figure pas dans la liste des rois de la dynastie Tcheou.

(491. ) Cette localité de Tsé devait être voisine de la capitale (Lo-yang), mais je n’ai pas pu en déterminer la situation exacte.

(492. ) Voyez le Kouo yu : Tcheou yu, 3e partie, dernier discours.

(493. ) D’après le Tso tchoan, Confucius mourut le 18e jour du 4e mois, ce jour étant désigné par les caractères cycliques ki tch’eou ; il y a d’ailleurs là une difficulté, car le jour ki tch’eou n’est pas le 18e du 4e mois cf. Legge, Tso tchoan, p. 846).

(494. ) Se-ma Ts’ien dit ici que le roi King mourut après quarante-deux ans de règne, soit en 478 avant J.-C. ; cependant, dans son tableau chronologique (chap. XIV), il lui assigne quarante-trois ans de règne et le fait donc mourir en 477 avant J. -C. — Tou Yu, dans son commentaire au Tch’oen ts-ieou, adopte le chiffre de 42 années ; mais il semble bien que ce soit une erreur de sa part et Wang Ming-cheng (Che ts’i che chang tsio, chap. III, § 9), après une longue discussion de la question se prononce en faveur du nombre 43. Il est à remarquer cependant que le T’ong kien kang mou et le T’ong kien tsi lan, se fondant sur le Tchou chou ki nien, attribuent 44 années de règne au roi King et rapportent donc sa mort à l’an 476 avant J.-C. ; cette divergence avec les données de Se-ma Ts’ien ne fausse pas cependant le reste de la chronologie, car, tandis que Se-ma Ts’ien assigne huit années de règne au roi Yuen, les ouvrages que nous venons de citer ne lui en attribuent que sept, ce qui rétablit l’accord (cf. note 500).

(495. ) D’après Se-ma Ts’ien, le successeur du roi King aurait été Jen, roi Yuen et le successeur du roi Yuen, aurait été Kié, roi Ting. Or le 21e roi de la dynastie Tcheou s’appelait déjà Ting wang ; il y aurait eu ainsi deux rois qui eurent le même titre posthume.

— D’autre part, le Che pen dit que le successeur du roi King fut Kié, roi Tcheng et que le successeur du roi Tcheng fut Tch’e, roi Yuen. Hoang-fou Mi, désireux de concilier Se-ma Ts’ien et le Che pen, assimile le roi Tcheng au roi Ting et en fait le roi Tcheng-ting, mais il conserve l’ordre de succession indiqué par le Che pen et place le roi Tcheng-ting avant le roi Yuen. Enfin les historiens modernes ont adopté la dénomination de roi Tcheng-ting forgée par Hoang-fou Mi, mais ils sont revenus à l’ordre des Mémoires historiques qui placent le roi Yuen immédiatement après le roi King. En définitive, le texte du Che pen paraît ne mériter aucune confiance et il faut adopter purement et simplement ce que nous dit Se-ma Ts’ien : le prétendu roi Tcheng-ting s’appelle en réalité le roi Ting et a le même titre posthume que l’un de ses prédécesseurs ; il est d’ailleurs le fils, et non le père, du roi Yuen (cf. Wang Ming-cheng, loc. cit.).

(496. ) Tche-po avait pour nom de famille Siun et pour nom personnel Yao ; il avait pris une influence prépondérante dans le pays de Tsin et projetait de s’emparer du gouvernement. Les chefs des trois familles Han, Tchao et Wei le prévinrent en l’assassinant ; eux-mêmes détrônèrent quelques années plus tard le dernier duc de Tsin et se partagèrent son royaume pour en faire les États de Han, de Tchao et de Wei ; ces trois États formés des débris du pays de Tsin furent appelés les trois Tsin.

(497. ) Voici, d’après le T’ong kien kang mou, quels changements s’introduisirent alors dans le royaume des Tcheou :

Le roi K’ao avait obtenu le pouvoir en assassinant son frère, qui lui-même avait tué son aîné ; il craignait que son frère cadet, Kié, ne lui fit subir le même sort ; c’est pourquoi il partagea la capitale avec lui : il lui donna la partie occidentale qui s’appelait Ho-nan (ce qui est l’origine du nom de Ho-nan que porte aujourd’hui la ville préfectorale qui s’élève en ce lieu), et il garda pour lui la partie orientale appelée Tch’eng-tcheou (cf. note 293) ou aussi ville basse ; la partie occidentale de la cité avait porté autrefois le nom de Wang-tch’eng (ville du roi) ou de Kia-jou (cf. note 282) ; c’est parce qu’il y était maître absolu que le duc Hoan donna à sa maison le nom de Tcheou occidentaux ; pour dissimuler sa demi-abdication, le roi Kao imagina de dire qu’il rétablissait au profit de son frère la situation privilégiée qu’avait eue le duc de Tcheou, au temps des roi Ou et Tch’eng. Ces faits se passaient en 441 avant J.-C.

En 376, le pouvoir royal s’étant affaibli encore davantage, le duc Hoei, des Tcheou occidentaux, chargea son fils cadet de prendre le pouvoir dans la ville orientale qui était restée jusqu’alors en possession du roi ; pour déguiser cette usurpation, il donna à son fils le titre de « celui qui est chargé du roi ». Ce fils eut le même nom posthume que son père et fut le duc Hoei, des Tcheou orientaux. La ville de Kong (aujourd’hui sous-préfecture de Kong, à l’est de la préfecture de Ho-nan) n’était pas sa résidence, mais seulement la terre dont les revenus lui appartenaient.

(498. ) Cf. note 496. — C’est à cette date de 403 que Se-ma Koang commence sa fameuse histoire intitulée T’ong kien, qui est le noyau du T’ong kien kang mou.

(499. ) Cette prédiction est assez obscure ;

— En premier lieu elle est présentée avec diverses variantes ; § ici, nous avons la leçon : après 17 ans ; § dans le chapitre XXVIII des Mémoires historiques et dans le chapitre XXV du Ts’ien Han chou, nous lisons 70 ans ; § enfin, dans le chapitre V des Mémoires historiques, nous lisons 77 ans.

— La leçon : 17 ans est la seule qui soit expliquée par les commentateurs, mais elle se prête à deux interprétations : § suivant la première, il s’écoula cinq cents ans depuis le moment où Fei-tse reçut le fief de Ts’in et acquit ainsi pour sa famille une situation indépendante des Tcheou, jusqu’à la 2e année du duc Hiao (360 av. J.-C.) : en cette année-là, le roi Hien envoya de la viande sacrée au duc Hiao et scella ainsi la réconciliation ou la réunion avec lui ; dix-sept ans après, c’est-à-dire en 343 avant J.-C., le roi Hien conféra au duc Hiao le titre d’hégémon, c’est-à-dire de chef supérieur en force à tous les autres seigneurs (cf. p. ╓303 ) ; § d’après l’autre interprétation, il s’écoula cinq cents ans depuis le moment où le duc Siang, de Ts’in, se proclama lié heou, jusqu’à la 52e année du roi Tchao, de Ts’in (255 av. J.-C.), époque où le souverain triompha complètement de la dynastie Tcheou, s’annexa la majeure partie de ses États et réunit ainsi les deux royaumes ; dix-sept ans plus tard (238 av. J.-C.), le prince Tcheng, qui devait être T’sin Che-hoang-ti, tua l’amant de sa mère et établit ainsi son autorité qui fut celle d’un roi qui s’impose par la force.

Dans les deux interprétations, le chiffre de 500 ans n’est qu’une approximation très vague.

— Dans le chapitre LXIII des Mémoires historiques, Se-ma Ts’ien cite l’opinion de certains auteurs d’après lesquels ce Tan, grand astrologue des Tcheou, ne serait autre que Lao-tse ; mais cette identification ne s’accorderait pas avec l’entrevue que Lao-tse passe pour avoir eue avec Confucius, lequel mourut en 479 avant J.-C. ; nous avons vu plus haut (note 397) que le commentateur T’ang Kou identifie au contraire Lao-tse avec Po-yang-fou qui vécut trois siècles avant Confucius.

(500. ) D’après la chronologie de Mayers, qui coïncide avec celle du XVe chapitre des Mémoires historiques , le roi Lié ne régna que sept ans et mourut donc en 369 avant J.-C. Les dates que nous avons indiquées entre parenthèses dans ce chapitre sont celles de la chronologie commune qui est exposée dans les tables de Mayers et qui ne diffère qu’en un seul point peu important (cf. note 494) de la chronologie établie par Se-ma Ts’ien lui-même dans les chapitres XIV et XV de son ouvrage ; mais si l’on s’en tenait uniquement aux Annales principales des Tcheou, il faudrait dresser une autre chronologie ; le tableau ci-dessous en rend compte :

...

Tcheou rapporte la 1e année du roi Siuen à l’an 828 avant J.-C. Or nous savons (cf. p. ╓275 ) que la 1e année du roi Siuen fut l’année qui suivit la 14e année kong ho : la 1e année kong ho coïnciderait donc avec l’année 842 avant J.-C. et non avec l’année 841 avant J.-C., comme le veut la chronologie généralement admise ; Se-ma Ts’ien en effet était indécis entre ces deux dates : le tableau chronologique des douze seigneurs commence à la 1e année kong ho et donne comme synchronisme la 5e année (841 av. J.-C.) du duc Tcheng de Lou ; mais Se-ma Ts’ien ajoute : D’après une autre autorité, c’est la 14e année (842 av. J.-C.). On le voit, la chronologie qu’on peut établir au moyen de la liste des rois Tcheou est assez différente de la chronologie vulgaire qui est fondée sur les durées des règnes des ducs de Lou. Comme la chronologie vulgaire repose sur l’autorité du Tch’oen ts’ieou, c’est elle que nous suivrons dans la pratique.

(501. ) Nan n’est pas un nom posthume, mais un simple surnom : celui qui a honte, le timide.

(502. ) On a vu (cf. note 497) que, lors du partage de la capitale entre les Tcheou occidentaux et les Tcheou orientaux, c’est ces derniers qui furent « chargés du roi ». Le roi Nan se remet maintenant entre les mains des Tcheou occidentaux.

(503. ) Tchan kouo ts’é : chap. 1er.

(504. ) Le se-ma était un haut fonctionnaire à la cour du roi de Tch’ou.

Tsien, dit le commentateur du Tchan k’ouo ts’é, avait probablement pour nom de famille Tchao.

(505. ) Le roi Hoai (328-295 av. J.-C.).

(506. ) [] désigne ici le généralissime Tsien.

(507. ) Tchang Cheou-kié dit que le roi de Tch’ou ordonna à Tsien de se rendre auprès du duc de Tcheou pour tâcher d’apprendre qui il voulait nommer héritier présomptif ; le duc le lui dit à mots couverts en demandant que le roi de Tch’ou lui donnât une terre en guise de félicitations. Dans le Tchan kouo ts’é, ces deux phrases appartiennent encore au discours de Tso Tch’eng qui est plus long que dans les Mémoires historiques.

(508. ) Aujourd’hui, sous-préfecture de I-yang, préfecture et province de Ho-nan.

(509. ) Sou Tai était originaire de Lo yang ; comme son frère aîné, Sou Ts’in (cf. Mayers, Manual, n° 626), il fut un habile machinateur de combinaisons politiques au temps des royaumes combattants.

(510. ) Se-ma Tcheng commente cette phrase en ces termes :

Sou-Tai, parlant en faveur de Tcheou au roi de Tch’ou, lui dit :

— O roi, pourquoi pensez-vous que Tcheou est du parti de Ts’in ? Tcheou n’est point en réalité du parti de Ts’in ; si maintenant Votre Majesté accuse Tcheou d’être du parti de Ts’in, Tcheou redoutera Tch’ou et ne manquera pas de s’incorporer à Ts’in, ce qui sera une calamité.

(511. ) C’est-à-dire : ils réunissent dans le langage Tcheou et Ts’in, comme si ces deux États n’en faisaient déjà plus qu’un.

(512. ) C’est-à-dire : à Tch’ou. Yng était la capitale du royaume de Tch’ou ; cette ville était à 10 li au nord de la sous-préfecture de Kiang-ling qui fait partie de la ville préfecturale de King Tcheou, province de Hou-pe.

(513. ) Tchan kouo ts’é : Tong Tcheou, § 6.

(514. ) La ville de I-yang (cf. note 508), qui était la capitale de l’État de Han, était l’objet constant des attaques du roi de Ts’in ; Lo-yang, résidence des Tcheou occidentaux et des Tcheou orientaux se trouvait placée entre les deux rivaux.

(515. ) Au duc Ou, des Tcheou occidentaux, d’après Se-ma Tcheng. Cependant le Tchan houo ts’é place ce discours dans le chapitre consacré aux Tcheou orientaux.

(516. ) Tchan kouo ts’é : Si Tcheou, § 10.

(517. ) Le Tchan kouo ts’é dit que ce discours fut adressé au roi de Wei ; en effet, la ville de Nan-yang se trouvait sur le territoire du royaume de Wei, et non dans le royaume de Han. Nan-yang correspondait à l’arrondissement de Hoai, au temps des T’ang (au sud-ouest de l’actuelle sous-préfecture de Ou-tché, préfecture de Hoai-k’ing, province de Ho-nan).

(518. ) Le Tchan kouo ts’é dit : « Pourquoi Votre Majesté ne fait-elle pas sortir des soldats devant Ho-nan ? » On a vu (note 497) que Ho-nan était la partie occidentale de la capitale et que c’est là que le roi Nan avait transporté sa résidence.

(519. ) Tchan kouo ts’é : Tong Tcheou, § 3.

(520. ) Si le roi de Han n’aide pas les Tcheou occidentaux, les Tcheou orientaux lui en sauront gré et, d’autre part, les Tcheou occidentaux, pour obtenir son appui, lui feront présent de tous leurs trésors.

(521. ) Le texte me paraît présenter ici une lacune.

(522. ) Le Kouo ti tche dit que la ville de Yong-che était à 25 li au nord-est de la sous-préfecture de Yang-ti (cf. note 446). D’après Pao Piao, ce siège eut lieu pendant la 15e année (310) du roi Nan.

(523. ) Tchan kouo ts’é : Si Tcheou, § 4.

(524. ) Cf. note 509.

(525. ) Kao-tou était une ville de l’État de Han ; d’après le Kouo ti tche, elle se trouvait à 35 li au nord de la sous-préfecture de I-k’iue (aujourd’hui sous-préfecture de Song province de Ho-nan). Le nom de I-k’iue vient de ce qu’il y avait là deux montagnes qui se faisaient vis-à-vis comme les montants d’une porte (k’iue) et qu’entre elles deux coulait la rivière I.

(526. ) Ce personnage s’appelait Kong-tchong Tch’e li. La charge de conseiller d’État était une institution administrative du pays de Ts’in, mais la plupart des seigneurs avaient imité les princes de Ts’in et avaient aussi leurs conseillers d’État.

(527. ) Se-ma Tcheng dit que [] est ici le synonyme de arrêter.

(528. ) Tcheou se décidera entre Ts’in et Han, les deux rivaux qui cherchaient chacun de leur côté à gagner son appui.

(529. ) Le Tchan kouo ts’é présente ici une variante intéressante ; il écrit : il brûlera les lettres de créance (des envoyés) de Tcheou.

(530. ) Tchan kouo ts’é : Si Tcheou, § 6.

(531. ) Sou Li était, comme Sou Tai, frère cadet de Sou Ts’in. — Le discours qui va suivre est le sixième paragraphe du chapitre consacré aux Tcheou occidentaux, d’après la table des matières du Tchan kouo ts’é, mais il n’occupe en fait que la onzième place dans le texte de ce chapitre. De pareilles anomalies sont assez fréquentes dans le Tchan kouo ts’é ; nous indiquerons toujours le numéro d’ordre de la table des matières.

(532. ) Che Ou était un général du pays de Wei que Po Ki avait battu en 293 avant J.-C à I-k’iue (cf. p. 309, n. 4). Le nom de ce personnage est écrit par le Tchan kouo ts’é. — Sur les pays de Han et de Wei, cf. Mém. hist., chapitres XLV et XLIV.

(533. ) La ville de Li-che fut une sous-préfecture sous plusieurs dynasties ; aujourd’hui, elle se trouve sur le territoire de la préfecture secondaire de Yong-ning, préfecture de Fen-tcheou, province de Chān-si.

— La ville de Lin était fort voisine de celle de Li-che.

(534. ) Dans le Tchan kouo ts’é, le mot Ts’in, qui est en tête de la phrase dans Se-ma Ts’ien, est supprimé. Le pronom relatif domine alors tout ce qui le précède et rend la construction plus régulière : Celui qui a écrasé Han et Wei, qui a battu Che-ou, qui, au nord .... celui qui a fait tout cela, c’est Po K’i.

(535. ) Sur Po K’i, prince de Ou ngan, et général du roi de Ts’in, cf. Mém. hist., chap. LXXIII.

(536. ) De la frontière ou de la barrrière de I-k’iue (cf. note 525).

(537. ) Leang était un petit État dont le centre se trouvait à Han-tch’eng, dans le Chàn-si.

(538. ) Yang Yeou-ki avait été général du roi Kong de Tch’ou (590-560 av. J.-C.).

(539. ) L’apologue est terminé et envoyé supposé du prince Tcheou s’adresse maintenant à Po K’i.

(540. ) Tchan kouo ts’é.

(541. ) D’après le Kouo ti tche, la ville de Hoa-yang était à 40 li au sud de la sous-préfecture de Koan-tch’eng.

Koan-tch’eng n’est plus aujourd’hui qu’un relais de poste, non loin de la préfecture secondaire de Tcheng, province de Ho-nan.

Hoa-yang appartenait à l’État de Wei ; le roi de Ts’in l’attaqua et la prit, au mépris des traités.

(542. ) Cf. note 537.

(543. ) Il faut entendre cette phrase au figuré : Ts’in, ayant pris la ville de Hoa-yang, se trouve fort près de Tcheou et le menace ; Tcheou, comme nous dirions en langage vulgaire, est donc bien malade. Ma Fan dit au roi de Leang qu’il craint d’être enveloppé dans la ruine de la maison des Tcheou ; il feint d’être traître à son pays et propose au roi de lui donner les neuf trépieds, gages de la suzeraineté sur l’empire, à la condition que le roi avisera aux moyens de le sauver, lui, Ma Fan ; en réalité, comme on le verra plus loin, il ne cherche qu’à duper le roi de Leang.

(544. ) Dans l’idée du roi de Leang, ces soldats étaient destinés à prêter main-forte à Ma Fan qui, au moment où le prince de Tcheou serait dans une situation critique, s’emparerait des neuf trépieds et se réfugierait dans le pays de Leang.

(545. ) Se-ma Tcheng dit : Leang méditait en réalité de s’emparer des neuf trépieds des Tcheou, mais il feignait de n’envoyer des soldats que pour tenir garnison à Tcheou et pour avoir avec lui des rapports cordiaux. Ts’in fit avancer ses soldats dans l’intention d’attaquer Tcheou (on a vu que c’était une ruse suggérée par Ma Fan lui-même au roi de Ts’in, afin que ce dernier pût s’assurer des vrais sentiments du prince de Leang) ; Leang ne vint pas au secours de Tcheou ; ce fut la preuve qu’il ne prenait pas en main les intérêts de Tcheou, mais qu’il désirait seulement que Tcheou fût en péril afin de s’emparer des neuf trépieds.

— C’est pourquoi les seigneurs se mirent à suspecter Leang ; (afin de dissiper ces soupçons) et de cacher son vrai projet, le roi de Leang n’eut rien de mieux à faire que d’ordonner à ses soldats de construire un rempart pour le compte de Tcheou.

(546. ) Tchan kouo ts’é : Si Tcheou, § 5.

(547. ) Le caractère se prononce ici siu, d’après Se-ma Tcheng. Tcheou Siu était un membre de la famille princière des Tcheou.

(548. ) Le Tchan kouo ts’é écrit Yuen au lieu de Yng ; mais c’est la leçon de Se-ma Ts’ien qui est la bonne. La ville de Yng était autrefois une principauté ; elle se trouvait non loin de la sous-préfecture actuelle de , préfecture de Nan-yang, province de Ho-nan.

(549. ) C’était la reine-douairière Siuen, mère du roi Tchao.

(550. ) Le mot [] = rapports, ne me paraît avoir ici aucun sens. Dans le Tchan kouo ts’é, il est absent et le discours devient aussitôt beaucoup plus clair ;

voici le résumé de l’argumentation, si on se conforme au texte du Tchan kouo ts’é :

en faisant ce présent à la reine-mère, vous obtiendrez Ts’in, c’est-à-dire vous jouirez de sa faveur. Or il est essentiel pour vous que vous gagniez cette faveur, car alors le prince de Tcheou vous sera reconnaissant des bons rapports que vous lui assurerez avec Ts’in ;

si, au contraire, vous ne faites rien pour capter les bonnes grâces de Ts’in, les rapports entre Ts’in et Tcheou seront mauvais, et, comme Tcheou est le plus faible, il risquera d’être annexé par Ts’in : vous serez coupable d’avoir contribué à ce désastre.

Faites donc ce présent à la reine-mère.

(551. ) Tchan kouo ts’é : Si Tcheou, § 13.

(552. ) Le territoire des Tcheou est fort peu étendu et par conséquent Ts’in n’a pas grand profit à le conquérir. D’autre part, les Tcheou représentent la monarchie du droit divin, et les attaquer est un crime ; quand Ts’in aura vaincu les Tcheou, il aura en réalité abaissé sa propre puissance aux yeux de l’empire.

(553. ) Tchan kouo ts’é : Tong Tcheou, § 19.

(554. ) Les royaumes de Han, Tchao et Wei formée des débris de celui de Tsin.

(555. ) C’est-à-dire : chez les trois royaumes qui s’étaient ligués contre Ts’in.

(556. ) Siu Koang dit que le caractère [] est ici l’équivalent du caractère [] ; c’est donc le même Tcheou Siu dont il a été question plus haut (cf. note 545). Grâce au conseiller d’État, Tcheou sera honoré par Ts’in ; grâce à Tcheou Siu, il a déjà obtenu la faveur de Ts’i ; il pourra donc maintenir de bonnes relations avec les deux puissants rivaux. Dans le texte du Tchan kouo ts’é, il n’est plus question de Tcheou Siu = l’estime de Ts’i est depuis longtemps acquise à Tcheou ; vous vous êtes donc déjà gagné Ts’i.

(557. ) Cette dernière phrase ne se trouve pas dans le Tchan kouo ts’é.

(558. ) Fou-chou appartenait autrefois à l’État de Tcheou, comme l’atteste un texte du Tso tchoan cité par Tchang Cheou-kié. Mais, au temps dont parle Se-ma Ts’ien, cette localité faisait partie du royaume de Han. Elle se trouvait à 35 li au sud-ouest de la ville de Yang-tch’eng qui est aujourd’hui encore une sous-préfecture dépendant de la préfecture de Tsé-tcheou, province de Chān-si.

(559. ) Nous rencontrons ici pour la première fois, dans le sens particulier qu’il eut au temps des royaumes combattants, le mot tsong ;

d’une manière générale, le mot tsong désigne les coalitions formées par les seigneurs contre Ts’in, tandis que le mot heng désigne les efforts fait par Ts’in contre le reste des seigneurs.

Les commentateurs expliquent pourquoi ces mots ont pris ce sens : § Wen Yng dit : A l’est des passes (les passes montagneuses qui limitaient le pays de Ts’in à l’est), c’est tsong ; à l’ouest des passes, c’est heng. § Mong Kang dit : Du nord au sud, c’est tsong ; de l’est à l’ouest, c’est heng. § Se-ma Tcheng concilie ces deux opinions en disant : A l’est des passes, le territoire était long du nord au sud ; la longueur est ce qu’exprime le mot tsong ; les six royaumes (Yen, Tchao, Han, Wei, Ts’i et Tch’ou) demeuraient tous là ; à l’ouest des passes, le territoire était large de l’ouest à l’est ; la largeur est ce qu’exprime le mot heng ; Ts’in était seul à demeurer là.

(560. ) Cf. note 525.

(561. ) D’après Se-ma Tcheng, c’était le duc Ou.

(562. ) C’était le duc Wen, fils aîné du duc Ou.

— D’après le Kouo ti tche, Tan-hou était un village à 15 li au sud-ouest de la sous-préfecture de Leng ; celle-ci n’existe plus aujourd’hui en tant que sous-préfecture, mais elle se trouvait à 40 li à l’ouest de la préfecture secondaire de Jou, province de Ho-nan.

(563. ) A Lo-yang (aujourd’hui Ho-nan-fou).

(564. ) Cf. p. ╓243 .

(565. ) Cf. p. ╓247 .

(566. ) Cf. notes 145 et 247.

(567. ) Cf. p. ╓285 .

(568. ) D’après le T’ong hien tsi lan, la sépulture du duc de Tcheou est au nord-est de la sous-préfecture de Hien-yang, préfecture de Si-ngan, province de Chàn-si. Pi est aussi le lieu où fut, dit-on, enterré le roi Wen (cf. note 157). Sur la ville de Hao, cf. note 247.

(569. ) L’empereur Ou, en l’an 113 avant J.-C., prit la mesure dont parle Se-ma Ts’ien. Cf. ma première traduction du Traité sur les sacrifices fong et chan, p. 59.

(570. ) Ho-nan, aujourd’hui Ho-nan-fou, est l’ancienne ville de Lo-yang.

(571. ) Le commentateur du Ts’ien Han chou qu’on désigne par son nom personnel, Tsan, veut que Tse-nan soit un nom de famille : Mais Se-ma Tcheng fait remarquer que tous les descendants de Kia eurent pour nom de famille Ki (l’ancien nom de clan des Tcheou) ; il se range donc à l’opinion de Yen Che-kou, d’après qui Tse-nan est le nom de la terre qui fut donnée au descendant des Tcheou.




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