Mémoires historiques/34

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Maisons héréditaires
Quatrième maison
Le duc de Chao, prince de Yen

CHAPITRE XXXVI

Quatrième maison héréditaire

Le duc de Chao, prince de Yen


p.133 Che, duc de Chao (101), avait le même nom de clan que les Tcheou ; son nom de clan était Ki. Lorsque le roi Ou, de (la dynastie) Tcheou, eut anéanti Tcheou, il donna en fief au duc de Chao le Yen septentrional (102). A l’époque du roi Tch’eng, le duc de Chao fut un des trois ducs (du palais) ; à l’ouest de Chàn (103), c’était le duc de Chao qui p.134 dominait ; à l’est de Chàn, c’était le duc de Tcheou qui dominait. Comme le roi Tch’eng était jeune, le duc de Tcheou exerça provisoirement le gouvernement ; il dirigea l’État et monta par les escaliers de l’est (104). Le duc de Chao le soupçonna (105), (et c’est à cette occasion que) fut composé (l’écrit intitulé) « le prince Che ». Le prince Che  n’étant pas content du duc de Tcheou, celui-ci lui dit :

— [(106) Au temps de T’ang, il y eut I Yu qui le rendit l’égal (107) du Ciel souverain ; au temps de T’ai-meou, il y eut (les hommes tels que I Che et Tch’en Hou qui le rendirent l’égal de l’Empereur d’en haut ; Ou Hien (108) dirigea la maison royale. Au temps de Tsou-i, il y eut un homme tel que Ou Hien. Au temps de Ou-ting, il y eut un homme tel que Kan P’an. Si on passe en revue tous ces (ministres), (on voit qu’ils firent une bonne organisation, qu’ils protégèrent et réglèrent l’empire des Yn.] 

Alors le duc de Chao fut satisfait.

En gouvernant la région occidentale, le duc de Chao obtint au plus haut point la concorde dans une population qui se comptait par millions ; le duc de Chao parcourait, pour les inspecter, les cantons et les localités ; il y avait un sorbier au pied duquel il tranchait les p.135 procès et les affaires de gouvernement (109) ; depuis les marquis et les comtes jusqu’aux hommes de la plèbe, chacun obtenait ce à quoi il avait droit ; il n’était personne qui manquât à ses fonctions ; quand le duc de Chao mourut (110), les gens du peuple songèrent au bon gouvernement du duc de Chao, et, chérissant le sorbier, ne se permirent pas de le couper ; ils firent un chant pour le célébrer et composèrent la poésie du sorbier (111).

A partir du duc de Chao, il y eut neuf règnes jusqu’au marquis Hoei. L’époque du marquis Hoei, de Yen, correspond à celle où le roi Li s’enfuit à Tche et où eut lieu  la régence) kong-ho (112). Le marquis Hoei mourut ; son fils, le marquis Hi, prit le pouvoir. En cette année (827), le roi Siuen, de (la dynastie) Tcheou, monta sur le trône. — La vingt et unième année (806) du marquis Hi, le duc Hoan, de Tcheng, reçut le fief de Tcheng. — La trente-sixième année (791), le marquis Hi mourut ; son fils, le marquis K’ing, prit le pouvoir. — La vingtième année (771) du marquis K’ing, le roi Yeou, de (la dynastie) Tcheou, se livra à la débauche et aux désordres et fut tué par les K’iuen-jong ; Ts’in, pour la première fois, fut mis au rang des seigneurs. — La vingt quatrième année (767), le marquis K’ing mourut ; son fils, le marquis Ngai, prit le pouvoir. — Le marquis Ngai mourut après deux ans de règne (765) ; son fils, le marquis Tcheng, prit le pouvoir. — Le marquis Tcheng mourut après p.136 trente-six ans de règne (729) ; son fils, le marquis Mou, prit le pouvoir. — La septième année (722) du marquis Mou est la première année du duc Yn, de Lou. (Le marquis Mou) mourut après dix-huit ans de règne (711) ; son fils, le marquis Siuen, prit le pouvoir. — Le marquis Siuen mourut après treize ans de règne (698) ; son fils, le marquis Hoan, prit le pouvoir. — Le marquis Hoan mourut après sept ans de règne (691) ; son fils, le duc Tchoang, prit le pouvoir.

La douzième année (679) du duc Tchoang, le duc Hoan, de Ts’i, eut pour la première fois l’hégémonie. — La seizième année (675), (le duc Tchoang) s’allia (aux princes de) Song et de Wei pour attaquer le roi Hoei, de (la dynastie) Tcheou ; le roi Hoei sortit (de sa capitale) et s’enfuit à Wen (113) ; on nomma roi de Tcheou T’oei, frère cadet du roi Hoei. — La dix-septième année (674), le prince de Tcheng s’empara de Tchong-fou, (du pays) de Yen (114) et réintégra le roi Hoei dans (la capitale des) Tcheou. — La vingt-septième année (664), les Chan-Jong envahirent notre territoire ; le duc Hoan, de Ts’i, secourut Yen ; il mit en déroute et battit les Chan-Jong, puis s’en retourna ; le prince de Yen accompagna le duc Hoan, de Ts’i, au-delà de ses frontières ; c’est pourquoi le duc Hoan détacha et donna à Yen tout le territoire jusqu’où était arrivé (le prince de) Yen (115) ; il obtint que (le prince de) Yen payât p.137 avec respect le tribut au Fils du Ciel, comme il en avait l’obligation au temps de l’apogée des Tcheou ; il obtint que (le prince de) Yen remit en honneur les règles (auxquelles s’était conformé) le duc de Chao. La trente-troisième année (658), (le duc Tchoang) mourut ; son fils, le duc Siang, prit le pouvoir.

La vingt-sixième année (632) du duc Siang, le duc Wen, de Tsin, convoqua une assemblée de seigneurs à Tsien-t’ou (116) et se proclama hégémon. — La trente et unième année (627), les troupes de Ts’in furent battues à Hiao (117). — La trente-septième année (621), le duc Mou, de Ts’in, mourut. — La quarantième année (618), le duc Siang mourut. Le duc Hoan prit le pouvoir. — Le duc Hoan mourut après seize ans de règne (602). Le duc Siuen prit le pouvoir. — Le duc Siuen mourut après quinze ans de règne (587). Le duc Tchao prit le pouvoir. — Le duc Tchao mourut après treize ans de règne (574). Le duc Ou prit le pouvoir. En cette année (574), Tsin anéantit les trois grands officiers du clan K’i (118). — Le duc Ou mourut après dix-neuf ans de règne (555). Le duc Wen prit le pouvoir. — Le duc Wen mourut après six ans de règne (549). Le duc I prit le pouvoir. — La première année (548) du duc I, Ts’oei Tchou, (du pays) de Ts’i, assassina son prince, le duc Tchoang. La quatrième année (545), (le duc I) mourut. Son fils, le duc Hoei (119), prit le pouvoir.

p.138 La première année (544) du duc Hoei, Kao Tche, (du pays) de Ts’i, vient se réfugier (à Yen). — La sixième année (539) (survinrent les événements suivants) : le duc Hoei avait un grand nombre de femmes qui étaient ses favorites ; le duc voulut renvoyer tous ses grands officiers et donner le pouvoir à sa femme favorite, Song (120) ; les grands officiers s’unirent pour exterminer la femme Song (et sa parenté). Le duc Hoei, saisi de peur, s’enfuit à Ts’i. Quatre ans plus tard (536), Kao Yen (du pays) de Ts’i, se rendit (auprès du prince de) Tsin et lui proposa de s’unir (à Ts’i) pour attaquer (les gens de) Yen et faire rentrer leur prince ; le duc P’ing, de Tsin, y consentit ; en compagnie de Ts’i, il attaqua (les gens de) Yen et fit rentrer le duc Hoei ; arrivé à Yen, le duc Hoei mourut. (Les gens de) Yen mirent sur le trône le duc Tao.

Le duc Tao mourut dans la septième année de son règne (529). Le duc Kong prit le pouvoir. — Le duc Kong mourut dans la cinquième année de son règne (524). Le duc P’ing prit le pouvoir. — La maison ducale de Tsin s’affaiblit ; les six hauts dignitaires commencèrent à devenir puissants et à grandir. La dix-huitième année (506) du duc P’ing, le roi de Ou, Ho-lu, écrasa Tch’ou et pénétra dans Yng (121). La dix-neuvième année (505), (le duc P’ing) mourut. Le duc Kien prit le pouvoir. — Le duc Kien mourut dans la douzième année de son règne (493). Le duc Hien prit le pouvoir. — (Dans le pays de) Tsin, Tchao Yang assiégea Fan et Tchong-hang à Tchao-ko (122). — La douzième année (481) du duc Hien, T’ien Tch’ang (du p.139 pays) de Ts’i, assassina son prince, le duc Kien. — La quatorzième année (479), K’ong-tse mourut. — La vingt-huitième année (465), le duc Hien mourut. Le duc Hiao prit le pouvoir. — La douzième année (453) du duc Hiao, Han, Wei et Tchao anéantirent Tche-po et se partagèrent son territoire (123) ; les trois Tsin devinrent puissants. — La quinzième année (450), le duc Hiao mourut. Le duc Tch’eng prit le pouvoir. — Le duc Tch’eng mourut dans la seizième année de son règne (434). Le duc Min prit le pouvoir. — Le duc Min mourut dans la trente et unième année de son règne (403). Le duc Hi prit le pouvoir. — En cette année, les trois Tsin furent mis au rang des seigneurs. — La trentième année (373) de son règne, le duc Hi attaqua Ts’i et le battit à Lin-yng. Le duc Hi mourut. Le duc Hoan prit le pouvoir. — Le duc Hoan mourut après onze ans de règne (362). Le duc Wen prit le pouvoir. En cette année, le duc Hien, de Ts’in, mourut ; Ts’in devint de plus en plus puissant.

La dix-neuvième année (343) du duc Wen, le roi Wei, de Ts’i, mourut. — La vingt-huitième année (334), Sou Ts’in (124) vint pour la première fois et fut reçu en audience ; il conseilla le duc Wen ; le duc Wen lui donna des chars, des chevaux, de l’or et des pièces de soie pour qu’il allât à Tchao ; le marquis Sou, de Tchao, se servit de lui et put ainsi réunir par une convention les six royaumes en une ligue du nord au sud (125) dont il fut le chef. Le roi Hoei, de Ts’in, donna sa fille en mariage à l’héritier présomptif de Yen. — La vingt-neuvième année (333), le p.140 duc Wen mourut. L’héritier présomptif prit le pouvoir ; ce fut le roi I.

Dès que le roi I eut pris le pouvoir, le roi Siuen, de Ts’i, profita du deuil de Yen pour nous attaquer et nous prendre dix villes. Sou Ts’in conseilla (le roi de) Ts’i et lui fit rendre les dix villes de Yen. — La dixième année (323), le prince de Yen devint roi. Sou Ts’in eut des rapports secrets avec la femme du duc Wen, de Yen ; craignant d’être mis à mort, il conseilla au roi de l’envoyer à Ts’i pour espionner l’ennemi ; il voulait ainsi jeter la désunion dans (le pays de) Ts’i. — Le roi I monta sur le trône. Il mourut dans la douzième année de son règne (321). Son fils, K’oai, (roi de) Yen, prit le pouvoir.

[(126) Quand K’oai, (roi de) Yen, eut pris le pouvoir, les gens de Ts’i tuèrent Sou Ts’in. Au temps où Sou Ts’in se trouvait dans (le pays de) Yen, un mariage l’avait apparenté avec Tse Tche, conseiller de ce pays ; aussi Sou Tai (127) fut-il en relations d’amitié avec Tse Tche. Quand Sou Ts’in mourut, le roi Siuen, de Ts’i, prit encore à son service Sou Tai. — La troisième année (318), K’oai, (roi de) Yen, s’allia à Tch’ou et aux trois Tsin pour attaquer Ts’in ; il ne fut pas vainqueur et s’en retourna. — Tse Tche était conseiller de Yen ; il était honoré et puissant ; son autorité décidait de tout. Sou Tai fut envoyé à Yen par (le roi de) Ts’i. Le roi de Yen lui demanda :

— Que pensez-vous du roi de Ts’i ? 

Il répondit :

— Assurément, il n’aura pas l’hégémonie.

— Pourquoi cela ?, demanda le roi de Yen.

— Parce qu’il n’a pas confiance dans ses p.141 ministres, répondit Sou Tai qui voulait ainsi exciter le roi de Yen à honorer Tse Tche.

Alors le roi de Yen eut la plus grande confiance en Tse Tche. A cause de cela, Tse Tche fit à Sou Tai un présent de cent livres (128) d’or, et suivit les conseils de Mao Cheou, de Lou (129), qui lui avait été envoyé (par Sou Tai) ; (Mao Cheou) dit au roi de Yen :

— Le mieux serait pour vous de céder votre royaume au conseiller Tse Tche. Les hommes louent la sagesse de Yao parce qu’il céda l’empire à Hiu Yeou (129e) ; Hiu Yeou ne l’accepta pas ; (Yao) eut la réputation (d’un homme qui aurait) cédé l’empire, et en réalité il ne perdit pas l’empire. Maintenant, si Votre Majesté cède son royaume à Tse Tche, Tse Tche certainement ne l’acceptera pas. Ainsi Votre Majesté aura eu la même conduite que Yao.

Le roi de Yen remit donc son royaume à Tse Tche ; Tse Tche prit une grande importance.

Quelqu’un dit :

— Yu présenta I (au Ciel) (130) ; mais ensuite il nomma officiers des gens dévoués à K’i (131). Quand il fut vieux, estimant que K’i n’était pas digne qu’on lui p.142 confiât la charge de l’empire, il transmit (l’empire) à I ; mais ensuite K’i, avec ses partisans, attaqua I et le dépouilla ; tout l’empire dit que Yu avait prétendu transmettre l’empire à I, mais ensuite que, de fait, il avait engagé K’i à s’en emparer lui-même. Maintenant, Votre Majesté dit qu’elle a remis son royaume à Tse Tche ; mais il n’est aucun des officiers qui ne soit dévoué à l’héritier présomptif ; ainsi, de nom, (le royaume) est remis à Tse Tche, mais en réalité c’est l’héritier présomptif qui dirige les affaires. 

A la suite de cela, le roi reprit les sceaux de tous les officiers payés trois cents che ou davantage et les remit à Tse Tche (132). Tse Tche se tournait du côté du sud et accomplissait les actes royaux ; cependant K’oai était vieux, ne s’occupait plus du gouvernement, et, contrairement à ce qui aurait dû être, se comportait comme un sujet. Toutes les affaires d’État étaient décidées par Tse Tche.

Trois ans plus tard (314), le royaume fut fort troublé ; les cent familles furent dans l’affliction et dans la crainte. Le général Che Pei et l’héritier présomptif P’ing complotèrent dans l’intention d’attaquer Tse Tche. Tous les généraux du roi Min, de Ts’i, lui dirent :

— Profitez de cette occasion pour y aller ; vous écraserez sûrement Yen.

Le roi de Ts’i ordonna donc à des gens d’aller dire à P’ing, héritier présomptif de Yen :

— J’ai entendu parler de votre justice ; je me propose de détruire les intérêts privés et de maintenir ce qui est pour le bien p.143 public, de raffermir la juste loi (qui détermine) qui est prince et qui est sujet, de mettre en lumière les positions normales du père et du fils (133). Mais mon royaume est petit ; il est incapable de se mettre à la tête du mouvement (134). Cependant, il se conformera aux ordres que vous donnerez, ô héritier présomptif.

Alors l’héritier présomptif requit son parti et rassembla la foule des siens ; le général Che Pei cerna le palais ducal et attaqua Tse Tche ; n’ayant pas eu l’avantage, le général Che Pei et le peuple se retournèrent contre l’héritier présomptif P’ing qu’ils attaquèrent. Le général Che Pei fut tué avec ceux qui le suivirent dans la mort ; ainsi des difficultés furent suscitées pendant plusieurs mois ; ceux qui périrent furent au nombre de plusieurs myriades ; la multitude était frappée d’affliction et de crainte ; les cent familles étaient divisées d’opinion. Mong K’o dit au roi de Ts’i :

— Maintenant, attaquez Yen (135) ; c’est là une époque (semblable à celle dont profitèrent les rois) Wen et Ou ; il ne faut point la laisser échapper (136).

Le roi ordonna p.144 donc à (K’oang) Tchang-tse (137) de se mettre à la tête des soldats des cinq capitales (138) et de se servir de la population de la région septentrionale (139), pour attaquer Yen ; les troupes ne livrèrent point bataille ; les portes des remparts ne furent point fermées ; K’oai, prince de Yen, mourut ; Ts’i remporta une grande victoire sur Yen ; Tse Tche s’enfuit. Deux ans plus tard (312), les gens de Yen s’entendirent pour mettre sur le trône l’héritier présomptif P’ing ; ce fut le roi Tchao de Yen.]

[Quand le roi Tchao, de Yen, eut pris le pouvoir après l’écrasement de Yen, il humilia sa personne et fit de riches présents afin d’attirer à lui les sages ; il dit à Kouo Wei :

— Ts’i a profité des troubles de mon royaume pour attaquer à l’improviste et écraser Yen ; je sais parfaitement que Yen est petit, que ses forces sont restreintes et qu’il n’est pas de taille à se venger. Si cependant je puis réellement trouver des hommes sages, je les ferai participer au gouvernement de l’État afin de laver l’affront qui a été infligé au roi mon prédécesseur ; tel est mon désir. Maître, faites-moi connaître qui sont les hommes capables, afin que je m’assure de leurs personnes et que je les serve.

Kouo Wei dit :

— Si Votre Majesté est bien résolue à faire venir auprès d’Elle les hommes de valeur, qu’Elle commence par moi, (Kouo) Wei ; (si on me voit honoré), à plus forte raison comment ceux qui sont plus sages que moi resteraient-ils à mille li loin de vous ? 

Alors le roi Tchao bâtit un palais pour (Kouo) Wei ; il le traita comme son maître et le servit. p.145 Yo I vint (du pays) de Wei ; Tseou Yen vint (du pays) de Ts’i ; Ki Sin vint (du pays) de Tchao ; les hommes de valeur à l’envi accouraient à Yen. Le roi de Yen s’affligeait sur les morts, s’informait (des besoins) des orphelins et participait aux joies et aux douleurs du peuple.

La vingt-huitième année (284), le royaume de Yen se trouva prospère et puissant ; officiers et soldats se plaisaient à surpasser les autres et envisageaient avec allégresse les combats. Alors donc (le roi Tchao) nomma Yo I général en chef ; il concerta ses plans avec Ts’in, Tch’ou et les trois Tsin pour attaquer Ts’i ; les soldats de Ts’i furent battus ; le roi Min sortit (de son pays) et s’enfuit à l’étranger ; les soldats de Yen s’acharnèrent à poursuivre ceux qu’ils avaient vaincus ; ils arrivèrent à Lin-tse où ils pénétrèrent ; ils prirent tous les objets précieux (du roi) de Ts’i et brûlèrent ses palais et son temple ancestral. Des villes de Ts’i, il n’y eut que Leao (140), Kiu (141) et Tsi-mo (142) qui ne se soumirent pas] ; toutes les autres furent dépendantes de Yen. Six ans plus tard, le roi Tchao mourut dans la trente-troisième année de son règne (279). Son fils, le roi Hoei, prit le pouvoir.

Au temps où le roi Hoei n’était encore qu’héritier présomptif, il avait eu un dissentiment avec Yo I ; puis, quand il eut pris le pouvoir, il se défia de (Yo) I et envoya Ki Kie le remplacer dans son commandement. Yo I s’enfuit et se rendit à Tchao. T’ien Tan, de Ts’i, s’appuyant sur (la ville de) Tsi-mo, attaqua et battit l’armée de Yen ; Ki Kie périt ; les soldats de Yen opérèrent leur retraite ; Ts’i reprit toutes les villes qui lui appartenaient auparavant. Le roi Min étant mort à Kiu, on mit p.146 sur le trône son fils, qui fut le roi Siang. — Le roi Hoei mourut dans la septième année de son règne (272).

Han, Wei et Tch’ou attaquèrent ensemble Yen. Le roi Ou-tch’eng, de Yen, prit le pouvoir. — La septième année (265) du roi Ou-tch’eng, T’ien Tan, de Ts’i, nous attaqua et prit (la ville de) Tchong-yang. — La treizième année (259) (143), Ts’in battit Tchao à Tch’ang p’ing (144) (et fit périr) (145) plus de quatre cent mille hommes. — La quatorzième année (258), le roi Ou-tch’eng mourut. Son fils, le roi Hiao, prit le pouvoir.

La première année (257) du roi Hiao, les troupes de Ts’in qui assiégeaient Han-tan quittèrent la place et s’en allèrent. La troisième année (255), (le roi Hiao) mourut. Son fils, le roi actuel (146) Hi, prit le pouvoir.

La quatrième année (251) du roi actuel Hi, le roi Tchao, de Ts’in, mourut. [(147) Le roi de Yen ordonna à son conseiller Li Fou d’aller contracter amitié avec Tchao et d’offrir en cadeau gracieux cinq cents livres d’or au roi de Tchao (147e). (Li Fou) revint faire son rapport au roi de Yen, disant :

— (Des sujets) du roi de Tchao, ceux qui étaient dans la force de l’âge sont tous morts à Tch’ang p’ing ; leurs orphelins ne sont pas encore des hommes faits ; on peut les attaquer.

Le roi manda Yo Kien (148), prince de Tch’ang-kouo et l’interrogea à ce sujet. Il répondit :

— Tchao est un pays qui a à batailler sur ses quatre côtés (149) ; son peuple est exercé aux armes ; on ne p.147 saurait l’attaquer (150).

Le roi dit :

— Nous combattrons cinq contre un.

(Yo Kien) répondit :

— C’est impossible.

Le roi de Yen s’irrita et tous ses ministres estimèrent que la chose était possible. En définitive, il mit en campagne deux armées et deux mille chars de guerre ; Li Fou les commandait et attaqua (la ville de) Hao (151) ; K’ing Ts’in (152) attaqua Tai (153). Seul cependant le grand officier Tsiang K’iu dit au roi de Yen :

— Entretenir des relations avec des gens et contracter union avec eux, donner un pot-de-vin de cinq cents livres d’or au roi de ces gens, puis, lorsque votre envoyé a fait son rapport, vous retourner contre eux et les attaquer, c’est une conduite qui ne porte pas bonheur. Vos soldats ne réussiront pas.

Le roi de Yen ne l’écouta pas ; il prit en personne le commandement d’une des ailes de l’armée et suivit (les troupes). Tsiang K’iu arrêta le roi de Yen en le tirant par le cordon le son sceau et lui dit :

— O roi, gardez-vous d’aller en personne ; si vous allez, vous ne réussirez pas.

Le roi lui donna des coups de pied. Tsiang K’iu dit en pleurant :

— Ce n’est pas dans son intérêt qu’agit votre sujet ; c’est dans l’intérêt du roi.

L’armée de Yen arriva à Song-tse (154). (Le roi de) Tchao envoya Lien P’o à la tête de ses troupes ; (Lien P’o) attaqua et écrasa Li Fou à Hao ; il écrasa K’ing Ts’in et Yo Tch’eng à Tai (154e) ; Yo Kien s’enfuit (dans le pays de) Tchao. p.148 Lien P’o poursuivit (les troupes de Yen) à une distance de cinq cents li et assiégea (la capitale de) ce royaume. Les gens de Yen implorèrent un arrangement ; les gens de Tchao n’y consentirent pas ; ils voulurent absolument que Tsiang K’iu traitât de la paix ; le conseiller de Yen, Tsiang K’iu traita de la paix ; Tchao écouta (les propositions de) Tsiang K’iu et leva le siège de (la capitale de) Yen.

La sixième année (249), Ts’in anéantit les Tcheou orientaux et les Tcheou occidentaux ; il établit la commanderie de San-tch’oan (155). — La septième année (248), Ts’in s’empara de trente-sept villes de Tchao, parmi lesquelles se trouvait celle de Yu-ts’e (156) ; Ts’in établit la commanderie de T’ai-yuen. — La neuvième année (246), Tcheng (157), roi de Ts’in, commença à régner. — La dixième année (245), (le roi de) Tchao envoya Lien P’o, à la tête d’une armée, attaquer (la ville de) Fan-yang (158) ; il s’en empara. Le roi Hiao-tch’eng, de Tchao, mourut. Le roi Tao-siang prit le pouvoir ; il envoya Yo Tch’eng remplacer Lien P’o. Lien P’o se refusa (à céder son commandement) et attaqua Yo Tch’eng ; Yo Tch’eng se retira ; Lien P’o s’enfuit à Ta-leang (159). — La douzième année (243), (le roi de) Tchao envoya Li Mou attaquer Yen ; il prit (les villes de) Ou-soei (160) et Fang-tch’eng (161).

p.149 Ki Sin avait auparavant résidé dans (le pays de) Tchao et avait eu de bons rapports avec P’ang Hiuen ; ensuite cependant il était venu se réfugier dans (le pays de) Yen. Voyant que Tchao avait été plusieurs fois mis à mal par Ts’in, et que, après le départ de Lien P’o, (le roi de Tchao) avait ordonné à P’ang Hiuen (161e) de prendre le commandement, (le roi de) Yen voulut profiter de la mauvaise situation dans laquelle se trouvait Tchao pour l’attaquer ; il demanda son avis à Ki Sin qui lui dit :

— P’ang Hiuen est un homme qu’il est facile d’égaler.

(Le roi de) Yen chargea Ki Sin de se mettre à la tête des troupes et d’attaquer Tchao ; (le roi de) Tchao envoya P’ang Hiuen le combattre ; il prit vingt mille hommes de l’armée de Yen et tua Ki Sin.

Ts’in s’empara de vingt villes (du pays) de Wei et établit la commanderie orientale. — La dix-neuvième année (236), Ts’in s’empara de neuf villes de Tchao, parmi lesquelles était celle de Ye (162). — Le roi Tao-siang, de Tchao, mourut. La vingt-troisième année (232), l’héritier présomptif Tan, qui était en otage dans (le pays de Ts’in) s’enfuit et revint à Yen. — La vingt-cinquième année (230), Ts’in fit prisonnier Ngan, roi de Han, et anéantit sa maison ; il établit la commanderie de Yng-tch’oan (163). — La vingt-septième année (228), Ts’in fit prisonnier Ts’ien, roi de Tchao, et anéantit (le royaume de) Tchao. Kia, fils du duc de Tchao, se nomma lui-même roi de Tai.

(Le roi de) Yen vit que Ts’in allait anéantir les six royaumes, que les soldats de Ts’in étaient près de la rivière I (164), et que les calamités allaient atteindre Yen ; p.150 l’héritier présomptif Tan avait secrètement entretenu à ses frais vingt hommes forts ; il chargea King K’o (165) d’aller présenter (au roi de) Ts’in la carte (du territoire) de Tou-kang (166) et de profiter de l’occasion pour frapper à l’improviste le roi de Ts’in d’un poignard ; le roi de Ts’in s’aperçut (du dessein de King K’o) et le fit mourir. Il envoya le général Wang Tsien combattre Yen. — La vingt-neuvième année (226), Ts’in attaqua et prit notre (capitale), Ki (167). Le roi de Yen, s’enfuit et se transporta dans le Leao-tong ; il décapita Tan, pour offrir (sa tête) à Ts’in.

La trentième année (225), Ts’in anéantit (l’État de) Wei. — La trente-troisième année (222), Ts’in s’empara du Leao-tong  et fit prisonnier Hi, roi de Yen ; en définitive il anéantit Yen. Cette même année Wang Pen, général de Ts’in, fit aussi prisonnier Kia, roi de Tai.

Le duc grand astrologue dit : Che, duc de Chao, peut être appelé bon ; si le sorbier (sous lequel il s’asseyait) a mérité qu’on se souvînt de lui (168), à combien plus forte raison (doit-on conserver la mémoire de) l’homme lui-même. (Le royaume de) Yen était serré au nord contre (les barbares) Man et Me ; à l’intérieur, il était étroitement mêlé à Ts’i et à Tsin ; il se trouvait dans une position fort périlleuse au milieu de royaumes puissants ; il était extrêmement faible et petit ; les occasions dans p.151 lesquelles il faillit être anéanti furent nombreuses. Cependant ses dieux du sol et des moissons (burent) le sang et mangèrent (la chair) (169) pendant huit ou neuf cents ans (170) ; (des États gouvernés par des princes dont) le nom de famille était Ki, il fut le dernier à disparaître. Comment ne serait-ce pas un effet des services éclatants rendus par le duc de Chao ?




Notes


(101. ) Le fief de Chao et celui de Tcheou se partageaient l’ancien territoire des Tcheou, aujourd’hui sous-préfecture de K’i-chan, préfecture de Fong-siang, province de Chàn-si. C’est quand le roi Wen avait transporté sa capitale à Fong (cf. tome I, n. 04.145), au sud de la rivière Wei, qu’il avait donné l’ancien territoire royal en apanage au duc de Chao et au duc de Tcheou.

(102. ) Nous avons cité précédemment (tome I, n. 04.239) une note de Tchang Cheou-tsie de laquelle il résulterait que la capitale du royaume de Yen se trouvait sur l’emplacement de la préfecture secondaire actuelle de Ki ; le T’ong kien tsi lan (chap. III, p. 2 r°) accepte cette opinion ; cependant Se-ma Tcheng et Kiang Yong (H. T. K. K., chap. CCLV, p. 5 r°) l’identifient avec la sous-préfecture actuelle de Ta-hing, qui fait partie de la ville de Péking ; mais cette localisation rendrait indiscernable l’un de l’autre les fiefs de Ki (cf. tome I, n. 04.233) et de Yen. — Le royaume de Yen est ici appelé le Yen septentrional pour le distinguer du Yen méridional (cf. tome II, n. 05.178).

(103. ) Chàn correspond à la préfecture secondaire de ce nom, dans la province de Ho-nan. Il ne faut pas entendre que le duc de Chao eût en fief toute la région comprise à l’ouest de Chàn, et le duc de Tcheou la région à l’est de cette place ; ce texte signifie simplement que le duc de Chao avait la haute surveillance sur l’ouest de l’empire, et le duc de Tcheou sur l’est, la localité de Chàn étant le point de démarcation entre leurs deux zones d’influence.

(104. ) Les escaliers qui étaient réservés au Fils du Ciel.

(105. ) Il le soupçonna de vouloir s’emparer définitivement du pouvoir.

(106. ) Citation du Chou king, chap. Kiun Che.

(107. ) Le mot [] est ici l’équivalent du mot [] qui nous est donné dans le texte du Chou king. Le P. Couvreur (Dict. chinois-français, p. 339) donne plusieurs autres exemples de cette équivalence. Grâce à son conseiller, l’empereur « atteint jusqu’au Ciel souverain », c’est-à-dire qu’il l’égale en vertu.

(108. ) Cf. tome I, n. 03.172.

(109. ) Cf. le chêne de saint Louis à Vincennes.

(110. ) Après la mort du duc de Chao, son fils aîné devint prince de Yen ; mais son second fils hérita du titre de duc de Chao et resta auprès de la maison royale, de même que le second fils du duc de Tcheou (cf. n. 33.146. ). On retrouve un duc de Chao, à l’époque des rois Li et Siuen, (cf. tome I, p. 271 et 275).

(111. ) Cette ode est la cinquième du Chao nan, dans la section Kouo fong du Che king ; cf. Legge, C. C., vol. IV, p. 26.

(112. ) Cf. tome I, n. 04.381.

(113. ) Cf. tome I, n. 04.445.

(114. ) D’après Ts’iao Tcheou, l’État de Yen qui avait attaqué le roi Hoei était le Yen méridional et Tchong-fou serait précisément le nom du comte qui gouvernait cette principauté. Cependant Se-ma Tcheng donne raison à Se-ma Ts’ien qui considère le Yen dont il est ici question comme étant le Yen septentrional.

(115. ) Pour commémorer cet événement, on contruisit la ville de Yen-lieou au lieu où s’était « arrêté » le prince de « Yen » ; cette ville était à 17 li au nord-est de l’ancienne sous-préfecture de Tchang-lu, qui était elle-même dans le voisinage de la préfecture secondaire actuelle de Ts’ang, préfecture de T’ien-tsin, province de Tche-li.

(116. ) Cf. tome I, n. 04.477.

(117. ) Cf. tome II, n. 05.222.

(118. ) Cf. Tso tchoan, 17e année du duc Tch’eng, § 13.

(119. ) Appelé le duc Kien par le Tso tchoan (3e année du duc Tchao).

(120. ) C’est-à-dire, comme l’explique Se-ma Tcheng, que le pouvoir était remis entre les mains du père et des frères aînés de la favorite Song, au détriment des grands officiers.

(121. ) Capitale du pays de Tch’ou ; cf. tome I, n. 04.512.

(122. ) Cf. tome II, n. 07.246.

(123. ) D’après le troisième Tableau chronologique, cet événement n’eut lieu qu’en l’an 448.

Errata : cette note est inexacte. Les Tableaux chronologiques (chap. XV) indiquent bien la date de 453 comme étant celle où Tche po fut mis à mort et où son territoire fut divisé entre les trois familles de Tchao, Wei et Han ; la divergence n’existe que sur la date à laquelle le fils de Tche po se réfugia dans le pays de Ts’in ; d’après les Annales principales des Ts’in (tome II, n. 05.285), ce serait en 454, tandis que, d’après les Tableaux chronologiques, ce serait en 448 qu’eut lieu cet événement.

(124. ) Cf. Mém. hist., chap. CXIX.

(125. ) Cf. tome I, n. 04.559. On peut aussi caractériser au point de vue politique les deux systèmes de tsong et de heng en disant que le tsong était le fédéralisme, et le heng l’impérialisme.

(126. ) Citation du Tchan kouo ts’e : section de Yen.

(127. ) Frère cadet de Sou Ts’in.

(128. ) Je traduis ici le mot [a] comme signifiant « une livre d’or » ; c’est en effet le sens que ce mot avait à l’époque des Han ; peut être cependant s’agit-il ici des mesures usitées au temps des Ts’in ; le [a] vaudrait alors un i, soit 24 leang.

(129. ) Selon certains commentateurs, Lou désignerait ici la ville de K’iu-lou (cf. tome II, n. 06.456). Selon d’autres, au lieu de Lou, il faudrait lire Ts’o, nom d’une localité qui correspond à la sous-préfecture actuelle de [], préfecture de Ho-hien, province de Tche-li.

(129. e) Errata : Hiu Yeou passe pour avoir vécu à Hoang-tch’eng, au S. O. de Tong-fong hien (prov. de Ho-nan). Il est souvent fait allusion à ce personnage dans la littérature chinoise ; voyez notamment Hoai-nan tse (II, 18 r°) et Han Fei tse (VIII, 3 v°). Les artistes chinois et japonais l’ont aussi fréquemment représenté ; dans la description du temple Nishi Hongwanji à Kyôto, Chamberlain et Mason disent (Handbook for Japan, 3e éd., p. 303) : « Leaving the Apartments, we cross a small court to the gateway known as the Chokushi Mon, or Gate of the Imperial Messenger, formerly sparkling with gold, but now somewhat faded. The carvings are attributed to Hidari Jingor?. The figure on the transverse panels is Kyo-yo (Hsü-yu), a hero of early Chinese legend, who, having rejected the Emperor Yao’s proposal to resign the throne to him, is represented washing his car at a waterfall to get rid of the pollution caused by the ventilation of so preposterous an idea ; the owner of the cow opposite is supposed to have quarelled with him for thus defiling the stream, ad which he was watering his beast.

(130. ) C’est-à-dire qu’il proposa au Ciel I comme son successeur (cf. tome I, p. 162-163). Le point doit être placé immédiatement après le mot [] ; l’expression [..], qui commence la phrase suivante, signifie « mais ensuite ».

(131. ) K’i est le fils de Yu.

(132. ) Le roi destitue tous les officiers de grade supérieur et remet les sceaux à Tse Tche pour que celui-ci puisse les conférer à ses créatures. — D’après une note d’un commentateur du Tchan kouo ts’e, ce passage serait le texte le plus ancien dans lequel on trouve les appointements des officiers exprimés en che (cf. tome II, n. a21.102).

(133. ) En d’autres termes, il veut mettre sur le trône P’ing, qui est le fils du roi précédent et qui est le prince légitime ; il veut détruire la coalition d’intérêts privés grâce à laquelle Tse Tche s’est arrogé le pouvoir.

(134. ) Littéralement : « se mettre à la tête de ceux qui suivront ».

(135. ) Mencius ne fut point affirmatif, s’il faut en croire la conversation entre lui et le roi Min de Ts’i qui nous a été conservée dans le livre qui porte son nom (Mencius, II, b, 8-9).

(136. ) En d’autres termes, Yen est dans la situation où se trouvait l’empire des Yn lorsque les rois Wen et Ou, de la dynastie Tcheou, l’attaquèrent et le détruisirent. — Du livre de Mencius (I, b, 10), il résulte que Mencius fit allusion aux rois Wen et Ou, dans une conversation qu’il eut avec le roi Siuen, de Ts’i, mort en 324, soit au moins dix ans avant les événements dont il est ici question. La chronologie de Se-ma Ts’ien est ici difficile à concilier avec le livre de Mencius (cf. Legge, C. C., vol. II, prolég., p. 34, n. 1).

(137. ) Mentionné dans Mencius (III, b, 10 et IV, b, 30).

(138. ) Cette expression désigne le pays de Ts’i ; Lin-tse était une des cinq capitales.

(139. ) La région septentrionale du pays de Ts’i était celle qui était limitrophe du pays de Yen.

(140. ) Cf. tome II, n. 08.345.

(141. ) Cf. n. 32.140.

(142. ) Cf. tome II, p. 291, n. 3.

(143. ) En réalité, en 260.

(144. ) Cf. tome II, n. 05.473.

(145. ) Le texte présente sans doute ici une lacune.

(146. ) Il semble que Se-ma Ts’ien compile ici des textes contemporains du roi Hi.

(147. ) Citation du Tchan kouo ts’e : section de Yen.

(147. e) Cf. tome V, n. 43.537.

(148. ) Fils du Yo I dont il a été question plus haut.

(149. ) Tchao avait se défendre à l’est contre Yen, à l’ouest contre Ts’in, au sud contre Han et Wei, au nord contre les barbares Hou.

(150. ) A partir d’ici, le récit du Tchan kouo ts’e devient notablement différent.

(151. ) Aujourd’hui, sous-préfecture de Kao-i, préfecture secondaire de Tchao, province de Tche-li.

(152. ) On peut traduire aussi « le haut dignitaire Ts’in ».

(153. ) Aujourd’hui, préfecture secondaire de Tai, province de Chan-si.

(154. ) Localité du pays de Tchao qui dépendait de Kiu-lou (cf. tome II, n. 07.181).

(154. e) Le texte de Se-ma Ts’ien est évidemment fautif et le Tchan kouo t’se (chap. XXXI, p. 7 v°) nous fournit la leçon correcte : [] « Yo Tch’eng écrasa K’ing Ts’in dans la région de Tai. »

(155. ) Cf. tome II, n. 05.384.

(156. ) Cf. tome II, n. 05.508.

(157. ) Le futur Ts’in Che-hoang-ti.

(158. ) A 27 li au nord-est de la sous-préfecture de Nei-hoang préfecture de Tchang-, province de Ho-nan.

(159. ) Capitale du pays de Wei ; aujourd’hui K’ai-fong-fou.

(160. ) Au nord-est de la sous-préfecture de Ou-k’iang, préfecture secondaire de Chen, province de Tche-li.

(161. ) A 15 li au sud de la sous-préfecture de Kou-ngan, préfecture de Choen-tien, province de Tche-li.

(161. e) Errata : Au lieu de « P’ang Hiuen », lisez « P’ang Noan. »

(162. ) Cf. tome II, n. 06.162.

(163. ) Cf. tome II, n. 06.177.

(164. ) Cf. tome II, n. 06.184.

(165. ) Cf. Mém. hist., chap. LXXXVI.

(166. ) Tou-kang était au sud-est de la préfecture secondaire de Tchouo, préfecture de Choen-t’ien, province de Tche-li. Ce territoire était très fertile ; l’héritier présomptif Tan feignait de vouloir en faire présent au roi de Ts’in, afin que King K’o, porteur de la carte géographique, pût approcher du roi et le poignarder.

(167. ) Cf. n. 102.

(168. ) Cf. n. 111.

(169. ) Cf. tome III, n. 28.289.

(170. ) C’est-à-dire que le royaume lui-même subsista pendant huit ou neuf siècles.