Mémoires historiques/35

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Maisons héréditaires
Cinquième maison
Koan et Ts'ai

CHAPITRE XXXV

Cinquième maison héréditaire

Koan et Ts'ai


p.152 Le puîné Sien, (prince) de Koan (101), et le puîné Tou, (prince) de Ts’ai (102), étaient fils du roi Wen, de (la dynastie) Tcheou, et frères cadets du roi Ou. Le roi Ou et ses frères nés de la même mère que lui étaient au nombre de dix ; leur mère s’appelait T’ai-Se (103) ; elle était la principale épouse du roi Wen. Son fils aîné s’appelait l’aîné I-k’ao ; le suivant, Fa, roi Ou ; le suivant, le puîné Sien, (prince) de p.153 Koan ; le suivant, Tan, duc de Tcheou ; le suivant, le puîné Tou, (prince) de Ts’ai ; le suivant, le puîné Tchen-to, (prince) de Ts’ao (104) : le suivant, le puîné Ou, (prince) de Tch’eng (105) ; le suivant, le puîné Tch’ou, (prince) de Houo (106) ; le suivant, le puîné Fong, (prince) de K’ang (107) ; le suivant, le cadet Tsai, (prince) de Nan (108). Le cadet Tsai, (prince) de Nan, était le plus jeune. Des dix frères nés de la même mère, c’étaient surtout Fa et Tan qui étaient sages ; ils aidaient et secondaient le roi Wen ; c’est pourquoi le roi Wen laissa de côté l’aîné I-k’ao et nomma Fa héritier présomptif. — Puis, quand le roi Wen mourut, Fa prit le pouvoir ; ce fut le roi Ou. L’aîné I-k’ao était mort déjà auparavant.

Lorsque le roi Ou eut vaincu Tcheou, de (la dynastie) Yn, et qu’il eut pacifié l’empire, il donna des fiefs à ses p.154 ministres méritants et à ses frères ; c’est alors qu’il conféra le fief de Koan au puîné Sien, et le fief de Ts’ai au puîné Tou ; ces deux hommes furent conseillers de Ou-keng Lou-fou (109), fils de Tcheou, et gouvernèrent ce qui restait du peuple des Yn. Le puîné Tan reçut le fief de Lou ; il fut le conseiller des Tcheou ; ce fut le duc de Tcheou. Le puîné Tchen-to reçut le fief de Ts’ao ; le puîné Ou reçut le fief de Tch’eng ; le puîné Tch’ou reçut le fief de Houo. Le puîné Fong, (prince) de K’ang, et le cadet Tsai, (prince) de Nan, étaient tous deux jeunes et ne purent encore recevoir de fiefs.

A la mort du roi Ou, comme le roi Tch’eng était jeune, Tan, duc de Tcheou, assuma la direction de la maison royale. Les puînés, (princes de) Koan et de Ts’ai, soupçonnèrent que le duc de Tcheou n’agissait pas pour le bien du roi Tch’eng ; ils soutinrent donc Ou-keng qui se révolta ; le duc de Tcheou, Tan, après avoir reçu le mandat du roi Tch’eng, attaqua et fit périr Ou-keng ; il tua le puîné (prince de) Koan ; puis il bannit le puîné (prince de) Ts’ai et l’envoya en exil en lui donnant dix chars et soixante-dix hommes (110). A la suite de cela, il divisa en deux ce qui restait du peuple des Yn ; une partie constitua le fief de Song qui fut conféré à K’i, vicomte de Wei, pour qu’il continuât les sacrifices des Yn ; l’autre partie fut remise au puîné (prince de) K’ang, qui devint prince de Wei et qui fut le puîné (prince) de Wei et de K’ang. Le cadet Tsai reçut le fief de Nan. Le cadet (prince de) Nan et le puîné (prince de) K’ang avaient tous deux une conduite parfaite ; alors le duc de Tcheou promut le puîné (prince de) K’ang, au rang de ministre de la p.155 justice des Tcheou, et le cadet (prince de) Nan au rang de ministre des travaux publics des Tcheou ; ils aidèrent ainsi le roi Tch’eng à gouverner et eurent tous deux une renommée excellente dans l’empire.

Quand le puîné Tou, (prince) de Ts’ai, fut mort en exil, son fils, qui s’appelait Hou, changea de conduite, se conforma à la vertu et fut docile et parfait. Le duc de Tcheou, l’ayant appris, promut Hou au rang de haut dignitaire (du pays) de Lou ; le royaume de Lou se trouva bien gouverné ; alors le duc de Tcheou parla au roi Tch’eng qui conféra de nouveau le fief de Ts’ai à Hou, afin qu’il s’acquittât des sacrifices au puîné (prince de) Ts’ai ; ce fut Ts’ai-tchong. Les cinq autres puînés s’étaient tous rendus dans leurs royaumes respectifs et ne remplirent aucun office auprès du Fils du Ciel (111).

Ts’ai-tchong mourut ; son fils, Ts’ai-po Hoang (112), prit le pouvoir. — Ts’ai po Hoang mourut ; son fils, le marquis Kong, prit le pouvoir. — Le marquis Kong mourut ; son fils, le marquis Li, prit le pouvoir. — Le marquis Li mourut ; son fils, le marquis Ou, prit le pouvoir. Au temps du marquis Ou, le roi Li, de (la dynastie) Tcheou, perdit son royaume et s’enfuit à Tche ; (la régence) kong-ho exerça le gouvernement ; les seigneurs se révoltèrent en grand nombre contre les Tcheou.

Le marquis Ou mourut ; son fils, le marquis I, prit le pouvoir. — La onzième année (827) du marquis I, le roi Siuen, de (la dynastie) Tcheou, prit le pouvoir. — La vingt-huitième année (810), le marquis I mourut. Son fils, So-che, qui fut le marquis Hi, prit le pouvoir. — La trente-neuvième année (771) du marquis Hi, le roi Yeou, de (la dynastie) Tcheou, fut tué par les K’iuen-jong ; la p.156 maison des Tcheou fut affaiblie et se transporta du côté de l’est ; Ts’in obtint pour la première fois d’être mis au  rang des seigneurs. — La quarante-huitième année (762), le marquis Hi mourut. Son fils, Hing, qui fut le marquis Kong, prit le pouvoir. — Le marquis Kong mourut dans la deuxième année de son règne (760). Son fils, le marquis Tai, prit le pouvoir. — Le marquis Tai mourut dans la dixième année de son règne (750). Son fils, Ts’ou-fou, qui fut le marquis Siuen, prit le pouvoir. — La vingt-huitième année (722) du marquis Siuen, le duc Yn, de Lou, prit le pouvoir. — La trente-cinquième année (715), le marquis Siuen mourut. Son fils, Fong jen, qui fut le marquis Hoan, prit le pouvoir. — La troisième année (712) du marquis Hoan, (les gens de) Lou assassinèrent leur prince, le duc Yn. — La vingtième année (695), le marquis Hoan mourut. Son frère cadet, Hien-ou, qui fut le marquis Ngai, prit le pouvoir.

La onzième année (684) du marquis Ngai, (survinrent les événements suivants) : auparavant, le marquis Ngai avait épousé (une fille du prince de) Tch’en ; le marquis de Si (113) avait aussi épousé (une fille du prince de) Tch’en ; la femme (du marquis) de Si, voulant retourner (dans son pays), traversa (le pays de) Ts’ai ; le marquis de Ts’ai lui manqua d’égards ; le marquis de Si, furieux, fit cette proposition au roi Wen, de Tch’ou :

— Venez m’attaquer ; je demanderai du secours à Ts’ai ; Ts’ai viendra certainement ; Tch’ou en profitera pour l’attaquer et pourra ainsi remporter un succès.

Le roi de Wen, de Tch’ou p.157 suivit ce conseil ; il fit prisonnier le marquis Ngai, de Ts’ai, et l’emmena avec lui. Le marquis Ngai resta prisonnier neuf ans et mourut dans le pays de Tch’ou. Son règne avait duré en tout vingt ans quand il mourut (675).

Les gens de Ts’ai mirent sur le trône son fils, Hi, qui fut le marquis Mou. Le marquis Mou donna sa sœur cadette en mariage au duc Hoan, de Ts’i. — La dix-huitième année (657), le duc Hoan, de Ts’i, et la fille (du défunt prince) de Ts’ai faisaient une partie de plaisir en bateau ; la femme agita la barque ; le duc Hoan voulut la faire cesser ; elle ne cessa pas ; le duc irrité renvoya (dans son pays) la fille (du défunt prince) de Ts’ai, mais sans la répudier. Le marquis de Ts’ai, irrité, donna un autre mari à sa sœur cadette. Le duc Hoan, de Ts’i, irrité, attaqua Ts’ai ; (l’armée de) Ts’ai se dispersa ; (le duc de Ts’i) fit donc prisonnier le marquis Mou ; il arriva au sud jusqu’à Chao-ling, qui est dans le pays de Tch’ou ; mais alors les seigneurs intercédèrent en faveur de Ts’ai auprès de Ts’i ; le prince de Ts’i renvoya le marquis de Ts’ai (dans son royaume). — La vingt-neuvième année (646), le marquis Mou mourut. Son fils, Kia-ou, qui fut le marquis Tchoang, prit le pouvoir.

La troisième année (643) du marquis Tchoang, le duc Hoan, de Ts’i, mourut. — La quatorzième année (632), le duc Wen, de Tsin, battit Tch’ou à Tch’eng-p’ou (114). — La vingtième année (626), Chang-tch’en, héritier présomptif de Tch’ou, assassina son père, le roi Tch’eng, et prit le pouvoir à sa place. — La vingt-cinquième année (621), le duc Mou, de Ts’in, mourut. — La trente-troisième année (613), le roi Tchoang, de Tch’ou, prit le p.158 pouvoir. — La trente-quatrième année (612), le marquis Tchoang mourut. Son fils, Chen, qui fut le marquis Wen, prit le pouvoir.

La quatorzième année (598) du marquis Wen, le roi Tchoang, de Tch’ou, attaqua Tch’en, et tua Hia Tcheng-chou. — La quinzième année (597), Tch’ou assiégea (la capitale de) Tcheng ; (le prince de) Tcheng se rendit à Tch’ou qui le remit en liberté. — La vingtième année (592), le marquis Wen mourut. Son fils, T’ong, qui fut le marquis King, prit le pouvoir.

La première année (591) du marquis King, le roi Tchoang, de Tch’ou, mourut. — La vingt-neuvième année (115), le marquis King choisit une femme dans le pays de Tch’ou pour l’héritier présomptif Pan ; puis le marquis King eut des relations avec elle ; l’héritier présomptif tua le marquis King et prit lui-même le pouvoir ; ce fut le marquis Ling.

La deuxième année (541) du marquis Ling, Wei, kong-tse de Tch’ou, assassina son roi, Kia-ngao, et prit lui-même le pouvoir ; ce fut le roi Ling. — La neuvième année (534), Tchao, ministre de l’instruction dans le pays de Tch’en, assassina son prince, le duc Ngai ; (le roi de) Tch’ou envoya le kong-tse K’i-tsi anéantir (le royaume de) Tch’en et s’en emparer. — La douzième année (531), le roi Ling, de Tch’ou, considérant que le marquis Ling avait tué son père, attira à Chen le marquis Ling, de Ts’ai ; après avoir caché des hommes armés, il lui offrit un banquet ; quand (le marquis Ling) fut ivre, il le tua ; il livra aux supplices les soixante-dix officiers et soldats qui étaient avec lui ; il ordonna au kong-tse K’i-tsi d’assiéger (la capitale de) Ts’ai ; le onzième mois, p.159 il anéantit Ts’ai et nomma K’i-tsi duc de Ts’ai. Trois ans (529) après que Tch’ou eut anéanti Ts’ai, le kong-tse de Tch’ou, K’i-tsi, assassina son prince le roi Ling et prit le pouvoir à sa place ; ce fut le roi P’ing. Le roi P’ing rechercha alors Lu, jeune fils du marquis King, de Ts’ai, et le mit sur le trône ; ce fut le marquis P’ing ; cette même année, (le roi de) Tch’ou remit aussi sur le trône (un prince de) Tch’en ; au début de son règne, le roi P’ing, de Tch’ou, voulait se concilier les seigneurs et c’est pourquoi il remit sur le trône des descendants (des princes) de Tch’en et de Ts’ai.

Le marquis P’ing mourut dans la neuvième année de son règne (522). Tong-kouo, petit-fils de Pan, marquis Ling, attaqua le fils du marquis P’ing et s’arrogea le pouvoir ; ce fut le marquis Tao. Le père du marquis Tao était l’héritier présomptif Yeou, (dont le nom posthume était) Yn ; c’était l’héritier présomptif du marquis Ling ; quand le marquis P’ing avait pris le pouvoir, il avait tué l’héritier présomptif (dont le nom posthume fut) Yn ; c’est pourquoi, à la mort du marquis P’ing, Tong-kouo, fils de l’héritier présomptif (dont le nom posthume était) Yn, attaqua le fils du marquis P’ing et prit le pouvoir à sa place ; ce fut le marquis Tao.

Le marquis Tao mourut dans la troisième année de son règne (519). Son frère cadet, Chen, qui fut le marquis Tchao, prit le pouvoir. — La dixième année (509) de son règne, le marquis Tchao alla rendre hommage au roi Tchao, de Tch’ou ; il apportait deux belles robes garnies de fourrure ; il offrit l’une au roi Tchao et se revêtit de l’autre ; Tse-tch’ang, conseiller de Tch’ou, la désira ; il ne la lui donna pas ; Tse-tch’ang calomnia le marquis de Ts’ai qu’on retint (dans le pays de) Tch’ou ; au bout de trois ans, le marquis de Ts’ai comprit (la p.160 cause de sa détention) ; il offrit donc sa fourrure à Tsetch’ang qui l’accepta et dit alors de renvoyer le marquis de Ts’ai ; le marquis de Ts’ai s’en retourna et se rendit (dans le pays de) Tsin ; il proposa à Tsin de s’allier avec lui pour attaquer Tch’ou.

La treizième année (506), au printemps, (le marquis Tchao) eut une entrevue avec le duc Ling de Wei, à Chao-ling ; le marquis de Ts’ai eut un entretien secret avec Tch’ang Hong (116), (ministre) des Tcheou, pour lui demander de lui donner la préséance sur (le prince de) Wei ; (le prince de) Wei chargea le clerc Ts’ieou de discourir sur les mérites et la vertu du puîné (prince de) K’ang (117) ; alors on donna la préséance (au prince de) Wei. — En été, (le marquis de Ts’ai) anéantit Chen (118) pour rendre service à Tsin. (Le roi de) Tch’ou, irrité, attaqua Ts’ai ; le marquis Tchao, de Ts’ai, envoya son fils en otage auprès (du prince) de Ou, afin que celui-ci s’unît à lui pour attaquer Tch’ou ; en hiver, (le marquis de Ts’ai) et Ho-lu, roi de Ou, écrasèrent donc Tch’ou et pénétrèrent dans Yng. (Le marquis de) Ts’ai avait du ressentiment contre Tse-tch’ang ; Tse-tch’ang eut peur et s’enfuit à Tcheng.

La quatorzième année (505), (le roi de) Ou se retira et le roi Tchao, de Tch’ou, rentra en possession de ses p.161 États. — La seizième année (503), le conseiller (119) de Tch’ou pleura sur son peuple en faisant des projets contre Ts’ai ; le marquis Tchao, de Ts’ai, fut saisi de crainte. — La vingt-sixième année (493), K’ong-tse se rendit dans (le pays de) Ts’ai. — Le roi Tchao, de Tchou, attaqua Ts’ai ; (le marquis de) Ts’ai eut peur et déclara (au roi de) Ou le danger dans lequel il se trouvait. (Le roi de) Ou, considérant que Ts’ai était éloigné de lui, l’engagea à se déplacer pour se rapprocher et pour qu’il leur fût aisé de se prêter un secours mutuel ; le marquis Tchao y consentit secrètement, mais ne délibéra pas sur cette affaire avec ses grands officiers. Les gens de Ou vinrent secourir Ts’ai et en prirent occasion pour transférer (la capitale de) Ts’ai à Tcheou-lai (120). — La vingt-huitième année (491), le marquis Tchao se disposa à aller rendre hommage au (roi de) Ou ; ses grands officiers eurent peur qu’il ne déplaçât encore une fois (sa capitale) ; ils ordonnèrent donc au brigand Li de tuer le marquis Tchao ; ensuite ils firent périr le brigand Li pour se dégager de son crime. Puis ils mirent sur le trône Cho, fils du marquis Tchao ; ce fut le marquis Tch’eng.

La quatrième année (487) du marquis Tch’eng, Song anéantit Ts’ao. — La dixième année (481), Tien Tch’ang, (du pays) de Ts’i, assassina son prince, le duc Kien. — La treizième année (478), Tch’ou anéantit Tch’en. — La p.162 dix-neuvième année (472), le marquis Tch’eng mourut. Son fils, Tch’an, qui fut le marquis Cheng, prit le pouvoir, — Le marquis Cheng mourut dans la quinzième année de son règne (457). Son fils, le marquis Yuen, prit le pouvoir. — Le marquis Yuen mourut dans la sixième année de son règne (451). Son fils, Ts’i, marquis, prit le pouvoir. — La quatrième année (447) de Ts’i, marquis, le roi Hoei, de Tch’ou, anéantit Ts’ai. Ts’i, marquis de Ts’ai, s’enfuit ; les sacrifices de Ts’ai furent alors interrompus ; cela se passait trente-trois années après l’anéantissement de Tch’en.

Pour ce qui est de l’aîné I-k’ao, on ne sait quel fief eurent ses descendants. Les descendants de Fa, roi Ou, formèrent (la dynastie) Tcheou ; il y a (dans le présent ouvrage) des Annales principales (121) qui en parlent. Le puîné Sien, (prince) de Koan, se révolta et fut mis à mort avec tous les siens ; il n’eut pas de descendants. Les descendants de Tan, duc de Tcheou, furent (les princes de) Lou ; il y a (dans le présent ouvrage) une Maison héréditaire (122) qui en parle. Les descendants du puîné Tou, (prince de) Ts’ai, furent (les princes de) Ts’ai ; il y a une Maison héréditaire (123) qui en parle. Les descendants du puîné Tchen-to, (prince) de Ts’ao, furent (les princes de) Ts’ao ; il y a une Maison héréditaire (124) qui en parle. Les descendants du puîné Ou, (prince) de Tch’eng, n’apparaissent nulle part. Pour ce qui est des descendants du puîné Tch’ou, (prince) de Houo, au temps du duc Hien, de Tsin, Houo fut anéanti. Les descendants du puîné Fong, (prince) de K’ang, furent (les p.163 princes (de) Wei ; il y a une Maison héréditaire (125) qui en parle. Les descendants du cadet Tsai, (prince) de Nan, n’apparaissent nulle part.

Le duc grand astrologue dit : Le puîné (prince de) Koan se révolta et n’est pas digne d’être mentionné. Cependant, à la mort du roi Ou, de (la dynastie) Tcheou, le roi Tch’eng était jeune ; aussi l’empire se montrait-il hésitant. Les frères cadets (du roi Ou), nés de la même mère que lui, appuyèrent (le roi Tch’eng) ; ces dix hommes, le puîné (prince de) Tch’eng, le cadet (prince de) Nan, etc., furent ses soutiens et ses aides ; c’est pourquoi en définitive les seigneurs vénérèrent les Tcheou ; aussi a-t-on ajouté leurs noms au texte de cette Maison héréditaire.



Maison héréditaire du puîné

(prince de) Ts'ao



Le puîné Tchen-to, (prince) de Ts’ao, était frère cadet du roi Ou, de (la dynastie) Tcheou. Quand le roi Ou eut triomphé de Tcheou, de (la dynastie) Yn, il conféra au puîné Tchen-to le fief de Ts’ao. — A la mort du puîné Tchen-to, son fils, T’ai-po P’i, prit le pouvoir. — A la mort de T’ai-po, son fils Tchong-kiun P’ing prit le pouvoir. — A la mort de Tchong-kiun P’ing, son fils, Heou, qui fut le comte Kong, prit le pouvoir. — A la mort de Heou, comte Kong, son fils, Yun, qui fut le comte Hiao, prit le pouvoir. — A la mort de Yun, comte Hiao, son fils, Hi, qui fut le comte I, prit le pouvoir. La vingt-troisième année (842) du comte I, le roi Li, de (la dynastie) Tcheou, s’enfuit à Tche. La trentième année p.164 (835), (le comte I) mourut. Son frère cadet, K’iang, qui fut le comte Yeou, prit le pouvoir. — La neuvième année (826) du comte Yeou, son frère cadet, Sou, tua le comte Yeou et prit le pouvoir à sa place ; ce fut le comte Tai. — La première année (825) du comte Tai, le roi Siuen, de (la dynastie) Tcheou, était monté sur le trône depuis trois ans. La trentième année (796), le comte Tai mourut. Son fils, Se (126), qui fut le comte Hoei, prit le pouvoir. — La vingt-cinquième année (771) du comte Hoei, le roi Yeou, de (la dynastie) Tcheou, fut tué par les K’iuen-jong ; (les Tcheou) se transportèrent donc du côté de l’est et leur abaissement s’en accrut ; les seigneurs se révoltèrent contre eux ; Ts’in fut mis pour la première fois au rang des seigneurs. — La trente-sixième année (760), le comte Hoei mourut. Son fils, Che-fou, prit le pouvoir. Son frère cadet, Ou, le tua et prit le pouvoir à sa place ; ce fut le duc Mou.

Le duc Mou mourut dans la troisième année de son règne (757). Son fils, Tchong-cheng, qui fut le duc Hoan, prit le pouvoir. — La trente-cinquième année (722) du duc Hoan, le duc Yn, de Lou, prit le pouvoir. — La quarante-cinquième année (712), (les gens de) Lou assassinèrent leur prince, le duc Yn. — La quarante-sixième année (711), Hoa-fou Tou, (du pays) de Song, assassina son prince, le duc Chang, ainsi que K’ong-fou (Kia) (127). — La cinquante-cinquième année (702), le duc Hoan mourut. Son fils, I(128)-kou, qui fut le duc Tchoang, prit le pouvoir. — La vingt-troisième année (679) du duc Tchoang, le duc Hoan, de Ts’i, pour la première fois eut p.165 l’hégémonie. — La trente et unième année (671), le duc Tchoang mourut. Son fils, I, qui fut le duc Hi, prit le pouvoir. — Le duc Hi mourut dans la neuvième année de son règne (662). Son fils, Pan, qui fut le duc Tchao, prit le pouvoir. — La sixième année (656) du duc Tchao, le duc Hoan, de Ts’i, battit Ts’ai et arriva jusqu’à Chao-ling, (ville) de Tch’ou. — La neuvième année (653), le duc Tchao mourut. Son fils, Siang, qui fut le duc Kong, prit le pouvoir.

La seizième année (637) du duc Kong (se passèrent les faits suivants) : le kong-tse de Tsin, Tch’ong-eul, avait traversé en fugitif (le pays de) Ts’ao ; le prince de Ts’ao lui manqua d’égards et voulut voir ses côtes qui étaient soudées ensemble ; Hi Fou-ki (129) l’en blâma, mais ne fut pas écouté ; il eut secrètement de bons rapports avec Tch’ong-eul. — La vingt et unième année (632), Tch’ong-eul, (devenu le) duc Wen, de Tsin, attaqua Ts’ao ; il fit prisonnier le duc Kong et s’en retourna en l’emmenant avec lui ; il donna l’ordre à ses soldats de ne pas entrer dans le village où demeurait toute la parenté de Hi Fou-ki. Quelqu’un donna ce conseil au duc Wen, de Tsin :

— Autrefois, le duc Hoan, de Ts’i, réunit les seigneurs ; il rendit (leurs territoires) à (des princes) qui appartenaient à d’autres clans que le sien (130). Maintenant, prince, vous faites prisonnier le prince de Ts’ao ; vous anéantissez (un prince) qui appartient au même clan que vous, comment pourriez-vous commander aux seigneurs ?

Alors (le duc de) Tsin rendit son royaume au duc Kong et l’y renvoya. — La vingt-cinquième année (628), le duc p.166 Wen, de Tsin, mourut, — La trente-cinquième année (618), le duc Kong mourut. Son fils, Cheou, qui fut le duc Wen, prit le pouvoir.

Le duc Wen mourut dans la vingt-troisième année de son règne (595). Son fils, K’iang, qui fut le duc Siuen, prit le pouvoir. — Le duc Siuen mourut dans la dix-septième année de son règne (578). Son frère cadet, Fou-tch’ou, qui fut le duc Tch’eng, prit le pouvoir. — La troisième année (575) du duc Tch’eng, le duc Li, de Tsin, attaqua Ts’ao ; il fit prisonnier le duc Tch’eng et l’emmena avec lui ; ensuite, il le relâcha. — La cinquième année (573), Loan Chou et Tchong-hang Yen, (du pays) de Tsin, chargèrent Tch’eng Hoa d’assassiner leur prince, le duc Li. — La vingt-troisième année (555), le duc Tch’eng mourut. Son fils, Cheng, qui fut le duc Ou, prit le pouvoir. — La vingt-sixième année (529) du duc Ou, le kong-tse de Tch’ou, K’i-tsi, assassina son prince, le roi Ling, et prit le pouvoir à sa place. — La vingt-septième année (528), le duc Ou mourut. Son fils, K’ing, qui fut le duc P’ing, prit le pouvoir. — Le duc P’ing mourut dans la quatrième année de son règne (524). Son fils, Ou, qui fut le duc Tao, prit le pouvoir. En cette année, (les pays de) Song, Wei, Tch’en et Tcheng souffrirent tous d’incendies. — La huitième année (516) du duc Tao, le duc King, de Song, prit le pouvoir. — La neuvième année (515), le duc Tao alla rendre hommage (au prince de) Song qui l’emprisonna ; (les gens de) Ts’ao mirent sur le trône son frère cadet, Ye ; ce fut le duc Cheng ; le duc Tao mourut (dans le pays de) Song ; on renvoya son corps pour qu’il fût enterré. — La cinquième année (510) du duc Cheng, T’ong, frère cadet du (défunt) duc P’ing, assassina le duc Cheng, et prit le pouvoir à sa place ; ce fut le duc Yn. — La quatrième p.167 année (506) du duc Yn, Lou, frère cadet du (défunt) duc Cheng, assassina le duc Yn et prit le pouvoir à sa place ; ce fut le duc Tsing. — Le duc Tsing mourut dans la quatrième année de son règne (502). Son fils, Po-yang (131), prit le pouvoir.

La troisième année (499) de Po-yang, un homme du pays [(132) eut un songe dans lequel il vit des sages assemblés dans le bâtiment consacré au dieu du sol ; ils délibéraient dans l’intention de causer la ruine de Ts’ao ; le puîné Tchen-to, (prince) de Ts’ao, les arrêta et leur demanda d’attendre (la venue de) Kong-suen K’iang (pour mettre leurs projets à exécution) ; ils y consentirent. Le jour venu, on rechercha (Kong-suen K’iang) dans le pays de Ts’ao, mais sans trouver un tel homme. Celui qui avait eu le songe donna cet avertissement à son fils :

— Quand j’aurai disparu, si vous apprenez qu’un certain Kong-suen K’iang participe au gouvernement, ayez soin de quitter (le pays de) Ts’ao, afin de ne pas être impliqué dans les maux (qui atteindront le pays) de Ts’ao.

— Quand Po-yang prit le pouvoir, il aimait chasser le poil et la plume. La sixième année (496), un paysan de Ts’ao, qui se nommait Kong-suen K’iang, et qui aimait aussi chasser le poil et la plume, prit une oie sauvage blanche et l’offrit (au duc) ; il lui donna ensuite des explications sur la chasse ; Po-yang en profita pour l’interroger sur les affaires du gouvernement et fut fort satisfait de lui ; il lui accorda sa faveur et le nomma commandant des troupes de la capitale pour qu’il participât au gouvernement. A ce moment, le fils de l’homme qui avait eu un songe disparut en quittant le pays. Kong-suen K’iang donna au p.168 comte de Ts’ao des conseils pour arriver à l’hégémonie. La quatorzième année (488), le comte de Ts’ao suivit ces conseils ; il se révolta contre Tsin et entra en lutte contre Song ; le duc King, de Song, l’attaqua ; les gens de Tsin ne le secoururent pas.] La quinzième année (487), Song anéantit Ts’ao ; il s’empara de Po-yang et de Kong-suen K’iang, les emmena avec lui, puis les tua. Ts’ao vit alors ses sacrifices interrompus.

Le duc grand astrologue dit : Quand je considère que le duc Kong, de Ts’ao, ne suivit pas les conseils de Hi Fou-ki, et qu’il fit monter sur des chars de luxe trois cents femmes (133), je reconnais que, pour ce qui est de la vertu, il ne la maintint point fermement. Quant au songe (dans lequel apparut) Tchen-to, comment (Tchen-to) n’aurait-il pas désiré prolonger les sacrifices de Ts’ao ? Mais lorsqu’un homme tel que Kong-suen K’iang ne pratiqua pas le bon gouvernement, les sacrifices du puîné (Tchen-)to furent soudain interrompus.




Notes


(101. ) Aujourd’hui, Koan-tch’eng, préfecture secondaire de Tcheng, province de Ho-nan.

(102. ) La capitale de la principauté de Ts’ai fut d’abord à Chang-ts’ai à 10 li au sud-ouest de la sous-préfecture actuelle de Chang-ts’ai, préfecture de Jou-ning, province de Ho-nan. Le marquis P’ing (530-522) transféra sa capitale à Sin-ts’ai, qui est aujourd’hui la sous-préfecture de ce nom, à 50 li à l’est de la ville préfectorale de Jou-ning. Enfin le marquis Tchao (518-491) se transporta à Hia-ts’ai, à 30 li au nord de la préfecture secondaire de Cheou, préfecture de Fong-yang, province de Ngan-hoei.

(103. ) T’ai-Se appartenait au clan Se et se rattachait par conséquent à l’empereur Yu ; elle passe pour avoir été la fille du prince de Chen (dans la sous-préfecture de Ho-yang, préfecture de T’ong-tcheou, province de Chàn-si).

(104. ) Aujourd’hui, sous-préfecture de Ting-t’ao, à 50 li au sud-est de la préfecture de Ts’ao-tcheou, province de Chan-tong.

(105. ) C’est aujourd’hui la ville de Cheng-hiang, au nord de la sous-préfecture de Ning-yang, préfecture de Yen-tcheou, province de Chan-tong.

(106. ) A 16 li à l’ouest de la préfecture secondaire de Houo, province de Chan-si.

(107. ) Emplacement indéterminé. Le prince de K’ang devint ensuite prince de Wei, cf. chap. XXXVII.

(108. ) D’après Tchang Cheou-tsie, le mot [] se prononce ici nan. — La localité de Nan occupait un emplacement qu’on ne peut déterminer dans le territoire qui dépend de la préfecture de K’ai-fong, province de Ho-nan.

(109. ) Cf. tome I, n. 03.234.

(110. ) Cf. Tso tchoan, 4e année du duc Ting. Legge, C. C., vol. V, p. 754.

(111. ) Cf. Tso tchoan, 4e année du duc Ting.  

(112. ) On pourrait aussi traduire : Hoan, comte de Ts’ai.

(113. ) Dans les environs de la sous-préfecture actuelle de Si, préfecture secondaire de Koang, province de Ho-nan ; les princes de Si appartenaient au clan Ki.

(114. ) Cf. tome II, n. 05.218.

(115. ) Il faut lire : la quarante-neuvième année = 543.

(116. ) Cf. tome III, p. 428.

(117. ) C’est l’ancêtre des princes de Wei. Ce discours nous a été conservé dans le Tso tchoan, 4e année du duc Ting ; il est mis dans la bouche du prieur T’o, dont l’appellation était Tse-yu ; sur ce personnage, cf. Luen yu, VI, 14.

(118. ) Cette principauté se trouvait dans le voisinage de l’ancienne sous-préfecture de P’ing-yu, qui était elle-même à 60 li au sud-est de la sous-préfecture actuelle de Jou-yang, qui fait partie de la ville préfectorale de Jou-ning, province de Ho-nan.

(119. ) Le conseiller de Tch’ou s’affligeait parce qu’il prévoyait combien de sang ferait couler la lutte contre Ts’ai.

(120. ) A partir de ce moment, Tcheou-lai s’appela Hia-ts’ai (cf. n. 120).

(121. ) Mém. hist., chap. IV.

(122. ) Mém. hist., chap. XXXIII.

(123. ) Mém. hist., chap. XXXV.

(124. ) Mém. hist., chap. XXXV.

(125. ) Mém. hist., chap. XXXVII.

(126. ) Ce nom personnel est incertain.

(127. ) Ancêtre de Confucius.

(128. ) Le caractère [] se prononce ici i.

(129. ) Grand officier de Ts’ao.

(130. ) En d’autres termes, si le duc Hoan put réunir les seigneurs, c’est-à-dire avoir l’hégémonie, c’est parce qu’il avait fait preuve de magnanimité même envers des princes qui n’étaient pas du même clan que lui.

(131. ) Plus exactement : Yang, comte. Yang est son nom personnel, et po sa dignité.

(132. ) Citation du Tso tchoan, 7e année du duc Ngai.

(133. ) Il n’a point été parlé de cet incident dans le présent chapitre, mais il y est fait allusion dans la Maison héréditaire de Tsin.