Mémoires historiques/49

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Maisons héréditaires
Dix neuvième maison
Tch’en Chë

CHAPITRE XLIX (101)

Dix neuvième maison héréditaire

Les femmes d’empereurs. (102).


Depuis l’antiquité, ceux qui furent empereurs et rois pour en avoir reçu le mandat, aussi bien que les princes qui continuèrent les principes essentiels et observèrent les bonnes règles (103), n’eurent pas seulement une vertu intime qui fut florissante, mais encore furent aidés par leurs femmes. Lorsque les Hia arrivèrent au pouvoir, ce fut à cause de (la fille de la tribu) T’ou chan (104), et lorsque Kie fut banni, ce fut à cause de Mo Hi (105). Lorsque les Yn arrivèrent au pouvoir, ce fut à cause de (la fille de la principauté de) Song (106), et lorsque Tcheou fut mis à mort, ce fut à cause de Ta ki (107) ; lorsque les Tcheou arrivèrent au pouvoir, ce fut à cause de Kiang Yuen (108) et de Jen l’aînée (109), et lorsque le roi Yeou fut fait prisonnier, ce fut à cause de ses débauches avec Pao Se (110). C’est pourquoi le I (king) met comme base (les hexagrammes) k’ien et k’oen (111), tandis que le Che (king) commence avec (l’ode intitulée) koan ts’iu (112) ; le Chou (king) loue celles qui furent envoyées après que tout eut été bien ordonné (113), tandis que le Tch’oen-ts’ieou critique le fait que (le marquis de Ki) ne vint pas en personne à la rencontre (de sa fiancée) (114).

L’union du mari et de la femme est un grand principe de la voie humaine ; dans la pratique des rites, ce qui concerne le mariage est ce pour quoi on est le plus strict. De même que, lorsque la musique est harmonieuse, les quatre saisons se trouvent mises en accord, de même les modifications que produisent l’un sur l’autre le yn (femelle) et le yang (mâle) gouvernent tous les êtres. Pourrait-on n’y pas faire attention ?

L’homme peut développer sa raison, mais il est impuissant contre la destinée. Suprême est certes l’amour conjugal : le prince ne peut le prendre à son sujet, et le père ne peut le prendre à son fils ; à combien plus forte raison ceux qui sont dans une condition humble ou inférieure (ne sauraient-ils le prendre à ceux qui sont plus élevés qu’eux en dignité ou autorité (115)) ! Mais, quand une union joyeuse a été contractée, il est des femmes qui ne peuvent enfanter de postérité mâle, d’autres qui, l’ayant pu, ne peuvent parvenir à leurs fins : n’est-ce pas là un effet de la destinée ? K’ong tse parlait rarement de la destinée ; c’est qu’en effet il est malaisé d’en discourir ; si on n’a pas entièrement pénétré les actions et réactions réciproques du principe obscur et du principe clair (116), comment pourrait-on connaître quelle est la destinée de la nature humaine ?

Le duc grand astrologue dit : En ce qui concerne l’époque des Ts’in et les temps antérieurs, nos renseignements sont encore trop brefs ; nous ne pouvons connaître les faits dans le détail de manière à les relater.


Quand les Han eurent pris le pouvoir, Lu Ngo kiu (117) devint l’impératrice principale femme de Kao-tsou. Son fils devint l’héritier présomptif. Puis, la vieillesse étant venue, sa beauté se flétrit et l’affection que l’empereur avait pour elle se relâcha ; ce fut alors la fou-jen Ts’i qui devint la favorite et son fils, Jou i (118), faillit à plusieurs reprises être substitué à l’héritier présomptif. Lorsque Kao-tsou fut mort (1er juin 195), l’impératrice Lu extermina (la fou-jen) Ts’i avec tous ceux de son parti et fit périr le roi de Tchao (119). Alors, dans tout le harem de Kao-tsou, seules les femmes qui n’avaient pas été aimées et qui étaient restées éloignées (du souverain) purent être à l’abri du malheur.

La fille aînée de l’impératrice Lu devint la femme de Tchang Ngao, marquis de Siuen p’ing (120) ; la fille de (Tchang) Ngao devint l’impératrice femme de (l’empereur) Hiao hoei. L’impératrice douairière Lu, parce que celle-ci lui était doublement parente (121), aurait voulu qu’elle enfantât un fils ; elle eut recours à la supercherie, elle prit le fils d’une femme du harem et le fit passer pour le fils de l’impératrice femme de Hiao hoei. Quand l’empereur Hiao hoei mourut (26 sept. 188), comme l’empire avait été conquis depuis peu et que le droit d’hérédité n’apparaissait pas clairement (122), (l’impératrice douairière Lu) éleva en dignité les parents de l’empereur par les femmes et nomma rois les membres de la famille Lu (123), pour qu’ils fussent les soutiens du trône ; en outre, elle fit de la fille de Lu Lou (124) l’impératrice femme du jeune empereur (125), dans le désir de multiplier les liens qui affermissaient la tige (de sa famille) et de la rendre entièrement solide ; mais tout cela fut inutile. Quand l’impératrice (femme de) Kao ( tsou) fut morte (21 juill. 180), on réunit sa sépulture à celle de son mari dans le Tch’ang ling (126). (Lu) Lou, (Lu) Tch’an et les leurs, craignant d’être exterminés, projetèrent de faire une révolution. Mais les principaux ministres les réprimèrent ; dirigés par le Ciel dans leur droiture, ils anéantirent la famille Lu ; ils n’épargnèrent que l’impératrice femme de Hiao hoei, à laquelle ils assignèrent une résidence dans le palais du nord (127). Puis ils allèrent chercher le roi de Tai (128) pour le mettre sur le trône : ce fut l’empereur Hiao wen ; il prit charge du temple ancestral des Han. Comment ne serait-ce pas le Ciel qui fit tout cela ? Sans le décret du Ciel, qui eût été capable de s’opposer (à de telles machinations) ?


Le père de l’impératrice douairière Pouo (129) était un homme du pays de Ou (130) ; son nom de famille était Pouo. À l’époque des Ts’in, il eut des relations avec la dame Wei qui était de la famille de l’ex-roi de Wei (131) et qui enfanta (celle qui fut plus tard) la femme d’empereur Pouo (132). Puis le père de (la femme d’empereur) Pouo mourut à Chan yn (133) et fut enterré là. Lorsque les seigneurs se révoltèrent contre Ts’in, Wei Pao devint roi de Wei (entre le 26 sept. et le 25 oct. 208) (134). Alors la dame Wei fit entrer sa fille dans le harem (du roi) de Wei ; la dame (Wei) se rendit auprès de Hiu Fou pour lui demander un examen physiognomonique ; il prédit au sujet de la (future) femme d’empereur Pouo qu’elle donnerait le jour à un Fils du Ciel. En ce temps, Hiang Yu et le roi de Han se tenaient en échec à Yong yang (205-204) ; le sort de l’empire n’était point encore décidé ; (Wei) Pao avait commencé par s’unir à Han pour combattre Tch’ou ; mais, quand il apprit ce qu’avait dit Hiu ou, il se réjouit à part lui (135) et, se révoltant contre Han, il se proclama indépendant ; puis il fit alliance avec Tch’ou. Han chargea Ts’ao Ts’an et d’autres d’attaquer et de faire prisonnier Pao, roi de Wei (entre le 23 sept. et le 22 oct. 209) ; de son royaume, il fit des commanderies (136) ; alors on transporta la (future) femme d’empereur Pouo dans l’atelier de tissage. Après la mort de (Wei) Pao (entre le 13 sept. et le 11 oct. 204) (137), le roi de Han, étant entré dans l’atelier de tissage, remarqua la beauté de la (future) femme d’empereur Pouo et ordonna qu’on la fît entrer dans son harem ; mais pendant plus d’un an elle n’obtint pas les faveurs impériales. Autrefois, quand la (future) femme d’empereur (Pouo) était jeune, elle était liée d’amitié avec la fou-jen Koan et avec Tchao Tse eul ; entre elles, elles avaient fait un pacte aux termes duquel celle qui serait la première élevée à une haute position n’oublierait pas ses compagnes. Plus tard, la fou-jen Koan et Tchao Tse eul furent les premières à jouir des faveurs du roi de Han. Un jour que le roi de Han était assis sur le belvédère de Tch’eng kao dans la commanderie de Ho nan (138), ces deux concubines plaisantaient entre elles au sujet du pacte qu’elles avaient fait auparavant avec la (future) femme d’empereur Pouo ; le roi de Han leur demanda ce qui en était, et les deux femmes lui racontèrent exactement tout ce qui s’était passé. Le roi de Han éprouva quelque regret et fut touché de compassion pour la (future) femme d’empereur Pouo ; et, ce jour même, il l’appela pour lui accorder ses faveurs. Elle lui dit :

— Hier au soir, pendant la nuit, j’ai rêvé qu’un dragon vert se posait sur mon ventre.

L’empereur Kao répliqua :

— C’est là un présage de haute fortune ; je vais en faire pour vous une réalité.

Il eut des rapports avec elle une seule fois, et elle enfanta un fils qui fut le roi de Tai (139). Par la suite, la femme impériale Pouo fut rarement admise en présence de Kao-tsou.

Après la mort de Kao-tsou (1er juin 199), toutes les femmes d’empereur qui, telles que la fou-jen Ts’i (140), avaient été en faveur, furent en butte à la haine de l’impératrice douairière Lu, qui les tint toutes prisonnières et ne leur permit pas de sortir du palais. Mais la femme d’empereur Pouo, parce qu’elle avait été rarement admise en présence du souverain, put sortir et se rendit à Tai à la suite de son fils ; elle devint la reine-mère du roi de Tai. Pouo Tchao (141), frère cadet de la reine-mère, se rendit avec elle dans le pays de Tai. Dix-sept ans après que le roi de Tai eut été nommé roi, l’impératrice (femme de) Kao( tsou) mourut (21 juill. 180). Les principaux ministres délibérèrent pour avoir à qui donner la succession impériale. Ils étaient inquiets de la puissance acquise par les membres de la famille Lu, parents de l’empereur par les femmes ; tous (au contraire) louaient la bonté et les vertus de la famille Pouo ; c’est pourquoi ils allèrent chercher le roi de Tai pour le mettre sur le trône : ce fut l’empereur Hiao wen. Alors la reine-mère changea de titre et s’appela impératrice douairière. Son frère cadet, Pouo Tchao, fut anobli sous le nom de marquis de Tche (10 mars 179) (142).

La mère de l’impératrice douairière Pouo était elle-même morte avant ces événements et avait été enterrée au nord de Yo yang (143). Alors on conféra par un honneur posthume à Pouo, qui avait été le père (de l’impératrice douairière), le titre de marquis de Ling wen, dans la commanderie de Koei-ki (144) ; on assigna un groupe de trois cents familles à l’entretien de sa chambre funéraire (145) ; un vice-préfet (146) et les officiers qui lui étaient subordonnés furent chargés de garder sa tombe ; dans la chambre funéraire et dans le temple funéraire, on offrit de la nourriture et des sacrifices conformément à la règle. Puis, au nord de Yo yang, on établit aussi une chambre funéraire pour la fou-jen (147), femme du marquis de Ling wen, (et on l’édifia) sur le modèle de la chambre funéraire du marquis de Ling wen.

L’impératrice douairière Pouo, considérant que les membres de la famille de sa mère étaient des descendants des rois de Wei (148), (et considérant aussi) que, lorsqu’elle avait perdu jeune son père et sa mère, c’étaient les membres influents de la famille qui l’avaient entretenue, elle l’impératrice douairière Pouo, appela donc pour les payer de retour les membres de la famille Wei (et les combla d’honneurs et de présents) ; chacun d’eux fut gratifié plus ou moins selon que sa parenté (avec l’impératrice douairière) était proche ou éloignée.

De la famille Pouo, il n’y eut en tout qu’un seul homme qui fut nommé marquis (149).

L’impératrice douairière mourut deux ans après l’empereur Wen, en la deuxième année (155) de la première période du règne de l’empereur King. On l’enterra au Nan ling (150). C’est parce que l’impératrice Lu avait été enterrée conjointement (avec Kao-tsou) dans le Tch’ang ling, que l’impératrice douairière Pouo se fit élever une sépulture spéciale qu’elle mit près du Pa ling, sépulture de l’empereur Hiao wen (151).


L’impératrice douairière Teou (152) était originaire de Koan--tsin (153), (dans la commanderie) de Ts’ing ho, du pays de Tchao. Au temps de l’impératrice douairière Lu, (celle qui fut plus tard) la femme d’empereur Teou fut, en sa qualité de fille de bonne famille, admise dans le harem pour servir l’impératrice douairière. L’impératrice douairière décida de faire sortir un certain nombre de femmes du harem pour les donner aux divers rois, à raison de cinq femmes par roi. (Celle qui fut plus tard) la femme d’empereur Teou se trouva comprise parmi celles qui devaient partir. Comme sa famille se trouvait dans (la commanderie de) Ts’ing ho, elle désirait aller (chez le roi de) Tchao afin d’être près des siens ; elle demanda donc au fonctionnaire eunuque chargé d’envoyer (les femmes à leurs destinations respectives) de ne pas manquer d’inscrire son nom sur le rôle des cinq femmes (attribuées au roi) de Tchao. L’eunuque oublia cette recommandation et inscrivit son nom sur le rôle des cinq femmes (attribuées au roi) de Tai (154). La liste fut présentée (à l’impératrice douairière), qui l’approuva par un décret. Il fallut partir. (Celle qui devait être) la femme d’empereur Teou versa des larmes, s’emporta contre son eunuque et ne voulait pas se mettre en route ; ce ne fut que contrainte qu’elle se décida à partir.

Quand elle fut arrivée dans le pays de Tai, le roi de Tai n’eut plus de faveurs que pour elle. Elle enfanta une fille nommée P’iao et donna ensuite le jour à deux fils (155). Cependant la reine femme principale du roi de Tai avait enfanté quatre fils ; elle mourut avant que le roi de Tai fût monté sur le trône impérial ; quand, ensuite, le roi de Tai fut devenu empereur, les quatre fils qu’avait enfantés la reine moururent successivement de maladie. Quelques mois après que l’empereur Hiao wen eut pris le pouvoir, les ducs du palais et les hauts dignitaires lui proposèrent de désigner l’héritier présomptif ; le fils aîné de la femme d’empereur Teou se trouva alors être le plus âgé (des fils de l’empereur), et on le nomma héritier présomptif. On donna à la femme d’empereur Teou le titre d’impératrice, et à sa fille, P’iao, le titre de princesse aînée (156) ; l’année suivante (178) (157), son fils cadet, Ou, reçut le titre de roi de Tai ; ensuite (168) (158), il fut transféré à Leang ; ce fut le roi Hiao, de Leang.

Le père et la mère de l’impératrice douairière Teou étaient morts de bonne heure et avaient été enterrés à Koan tsin (159). Alors l’impératrice douairière Teou ordonna par décret aux fonctionnaires que cela concernait de conférer à son père, par un honneur posthume, le titre de marquis de Ngan tch’eng, et à sa mère le titre de fois jen (femme du marquis) de Ngan tch’eng ; elle prescrivit d’assigner dans (la commanderie de) Ts’ing ho un groupe de deux cents familles à l’entretien de leurs chambres funéraires (160)) ; un vice-préfet fut chargé de la garde (de ces chambres funéraires), et on se conforma à la règle établie pour la chambre funéraire (du marquis) de Ling wen (161).

Le frère aîné de l’impératrice douairière Teou était Teou Tchang kiun. Le frère cadet (de cette impératrice) se nommait Teou Koang kouo ; son appellation était Chao kiun. Quand Chao kiun était âgé de quatre ou cinq ans, sa famille était pauvre et il fut pris par des gens qui le vendirent. Sa famille ne sut où il se trouvait ; il passa par une dizaine de maisons (162) et finit par arriver à I-yang (163), où il dut aller dans la montagne faire du charbon de bois pour le compte de son maître. Une fois qu’il faisait froid, il s’était couché avec une centaine d’autres hommes au pied d’un escarpement ; l’escarpement s’éboula et tua en les écrasant ceux qui étaient couchés là ; seul Chao kiun put échapper à la mort. Il se fit tirer les sorts et apprit que sous peu de jours il serait fait marquis. Étant venu à Tch’ang ngan à la suite de son maître, il apprit que l’impératrice douairière Teou avait été nouvellement élevée (à la dignité d’impératrice), que sa famille demeurait à Koan tsin et qu’elle avait pour nom de famille Teou. Lorsque (Teou) Koang kouo (164) était parti (de chez lui), il savait, quoique jeune, quels étaient sa préfecture, son nom personnel et son nom de famille ; en outre (il se rappelait que), étant un jour (165) allé cueillir des feuilles de mûrier avec sa sœur aînée, il était tombé (de l’arbre). Il se servit (de ces souvenirs) comme de preuves de sa véracité et adressa (à l’impératrice) un document écrit dans lequel il s’expliquait. L’impératrice Teou en parla à l’empereur Wen, qui le manda en sa présence et l’interrogea ; il exposa toutes les circonstances (de sa jeunesse), et on reconnut que c’était exact. On lui demanda de donner encore une preuve, et il répondit :

— Quand ma sœur aînée me quitta pour aller du côté de l’ouest (166), elle se sépara de moi dans la maison d’un relais de poste ; elle réclama de l’eau de riz (167) pour me laver les cheveux ; elle demanda de la nourriture pour me donner à manger ; ensuite je partis.

À ces mots, l’impératrice Teou le prit dans ses bras en pleurant ; leurs larmes coulaient à flots en se mélangeant ; tous ceux qui étaient de service aux côtés de l’empereur se prosternèrent à terre en pleurant et sympathisaient avec l’émotion de l’impératrice. Alors, elle donna en abondance (à Teou Koang kouo) des champs, des habitations et de l’argent (168) et le logea à Tch’ang ngan.

Le marquis de Kiang, le général Koan (169) et leurs collègues se dirent :

— Si nous et les nôtres n’avons pas été mis à mort (170) notre destinée n’en dépend pas moins de ces deux hommes (171). Ces deux hommes sont d’une extraction modeste ; nous ne saurions nous dispenser de leur choisir des maîtres, des précepteurs et des clients. S’ils allaient derechef imiter les membres de la famille Lu, ce serait une grave affaire.

Alors ils trièrent des gens de conduite intègre parmi les notables et les hommes de valeur et les firent demeurer avec eux. Teou Tchang kiun et (Teou) Chao kiun vécurent dès lors en sages retirés et modestes et n’osèrent pas profiter de leur haute situation pour se montrer arrogants envers les autres.

L’impératrice Teou tomba malade et perdit la vue. L’empereur Wen accorda (alors) ses faveurs à la fou-jen Chen, originaire de Han tan, et à la femme d’empereur Yn ; mais aucune d’elles n’eut de fils. À la mort de l’empereur Hiao wen (6 juillet 157), l’empereur Hiao king (172) prit le pouvoir. On conféra alors (22 juill. 157) (173) à (Teou) Koang kouo le titre de marquis de Tchang ou (174). Quant à (Teou) Tchang kiun, comme il était déjà mort, on conféra (22 juill. 157) (175) à son fils (Teou) P’ong tsou le titre de marquis de Nan p’i (176).

Lors de la révolte (des rois) de Ou et de Tch’ou (154) (177), Teou Yng, fils d’un cousin de l’impératrice douairière Teou, se plut à agir avec fidélité et dévouement ; il commanda les troupes et, à cause de ses succès militaires, il fut nommé marquis de Wei-k’i (178).

Il y eut (ainsi) en tout trois membres de la famille Teou qui eurent le titre de marquis (179).

L’impératrice douairière Teou aimait les paroles de Hoang ti et de Lao tse. L’empereur, ainsi que l’héritier présomptif et, les divers membres de la famille Teou, ne pouvaient se dispenser de lire Hoang ti et Lao tse et d’honorer leur doctrine.

L’impératrice douairière Teou mourut six ans après l’empereur Hiao King, la sixième année Kien yuen (135). On réunit sa sépulture (à celle de l’empereur Wen) dans le Pa ling (180). Par un décret testamentaire, de tout l’argent et de toutes les richesses qui étaient dans le palais oriental, elle fit présent à (sa fille) la princesse aînée P’iao.


L’impératrice douairière Wang (181) était originaire de Hoai-li (182). Sa mère s’appelait Tsang Eul et était la petite-fille de l’ancien roi de Yen, Tsang T’ou (183). Tsang Eul se maria et devint la femme d’un homme de Hoai-li, nommé Wang Tchong ; elle enfanta un fils qu’on appela Sin (184) et deux filles (185). (Wang) Tchong étant mort, Tsang Eul se remaria avec un certain T’ien, originaire de Tch’ang ling ; elle en eut (deux) fils qu’on appela Fen et Cheng.

La fille aînée de Tsang Eul (186) se maria et devint la femme de Kin Wang suen ; elle enfanta une fille. Cependant Tsang Eul, ayant consulté les sorts par la tortue et par l’achillée à son sujet, obtint la réponse que ses deux filles devaient occuper de hautes situations ; elle désira donc s’appuyer (187) sur ses deux filles, et enleva (l’aînée) au nommé Kin. Celui-ci, irrité, refusa de donner sa ratification (188), et alors (Tsang Eul) fit entrer (sa fille aînée) dans le harem de l’héritier présomp-tif (189). L’héritier présomptif lui accorda ses faveurs et l’aima. Elle enfanta trois filles et un fils (190). Quand ce fils se trouvait encore dans le ventre de sa mère, la mei-jen (191) Wang rêva qu’un soleil entrait dans son sein ; elle raconta cela à l’héritier présomptif, qui lui dit :

— C’est là un présage de haute fortune.

Avant que ce fils fût né, l’empereur Hiao wen mourut (6 juillet 157). L’empereur Hiao king étant monté sur le trône, la fou-jen (192) Wang enfanta son fils (193).

Antérieurement à cela, Tsang Eul avait aussi fait entrer sa plus jeune fille Eul hiu (dans le harem de l’héritier présomptif) ; Eul hiu enfanta quatre fils (194).

Au temps où l’empereur King était héritier présomptif, l’impératrice douairière Pouo (195) lui avait donné pour première épouse une fille de la famille Pouo ; puis, quand l’empereur King fut monté sur le trône, il éleva sa première épouse au titre d’impératrice Pouo. L’impératrice n’avait pas de fils et n’était pas aimée ; aussi, après que l’impératrice douairière Pouo fut morte (155), l’impératrice Pouo fut-elle dégradée (151) (196).

Le fils aîné de l’empereur King était Yong, dont la mère était la femme d’empereur Li, originaire du pays de Ts’i. On nomma Yong héritier présomptif (153). La princesse aînée P’iao (197) avait une fille qu’elle aurait voulu lui donner pour première épouse (198). Cependant la fille d’empereur Li était jalouse, et (d’autre part) les diverses concubines de l’empereur King étaient toutes parvenues par l’entremise de la princesse aînée à être admises en présence de l’empereur King et à obtenir plus d’honneur et de faveurs que la femme d’empereur Li. Celle-ci en avait conçu un ressentiment qui était devenu plus fort de jour en jour ; aussi refusa-t-elle la proposition de la princesse aînée, et elle ne consentit pas (à l’union projetée). La princesse aînée voulut alors donner (sa fille au fils de) la fou-jen Wang, qui y consentit (199). La princesse aînée, irritée contre la femme d’empereur Li, parlait mal d’elle chaque jour à l’empereur King en faisant ressortir ses défauts ; elle lui disait :

— Quand la femme d’empereur Li est réunie avec les fou-jen honorées et avec les femmes impériales en faveur, elle charge toujours de ses gens de prononcer des imprécations et de cracher (200) derrière leur dos, et elle a recours à des procédés mauvais (201) pour être aimée.

L’empereur King, à cause de ces propos, avait conçu de l’animosité. Un jour qu’il se sentait mal à son aise et qu’il était triste, il confia ceux de ses fils qui avaient le titre de roi à la femme d’empereur Li, en lui disant :

— Après ma mort (202), veillez bien sur eux.

La femme d’empereur Li, qui était irritée, ne voulut pas le promettre et prononça des paroles peu soumises. L’empereur King en éprouva un vif mécontentement, mais en le dissimulant dans son cœur et sans lui donner encore libre cours.

La princesse aînée louait chaque jour les qualités du fils de la fou-jen Wang, et d’ailleurs l’empereur King appréciait lui-même la sagesse (de cet enfant). Il y avait en outre le présage du soleil aperçu autrefois en songe (203). Cependant, (l’empereur) n’avait point encore arrêté ses plans. La fou-jen Wang savait que l’empereur avait de l’animosité contre la femme d’empereur Li ; profitant de ce que sa colère ne s’était pas encore déclarée, elle chargea secrètement des gens d’insister auprès des principaux ministres pour qu’on donnât le titre d’impératrice à la femme d’empereur Li (204). En terminant (205) sa requête au sujet de cette affaire, le ta hing (206) dit :

— Si un fils est anobli par sa mère, une mère doit être anoblie par son fils. Maintenant, la mère de l’héritier présomptif ne porte aucun titre : il faut la nommer impératrice.

L’empereur King, irrité, dit :

— Est-ce là une question sur laquelle vous ayez à parler ?

Il fit alors condamner à mort le ta hing et dégrada l’héritier présomptif, qu’il nomma roi de Lin kiang (28 déc. 151) (207). La femme d’empereur fut de plus en plus détestée et ne put plus être admise en présence de l’empereur ; elle mourut de chagrin. En définitive, on nomma impératrice la fou-jen Wang (6 juin 150) et héritier présomptif son fils (18 juin 150) (208). (Wang) Sin, frère aîné de l’impératrice, reçut le titre nobiliaire de marquis de Kai (8 juin 149) (209).

À la mort de l’empereur King (9 mars 141), l’héritier présomptif hérita de son titre et devint empereur (210). Il honora Tsang Eul (211), mère de l’impératrice douairière, du titre de princesse de P’ing yuen. Il conféra à T’ien Fen le titre de marquis de Ou ngan, et à (T’ien) Cheng le titre de marquis de Tcheou yang (entre le 10 avril et le 9 mai 141) (212).

L’empereur King avait eu treize fils. L’un d’eux devint empereur ; les douze autres furent tous nommés rois (213). Quant à Eul hiu (214) qui était morte de bonne heure, ses quatre fils (215) furent tous nommés rois.

La fille aînée de l’impératrice douairière Wang (216) reçut le titre de princesse de P’ing yang ; la seconde, le titre de princesse de Nan kong ; la troisième, le titre de princesse de Lin lu.

Le marquis de Kai, (Wang) Sin, était adonné au vin. T’ien Fen et T’ien Cheng étaient des hommes avides et habiles à écrire et à parler.

Wang Tchong (217), étant mort de bonne heure, avait été enterré à Hoai-li (218) ; on lui conféra par un honneur posthume le titre de marquis de Kong et on affecta un groupe de deux cents familles à l’entretien de sa chambre funéraire. Quand la princesse, de P’ing yuen (219) mourut, on l’enterra à Tch’ang ling et on établit pour elle une chambre funéraire semblable à celle du marquis de Kong.

Quant à l’impératrice douairière Wang, elle mourut seize ans après l’empereur Hiao king, la quatrième année yuen-cho (125) (220) ; on réunit sa sépulture (à celle de l’empereur Hiao king) dans le Yang ling (221). Il y eut en tout trois hommes de la famille de l’impératrice douairière Wang qui furent faits marquis (222).

L’impératrice Wei (223) avait pour appellation Tse fou ; sa naissance étant illégitime, elle assuma le nom de sa mère lui était Wei (224). Comme elle était issue d’une des familles attribuées en apanage au marquis de P’ing yang (225), Tse fou devint une chanteuse au service de la princesse de P’ing yang. Dans les débuts de son règne, l’empereur Ou (226) était resté plusieurs années sans avoir de fils. La princesse de P’ing-yang chercha une dizaine de filles de bonnes familles qu’elle para et plaça dans sa maison ; l’empereur Ou, revenant de se purifier (227) sur les bords de la rivière Pa (228), en profita pour passer chez la princesse de P’ing yang ; celle-ci lui montra les jolies femmes dont elle s’était entourée (229), mais aucune d’elles ne plut à l’empereur. Quand on se mit à boire, les chanteuses s’avancèrent ; l’empereur Ou se leva pour changer de vêtements, et Tse fou l’aida à s’habiller ; elle reçut ses faveurs dans le char orné de tentures (230). Quand l’empereur revint s’asseoir, il était très joyeux et fit présent de mille livres d’or à la princesse de P’ing yang. La princesse en profita pour présenter une requête (à la suite de laquelle) elle fut chargée d’envoyer Tse fou dans le harem impérial (231). Quand Tse fou monta en char, la princesse de P’ing yang lui caressa le dos en lui disant :

— Bon voyage ! Faites effort pour bien manger ; appliquez-vous à la tâche et, quand vous serez élevée en dignité, ne m’oubliez pas.

Quand (Wei Tse fou) fut entrée dans le harem (139) (232), elle fut plus d’un an sans jamais plus recevoir les faveurs. L’empereur Ou ayant fait un choix parmi les femmes du harem enfin de chasser hors du palais et de renvoyer celles qui ne le satisfaisaient pas, Wei Tse fou parvint à être admise en présence de l’empereur, et, toute en larmes, demanda à sortir (elle aussi du harem). L’empereur eut pitié d’elle et lui accorda de nouveau ses faveurs. À la suite de cela, elle devint enceinte ; de jour en jour elle monta en dignité et en faveur. Elle manda son frère aîné Wei Tchang kiun et son frère cadet (Wei) Ts’ing et les fit nommer che tchong. Par la suite, (Wei) Tse fou fut fort aimée et jouit de la faveur de l’empereur ; elle enfanta en tout trois filles (233) et un fils (234).

Auparavant, au temps où l’empereur était héritier présomptif, il avait pris pour première épouse la fille de la princesse aînée (235) ; quand il fut devenu empereur, il lui donna le titre d’impératrice ; le nom de famille (de l’impéra-trice) était Tch’en (236) ; elle n’eut pas de fils. Si l’empereur avait pu recueillir la succession impériale, ç’avait été grâce à l’influence de la princesse douairière aînée (237) ; c’est pourquoi l’impératrice Tch’en était fière de sa haute situation. Quand elle apprit que Wei Tse fou était en faveur auprès de l’empereur, elle faillit plusieurs fois en mourir de rage. L’empereur n’en fut que plus irrité contre elle. L’impératrice Tch’en eut recours aux procédés magiques en usage chez les femmes pour se faire aimer ; cette affaire vint à être découverte (238) ; alors on dégrada l’impératrice Tch’en (130) et on donna le titre d’impératrice à Wei Tse fou (30 avril 128) (239). La princesse douairière aînée, qui était la mère de l’impéra-trice Tch’en et la sœur aînée de l’empereur King, fit à plusieurs reprises des reproches à la princesse de P’ing yang, sœur aînée de l’empereur Ou, en lui disant :

— Sans moi, l’empereur n’aurait pas pu monter sur le trône ; après qu’il en a été ainsi, voici qu’il chasse et dégrade ma fille. Son unique pensée ne devrait-elle pas être de trouver son plaisir à me payer au double de ce que j’ai fait pour lui ? (240)

La princesse de P’ing yang lui ayant dit que c’était parce que (sa fille) n’avait pas eu de fils qu’elle avait été renvoyée, l’impératrice Tch’en, pour obtenir un fils, donna à des médecins jusqu’à quatre-vingt-dix millions de pièces de monnaie ; en définitive, cependant, elle n’eut pas de fils.

Quand Wei Tse fou eut été nommée impératrice, Wei Tchang kiun (241) était déjà mort. Wei Ts’ing (242) fut alors nommé général ; il combattit contre les Hou (243) et se couvrit de gloire ; il reçut le titre nobiliaire de marquis de Tch’ang-p’ing (17 avril 127) (244) ; ses trois fils, encore au maillot (245), furent tous anoblis (22 mai 124) (246). Puis, Wei Chao eul, que l’impératrice Wei appelait sa sœur aînée (247), enfanta Houo K’iu ping (248) qui fut nommé, à cause de ses succès militaires, marquis de Koan kiun (11 juin 123) (249), et reçut le titre de général des chevau-légers. (Wei) Ts’ing eut le titre de général en chef. On nomma héritier présomptif le fils de l’impératrice Wei (1er juin 122). Des membres ou parents de la famille Wie qui, pour cause militaire, furent fondateurs de maisons (héréditaires), il y en eut cinq, tous marquis (250).

Quand la beauté de l’impératrice Wei se fut altérée, la fou-jen Wang, originaire du pays de Tchao, devint la favorite de l’empereur ; elle eut un fils qui fut nommé roi de Ts’i (12 juin 117) (251).

La fou-jen Wang étant morte de bonne heure, ce fut alors la fou-jen Li, originaire de Tchong chan, qui fut en faveur. Elle eut un fils qui fut nommé roi de Tch’ang i (17 juillet 97) (252). La fou-jen Li mourut de bonne heure (253). Son frère aîné, Li Yen nien (254), fut en faveur auprès de l’empereur à cause de son talent musical ; il reçut le surnom d’Accordeur des tuyaux sonores (255). L’Accordeur des tuyaux sonores était un ancien chanteur. Lui et son frère cadet furent tous deux inculpés de s’être livrés à la débauche (256) et on les extermina avec toute leur parenté (257). En ce temps, l’aîné des frères (de Li Yen nien), Li Koang li, dirigeait, en qualité de général de Eul che, la campagne contre le Ta yuan (258) et ne fut donc pas atteint par (la sentence d’)extermination. À son retour, l’empereur, qui avait fait périr tous les membres de la famille Li, eut quelque pitié rétrospective pour cette maison, et c’est pourquoi il conféra (à Li Koang li) le titre de marquis de Hai-si (31 mai 101) (259).

Deux fils d’une autre femme d’empereur furent nommés roi de Yen et roi de Koang ling (260) ; leur mère ne fut pas en faveur et mourut de chagrin.

Après la mort de la fou-jen Li, des femmes telles que la tsie yu Yn (261) jouirent tour à tour de la faveur impériale ; mais toutes furent admises en présence de l’empereur parce qu’elles étaient des chanteuses, et non comme filles de bonne famille, issues de rois-vassaux apanagés ; elles n’auraient pas dû être appariées au souverain des hommes.


[ (262) Maître Tch’ou dit : Au temps où j’étais lang, j’interrogeai maître Tchong li qui connaissait bien les anciens événements concernant la maison des Ha n. Il me raconta ceci :

Lorsque l’impératrice douairière Wang (263) était encore une femme du commun peuple, la fille (264) qu’elle enfanta eut pour père Kin Wang suen (265). Après la mort de (Kin) Wang suen et le trépas de l’empereur King, quand l’empereur Ou était monté sur le trône et que l’impératrice douairière Wang restait veuve, une petite-fille du roi de Han, qui avait pour nom personnel Yen, ayant obtenu pendant quelque temps les faveurs de l’empereur Ou, profita d’un moment de loisir pour dire :

— L’impératrice douairière a une fille qui est à Tch’ang-ling.

— Que ne me l’a-t-on dit plus tôt ! » s’écria l’empereur Ou.

Aussitôt il envoya des émissaires pour voir si elle était chez elle ; puis l’empereur alla en personne la chercher pour l’emmener ; ceux qui devaient interdire la circulation sur la route (266) galopaient en avant. Les cavaliers porteurs de fanions sortirent par la porte Koang de la ville (267) ; l’équipage impérial se rendit en toute hâte à Tch’ong ling ; à l’ouest de la petite place du marché, on pénétra dans la ruelle du quartier (268) ; la porte de la ruelle étant fermée, on l’ouvrit de force ; l’équipage impérial entra tout droit dans la ruelle, pénétra jusque devant la porte de la famille Kin et s’arrêta. Des cavaliers militaires cernèrent la maison de peur que (la fille Kin) s’échappât. L’empereur en personne alla pour la prendre, mais ne put la trouver ; il chargea alors tous les officiers que l’accompagnaient d’entrer pour l’appeler et la chercher ; tous les gens de la famille étaient terrorisés ; la fille (Kin) s’était cachée hors de la porte et on l’invita à se présenter à l’empereur en se prosternant. L’empereur Ou descendit de son char et dit en pleurant :

— Hélas ! ma sœur aînée, comme vous vous étiez bien cachée !

Il ordonna qu’on la fît monter dans un char de l’escorte, puis on tourna bride et on revint en toute hâte. On entra tout droit dans le palais Tchang lo (269), car, en route, l’empereur avait donné ordre aux préposés à la porte de rédiger une feuille d’introduction (270). Il pénétra jusqu’à l’impératrice douairière. Celle-ci lui dit :

— Ô empereur, vous êtes fatigué ; d’où venez-vous donc ?

L’empereur répondit :

— J’ai été présentement à Tch’ang ling ; j’y ai trouvé la sœur aînée de votre sujet (271) et je suis venu avec elle.

Se retournant alors vers sa sœur, il lui dit :

— Présentez-vous à l’impératrice douairière.

L’impératrice douairière demanda :

— Êtes-vous ma fille une telle ?

Elle répondit :

— Je la suis.

L’impératrice douairière se mit à verser des pleurs à cause d’elle, et sa fille aussi, prosternée à terre, pleurait. L’empereur Ou présenta le vin et s’avança pour souhaiter une longue vie (à sa mère). Il offrit un million de pièces de monnaie, trois cents servantes esclaves, cent mesures de cent arpents (k’ing) de terres du domaine public et une résidence seigneuriale de premier rang (272) dont il fit présent à sa sœur aînée. L’impératrice douairière remercia en disant :

— Cela a causé beaucoup de dépenses à Votre Majesté.

Alors on appela la princesse de P’ing yang, la princesse de Nan kong et la princesse de Lin lu (273) pour qu’elles vinssent se présenter à leur sœur aînée ; puis on donna à celle-ci le titre de princesse de Sieou tch’eng. Elle enfanta un fils et une fille ; le fils fut surnommé Tchong (274), fils de (la princesse de) Sieou tch’eng ; la fille devint reine, femme d’un roi vassal (275). Ces deux enfants n’appartenaient pas à la famille Lieou ; c’est pourquoi l’impératrice douairière les prit en compassion. (Mais) Tchong, fils de (la princesse de) Sieou tch’eng, fut arrogant et adonné à ses passions ; il opprimait et maltraitait les officiers et le peuple ; tous le supportaient avec peine.

[Wei Tse fou fut nommée impératrice ; le frère cadet de l’impératrice, Wei Ts’ing, dont l’appellation était Tchong-k’ing, reçut en sa qualité de général en chef le titre nobiliaire de marquis de Tch’ang p’ing. Il eut quatre fils (276). L’aîné, (Wei) K’ang, fut le fils qui hérita du marquisat (de son père) ; ce fils héritier du marquisat fut constamment che tchong ; il occupa une haute situation et jouit de la faveur impériale. Ses trois frères cadets furent tous nommés marquis avec des apanages de treize cents foyers : le premier était marquis de Yn ngan ; le second, marquis de Fa kan ; le troisième, marquis de I-tch’oen. Leur élévation était telle qu’elle faisait trembler tout l’empire ; on avait fait à propos d’eux une chanson populaire ainsi conçue : « Quand un fils vous naît, ne vous réjouissez pas ; quand une fille vous naît, ne vous irritez pas. Ne voyez-vous donc pas comment Wei Tse fou exerce l’hégémonie dans l’empire ? » (277) En ce temps, la princesse de P’ing-yang se trouvait veuve (278) ; il lui fallait prendre un seigneur pour l’épouser ; la princesse discuta avec ceux qui l’entouraient pour savoir quel était celui des seigneurs demeurant à Tch’ang ngan qui pourrait devenir son mari ; tous lui dirent :

— Le général en chef en est digne.

La princesse se mit à rire et dit :

— Mais cet homme est sorti de ma domesticité (279) ; je le chargeais de m’accompagner, à la tête des cavaliers, dans mes allées et venues. Comment le prendrais-je pour mari ?

Les officiers de service qui étaient à ses côtés répondirent :

— Maintenant le général en chef a sa sœur aînée impératrice ; ses trois fils sont marquis ; sa richesse et sa puissance font trembler tout l’empire. Ô princesse, comment pourriez-vous changer cela ?

Alors la princesse donna son consentement ; elle en parla à l’impératrice, en la priant d’instruire de la chose l’empereur Ou ; celui-ci ordonna alors que le général Wei épousât la princesse de P’ing yang.

[Maître Tch’ou dit : Au sujet de la transformation d’un homme en dragon (280), un dicton prétend que « quand un serpent se mue en dragon, il ne change pas la bigarrure (de sa peau) ; quand un particulier devient roi, il ne change pas de caractère. » Mais quand un homme est devenu riche et puissant, tous ses défauts s’évanouissent ; sa splendeur lui donne un lustre glorieux ; ce qu’il fut au temps de sa pauvreté et de son humilité, comment pourrait-on lui en faire un embarras ?

[Au temps de l’empereur Ou, ce souverain accorda ses faveurs, parmi ses fou-jen, à la tsie yu Yn (281) et à la fou-jen Hing dont le surnom était Hing ngo, mais qu’on appelait communément la hing ho (282). Le rang de hing ho est assimilé à celui des fonctionnaires tchong eul ts’ien che ; le rang de yong hoa est assimilé à celui des fonctionnaires eul ts’ien che (283) ; le rang de tsie yu est assimilé à celui des seigneurs apanagés (284).

C’est toujours du rang de tsie yu qu’on passe à celui d’impératrice. Le fou-jen Yn et la fou-jen Hing jouissant en même temps des faveurs de l’empereur, un décret avait été rendu pour qu’elles ne pussent se voir. La fou-jen Yn exprima d’elle-même à l’empereur Ou son désir d’apercevoir la fou-jen Hing ; l’empereur y consentit ; il ordonna alors à une autre fou-jen de se parer et de venir en sa présence accompagnée de plusieurs dizaines de chambellans, comme si elle eût été la fou-jen Hing. Quand la fou-jen Yn la vit se présenter, elle dit :

— Ce n’est point là la fou-jen Hing en personne.

L’empereur lui ayant demandé pourquoi elle parlait ainsi, elle répondit :

— À considérer son corps, sa figure et tout son extérieur, je vois qu’elle n’est pas qualifiée pour être digne du souverain des hommes.

Alors l’empereur ordonna qu’on fît revêtir de vieux vêtements la fou-jen Hing et qu’elle vînt sans aucune escorte en sa présence. Dès que la fou-jen Yn l’aperçut, elle dit :

— C’est bien elle vraiment.

Alors elle baissa la tête en avant et se mit à pleurer en s’affligeant de n’être pas aussi belle. Un proverbe dit :

« Quand une belle femme entre dans une demeure, elle est aussitôt une ennemie pour la femme laide. »

[Maître Tch’ou dit : Pour ce qui est d’un bain, il n’est pas nécessaire qu’on ait le Kiang ou la mer ; l’essentiel est qu’il enlève la crasse. Pour ce qui est d’un cheval, il n’est pas nécessaire que ce soit un coursier rapide ; l’essentiel est qu’il marche bien. Pour ce qui est d’un homme, il n’est pas nécessaire qu’il soit l’homme le plus sage du monde ; l’essentiel est qu’il connaisse la sagesse. Pour ce qui est d’une femme, il n’est pas nécessaire qu’elle soit de noble extraction ; l’essentiel est qu’elle soit chaste et bonne. On dit communément : qu’une femme soit belle ou laide, dès qu’elle entre dans la demeure (d’un mari), elle se voit jalousée. Qu’un homme soit sage ou indigne, dès qu’il entre à la cour, il se voit en lutte aux envieux. Une belle femme est une ennemie pour la femme laide. N’est-ce pas bien vrai ?

[La fou-jen Keou i (285) avait pour nom de famille Tchao ; elle était originaire du Ho kien. Elle obtint les faveurs de l’empereur Ou et enfanta un fils (94), qui fut l’empereur Tchao (286). L’empereur Ou était âgé de soixante-dix ans quand il engendra l’empereur Tchao ; au moment où l’empereur Tchao monta sur le trône (86), il était âgé de cinq ans (287). Après que l’héritier présomptif (fils de l’impératrice) Wei eut été dégradé (91) (288), on n’avait plus nommé aucun héritier présomptif. Alors (Lieou) Tan (289), roi de Yen, adressa une requête à l’empereur pour exprimer son désir de rendre son royaume et d’entrer dans les gardes du corps (290) ; l’empereur Ou, dans son irritation, fit décapiter sur le champ son envoyé à la porte du Nord. (Plus tard), l’empereur, se trouvant dans le palais Kan ts’iuen, fit appeler un dessinateur pour représenter le duc de Tcheou soutenant le roi Tch’eng (291) ; alors tous les officiers présents surent que l’empereur avait l’intention de mettre sur le trône son plus jeune fils. Quelques jours plus tard, l’empereur adressa un blâme à la fou-jen Keou i ; celle-ci enleva ses épingles de tête et ses boucles d’oreilles et se prosterna le front contre terre ; l’empereur dit (à ses gardes) :

— Emmenez-la et conduisez-la dans la prison des bâtiments latéraux (292).

La fou-jen s’étant retournée pour lui jeter un regard, il dit :

— Partez vite ; vous ne pouvez avoir la vie sauve (293).

La fou-jen mourut dans le palais Yun yang (294) ; il y eut alors un vent violent qui soulevait la poussière ; le peuple éprouva de l’inquiétude et de l’affliction. Un envoyé vint de nuit avec un cercueil pour enterrer (la fou-jen Keou i) ; il éleva un tertre afin de reconnaître l’endroit (de la sépulture). Quelque temps après, l’empereur, se trouvant de loisir, demanda à ceux qui d’entouraient :

— Qu’a-t-on dit de ma conduite ?

Ceux qui l’entouraient lui répondirent :

— On a dit : Puisqu’il veut mettre le fils sur le trône, pourquoi chasse-t-il la mère ?

L’empereur répliqua :

— En effet, ce ne sont pas là des choses que vous autres, gens stupides, pouvez savoir. Dans le passé, si le gouvernement a été troublé, cela est venu de ce que le souverain était jeune tandis que sa mère était dans la force de l’âge ; lorsqu’une femme est seule souveraine, elle est arrogante, débauchée et s’abandonne à ses passions sans que personne puisse l’en empêcher. N’avez-vous pas entendu parler de l’impératrice Lu ? (295)

Ainsi, toutes les femmes de l’empereur Ou qui lui donnèrent des enfants, garçons ou filles, toutes ces mères sans exception furent l’objet d’une réprimande et moururent. Comment dirait-on que (l’empereur Ou) n’agit pas en cela avec une parfaite sagesse ? Très lucide, il voyait loin et combinait des plans pour les générations à venir ; c’est là ce que ne peuvent pas saisir des lettrés stupides au mince savoir. Son nom posthume fut Ou ; ce n’est pas sans raison (296). ]




Notes


(101. ) Comparez à ce chapitre le chapitre XCVII, a, du Ts’ien Han chou, qui porte le même titre, mais qui est rangé dans la section des monographies (lie tchoan).

(102. ) Le sens propre de l’expression wai ts’i paraît être celui que lui attribue ici Se ma Ts’ien, à savoir « les femmes d’empereurs ». Par extension, cependant, ce terme en est venu à désigner aussi « ceux qui sont parents d’empereur par les femmes », et ce sens est celui qui est le plus usuel dans les textes historiques. Cf. Mém. hist., chap. CVII, p. 6 r° :

« (Les marquis de) Wei-k’i et Ou ngan eurent tous deux des situations importantes en leur qualité de parents de l’empereur par les femmes.

De même, Ts’ien Han chou, chap. XVIII, p. 1 r° :

« Quand les Han eurent pris le pouvoir, il y eut deux hommes qui furent faits marquis parce qu’ils étaient parents de l’empereur par les femmes et qu’ils avaient contribué à conquérir l’empire.

(103. ) L’historien a en vue deux catégories de souverains : d’une part les fondateurs de dynasties, d’autre part ceux qui, montés sur le trône par droit d’hérédité, ont affermi leur empire par leur bon gouvernement. Ce sont ces deux sortes de princes que nous retrouvons indiqués dans le Ts’ien Han chou (chap. XVIII, p. 1 r°) par la phrase :

« depuis l’antiquité, les princes que ont reçu (du Ciel) le mandat (de régner), et ceux qui produisirent la prospérité au milieu (d’une dynastie). . . »

(104. ) Yu le grand épousa une fille de la principauté de T’ou chan. Cf. Ta Tai li (§ 63, Ti hi) : « Yu prit femme dans la principauté de T’ou chan ; la fille (du prince) de T’ou chan s’appelait Niu kiao (la fille Kiao) ; elle enfanta K’i.

La montagne T’ou, qui donna son nom à la principauté de T’ou chan, paraît être celle qui se trouve à 8 li de la s.-p. actuelle de Hoai-yuan (préf. de Fong yang, prov. de Ngan hoei) ; Yu le grand passe pour avoir réuni les seigneurs sur la montagne T’ou (Tchou chou ki nien, Legge, C. C., III, Prol., p. 117 [css : trad. Biot] ; Tso tchoan, 7e année du duc Ngai ; Ta Ts’ing i t’ong tche, chap. LXXXVII, p. 2 v°).

(105. ) Cf. Kouo yu (chap. VII, p. 1 v°, Tsin yu, 1e partie) :

« Autrefois, quand Kie, de la dynastie Hia, attaqua la principauté de Che, les gens de la principauté de Che lui donnèrent pour femme Mo Hi ; Mo Hi devint sa favorite, et alors elle joua un rôle aussi important que celui de I yn pour causer la ruine de la dynastie Hia. En d’autre termes, I yn, qui fut le conseiller du fondateur de la dynastie Yn, fut puissamment aidé dans son entreprise de renverser la dynastie Hia par Mo Hi dont l’influence néfaste mena l’empereur Kie à sa ruine. Hi était le nom de clan des princes de Che ; le nom de Mo Hi paraît signifier « Hi la cadette ».

(106. ) Kien ti, mère de Sie qui fut l’ancêtre des empereurs de la dynastie Yn, était une fille de la famille princière de Song ; cf. tome I, p. 173.

(107. ) Cf. tome I, note 03.201. , p. 207 et p. 228, note 04.172. .

(108. ) Kiang Yuen était la mère de Heou tsi, maître des Tcheou ; cf. tome I, p. 209.

(109. ) Jen l’aînée fut la mère du roi Wen ; cf. Che king, section Ta ya, 1e décade, ode 2 et ode 6 et la note de Legge, dans C. C., vol. IV, p. 433.

(110. ) Cf. tome I, p. 280-289.

(111. ) Les hexagrammes du Ciel et de la Terre, par lesquels s’ouvre le I king, symbolisent les principes mâle et femelle dont l’union produit tous les êtres.

(112. ) L’ode koan ts’iu, qui est en tête du Che king, loue une femme vertueuse ; on sait cependant que Se ma Ts’ien considérait cette poésie comme ayant une intention satirique (cf. tome III, note 14.106 et tome V, note 47.491). Il oppose donc ici le Che king au I king, de même que, dans la phrase suivante, il oppose le Tch’oen ts’ieou au Chou king. Dans ce passage, de même que dans les exemples historiques qui viennent d’être rappelés, l’historien montre l’importance des femmes alternativement pour le bien et pour le mal.

(113. ) Les mots [][] sont employés dans le Chou king (chap. Choen tien, à la fin) pour exprimer la manière dont l’empereur Choen donna en mariage ses deux filles à celui qui devait être plus tard l’empereur Yu le grand.

(114. ) À la date de la 2e année du duc Yn (221 av. J.-C.), le Tch’oen ts’ieou rapporte qu’un certain Lie Siu, officier de la principauté de Ki, vint dans le pays de Lou pour y chercher la fille du duc de Lou, fiancée au marquis de Ki. Le commentateur Kong yang fait remarquer que, si le Tch’oen ts’ieou mentionne les cas où des ducs de Lou envoyèrent des représentants chercher leurs fiancées dans des pays étrangers (p. ex. 3e année du duc Hoan, 7e mois ; 1e année du duc Siuen, 1er mois ; 14e année du duc Tch’eng, en automne), il passe en général sous silence les cas où des princes étrangers ont député des officiers dans le pays de Lou à la rencontre de leurs fiancées. Pourquoi relevons-nous une exception à cet usage à la date de la 2e année du duc Yn, c.-à-d. dès le début du Tch’oen ts’ieou ? D’après Kong yang, c’est parce qu’on manqua pour la première fois en cette occasion à la règle qui voulait qu’un prince vînt en personne à la rencontre de sa fiancée ; en envoyant un de ses officiers dans le pays de Lou pour y chercher sa future femme, le prince de Ki dérogea aux rites et c’est pourquoi le Tch’oen ts’ieou mentionne ce fait, la singularité même de cette mention constituant un blâme déguisé. On voit que Se ma Ts’ien partage l’avis de Kong yang dont le commentaire jouissait d’une grande faveur à l’époque des Han occidentaux. Mais on remarquera une fois de plus combien les prétendues intentions satiriques du Tch’oen-ts’ieou sont difficiles à saisir, ce qui n’a rien de surprenant, car elles n’ont jamais existé que dans l’esprit des commentateurs.

(115. ) Si un prince ou un père ne peuvent ravir à un sujet ou à un fils leur bonheur conjugal, à plus forte raison un sujet ou un fils sont-ils impuissants à rien faire contre le bonheur conjugal du prince ou du père. Il semble donc qu’une femme d’empereur, quand son mari partage son amour, soit assurée de la félicité. Mais c’est alors qu’intervient la mystérieuse et insondable destinée : parmi ces souveraines, les unes n’ont pas d’enfants mâles qui puissent devenir les héritiers du trône ; d’autres, qui ont vu leur fils désigné pour recevoir la succession impériale, assistent à quelqu’un de ces retours du sort qui bouleversent soudain les cours et qui chassent ou font périr l’héritier présomptif.

(116. ) Le yn et le yang, le principe femelle et le principe mâle.

(117. ) Ngo kiu est l’appellation de celle qui fut la fameuse impératrice Lu, ; cf. tome II, p. 327. 329. et 406. 442. . La sœur aînée de l’impératrice Lu avait pour appellation Tchang kiu ; cf. tome II, note 09.135.

(118. ) Le futur empereur Hiao hoei.

(119. ) Le roi de Tchao n’est autre que Jou i, fils de la fou-jen Ts’i. Sur la manière atroce dont l’impératrice Lu se livra à ces exécutions, voyez tome II, p. 409-470.

(120. ) Cf. tome II, note 07.301.

(121. ) D’une part, elle était la petite-fille de l’impératrice douairière, étant la fille de sa fille ; d’autre part, elle était sa bru, ayant épousé son fils l’empereur Hiao hoei.

(122. ) Puisqu’on pouvait contester la légitimité du jeune empereur qui n’était qu’un enfant supposé.

(123. ) Cf. tome II, p. 413 et suite.

(124. ) Cf. tome II, note 09.195.

(125. ) Cf. tome II, note 09.171. Ce jeune empereur n’est pas celui qu’on avait fait passer pour l’enfant de l’impératrice, femme de Hiao hoei, car celui-ci n’avait pas tardé à être mis à mort pour une parole imprudente (cf. tome II, p. 419)

(126. ) Tch’ong ling est le nom de la sépulture de Kao-tsou. Elle se trouvait à 30 li à l’E. de la s.-p. actuelle de Hien yang), au N. de la rivière Wei. Cf. tome II, p. 402, n. 3 vers la fin.

(127. ) Ce palais se trouvait au nord du palais Wei-yang qui était la résidence habituelle des premiers empereurs de la dynastie Han. Le palais Wei-yang lui-même était au n. de l’ancienne ville de Tch’ang ngan.

(128. ) Cf. tome II, p. 395, lignes 8-10, et p. 443 et suiv.

(129. ) L’impératrice douairière Pouo fut la mère de l’empereur Hiao wen.

(130. ) On sait que la capitale de l’ancien royaume de Ou était d’abord à Mei-li, dans le voisinage de la s.-p. actuelle de Ou si (préf. de Tch’ang-tcheou, prov. de Kiang sou) ; à partir du roi Ho lu (514-496), elle se trouva dans la ville qui est aujourd’hui Sou tcheou fou (prov. de Kiang sou).

(131. ) L’ex-roi de Wei est Wei Pao qui, à cette époque, n’avait pas encore pris le titre de roi de Wei ; c’est donc par anticipation qu’il est appelé ici l’ex-roi de Wei.

(132. ) Celle qui fut plus tard une des femmes de l’empereur Kao-tsou et qui, plus tard encore, devint l’impératrice douairière Pouo lorsque son fils, l’empereur Hiao wen, fut monté sur le trône.

(133. ) Aujourd’hui, s.-p. de Chan yn, faisant partie constituante de la cité préfectorale de Chao hing (prov. de Tchë kiang). La sépulture du père de la future impératrice douairière Pouo se trouvait sur une montagne que le Kouo ti tche appelle la montagne Tsie ou Tsi (peut-être faut-il prononcer tcha), à 3 li au N. O. de la s. p. de Koei-ki, qui fait elle aussi partie intégrante de la cité préfectorale de Chao hing.

(134. ) Cf. tome III, p. 63. J’adopte dans tout ce paragraphe les dates indiquées dans les tableaux chronologiques, car elles paraissent être plus exactes que les dates qui figurent dans les annales principales de Hiang Yu et de Kao-tsou.

(135. ) La prédiction de Hiu Fou paraissait lui promettre l’empire puisqu’elle annonçait que l’enfant que mettrait au monde la fille de la dame Wei serait un Fils du Ciel. Wei Pao pouvait croire que cet enfant naîtrait des rapports qu’il avait eu lui-même avec la fille que la dame Wei avait fait entrer dans son harem.

(136. ) Les commanderies de Ho tong et de Chang tang ; cf. tome III, p. 79.

(137. ) Les tableaux chronologiques marquent la mort de Wei Pao à deux dates différentes, l’une se trouvant dans le mois compris entre le 13 sept. et le 11 oct. 204, l’autre dans le mois compris entre le 7 mai et le 5 juin 203. La première de ces deux indications est celle qui est exacte.

(138. ) « Le belvédère Tch’eng kao du palais Ho nan ». La leçon paraît fautive et il est vraisemblable qu’il faut substituer le mot [] au mot [] ; le sens est alors : « le belvédère qui était à Tch’eng kao dans la com¬manderie de Ho nan ». Le Ts’ien Han chou (chap. XCVII, a, p. 3 r°) donne la leçon : « le belvédère Ling à Tch’eng kao, dans le Ho nan ». Tch’eng kao est aujourd’hui la s.-p. de Se choei (préf. de K’ai-fong, prov. de Ho nan). Le roi de Han s’était échappé de Yong yang entre le 17 juillet et le 24 août 204 pour venir se réfugier à Tch’eng kao, d’où il ne sortit qu’entre le 7 mai et le 5 juin 203 (cf. tome III, p. 81, h, où Se ma Ts’ien a écrit par erreur Yong yang au lieu de Tch’eng kao). C’est pendant la pre¬mière partie de ce séjour à Tch’eng kao qu’il eut avec la future femme d’em¬pereur Pouo les rapports d’où devait naître celui qui serait un jour l’empereur Hiao wen ; voyez la note suivante.

(139. ) Le Ts’ien Han chou écrit : « Dans l’année, elle enfanta le (futur) empereur Wen qui, à l’âge de huit ans, reçut le titre de roi de Tai. » Nous savons, d’autre part (tome III, p. 103, lignes 21-22), que le futur empereur Wen reçut le titre de roi de Tai le 10 mars 196. Du rapprochement de ces deux indica¬tions, nous pouvons conclure qu’il était né en 203 ; cela confirme ce que nous avons dit à la fin de la note précédente, à savoir que c’est pendant l’année 204 que Han Kao tsou (alors simple roi de Han) eut des rapports avec la femme d’empereur Pouo.

(140. ) Cf. tome II, p. 407 et 410.

(141. ) Cf. tome II, p. 407, 453, 457.

(142. ) Cf. tome III, p. 154, lignes 7-8. — Le chapitre géographique du Ts’ien Han chou mentionne une préfecture de Tche, qui était à 15 li au S. de la s.-p. actuelle de Tsi-yuen (préf. de Hoai-k’ing, prov. de Ho nan) ; mais Se ma Tcheng pense que le fief de Pouo Tchao ne devait pas être si éloigné de la capitale, et il propose de l’identifier hypothétiquement avec la localité de Tche tao t’ing, à l’E. de Tch’ang ngan. La localité de Tche tao se trouve mentionnée à diverses reprises dans le tome II, p. 217, 352, 425.

(143. ) Le Ta Ts’ing i t’ong tche (chap. CLXXIX, p. 2 v°) place l’ancienne ville de Yo yang à 70 li au N. E. de la s.-p. actuelle de Lin t’ong (préf. de Si-ngan, prov. de Chàn si). Cf. tome II, p. 58, n. 7, où le nom de Yo yang est transcrit par erreur Li-yang et où la distance de 15 li au N. E. de Lin¬-t’ong est inexacte.

(144. ) On a vu plus haut (p. 33, n. 133) que la tombe du père de l’impératrice douairière Pouo se trouvait près de Chao hing fou (prov. de Tchë kiang).

(145. ) Le mot [], dit le dictionnaire de K’ang hi, désigne la chambre mortuaire élevée sur la tombe des empereurs ou des hauts personnages. Nous lisons dans la biographie de Se ma Siang jou (Ts’ien Han chou, chap. LVII, b, p. 4 v°) que ce poète fameux reçut le titre de « préposé à la chambre funéraire de l’empereur Hiao wen ». L’usage d’élever sur les sépultures des chambres funéraires n’aurait commencé qu’à l’époque des Tsin, s’il faut en croire un texte que le dic¬tionnaire de K’ang hi cite comme provenant du Traité de la Musique dans les Mémoires historiques de Se ma Ts’ien, quoiqu’il ne figure point dans ce traité.

— Quant au mot [a] dans l’expression [][a], il désigne le groupe de terres dont les revenus étaient affectés à l’entretien de la chambre funéraire ; cf. l’expression [---a] qui désigne les terres du domaine royal assignées aux seigneurs pour leur permettre de subvenir aux frais de la purification (bain et lavage de tête) exigée d’eux avant leur comparution devant le Fils du Ciel (cf. tome IV, p. 455, note 42.128).

(146. ) On appelait [] le magistrat placé à la tête d’une préfecture de moins de dix mille foyers, et [] son assistant ou vice-préfet. Cf. tome II, p. 532, lignes 4-6.

(147. ) La mère de l’impératrice douairière Pouo.

(148. ) La dame Wei, mère de l’impératrice douairière Pouo, était, comme nous l’avons vu (p. 32 et n. 31), de la famille de Wei Pao. Or celui-ci (Mém. hist., chap. XC, p. 1 r°) était un descendant des anciens rois de Wei qui régnèrent à l’époque des Six Royaumes. Ainsi tous les membres de la famille de la dame Wei pouvaient rattacher leur généalogie aux anciens rois de Wei.

(149. ) A savoir Pouo Tchao, marquis de Tche ; cf. p. 36 et n. 142.

(150. ) Le Nan ling, ou sépulture du Sud, était ainsi nommé parce qu’il était à 10 li au Sud du Pa ling, sépulture de l’empereur Hiao wen. Le Nan ling et le Pa ling étaient à l’E. de la s.-p. actuelle de Hien ning qui fait partie intégrante de la cité préfectorale de Si-ngan (prov. de Chàn si).

(151. ) Ainsi, l’impératrice douairière Pouo se fit enterrer près de son fils, et non près de son mari.

(152. ) Mère de l’empereur King.

(153. ) Au S. E. de la s.-p. actuelle de Ou i , (préf. sec. de Ki, prov. de Tche li). Cf. ci-dessous, n. 159.

(154. ) Le futur empereur Hiao wen.

(155. ) L’aîné de ces deux fils devint plus tard l’empereur King ; il naquit, nous dit le Ts’ien Han chou (chap. XCVII, a, p. 3 v°), la septième année du règne de l’empereur Hiao hoei (188).

(156. ) Ce fut, dit le Ts’ien Han chou (ch. XCVII, a, p. 3 v°), la princesse aînée de Koan t’ao. Cette princesse épousa Tch’en Ou, marquis de T’ang i (cf. tome III, p. 140), et eut une fille qui fut l’impératrice Tch’en, femme de l’empereur Ou.

(157. ) Cf. tome III, p. 104, lignes 3-6.

(158. ) Cf. tome III, p. 100, lignes 21-24. Se ma Ts’ien omet ici de noter que, de 176 à 169, Lieou Ou eut le titre de roi de Hoai-yang ; cf. tome III, p. 96, lignes 18-21.

(159. ) Cf. p. 38 et n. 153. Le Kouo ti tche dit que la tombe de Teou Chao kiun était à 27 li au S. E. de la s.-p. de Ou i, et Tchang Cheou tsie cite ce témoignage en entendant que Li Chao kiun était le nom du père de l’impératrice douairière Teou. Mais il se trompe, car, ainsi qu’on va le voir, Li Chao kiun fut le frère cadet de cette impératrice. D’après une tradition que rapporte Se ma Tcheng, le père de l’impératrice aurait dû se cacher à l’époque troublée des Tsin et se serait noyé en pêchant dans un étang ; quand l’empereur King fut monté sur le trône, l’impératrice douairière fit combler le creux où avait péri son père et éleva au S. de Koan tsin un grand tumulus que le peuple désigna communément sous le nom de : le monticule vert de la famille Teou.

(160. ) Cf. p. 36, n. 145.

(161. ) Cf. p. 36-37.

(162. ) C’est-à-dire qu’il changea de maître une dizaine de fois.

(163. ) Auj. s.-p. de I yang (préf. et prov. de Ho nang).

(164. ) Nom personnel de (Teou) Chao kiun.

(165. ) [] est ici l’équivalent de [], qui est la leçon du Ts’ien Han chou.

(166. ) pour entrer au service de l’impératrice Lu ; cf. p. 38, lignes 5 8.

(167. ) D’après Se ma Tcheng, le mot [] désignerait ici de l’eau dans laquelle on a fait cuire du riz.

(168. ) Le texte de Se ma Ts’ien présente ici les quatre mots [----] qui ont été supprimés avec raison dans le texte du Ts’ien Han chou car, malgré les explications de Se ma Tcheng dans les éditions ordinaires des Mém. Hist., et de Tong Fen dans le Che ki p’ing lin, ces quatre mots ne présentent aucun sens satisfaisant.

(169. ) Tcheou P’o, marquis de Kiang, et le général Koan Yng (cf. l’Index du tome II) avaient été les deux hauts dignitaires qui, au péril de leur vie, avaient pris la tête du mouvement dirigé contre la faction des Lu. Après avoir triomphé des Lu, ils pouvaient craindre de voir la famille Pouo prendre à son tour une influence prépondérante, et c’est pourquoi ils se hâtent d’aviser aux moyens de prévenir les empiètements possibles des parents de la nouvelle impératrice.

(170. ) C.-à-d. : si notre entreprise contre les membres de la famille Lu a réussi.

(171. ) Teou Tchang kiun et Teou Chao kiun, le frère aîné et le frère cadet de l’impératrice Teou.

(172. ) Fils aîné de l’impératrice Teou.

(173. ) Cf. tome III, p. 154, ligne 4. [css : il faut bien évidemment lire la date de 157, et non de 197 mentionnée par erreur dans l’édition de 1969, pour la mort de l’empereur Hiao-wen, cf. tome II.]

(174. ) Le Kouo ti tche identifie le marquisat de Tchang ou avec la s.-p. de Lou tch’eng qui se trouvait à 70 li au N. E. de l’actuelle préf. sec. de Ts’ang (préf. de Tien tsin, prov. de Tche li).

(175. ) Cf. tome III, p. 153, lignes 8-10.

(176. ) Dans le voisinage de la s.-p. actuelle de Nan p’i (préf. de T’ien¬ tsin, prov. de Tche li).

(177. ) Cf. tome II, p. 498-499.

(178. ) Cf. tome III, p. 157, ligne 17.

(179. ) Cf. tome III, p. 462, lignes 4-7.

(180. ) Cf. p. 37-38 et n. 150.

(181. ) Mère de l’empereur Ou.

(182. ) Cf. tome II, p. 285, n. 3 et p. 367, ligne 1.

(183. ) Sur Tsang T’ou, qui fut roi de Yen de 205 à 202, voyez l’index du tome II.

(184. ) Wang Sin reçut en 145 le titre de marquis de Kai ; cf. tome III, p. 156, lignes 4 et 5.

(185. ) De ces deux filles, l’aînée fut femme de l’empereur Hiao king et devint plus tard l’impératrice-douairière Wang, mère de l’empereur Ou ; la seconde, Eul hiu, fut aussi une des femmes secondaires de l’empereur Hiao king et mit au monde quatre fils, comme on le lira plus loin.

(186. ) La future impératrice douairière Wang.

(187. ) Tsang Eul espérait que ses deux filles, lorsqu’elles auraient été élevées en dignité, seraient pour elle-même un appui.

(188. ) Il refusa d’accepter le divorce qu’on lui imposait ; alors, pour couper court à ses réclamations, Tsang Eul fit entrer sa fille dans le harem de l’héritier présomptif.

(189. ) Le futur empereur Hiao king.

(190. ) Le futur empereur Ou.

(191. ) Mei-jen est un des titres attribués aux femmes d’empereurs ou de princes impériaux. Cf. tome II, p. 533. Celle qui devait être plus tard l’impéra¬trice douairière Wang avait alors le titre de mei-jen.

(192. ) Fou-jen est le titre immédiatement supérieur à celui de mei-jen.

(193. ) Se ma Tcheng cite le Han Ou kou che d’après lequel le futur empereur Ou serait né le 7e jour du 7e mois de l’année i-yeou, première du règne de l’empereur King. Cette date, qui correspond au 31 juillet 156, ne saurait être exacte, puisque l’impératrice Wang, d’après l’anecdote qu’on vient de lire, se serait trouvée enceinte antérieurement au 6 juillet 157.

(194. ) Il sera question plus loin de ces quatre fils qui tous eurent le titre de roi.

(195. ) Sa grand-mère.

(196. ) L’impératrice Pouo fut dégradée le neuvième mois de la sixième année (151) du règne de l’empereur King ; cf. Ts’ien Han chou, chap. V, p. 2 v°.

(197. ) Fille aînée de l’impératrice-douairière Teou et sœur aînée de l’empereur King ; cf. pp. 38-39 et notes 55-56.

(198. ) Dans l’espérance qu’elle serait un jour impératrice lorsque l’héritier présomptif Yong serait monté sur le trône.

(199. ) Ce fut ainsi que la fille de la princesse aînée P’iao et de Tch’en Ou devint la femme du futur empereur Ou (cf. p. 39, n. 56).

(200. ) Remarquez que le fait de cracher derrière de dos de quelqu’un est indiqué ici comme une pratique destinée à causer du mal à cette personne.

(201. ) Il s’agit d’artifices magiques.

(202. ) Littéralement : « Après les cent années ». Cette formule est usuelle quand on parle de la mort d’un empereur.

(203. ) Cf. p. 44, ligne 11.

(204. ) L’impératrice Pouo venait alors d’être dégradée (entre le 26 sept. et le 25 oct. 151), et la place d’impératrice était vacante.

(205. ) Au lieu du mot [], le Ts’ien Han chou donne la leçon [] ; le sens est alors : « Le texte de la requête que le ta hing présenta à ce sujet était ainsi conçu . . . »

(206. ) Le ta hing était un fonctionnaire préposé aux rites.

(207. ) Cf. tome III, p. 101, lignes 15-19.

(208. ) Cette date et la précédente sont indiquées dans le Ts’ien Han chou (chap. V, p. 2 v°).

(209. ) Cf. tome III, p. 156, lignes 4-6. — Kai est une ville du Chan tong qui est mentionnée à deux reprises dans Mencius (II, b, 6 et III, b, 10) ; d’après le dictionnaire de K’ang hi, ce nom devrait être lu , au lieu de kái ; mais j’hésite à tenir compte de ces anciennes prononciations quand elles ne sont pas indiquées par les commentateurs mêmes de Se ma Ts’ien ou du Ts’ien Han chou ; il est évident, en effet, que la prononciation peut avoir changé entre l’époque de Mencius et celle de Se ma Ts’ien.

(210. ) L’empereur Ou, né au commencement de l’année 156, était donc âgé de 16 ans (à la chinoise) quand il monta sur le trône.

(211. ) Grand-mère maternelle de l’empereur Ou.

(212. ) Cf. tome III, p. 156, note 19.163. T’ien Fen et T’ien Cheng étaient les fils nés du second mariage de Tsang Eul : cf. p. 43, lignes 19-20.

(213. ) Il y a ici une inexactitude assez singulière : l’empereur King eut en réalité quatorze fils ; l’un d’eux devint l’empereur Ou ; les treize autres furent nommés rois. Cf. tome III, p. 118-119 et Ts’ien Han chou, chap. XIV, p. 18 r°.

(214. ) Sœur cadette de l’impératrice douairière Wang ; cf. p. 44, lignes 16-17.

(215. ) Ces quatre fils sont : Lieou Yue, roi Hoei de Koang tch’oan ; Lieou Ki, roi K’ang de Kiao tong ; Lieou Tch’eng, roi Ngai de Ts’ing ho ; Lieou Choen, roi Hien de Tch’ang chan. Quoique la rédaction de Se ma Ts’ien puisse prêter à l’équivoque, ces quatre rois sont déjà compris dans le nombre des treize (et non douze) rois, fils de l’empereur King, mentionnés dans la phrase précédente. Cf. tome III, p. 119.

(216. ) On a vu plus haut (p. 44, ligne 8) que cette impératrice avait eu trois filles et un fils.

(217. ) Père de l’impératrice-douairière Wang.

(218. ) Cf. p. 43 et n. 182.

(219. ) Tsong Eul, mère de l’impératrice-douairière Wang.

(220. ) Ceci paraît inexact ; le Ts’ien Han chou (ch. XCVII, a, p. 5 r°) dit que l’impératrice-douairière Wang mourut quinze ans après l’empereur King, la troisième année Yuen cho, et ailleurs (ch. VI, p. 5 r°) il donne la date de cette mort comme étant le jour kong ou du sixième mois de la troisième année yuen chou (25 juin 126).

(221. ) Le Kouo ti tche place le Yang ling, sépulture de l’empereur King, à 40 li à l’E. de la s.-p. de Hien yang.

(222. ) A savoir Wang Sin, Tien Fou et T’ien Tch’eng.

(223. ) A l’époque où Se ma Ts’ien écrivait, l’impératrice Wei, femme de l’empereur Ou, était encore en vie et son fils était l’héritier présomptif du trône. Mais, en 91 av. J.-C., la malheureuse affaire des sortilèges causa leur mort à tous deux.

(224. ) Dans la biographie de Wei Ts’ing, frère cadet de l’impératrice Wei, (Mém. hist., chap. CXI), on apprend que sa mère était une servante du marquis de P’ing yang et que son père était un certain Tcheng Ki qui eut des rapports avec cette femme. Mais il ne paraît point établi que Tcheng Ki ait été aussi le père de l’impératrice Wei. En réalité, la mère de Wei Ts’ing et de l’impé¬ratrice Wei fut de mœurs plutôt légères et, comme ses enfants ne pouvaient guère savoir au juste qui était leur père, ils prirent pour nom de famille celui de leur mère.

(225. ) Le marquis de P’ing yang, Ts’ao Cheou, avait épousé la sœur aînée de l’empereur Ou, qui était devenue par ce mariage la princesse de P’ing yang.

(226. ) On remarquera ici que l’empereur Ou est appelé par son nom posthume ; cependant Se ma Ts’ien ne parle pas dans ce paragraphe des événements de l’année 91 qui amenèrent la mort de l’impératrice Wei ; il devait donc écrire avant l’année 91 et, quand il parle de l’empereur Ou, il aurait dû dire « l’empereur actuel ». Il faut donc que le texte primitif de Se ma Ts’ien, ait été ici remanié à une date postérieure à la mort de l’empereur Ou (87).

(227. ) Cf. tome II, p. 425, note 09.163.

(228. ) Cf. tome III, p. 442, n. 4.

(229. ) Au lieu de [], le Ts’ien Han chou donne la leçon [] « amasser ». Il faut alors traduire « les jolies femmes qu’elle avait réunies »

(230. ) L’empereur était en voyage et c’est dans un de ses chars qu’il eut des rapports avec Wei Tse fou.

(231. ) note de Max Kaltenmark.

(232. ) Cette date est indiquée dans la biographie de Wei Ts’ing (Mém. hist., chap. CXI, p. 1 v°).

(233. ) La princesse de Tchou i, la princesse de Che i et la prin¬cesse aînée Wei qui devint plus tard la princesse de Tang li lorsqu’on lui fit épouser en l’an 113 le magicien Loan Ta (cf. tome III, p. 480).

(234. ) Ce fils, nommé Kiu, est celui qui devait être l’héritier présomptif Li.

(235. ) P’iao, princesse aînée de Koan t’ao. Cf. p. 39 et note 156.

(236. ) Le Han Ou kou che cité par Se ma Tcheng dit que son nom personnel était A kiao.

(237. ) Cf. p. 46. La sœur aînée de l’empereur King avait porté, durant le règne de son frère, le titre de princesse aînée ; quand son neveu, l’empereur Ou, fut monté sur le trône, elle devint la princesse douairière aînée

(238. ) D’après le Ts’ien Han chou (chap. XCVII, a, p. 6 r°), une certaine Tch’ou Fou fut accusée avec ses complices d’avoir eu recours en faveur de l’impératrice à des maléfices, à des sacrifices et à des conjurations. Il y eut plus de 300 personnes qui furent impliquées dans cette affaire et qui furent condamnées à la peine de mort. La tête de Tch’ou Fou fut exposée sur la place publique ; quant à l’impératrice Tch’en, on lui enleva ses dignités et on l’interna dans le palais Tch’ang men ; le poète Se ma Siang jou intercéda en sa faveur dans une de ses compositions littéraires, et il semble bien qu’elle soit effectivement rentrée en grâce pendant quelque temps, puisque Se ma Ts’ien nous dit un peu plus loin qu’elle chercha par tous les moyens possibles à avoir un fils ; cela suppose évidemment qu’elle avait eu de nouveau des relations avec l’empereur (voyez les annotations critiques de l’édition de K’ien long).

(239. ) C’est seulement deux ans après le renvoi de l’impératrice Tch’en que Wei Tse fou enfanta un fils et fut nommée impératrice.

(240. ) note de Max Kaltenmark.

(241. ) Son frère aîné.

(242. ) Frère cadet de l’impératrice. C Mém. hist., chap. CXI.

(243. ) Ici ce terme désigne les Hiong nou.

(244. ) Cf. tome III, p. 166-167.

(245. ) Le mot « maillot » ne rend pas très exactement l’expression chinoise [ab]. Le mot [a] désigne, d’après Tchang Cheou tsie (Mém. hist., chap. CXI, p. 2 v°), une pièce d’étoffe longue d’1 pied et 2 pouces et large de 8 pouces qui sert à attacher l’enfant sur le dos (de la mère). Le mot [b] désigne les langes d’un petit enfant.

(246. ) Le 22 mai 124, Wei K’ang fut nommé marquis de I tch’oen ; Wei Pou i, marquis de Yn ngan ; Wei Teng, marquis de Fa kan. Cf. tome III, p. 163, 168, 161.

(247. ) Elle avait la même mère que l’impératrice ; mais elle était, comme elle, de naissance irrégulière (cf. p. 49 et n. 224) ; aussi ne pouvait-elle être légale¬ment considérée comme sa sœur aînée.

(248. ) La biographie de ce célèbre général se trouve dans le chap. CXI des Mém. hist.

(249. ) Cf. tome III, p. 123, lignes 15-17.

(250. ) Ces cinq personnes paraissent être Wei Ts’ing, Houo K’iu ping et les trois fils de Wei Ts’ing, qui d’ailleurs ne furent anoblis qu’en considéra¬tion de leur père.

(251. ) Cf. tome III, p. 113, lignes 7-10.

(252. ) Cette date est celle qui est indiquée dans le chap. XIV, p. 19 v°, du Ts’ien Han chou où il est dit que le roi de Tch’ang i reçut ce titre la quatrième année t’ien han, le sixième mois, le jour i-tch’eou. Ailleurs cependant (chap. VI, p. 13 r°), le Ts’ien Han chou rapporte cette nomination au quatrième mois. Le nom personnel de ce roi était Po. Tchang Cheou tsie dit par erreur que son nom était Ho : (Lieou) Ho fut le fils et le successeur de (Lieou) Po.

(253. ) Le Ts’ien Han chou (chap. XCVII, a, p. 6 r° - 7 r°) raconte comment le magicien Chao wong évoquait le fantôme de la fou-jen Li devant l’empereur ; il nous a conservé en outre les compositions littéraires que l’empereur fit lui-même en souvenir de cette femme qu’il aimait. D’après Se ma Ts’ien (tome III, p. 470), c’est la fou-jen Wang, et non la fou-jen Li, que Chao wong évoquait.

(254. ) Cf. Mém. hist., chap. CXXV.

(255. ) Dans le chap. CXXV, p. 2 r°, Se ma Ts’ien écrit : « Son surnom fut l’Accordeur des notes musicales et des tuyaux sonores ». D’après le Ts’ien Han chou, ce serait là, non un surnom, mais une fonction ; d’une part, en effet, cet ouvrage nous apprend (chap. VI, p. 12 r°) que, en 104 av. J.-C., on institua (pour Li Yen nien) la fonction d’accordeur des sons et des tuyaux sonores ; d’autre part (chap. XCVII, a, p. 7 r°), il donne à Li Yen nien le titre de surintendant accordeur des tuyaux sonores.

(256. ) Dans le chap. CXXV, p. 2 r°, Se ma Ts’ien dit que Li Yen nien lui-même se livra à la débauche avec des femmes du harem impérial. D’après le Ts’ien Han chou (chap. XCVII, a, p. 7 r°), ce crime de lèse-majesté aurait été commis par Li Ki, frère cadet de Li Yen nien.

(257. ) Cet événement devrait se placer entre l’année 104 et l’année 101, si le témoignage de Se ma Ts’ien était ici digne de foi ; mais il est à remarquer que, d’après les chap. CX et LXXII, Li Koang li fut nommé marquis en un temps où la famille Li n’avait pas encore été exterminée ; cette extermination n’aurait eu lieu qu’en 91, lors de l’affaire des maléfices, et elle aurait été la cause qui engagea Li Koang li à se rendre aux Hiong nou en 90.

(258. ) Cf . Mém. hist., chap. CXXIII.

(259. ) Cette date nous est fournie par le Ts’ien Han chou, chap. XVII, p. 15 v°. En 90 av. J.-C., Li Koang li fut battu par les Hiong nou et se soumit à eux.

(260. ) D’après le Ts’ien Han chou (chap. XIV, p. 18 v° et 19 r°), le roi de Yen et le roi de Koang ling furent tous deux nommés le 12 juillet 117. Le premier régna 37 ans et se suicida en l’année 80 ; le second régna 63 ans, mais fut lui aussi obligé de se donner la mort en l’année 54.

(261. ) Voir plus loin, p. 59-61, l’addition de Tch’ou Chao suen, où il est question de cette femme et où le titre qu’elle portait est expliqué.

(262. ) Tout ce qui suit, jusqu’à la fin du chapitre, est une addition de Tch’ou Chao suen au texte de Se ma Ts’ien. Mais, cette addition ayant été commentée par Tchang Cheou tsie, les annotations critiques de l’édition de K’ien long supposent que les mots « maître Tch’ou dit » ne devaient pas encore, à l’époque de Tchang Cheou tsie, avertir le lecteur que l’auteur n’était plus Se ma Ts’ien.

(263. ) La mère de l’empereur Ou.

(264. ) Siu Koang dit que son nom personnel était Sou ; elle devint, comme on le verra plus loin, princesse de Sieou tch’eng.

(265. ) Cf. p. 43, ligne 22.

(266. ) Comme cela se fait encore maintenant au moment où l’empereur va passer.

(267. ) Une des portes de la ville de Tch’ang ngan portait le nom de [] (prononcez koang). Elle paraît avoir été ainsi appelée parce qu’elle s’ouvrait sur la route menant au fameux pont [--] sur lequel on traversait la rivière Wei. On sait que le Tch’ang ling et le bourg de ce nom qui s’était agrégé auprès de cette sépulture impériale se trouvaient au nord de la rivière Wei.

(268. ) Le [] était plus petit que ce que nous entendons par le mot « quartier » et ne comprenait guère que les familles groupées dans une même ruelle.

(269. ) Où résidait l’impératrice-douairière Wang, mère de la fille Kin et de l’empereur Ou.

(270. ) Pendant que le cortège était en marche, l’empereur avait fait annoncer sa venue aux officiers préposés à la porte du palais Tch’ang lo afin qu’ils rédigeassent la feuille d’introduction qui lui permettrait d’être admis sans aucun délai auprès de sa mère.

(271. ) Remarquez que l’empereur régnant, en s’adressant à sa mère, s’appelle lui-même « votre sujet ».

(272. ) Cf. Ts’ien Han chou (chap. LVIII, p. 5 v°), où, au nombre des gratifications faites en 73 av. J.-C. par l’empereur Siuen à Houo Koang, on mentionne []. Dans le traité sur les sacrifices fong et chan (tome III, p. 480, lignes 14-15), nous avions déjà trouvé la phrase [] et le commentateur P’ei Yn (Mém. hist., chap. XII, p. 4 v°) cite à ce propos le Han chou yn i qui dit : « Il y avait (pour les résidences) un classement suivant l’ordre des caractères kia, i ; c’est pourquoi on les appelait ti (ordre, rang). » Il semble résulter de cette glose qu’il y avait un certain nombre (dix au maximum) de catégories de palais qu’on distinguait entre elles par les caractères cycliques de la série dénaire kia, i, ping, ting. . .

(273. ) Les trois filles nées de l’empereur King et de l’impératrice Wang. Cf. p. 48, lignes 1-4.

(274. ) Il aurait donc eu le même nom personnel que son arrière-grand-père maternel Wang Tchong ; cf. p. 48, ligne 8. Mais Se ma Tcheng croit que cela n’est pas possible et que Tch’ou Chao suen fait erreur.

(275. ) D’après Siu Koang, elle aurait été la première épouse du fils héritier présomptif de Lieou Ngan, roi de Hoai-nan (cf. tome III, p. 95).

(276. ) Tchao suen commet ici une erreur. Wei Ts’ing n’eut que trois fils ; l’aîné, Wei K’ang, fut d’abord marquis de I tch’oen, de 124 à 116 ; plus tard, en 104, il reçut le titre de marquis de Tch’ang p’ing qu’avait porté son père ; cf. tome III, p. 163, lignes 3-4 et p. 167, lignes 1-3.

(277. ) Wei Tse fou, qui n’était qu’une fille de naissance obscure, a pu, en devenant impératrice, élever toute sa famille au plus haut degré de gloire ; il ne faut donc pas regretter, quand une fille vient à naître, qu’elle n’ait pas été un garçon.

(278. ) La princesse aînée de Yang sin, sœur aînée de l’empereur Ou, avait épousé le marquis de P’ing yang et était devenue ainsi princesse de P’ing yang. Ce marquis de P’ing yang, que Se ma Ts’ien (chap. XVIII p. 2 v°) appelle Ts’ao Che, tandis que le Ts’ien Han chou (chap. LV, p. 1 r°) l’appelle Ts’ao Cheou, ce qui est, d’après Se ma Tcheng, une abréviation fautive du caractère [] qu’on devait prononcer tche ou che, ce marquis donc mourut en 132 av. J.-C. (tome III, p. 139, ligne 6).

(279. ) On a vu plus haut (p. 49, lignes 4-5) que la future impératrice Wei, ainsi que ses frères, avaient été au service du marquis de P’ing yang.

(280. ) La transformation qui s’opère dans un homme quand il s’élève à une très haute situation.

(281. ) Se ma Ts’ien lui-même a déjà mentionné cette favorite (cf. p. 55, ligne 4).

(282. ) Son surnom était [ab], expression qui signifie « la belle », d’après le Fang yen de Yang Hiong (52 av. J.-C. - 18 ap. J.-C.). Mais l’usage populaire avait déformé ce surnom de manière à l’assimiler au titre de hing ho [ac] que portaient certaines femmes du harem. Cependant, d’après le texte du Ts’ien Han chou dont il va être question à la note 284 ci-dessous, le titre auquel il est fait ici allusion devrait aussi être écrit [ab].

(283. ) Sur les fonctionnaires dont les appointements étaient dits tchong eul ts’ien che et eul ts’ien che, voyez tome II, p. 526, note a21.102.

(284. ) J’ai donné quelques indications au sujet des titres des femmes de l’empereur dans le tome II, p. 533. On peut les compléter au moyen d’un texte du Ts’ien Han chou (chap. XCVII, a, p. 1 v°) qui nous fournit plus de détails, mais qui se rapporte à l’état de choses existant à la fin de la dynastie des Han occidentaux. Au-dessous de l’impératrice, les femmes secon¬daires, qu’on désignait par le terme générique de fou-jen, étaient distinguées en 14 catégories : 1. les tchao i (instituées au temps de l’empereur Yuen, 48-33 av. J.-C.) ; leur rang est celui des conseillers d’État et elles vont de pair avec les rois-vassaux (tome II, p. 530) ; 2. les tsie yu  ; leur rang est celui des hauts dignitaires de premier rang et elles vont de pair avec les seigneurs apanagés (tome II, p. 529, n° 20) ; 3. les hing ngo ; leur rang est celui des fonctionnaires tchong eul ts’ien che et elles sont assimilées aux seigneurs de l’intérieur des passes (tome II, p. 529, n° 19) ; 4. les gong hoa ; leur rang est celui des fonctionnaires payés juste 2000 che (Cf. tome II, note a21.102 ; tchen est ici l’équivalent de tchong) et elles sont assimilées aux ta chang tsao) (tome II, p. 529, n° 16) ; 5. les mei-jen ; leur rang est celui des fonctionnaires payés 2000 che ; et elles sont assimilées aux chao chang tsao (tome II, p. 529, n° 15) ; 6. les pa tse ; leur rang est celui des fonctionnaires payés 1000 che et elles sont assimilées aux tchong keng (tome II, p. 529, n° 13) ; 7. les tch’ong i ; leur rang est celui des fonctionnaires payés 1000 che et elles sont assimilées aux tso keng (tome II, p. 529, n° 12) ; 8. les ts’i tse ; leur rang est celui des fonc¬tionnaires payés 800 che et elles sont assimilées aux yeou chou tchang (tome II, p. 528, n° 11) ; 9. les leang-jen ; leur rang est celui des fonc¬tionnaires payés 800 che et elles sont assimilées aux tso chou tchang (tome II, p. 528, n° 10) ; 10. les tchang che ; leur rang est celui des fonctionnaires payés 600 che et elles sont assimilées aux ou ta fou (tome II, p. 528, n° 9) ; 11. les Chao che ; leur rang est celui des fonction¬naires payés 400 che et elles sont assimilées aux kong tch’eng (tome II, p. 528, n° 8) ; 12. les ou koan ; leur rang est celui des fonctionnaires payés 300 che ; 13. les choen tch’ang ; leur rang est celui des fonction¬naires payés 200 che ; 14. les ou kiuen, les kong ho, les ou ling, les pao lin, les leang che, et les ye tchë sont toutes du rang des fonctionnaires payés 100 che.

Enfin les filles de familles de pre¬mière et de seconde catégorie ont un rang égal à celui des fonctionnaires qui ont juste un rang et qui ont un boisseau de grain comme appointement mensuel (tome II, note a21.102, n° 15).

(285. ) Le Ts’ien Han chou (chap. XCVII, a, p. 7 r°-v°), qui a consacré une notice à cette femme, nous apprend que Keou-i était en réalité le nom du palais où elle était logée. Son rang dans le harem impérial était celui de tsie yu (cf. n. 284, n° 2). On rapporte que, l’empereur Ou pas¬sant dans le Ho kien au cours d’une de ses tournées d’inspection, un magicien prétendit sentir qu’il y avait en ce lieu une fille admirable ; on fit des recher¬ches, et on trouva celle qui devait être plus tard la tsie yu Tchao, surnommée Keou i ; au moment où elle se présenta devant l’empereur, elle avait les deux poings fermés, par suite sans doute de quelque contracture hystérique ; l’empereur lui ouvrit lui-même les mains qui aussitôt restèrent étendues ; on la surnomma : la fou-jen aux poings fermés.

(286. ) Le Ts’ien Han chou (chap. XCVII, a, p. 7 r°) rapporte cette naissance à la troisième année yuen che (t’ai-che, 94).

(287. ) De huit ans, dit le Ts’ien Han chou (chap. VII, p. 1 r°), ce qui s’accorde avec la date de sa naissance telle qu’elle est indiquée dans la note ci-dessus.

(288. ) A la suite de la fameuse affaire des maléfices.

(289. ) Ce fils de l’empereur Ou avait été nommé roi de Yen le 12 juin 117 (tome III, p. 114, lignes 24-26).

(290. ) En d’autres termes, il désire rentrer à la capitale dans l’espérance d’être nommé héritier présomptif.

(291. ) Lorsque le roi Tch’eng monta sur le trône, il n’était qu’un enfant ; ce fut alors le duc de Tcheou qui exerça la régence (cf. tome I, p. 246 et suiv.). La scène représentant le duc de Tcheou assistant le roi Tch’eng dans le gou¬vernement est figurée plusieurs fois dans les bas-reliefs du Chan tong (cf. La sculpture sur pierre en Chine, pl. XXVIII, 3e registre ; pl. XXXIX ; pl. XLII, 3e registre). Il est intéressant de noter que, d’après le témoignage de Tch’ou Chao suen, cette scène était déjà un sujet familier aux dessinateurs du temps de l’empereur Ou.

(292. ) C’est dans les bâtiments latéraux que se trouvait le harem ; il y avait une prison spécialement affectée aux femmes du harem.

(293. ) Le Ts’ien Han chou (chap. XCVII, a, p. 8 v°) raconte les faits d’une manière beaucoup moins romanesque. Il se borne à dire que l’empereur hésitait à désigner le fils de la tsie yu Keou i comme héritier présomptif, parce qu’il craignait que sa mère, devenue toute puissante, ne fût une cause de trouble dans l’empire ; sur ces entrefaites, la tsie yu Keou i, ayant accom¬pagné l’empereur dans le palais Kan ts’iuen, commit quelque faute, fut réprimandée, et mourut de chagrin. L’empereur n’eut plus alors d’objection à choisir le fils de cette femme pour lui succéder. Il est bien possible cepen¬dant que Tch’ou Chao suen soit plus près de la vérité que le Ts’ien Han chou, et la fou-jen Keou i pourrait bien avoir été mise à mort par raison d’État. Certaines dynasties, en effet, ont appliqué presque régulièrement la règle en vertu de laquelle la mère de l’héritier présomptif devait être tuée afin de prévenir les maux que cause une régence lorsqu’elle est placée entre les mains d’une femme ; c’était l’habitude notamment sous la dynastie des Wei du Nord et nous apprenons (Wei chou, chap. XIII, p. 7 r°) que toutes les femmes de l’empereur Che tsou (500-515 ap. J.-C.) suppliaient les dieux de leur faire enfanter des princes ou des princesses, mais de leur épargner de donner naissance à l’héritier présomptif, car les anciens règlements de la dynastie vouaient à la mort la mère du futur empereur.

(294. ) D’après le Kouo ti tche, le palais Yun yang n’était autre que le palais Kan ts’iuen de l’époque des Ts’in ; il se trouvait à 80 li au N. O. de la s.-p. de Yun yang, laquelle était à 30 li au N. de la s.-p. actuelle de King yang (préf. de Si-ngan, prov. de Chàn si).

(295. ) Cf. Mém. hist., chap. LX.

(296. ) Ce n’est pas sans raison qu’on lui donna le nom posthume de Ou, « guerrier », car son caractère fut énergique et rude.