Mémoires historiques/48

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Maisons héréditaires
Dix huitième maison
Tch’en Chë

CHAPITRE XLVIII (101)

Dix huitième maison héréditaire

Tch’en Chë (102).


Tch’en Cheng était originaire de Yang tch’eng (103) ; son appellation était Chë. Ou Koang était originaire de Yang hia (104) ; son appellation était Chou. Du temps que (Tch’en) Cheng était jeune, il avait loué un jour ses services comme laboureur avec d’autres hommes. Quand il eut fini de labourer (105), il se rendit sur un talus, et, exprimant ses regrets de rester longtemps dans une telle condition, il dit :

— Si je deviens riche et puissant, je ne vous oublierai pas (106).

Un des travailleurs à gages se mit à rire et répliqua :

— Si vous êtes un homme qui loue ses services pour labourer, comment deviendrez-vous riche et puissant ?

Tch’en Chë dit en soupirant profondément :

— L’hirondelle et le passereau pourraient-ils connaître les résolutions de la grue à la grande envergure (107) ?

La deuxième année du règne de Eul che, le septième mois (9 août - 6 sept. 209), on envoya neuf cents hommes pris parmi ceux qui demeuraient sur le côté gauche des ruelles (108) pour constituer une garnison pénitentiaire (109) à Yu yang (110) ; ils campèrent dans le district de Ta tsë (111). Ce fut le tour de Tch’en Cheng et de Ou Koang de partir tous deux pour être les directeurs de la colonie. De grandes pluies étant survenues, les chemins furent impraticables. Considérant qu’ils avaient manqué à la date du rendez-vous et que, pour ce manquement, tous deux seraient décapités, Tch’en Cheng et Ou Koang se concertèrent en disant :

— Maintenant, si nous désertons, c’est la mort ; si nous entreprenons d’exécuter un grand projet, ce sera aussi la mort ; la mort étant égale (dans ces deux cas), ne convient-il pas de mourir pour (fonder) un empire ?

Tch’en Cheng dit :

— L’empire souffre des Ts’in depuis longtemps. J’ai appris que Eul che était un fils cadet (112) et ne devait pas monter sur le trône. Celui qui devait monter sur le trône, c’était le prince Fou sou ; mais, Fou sou ayant souvent fait des remontrances, l’empereur l’a envoyé en dehors (du territoire) commander des soldats (113) ; maintenant, j’entends parfois dire que, bien qu’il fût innocent, Eul che l’a tué (114). Le peuple a souvent entendu parler de sa sagesse et ne sait pas encore qu’il est mort. (D’autre part,) Hiang Yen (115), qui était général de Tch’ou, a remporté maintes fois de la gloire ; il aimait ses soldats, et les gens de Tch’ou le chérissaient. Les uns disent qu’il est mort ; d’autres, qu’il s’est enfui. Si maintenant pré-cisément, profitant de la bande de gens qui est sous nos ordres, nous prétendons être le prince Fou sou et Hiang Yen, et si nous prenons l’initiative du commandement dans l’empire, il faudra bien qu’il y ait beaucoup de gens qui répondent à notre appel.

Ou Koang ayant approuvé ce plan, ils allèrent consulter les sorts. Celui qui tirait les sorts connaissait leur projet ; il leur dit :

— Vos entreprises, messieurs (116), réussiront entièrement et seront glorieuses ; cependant, messieurs, en consultant les sorts à ce sujet, il y a des démons ! (117)

Tch’en Cheng et Ou Koang furent satisfaits ; songeant à (la mention que le devin leur avait faite) des démons, ils se dirent :

— Il nous a par là donné l’avis de commencer par en imposer à la multitude.

Alors ils écrivirent en rouge sur un morceau de soie les mots « Tch’en Cheng, roi, » et placèrent cela dans le ventre d’un poisson qu’un homme avait pris dans son filet. Un soldat acheta ce poisson et, en le faisant cuire pour le manger, il trouva l’écrit qui était dans le ventre ; il ne manqua pas de voir là un prodige. Puis, par des moyens secrets, ils firent que dans un sanctuaire au milieu d’un bois (118) voisin de l’endroit où campait Ou Koang, il y eut de nuit des lumières de lanternes (119), que des renards crièrent (120) et qu’une voix se fit entendre qui disait :

— Le grand Tch’ou s’élèvera ; Tch’en Cheng sera roi (121).

Les soldats furent tous, pendant cette nuit, frappés de terreur : le jour venu, il y eut parmi les soldats des allées et venues et des pourparlers : tous désignaient Tch’en Cheng du doigt et du regard.

Ou Koang était un homme toujours aimable ; les officiers et les soldats étaient pour la plupart prêts à le servir. Le commandant (wei) qui était à la tête (du détachement) se trouvant ivre, (Ou) Koang dit intentionnellement plusieurs fois qu’il voulait déserter ; (il se proposait ainsi) d’exciter la colère du commandant et de l’engager à lui faire affront, afin de provoquer le ressentiment de ses propres partisans. Le commandant, en effet, fit battre de verges (Ou) Koang ; l’épée du commandant se trouvant tirée (hors du fourreau), (Ou) Koang s’élança pour la lui arracher et tua le commandant. Tch’en Cheng lui prêta main forte et ils tuèrent en même temps les deux commandants. Ils convoquèrent alors leurs partisans et leur dirent :

— À cause de la pluie qui est survenue, vous avez tous manqué à la date du rendez-vous ; pour ce manquement, vous devez être décapités ; à supposer même qu’on ordonne que vous ne soyez pas décapités, ceux d’entre vous qui mourront par le fait de tenir garnison seront au nombre de six ou sept sur dix. D’ailleurs, quand un homme s’est conduit en brave, s’il n’est pas mort tout est bien et, s’il est mort, il aura du moins conquis une grande gloire ; quand on a été roi ou marquis, général ou conseiller d’État, à quoi bon avoir une postérité ? (122)

Leurs partisans dirent tous :

— Nous acceptons avec respect vos ordres.

Alors ils prétendirent être le prince Fou Sou et Hiang Yen, pour répondre au désir du peuple. Ils se mirent l’épaule droite à nu (123) et donnèrent (au royaume qu’ils voulaient fonder) le nom de « grand Tch’ou (124) ». Ils disposèrent un autel et firent une convention jurée ; ils offrirent en sacrifice les têtes des commandants (125).

Tch’en Cheng se donna le titre de général, et Ou Koang celui de commandant de premier rang (tou wei). Ils attaquèrent le chef-lieu du district de Ta tsë, et, après s’en être emparés, ils attaquèrent (la ville de) K’i (126) ; K’i se rendit. Ils ordonnèrent alors à Ko Yng, originaire de Fou li (127), de prendre le territoire à l’est de K’i.

(Tch’en Cheng) attaqua (les villes de) Tche (128), Ts’o (129), K’ou (130), Tchë (131) et Ts’iao (132), et les soumit toutes. À mesure qu’il avançait il recueillait des soldats, et quand il arriva à Tch’en (133) il avait six ou sept cents chars de guerre, plus de mille cavaliers et plusieurs myriades de fantassins. Il attaqua Tch’en ; ni le gouverneur, ni le préfet (134) de Tch’en n’étaient présents. Seul le vice-gouverneur lui livra bataille à la porte de Ts’iao (135), mais il ne fut pas vainqueur ; le vice-gouverneur fut tué, et alors (Tch’en Cheng) entra et prit possession de Tch’en.

Au bout de quelques jours, il convoqua par décret les trois catégories de vieillards (136) et les personnages les plus éminents à venir tous se réunir à lui pour délibérer sur la situation. Les vieillards des trois catégories et les personnages éminents lui dirent tous :

— Ô général, vous avez en personne revêtu une (cuirasse) solide et pris en main une (arme) acérée pour combattre ceux qui agissaient contrairement à la raison, pour exterminer les Ts’in cruels, et pour réinstaller les dieux du sol et des moissons du royaume de Tch’ou. Tel étant votre mérite glorieux, il convient que vous soyez roi.

Tch’en Chë prit alors la dignité de roi, et donna (à son royaume) le nom de « Tch’ou agrandi » (137).

Sur ces entrefaites, dans toutes les commanderies et préfectures où les gens souffraient des fonctionnaires des Ts’in, ils supplicièrent leurs magistrats et leurs officiers afin de faire cause commune avec Tch’en Chë.

Puis Ou Chou (138) fut nommé vice-roi et exerça le contrôle sur les autres généraux afin d’attaquer à l’ouest (la ville de) Yong yang (139). (Tch’en Cheng) chargea Ou Tch’en, Tchang Eul et Tch’en Yu (140), originaires de Tch’en, de conquérir le territoire de Tchao (141) ; il chargea Teng Tsong, originaire de Jouyn (142), de conquérir la commanderie de Kieou kiang (143). En ce temps, les soldats de Tch’ou étaient plusieurs milliers et ceux qui venaient se rassembler (autour de Tch’en Cheng) étaient innombrables.

Ko Yng (144), étant arrivé à Tong tch’eng (145), nomma Siang K’iang roi de Tch’ou ; ensuite, apprenant que le roi Tch’en (146) était déjà monté sur le trône, il tua donc Siang K’iang, puis revint rapporter ce qui s’était passé ; quand il fut arrivé à Tch’en, le roi Tch’en fit périr Ko Yng.

Le roi Tch’en ordonna à Tcheou Che, originaire du pays de Wei, d’aller dans le nord conquérir le territoire de Wei (147).

Ou Koang ayant mis le siège devant Yong yang, Li Yeou, qui était gouverneur du San tch’oan (148), défendit cette ville et Ou Chou (149) ne put la soumettre.

Le roi Tch’en appela les hommes les plus éminents du royaume pour aviser avec eux aux mesures à prendre ; il donna le titre de chang tchou kouo (150) à Ts’ai Ts’e, prince de Fang (151), originaire de Chang ts’ai (152).

Tcheou Wen était un homme sage de Tch’en ; il avait été autrefois chargé d’observer les jours (propices et néfastes) (153) pour l’armée de Hiang Yen (154). Il avait été au service du prince de Tch’oen chen (155) et il se prétendait versé dans l’art de la guerre. Le roi Tch’en lui conféra le sceau de général pour qu’il allât combattre dans l’ouest. En chemin, (Tcheou Wen) recueillit des soldats, et, quand il arriva aux passes, il avait mille chars de guerre et plusieurs centaines de mille de soldats ; parvenu à Hi (156), il y campa. (L’empereur de la dynastie) Ts’in ordonna au chao fou Tchang Han de libérer les condamnés de la montagne Li (157) et les fils d’esclaves et de les lancer tous à l’attaque de la grande armée de Tch’ou ; celle-ci fut entièrement défaite ; Tcheou Wen, vaincu, sortit précipitamment des passes et fit halte à Ts’ao yang (158). Au bout de deux ou trois mois, Tchang Han le poursuivit et le battit ; (Tcheou Wen) se remit en marche et s’arrêta à Min-tch’e (159). Tchang Han l’attaqua et lui fit essuyer une grande défaite. Tcheou Wen se coupa la gorge et son armée cessa dès lors de combattre.

Ou Tch’en étant arrivé à Han tan (160) se proclama lui-même roi de Tchao. Tch’en Yu fut son général en chef ; Tchang Eul et Tch’ao Sao furent ses conseillers de gauche et de droite. Le roi Tch’en, irrité, arrêta et chargea de liens tous les parents de Ou Tch’en et des (trois) autres ; il voulait les exterminer.

Mais le tchou kouo (161) lui dit :

— Alors que Ts’in n’est pas encore perdu, exterminer les parents du roi de Tchao, de son général et de ses conseillers, ce serait là produire un autre Ts’in (162). Il vaut mieux vous accommoder aux circonstances et lui conférer l’investiture.

Le roi Tch’en envoya alors un messager porter ses félicitations à Tchao, puis il transporta dans son palais, mais sans leur rendre la liberté (163), les parents de Ou Tch’en et des (trois) autres. En outre, il conféra le titre de prince de Tch’eng tou (164) à Tchang Ngao, fils de (Tchang Eul) (165). Il pressa les soldats de Tchao de pénétrer au plus tôt à l’intérieur des passes.

Le roi de Tchao ayant tenu une délibération avec son général et ses conseillers, ils lui dirent :

— Ô roi, si vous régnez sur Tchao, c’est contraire aux intentions de Tch’ou : quand donc Tch’ou aura exterminé Ts’in, il ne manquera pas de tomber en armes sur Tchao. Notre avis est qu’il vaut mieux ne pas aller guerroyer dans l’ouest, mais envoyer des émissaires conquérir au nord le territoire de Yen (166) afin de vous agrandir. Quand Tchao s’appuiera au sud sur le grand Fleuve et possédera au nord (les territoires de) Yen et Tai, même si Tch’ou est vainqueur de Ts’in, il n’osera pas disposer de Tchao à sa guise ; si Tch’ou n’a pas été vainqueur de Ts’in, il ne manquera pas de traiter Tchao avec beaucoup d’égards, et alors Tchao, profitant de l’épuisement de Ts’in, pourra satisfaire ses ambitions dans l’empire.

Le roi de Tchao approuva ces conseils ; il n’alla donc pas faire la guerre dans l’ouest, mais envoya l’ex-tsou che (167) de Chang kou (168), Han Koang, à la tête des soldats, s’emparer du territoire de Yen dans le nord.

Ceux qui avaient été autrefois les nobles et les hommes éminents de Yen dirent à Han Koang :

Tch’ou s’est déjà nommé un roi ; Tchao s’est aussi déjà nommé un roi ; quoique Yen soit plus petit, il est toutefois un royaume qui équipait dix mille chars de guerre (169). Nous désirons, ô général, que vous preniez le titre de roi de Yen.

Han Koang leur répondit :

— Ma mère se trouve dans le pays de Tchao : je n’oserais.

Les gens de Yen répliquèrent :

Tchao est en ce moment inquiété du côté de l’orient par Ts’in, et inquiété du côté du sud par Tch’ou ; il n’a pas une force suffisante pour nous empêcher d’agir. D’ailleurs, Tch’ou, avec toute sa puissance, n’a pas osé faire du mal aux familles du roi de Tchao, de son général et de ses conseillers. Comment Tchao seul oserait-il nuire à votre famille, ô général ?

Han Koang approuva ces paroles et se proclama roi de Yen. Au bout de quelques mois, Tchao offrit au roi de Yen sa mère et ses parents et les renvoya dans le pays de Yen.

À cette époque, les divers généraux qui faisaient la conquête de territoires étaient innombrables.

Tcheou Che (170), étant allé s’emparer de territoires dans le nord, arriva à Ti (171). Un homme de Ti, nommé T’ien Tan, tua le préfet de Ti et se nomma roi de Ts’i ; avec les gens de Ts’i, il se retourna contre Tcheou Che, qu’il attaqua ; l’armée de (Tcheou) Che se dispersa. (Tcheou Che) revint en arrière, et, arrivé dans le territoire de Wei (172), il voulut mettre sur le trône comme roi de Wei l’ex-prince de Ning ling, Kieou, qui était un descendant de (l’ancienne maison royale de) Wei. En ce temps, Kieou se trouvait auprès du roi Tch’en et ne put se rendre dans le pays de Wei. Le territoire de Wei étant pacifié, les habitants désirèrent s’entendre pour nommer Tcheou Che roi de Wei ; mais Tcheou Che refusa, et cinq députations qu’on lui envoya durent s’en retourner. Le roi Tch’en conféra alors à Kieou, prince de Ning ling, le titre de roi de Wei et l’envoya dans son royaume. Tcheou Che en définitive devint son conseiller.

Le général T’ien Tsang (173) et d’autres délibérèrent entre eux, disant :

— L’armée de Tcheou Tchang (174) a été battue ; les soldats de Ts’in peuvent arriver dans le temps qui sépare un matin d’un soir. Nous assiégeons Yong yang sans parvenir à la soumettre, et, si les soldats de Ts’in venaient, nous essuierions certainement une grande défaite. Le mieux serait de laisser (175) un petit nombre de soldats suffisant pour monter la garde devant Yong yang et, avec toutes les meilleures troupes, de marcher à la rencontre de l’armée de Ts’in. Main-tenant, le vice-roi (176) est arrogant et ne connaît rien aux choses de la guerre ; on ne peut faire des plans avec lui ; si nous ne le faisons pas périr, il est à craindre que nous ne soyons battus.

Ils s’entendirent donc pour prétendre faussement avoir reçu un ordre du roi (177) et mirent à mort Ou Chou. Ils offrirent sa tête au roi Tch’en. Le roi Tch’en envoya un émissaire conférer à T’ien Tsang le titre de ling yn (178) de Tch’ou et le nommer général en chef. T’ien Tsang alors chargea les généraux Li Koei et autres de monter la garde devant les murs de Yong yang ; lui-même, avec les meilleures troupes, marcha du côté de l’ouest au-devant de l’armée de Ts’in, qu’il rencontra au grenier de Ngao (179). Il lui livra bataille ; T’ien Tsang périt et son armée fut détruite. Tchang Han (180) fit avancer ses soldats et attaqua Li Koei et les autres généraux sous les murs de Yong yang. Il les vainquit ; Li Koei et ses collègues périrent.

Teng Yue, originaire de Yang tch’eng (181) occupait T’an (182) avec les soldats qu’il commandait ; un lieutenant de Tchang Han l’attaqua et le vainquit. L’armée de Teng Yue se dispersa et s’enfuit à Tch’en. Ou Siu, originaire de Tche (183), occupait Hiu (184) avec les soldats qu’il commandait. Tchang Han l’attaqua et le vainquit. Tous les soldats de Ou Siu se débandèrent et se réfugièrent à Tch’en. Le roi Tch’en fit mettre à mort Teng Yue.

Au moment où le roi Tch’en était monté sur le trône, Ts’in Kia, originaire de Ling (185), Tong Sie, originaire de Tche (186), Tchou Ki-che, originaire de Fou li (187), Tcheng Pou, originaire de Ts’ieou lu (188) et Ting Tsi, originaire de Siu (189), avaient tous ensemble fait une insurrection particulière et, à la tête de soldats, tenaient assiégé, dans (la ville de) T’an (190), le gouverneur du Tong kai, K’ing. Le roi Tch’en, ayant appris cela, envoya T’an, prince de Ou p’ing, avec le titre de général pour diriger l’armée qui était sous les murs de T’an. Ts’in Kia refusa de recevoir ses ordres ; (Ts’in) Kia s’était donné à lui-même le titre de ta se ma et répugnait à être subalterne du prince de Ou p’ing. Il dit aux officiers de l’armée :

— Le prince de Ou p’ing est jeune ; il ne connaît pas les choses de la guerre. Ne lui obéissons pas.

Alors, prétextant faussement un ordre du roi, il tua T’an, prince de Ou p’ing.

Après sa victoire sur Ou Siu, Tchang Han attaqua Tch’en. Le tchou kouo, prince de Fang, mourut (191). Tchang Han fit avancer davantage encore ses soldats et attaqua l’armée de Tchang Ho qui était à l’ouest de Tch’en. Le roi Tch’en sortit (de la ville) pour diriger le combat ; son armée fut battue ; Tchang Ho périt. Le dernier mois de l’année (192), le roi Tch’en se rendit à Jou yn (193) ; puis il revint et alla à Tch’eng fou inférieur (194). Son cocher Tchoang Kou le tua afin de faire sa soumission à Ts’in. Tch’en Cheng fut enterré à T’ang (195) ; son nom posthume fut : le roi Yn.

Le général Lu Tch’en, qui avait été autrefois chambellan (196) du roi Tch’en, forma l’armée des têtes vertes (197) et s’insurgea à Sin yang (198). Il attaqua (la ville de) Tch’en, la soumit et tua Tchoang Kou. Derechef il fit de Tch’en (le royaume de) Tch’ou.

Auparavant, lorsque le roi Tch’en était arrivé à Tch’en, il avait ordonné à Song Lieou, originaire de Tche (199), d’aller avec des soldats s’assurer de Nan yang (200), puis de pénétrer par la passe Ou (201) (dans le pays de Ts’in). Après que Song Lieou se fut emparé de Nan yang, il apprit la mort du roi Tch’en. Nan yang se déclara de nouveau du parti de Ts’in. Song Lieou ne put franchir la passe Ou ; alors il se dirigea vers l’Est et arriva à Sin ts’ai (202), où il rencontra une armée de Ts’in ; Song Lieou se rendit avec ses troupes (au général de) Ts’in qui l’expédia à Hien yang (203). On écartela (Song) Lieou entre des chars afin que son exemple servît de leçon.

Ts’in Kia et ses collègues (204), apprenant que l’armée du roi Tch’en avait été battue, qu’elle était sortie (de la ville de Tch’en) et s’était enfuie, donnèrent alors à King Kiu le titre de roi de Tch’ou. Ils amenèrent leurs soldats à Fang yu (205), dans l’intention d’attaquer l’armée de Ts’in sous les murs de Ting t’ao (206) Ils envoyèrent Kong-suen K’ing en mission auprès du roi de Ts’i (207), avec le désir que celui-ci joignît ses forces aux leurs et qu’ils s’avançassent ensemble. Le roi de Ts’i dit (à Kong-suen K’ing) :

— J’ai entendu dire que le roi Tch’en avait été battu dans un combat, mais je ne sais s’il est mort ou vivant. Comment Tchou a-t-il pu se nommer un roi sans m’en demander l’autorisation ?

Kong-suen K’ing répliqua :

Ts’i s’est nommé un roi sans en demander l’autorisation à Tch’ou : pour quelle raison Tch’ou demanderait-il l’autorisation de Ts’i pour nommer un roi ? D’ailleurs, c’est Tch’ou qui a pris l’initiative de toute l’affaire ; c’est lui qui doit commander à l’empire.

T’ien Tan punit de mort Kong suen K’ing.

Les capitaines de gauche et de droite de Ts’in attaquèrent de nouveau (la ville de) Tch’en et la soumirent. Le général Lu (Tch’en) s’enfuit ; il recueillit des soldats et reforma une bande. Il la rassembla avec les soldats de K’ing Pou (208), prince de Tang yang, rebelle de P’ouo (209). Il attaqua de nouveau les capitaines de gauche et de droite de Ts’in et les vainquit à Ts’ing po (210) ; il reconstitua à Tch’en (le royaume de) Tch’ou. Sur ces entrefaites, Hiang Liang donna le titre de roi de Tch’ou à Sin, petit-fils du roi Hoai (211).

Tch’en Cheng fut roi pendant six mois en tout. Quand il fut devenu roi et lorsqu’il régnait à Tch’en, l’homme qui autrefois avait labouré avec lui comme serviteur à gages (212) l’apprit ; il vint à Tch’en, frappa à la porte du palais et dit :

— Je désire voir Chë (213).

L’officier de la porte du palais voulut le faire ligoter ; mais il s’expliqua en racontant en détail (son histoire) ; alors on le laissa libre, mais on ne voulut pas le laisser pénétrer. Le roi Tch’en étant sorti, (cet homme) se mit en travers du chemin en criant :

Chë !

Le roi Tch’en entendit et le manda en sa présence ; il le mit dans son char et revint avec lui. Ils entrèrent dans le palais et, en voyant les salles, les chambres et les tentures, l’étranger dit :

— Avec quelle opulence Chë est-il roi ! Qu’ils sont profonds (ces bâtiments) !

Pour exprimer l’idée de « beaucoup », les gens de Tch’ou se servent du mot « houo ». C’est de là que vient ce dicton répandu dans le monde : « Une opulence (houo) comme celle de Chë quand il était roi » (214) ; l’origine de ce dicton remonte à Tch’en Chë. L’étranger allait et venait, se laissant de plus en plus aller et racontant quels avaient été autrefois les sentiments du roi Tch’en ; quelqu’un en fit remontrance au roi Tch’en, disant que cet étranger stupide et ignorant diminuait son prestige par des paroles sottes et inconsidérées. Le roi Tch’en fit décapiter (son ancien compagnon). Alors tous ceux qui étaient depuis longtemps attachés au roi Tch’en se retirèrent ; à partir de ce moment, il n’y eut plus personne qui fût lié d’amitié avec le roi Tch’en.

Le roi Tch’en avait donné à Tchou Fang le titre de tchong-tcheng et à Hou Ou celui de se kouo, les préposant à la surveillance de tous ses officiers. Quand des généraux avaient conquis un territoire, s’ils n’avaient pas satisfait rigoureusement aux ordres reçus, (ces deux hommes) les chargeaient de liens et les punissaient, car ils croyaient faire preuve de loyalisme en étant exigeants et pointilleux. Ceux qu’ils n’aimaient pas, ils ne les déféraient pas aux magistrats, mais ils les condamnaient simplement eux-mêmes. Le roi Tch’en avait confiance dans ces deux hommes et se servait d’eux ; pour cette raison, les généraux ne lui furent plus attachés avec dévouement, et c’est ce qui causa sa perte.

Même après que Tch’en Cheng fut mort, les hommes qu’il avait établis et envoyés comme rois-vassaux, généraux et conseillers, en définitive abattirent Ts’in ; c’est donc (Tch’en) Chë qui fut le promoteur de cette entreprise. À l’époque de Kao-tsou, on décréta que trente familles seraient affectées à la garde de sa tombe à T’ang (215) ; jusqu’à maintenant, il a du sang (à boire et de la viande crue) à manger (216).


[ (217) Maître Tch’ou dit : « La configuration du sol et les obstacles naturels sont ce qui constitue une forte position ; les armes et les cuirasses, les châtiments et les lois sont ce qui constitue les moyens de gouverner. Mais cela n’est point encore suffisant pour qu’on s’y fie. Aussi les anciens rois considéraient-ils la bonté et la justice comme le tronc, et ils regardaient les barrières fortifiées et les lois écrites comme les branches et les feuilles. N’avaient-ils pas raison ? J’ai appris que maître Kia avait discuté à ce sujet en ces termes (218) : . . . »]




Notes


(101. ) Une rédaction parallèle de ce chapitre se trouve dans le chap. XXXI du Ts’ien Han chou.

(102. ) Dans le système de transcription du P. Zottoli, système que j’avais adopté lorsque j’ai commencé, il y a plus de dix ans, ma traduction de Se ma Ts’ien, le caractère chë serait transcrit ché. Mais cet emploi de l’accent aigu a l’inconvénient de rendre possible une confusion avec le signe marquant le k’iu cheng. L’École française d’Extrême-Orient transcrit ce caractère chö ; j’adopterai donc maintenant, dans les volumes qui devront encore paraître de la traduction de Se ma Ts’ien, la transcription chë qui se rapproche de la graphie acceptée par l’École française d’Extrême-Orient, mais qui maintient cependant le nom de Tch’en Chë à la place qu’il a occupée jusqu’ici dans les Index des volumes précédents.

(103. ) A 35 li au S. E. de la s.-p. de Teng fong (préf. et prov. de Ho nan).

(104. ) Aujourd’hui s.-p. de T’ai-k’ang, (préf. de Tch’en tcheou, prov. de Ho nan).

(105. ) Cette expression a fourni à T’ao Tsong i le titre de son Tchouo keng lou (composé en 1366) ; ce titre signifie « Livre écrit après que le labour est fini », c’est-à-dire dans les moments de loisir que laisse la tâche journalière.

(106. ) Il s’adresse à ses compagnons de travail. On verra à la fin de ce chapitre de quelle manière Tch’en Cheng, quand il fut devenu roi, tint sa promesse.

(107. ) Un petit esprit ne peut comprendre les intentions d’un grand génie. Yen Che kou considère les mots [] et [] comme désignant deux oiseaux : l’oie sauvage et la grue. Mais Se ma Tcheng cite un passage de Che tse qui prouve que ces deux caractères s’appliquent à un seul oiseau, la grande grue.

(108. ). Le mot [], dit Yen Che kou, (Ts’ien Han chou, chap. XXXI, p. 1 r°), désigne la porte d’un li ; un li est un groupe de 50 familles dans une ville ; le lu était donc proprement la porte qui fermait une ruelle dans laquelle étaient groupées un certain nombre de familles : on sait que ces portes existent encore dans nombre de villes de Chine. Les commentateurs ne sont pas d’accord sur la valeur exacte de l’expression « ceux qui demeuraient sur le côté gauche des ruelles » ; d’après une explication de Mong K’ang, (Ts’ien Han chou, chap. XLIX, p. 5 v°) reproduite par Se ma Tcheng (Mém. hist., chap. XLVIII, p. 1 r°), à l’époque des Ts’in on faisait habiter sur le côté gauche des ruelles ceux qui étaient exemptés des corvées militaires ; maintenant, comme on manque d’hommes, on entre dans les ruelles pour réquisitionner même ces exemptés. Suivant Yng Chao, approuvé par Yen Che kou (Ts’ien Han chou, chap. XXIV, a, p. 3 v°), les empereurs Ts’in auraient commencé par réquisitionner pour les corvées ceux qui demeuraient sur le côté gauche des ruelles ; ils auraient eu l’intention de réquisitionner ensuite ceux qui habitaient sur le côté droit, mais leur dynastie prit fin avant qu’ils eussent eu le temps de recourir à cette dernière mesure. Il est probable que, comme l’indique Fang Pao dans le Che ki p’ing lin (chap. XLVII, p. 1 v°), la réquisition se faisait en prenant un homme par famille.

(109. ) On comptait, à l’époque des Ts’in, sept catégories de condamnés parmi lesquels on prenait ceux dont on avait besoin pour les corvées militaires ; c’étaient : 1. les fonctionnaires ayant commis quelque faute ; 2. les vagabonds ; 3. ceux qui vivaient aux dépens de leurs beaux-parents (tchoei siu, « les gendres parasites »). 4. les marchands ; 5. ceux qui ont été autrefois inscrits sur le rôle des commerçants ; 6. ceux dont le père et la mère ont été inscrits sur le rôle des commerçants ; 7. ceux dont le grand-père et la grand-mère ont été inscrits sur le rôle des commerçants (cf. Ts’ien Han chou, chap. VI, p. 13 r°, et le commentaire de Tchang Yen).

Quand ces sept catégories ne suffirent plus, on réquisitionna ceux qui habitaient sur le côté gauche des ruelles ; cf. Ts’ien Han chou, chap. VI, p. 5 v° :

« Sous les Ts’in, les soldats envoyés en garnison ne pouvaient supporter le climat (du pays où on les envoyait) ; ceux qui tenaient garnison mouraient à la frontière ; ceux qui étaient chargés des transports tombaient sur les grandes routes. Le peuple des Ts’in considérait que partir (en corvée) équivalait à être envoyé au lieu d’exécution. C’est pourquoi on envoyait en corvée les condamnés, et c’était ce qu’on appelait les garnisons pénitentiaires. On commença par envoyer les officiers frappés d’une condamnation, ainsi que les gendres parasites et les marchands, puis ceux qui avaient été autrefois inscrits sur le rôle des commerçants, puis ceux dont le grand-père et la grand-mère ou dont le père et la mère avaient été autrefois inscrits sur le rôle des commerçants ; ensuite on entra dans les ruelles pour réquisitionner ceux qui demeuraient du côté gauche (cf. la note précédente) et on les fit partir.

(110. ) D’une indication du Kouo ti tche, il résulte que Yu yang était à 18 li au sud de la s.-p. actuelle de Mi-yun (préf. de Choen tien, prov. de Tche li).

(111. ) Le Ts’ien Han chou supprime ce membre de phrase ; mais, un peu plus loin, il écrit [], « dans leur marche, ils arrivèrent au (chef-lieu du) district de Ta tsë, (dans la préfecture) de K’i ». Par la suite du récit, on verra en effet que la troupe d’hommes qui était envoyée à Yu yang, au nord de Péking, se trouvait arrêtée à Ta tsë, près de la préfecture de K’i, quand Tch’en Cheng se révolta. La préfecture de K’i était au sud de l’actuelle préf. sec. de Sou, dans le nord de Ngan hoei ; elle avait fait partie de l’ancien territoire du royaume de Tch’ou, et c’est pourquoi Tch’en Cheng y trouva une population assez disposée à le soutenir dans son audacieuse entreprise contre les Ts’in.

(112. ) D’après le commentateur Yao Tch’a, cité par Se ma Tcheng, un sage caché aurait envoyé au général de Ts’in, Tchang Han, qui devint plus tard roi de Yong, une lettre dans laquelle il était dit :

« Li Se, agissant en faveur de Eul che, a fait dégrader dix-sept de ses frères aînés et a mis sur le trône le roi actuel (c.-à-d. Eul Che). Ainsi Eul che n’aurait été que le dix-huitième fils de Ts’in Che hoang ti.

(113. ) Cf. tome II, p. 182, lignes 11-13.

(114. ) Cf. tome II, p. 192-193.

(115. ) Sur Hiang Yen, grand-père de Hiang Yu, cf. tome II, note 07.103.

(116. ) [] littéralement : « vous aux pieds de qui je me tiens ». Dans le Yeou yang tsa tsou, écrit vers la fin du VIIIe siècle par Toan Tch’eng che (cf. Wylie, Notes on Chin. Lit., p. 155), on lit (chap. I, p. 9 v°) :

« Depuis l’époque des Ts’in et des Han, lorsqu’on s’adresse au Fils du Ciel, on lui dit pi hia (vous au bas des degrés de la salle du trône de qui je me tiens) ; à l’héritier présomptif impérial, tien hia (vous au bas de la salle prin-cière de qui je me tiens) ; à un général, hoei hia (vous au pied de l’étendard de qui je me tiens) ; à un ambassadeur, tsie hia (vous au pied de l’insigne de délégation de qui je me tiens), ou kou hia (vous au bas du char de qui je me tiens) ; à un haut fonctionnaire ayant des appointements de 2000 che, ko hia (vous au pied du bâtiment à étages de qui je me tiens) ; à un père ou une mère, si hia (vous aux genoux de qui je suis) ; des personnes de rang égal s’adressent la parole en se disant yu tsou hia (vous aux pieds de qui je suis).

Ce texte nous montre la valeur primitive du terme ko hia qui aujourd’hui s’est presque entièrement substitué à l’expression tsou hia dans les conversations entre personnes de rang égal. Il n’est pas certain cependant que l’auteur du Yeou yang tsa tsou ait raison de considérer toutes ces façons de s’exprimer comme formant une même catégorie. Suivant une autre explication, en effet, l’expression pi hia ne signifierait pas simplement : « vous au bas des degrés de la salle du trône de qui je me tiens » ; elle donnerait à entendre que la personne qui parle, n’osant apostropher directement l’Empereur en personne, s’adresse aux fonctionnaires qui se tiennent au pied des degrés menant à la salle du trône ; voici en effet ce que dit Yng Chao (Ts’ien Han chou, chap. I, b, p. 1 v°) :

« Le mot [a] désigne les degrés par lesquels on accède à la salle du trône. Les souverains avaient toujours des hommes armés qui étaient rangés sur les côtés de ces degrés. Quand les divers fonctionnaires voulaient s’adresser à la plus haute majesté, ils n’osaient pas l’indiquer du geste et de la voix ; c’est pourquoi ils appelaient ceux qui étaient au pied des degrés pour s’adresser à eux ; on avait ainsi l’intention de recourir à l’intermédiaire de gens de condition humble pour parvenir jusqu’à sa majesté. C’est de la même manière qu’on dit maintenant tien hia (en s’adressant aux gens qui sont au bas de la salle princière), ko hia (en s’adressant aux gens qui sont au bas du bâtiment à étages), che tchë (en s’adressant à ceux qui sont aux côtés de la personne qu’on veut atteindre), tche che, (en s’adressant à ceux qui sont de service). Toutes ces expressions sont du même genre.

Le Heou Han chou (chap. LX, a, p. 1 r°) nous fournit un exemple de l’expression [] : vers l’an 30 de notre ère, Sou King, écrivant à Lieou Kong, commence par lui dire : « Je vous souhaite une bonne santé », et, pour formuler le vœu, se sert de la phrase [], qui signifie littéralement : « Que ceux qui sont de service auprès de votre seigneurie ne souffrent d’aucune peine. » Le commentaire de 676 explique que, par respect, on s’adresse ainsi, non à la personne même à qui on parle en réalité, mais à ceux qui sont à ses côtés. Cf. Li ki, chap. Tsa ki, trad. Couvreur, tome II, p. 118.

— Quant à l’expression [], nous la relevons deux fois dans les documents du troisième siècle de notre ère trouvés par M. A. Stein au nord du Lop nor. — De ces témoignages, il résulte que les expressions telle que [] (vous aux pieds de qui je suis) ne peuvent être entièrement assimilées aux expressions telles que [a .] ou ko hia, comme aurait pu le faire croire le passage du Yeou yang tsa tsou cité au début de cette note.

(117. ) Le devin voulait apparemment les mettre en garde en leur disant qu’ils trouveraient la mort dans cette entreprise et deviendraient eux-mêmes des êtres démoniaques. Mais Tch’en Cheng et Ou Koang interprétèrent cette parole comme un avis d’avoir recours à des procédés surnaturels pour frapper l’imagination populaire.

(118. ) Sur le sens du mot [], cf. Hoai nan tse, chap. II, p. 19 r° :

« Les oiseaux volent à plus de huit mille pieds de hauteur : les quadrupèdes se réfugient au milieu des bois et des fourrés d’herbe [] ; cependant le malheur les atteint.

Le commentaire de Kao Yeou à ce passage est ainsi conçu :

« Des arbres rassemblés, c’est ce qu’on appelle ts’ong ; des fourrés d’herbe, c’est ce qu’on appelle p’ou. »

(119. ) Le Ts’ien Han chou écrit [] : « des lumières qui allaient de tous côtés ».

(120. ) Sur les croyances superstitieuses dont est entouré le renard en Chine, cf. De Groot, The religious system of China, vol. IV, pp. 188-196.

(121. ) Pour comprendre les révoltes qui éclatèrent sous le règne de Eul che hoang ti, il faut se rappeler l’ancien antagonisme des royaumes de Ts’in et de Tch’ou. Ts’in Che hoang ti avait réussi à assurer le triomphe de Ts’in ; mais, à sa mort, le pays de Tch’ou songea à secouer le joug. C’est pour cette raison que Tch’en Cheng, homme du Ho nan, c.-à-d. du pays de Tch’ou, annonça sa révolte comme le triomphe prochain de Tch’ou ; après lui, Hiang Yu se proclama roi de Tch’ou et aurait conservé l’empire, si le triomphe imprévu des Han n’avait définitivement supprimé la rivalité plusieurs fois séculaire de Ts’in et de Tch’ou.

(122. ) Cela signifie, dit Yen Che kou, que lorsqu’on a obtenu ce qu’on désirait il n’est pas nécessaire d’avoir des descendants. Au point de vue de la psychologie chinoise, ce passage ne laisse pas que d’être intéressant : les descendants mâles sont la possibilité pour une famille d’obtenir des honneurs de plus en plus considérables ; mais, quand une famille est arrivée au faîte de la gloire en la personne d’un de ses représentants, il n’est plus nécessaire qu’elle se perpétue, car elle ne pourrait plus que déchoir.

(123. ) C’est, dit Yen Che kou, afin de se distinguer du commun des hommes qu’ils retirèrent la partie du vêtement qui couvrait l’épaule droite.

(124. ) Plus tard (voy. p. 14 et note 137), Tch’en Cheng donna à son empire le nom de « Tch’ou agrandi ». Cf. tome II, note 08.133.

(125. ) Ils offrirent en sacrifice aux dieux les têtes des commandants qu’ils avaient tués (Yen Che kou).

(126. ) Cf. p. 7 et note 11, à la fin.

(127. ) D’après le Kouo ti tche, la ville sous-préfecturale de Fou li, qui dépendait de l’arrondissement de Siu, fut, sous les Han, la ville de Tchou i. Elle se trouvait sur le territoire de l’actuelle préf. sec. de Sou, dans le nord du Ngan hoei.

(128. ) A 46 li au S. O. de l’actuelle préf. sec. de Sou.

(129. ) Ce caractère se prononce ici ts’o. La ville de Ts’o était au S. O. de la s.-p. actuelle de Yong tch’eng (préf. de Koei-, prov. de Ho nan).

(130. ) A 10 li à l’E. de l’actuelle s.-p. de Lou i (préf. de Koei-, prov. de Ho nan).

(131. ) Au N. de l’actuelle s.-p. de Tchë tch’eng (préf. de Koei-, prov. de Ho nan).

(132. ) Auj. préf. sec. de Po (préf. de Yng tcheou, prov. de Ngan hoei).

(133. ) Auj. ville préfectorale de Tch’en tcheou (prov. de Ho nan). On sait que de 278 à 241 av. J.-C., Tch’en avait été la capitale du royaume de Tch’ou ; c’est pourquoi, en 209 av. J.-C., Tch’en Cheng était assuré de trouver dans cette ville d’anciens partisans des rois de Tch’ou à qui la domination des Ts’in était odieuse. D’autre part, c’est à Tch’en que vivait K’ong Fou, descendant de Confucius à la huitième génération, comme nous l’apprend le K’ong ts’ong tse (§ 17 ; cf. tome V, note 47.624) ; or K’ong Fou et tous les Confucéens qui étaient groupés autour de lui détestaient les Ts’in à cause de la proscription des livres et de la persécution dirigée contre les lettrés ; aussi accueillirent-ils avec joie Tch’en Cheng, en qui ils saluaient un libérateur ; K’ong Fou accepta de lui la charge de po che, et fut d’ailleurs plus tard entraîné dans sa ruine (cf. tome V, p. 432).

(134. ) Le gouverneur était à la tête d’une commanderie ; le préfet administrait une préfecture. Mais, s’il y avait bien une préfecture de Tch’en, il n’y avait pas de commanderie de ce nom. La mention du gouverneur, de même que, plus loin, celle du vice-gouverneur, paraissent introduites ici par erreur ; il ne peut être question que du préfet et du vice-préfet.

(135. ) L’explication la plus plausible qui ait été donnée de ce nom est que cette porte de la ville de Tch’en était celle qui commandait la route menant à la ville de Ts’iao (cf. ci-dessus et n. 132) ; c’est pourquoi on l’appelait la porte de Ts’iao.

(136. ) Cf. tome V, note 43.303, et tome II, note 08.234 à la fin.

(137. ) Cf. p. 12 et n. 124. - Suivant une explication de Tchang Yen, approuvée par Yen Che kou (Ts’ien Han chou, chap. XXI, p. 2 r°), l’expression [] signifierait « Tch’ou bandé » ; en effet, Tch’ou vaincu par Ts’in avait été comme un arc détendu ; maintenant il était de nouveau comme un arc bandé. Quelque ingénieuse que soit cette interprétation, je ne crois pas pouvoir l’accepter, car on trouve ailleurs (Mém. hist., chap. LXXXIX, p. 2 r°) l’expression [], « le roi du Tch’ou agrandi », où le mot [] ne saurait être compris comme signifiant « bandé ».

(138. ) Ou Chou n’est autre que Ou Koang ; Cf. p. 5, ligne 4.

(139. ) A 17 li au S. O. de la s.-p. actuelle de Yong tsë (préf. de K’ai-fong, prov. de Ho nan). Yong yang était une position stratégique importante, à 15 li à l’ouest de laquelle Ts’in Che hoang ti avait établi le fameux grenier de Ngao (cf. tome II, note 07.312).

(140. ) Les biographies de Tchang Eul et de Tch’en Yu forment le chapitre LXXXIX des Mémoires historiques.

(141. ) La partie du Ho nan qui est au nord du Hoang ho, l’ouest du Tche li et la majeure partie du Chan si. La capitale de Tchao avait été en dernier lieu Han tan (auj. s.-p. de Han tan, préf. de Koang p’ing, prov. de Tche li).

(142. ) Auj., s.-p. de Feou yang (préf. de Ying tcheou, prov. de Ngan-hoei).

(143. ) Auj., préf. sec. de Cheou (préf. de Fong yang, prov. de Ngan hoei).

(144. ) Cf. p. 12, ligne 13.

(145. ) Le Kouo ti tche place Tong tch’eng à 50 li au S. E. de la ville qui est encore aujourd’hui la s.-p. de Ting yuan (préf. de Fong yang, prov. de Ngan hoei).

(146. ) Tch’en Cheng.

(147. ) On sait que, à l’époque des Six Royaumes, la capitale de Wei avait été la ville de Ta leang (auj. K’ai fong fou, dans le Ho nan).

(148. ) Le territoire de Ho nan fou où se trouvent le Hoang ho et les rivières Lo et I : d’où le nom de San tch’oan, « Les trois cours d’eau ».

(149. ) Ou Koang.

(150. ) La dignité de tchou kouo avait existé autrefois dans le royaume de Tch’ou ; c’est pourquoi Tch’en Cheng la rétablit. C’est par inadvertance que Se ma Ts’ien appelle ailleurs (chap. LXXXIX, p. 2 v°) Ts’ai Ts’e le conseiller d’État prince de Fang ; Tch’en Cheng ne fit aucune nomination de conseiller d’État.

(151. ) D’après Tchang Cheou tsie, Fang est identique à la préfecture de Ou-fang, laquelle se trouvait à 40 li à l’ouest de la s.-p. actuelle de Soei-p’ing (préf. de Jou ning, prov. de Ho nan).

(152. ) Auj., s.-p. de Chang ts’ai (préf. de Jou ning, prov. de Ho nan).

(153. ) Il était devin.

(154. ) Cf. p. 8, note 115.

(155. ) Hoang Hie, prince de Tch’oen chen, était un général de Tch’ou qui avait été mis à mort en 238 av. J.-C. Cf. tome IV, p. 416, ligne 5.

(156. ) Cf. tome II, p. 205, note 06.450.

(157. ) Nous lisons ailleurs (tome II, p. 193-194) que, lorsque Ts’in Che hoang ti fit aménager sa propre sépulture dans la montagne Li, il employa aux travaux plus de sept cent mille hommes ; c’est à ces gens, ou du moins à ce qui en restait, qu’on rendit la liberté.

(158. ) Le Kouo ti tche dit : « L’ancien poste de Ts’ao yang, qu’on appelle aussi poste de Hao yang, est à 14 li au S. E. de la s.-p. de T’ao lin ; Pt dans l’arrondissement de Chàn. T’ao lin est aujourd’hui la s.-p. de Ling pao (préf. sec. de Chàn, prov. de Ho nan).

(159. ) Le premier caractère se prononce ici min. La s.-p. de Min tch’e existe encore aujourd’hui ; elle dépend de Ho nan fou.

(160. ) Ancienne capitale du royaume de Tchao ; cf. tome V, note 43.101 à la fin.

(161. ) Il s’agit ici de Ts’ai Ts’e qui avait le titre de chang tchou kouo : cf. p. 15 et note 150. Voyez chap. LXXXIX, p. 2 v°.

(162. ) En d’autres termes, vous prétendez combattre Ts’in à cause de sa méchanceté ; mais, si vous commettez vous-même des actions cruelles, vous vous conduirez d’une manière aussi haïssable que Ts’in et on n’aura plus alors aucune raison de se rattacher à vous plutôt qu’à Ts’in, ce dernier n’étant point encore anéanti.

(163. ) Il les entoure des plus grands égards, mais sans les relâcher ; c’est ce qu’exprime le mot (Yen Che kou).

(164. ) Tch’eng tou est aujourd’hui la ville préfectorale de ce nom, capitale du Se tch’oan. Cet envoi dans un fief lointain constituait une sorte de bannissement sous couleur honorifique.

(165. ) Se ma Ts’ien écrit « à son fils, Tchang Ngao », mais le Ts’ien Han chou spécifie avec raison qu’il s’agit du fils du Tchang Eul.

(166. ) Le nord du Tche li.

(167. ) Tchang Yen dit que le titre de tsou che est identique à celui de ts’ao che.

(168. ) Le commanderie de Chang kou, qui existait dès l’époque de Ts’in Che hoang ti, avait son centre administratif dans la s.-p. actuelle de Hoai-lai (préf. de Siuen hoa, prov. de Tche li).

(169. ) Cf. tome II, note 06.463.

(170. ) Cf. p. 15, lignes 8-9.

(171. ) Ti est le nom d’une préfecture que l’empereur Ngan (107-125 ap. J.-C.) appela Lin tsi ; elle se trouvait au N. O. de la s.-p. actuelle de Kao yuen (préf. de Ts’ing tcheou, prov. de Chan tong).

(172. ) On se rappelle que la capitale de Wei avait été Ta leang (K’ai-fong fou).

(173. ) De la suite du récit, il résulte que T’ien Tsang était un des généraux de Tch’en Cheng qui avaient été placés sous les ordres de Ou Koang pour assiéger la ville de Yong yang.

(174. ) Le même personnage que Tcheou Wen ; cf. pp. 15-16.

(175. ) Le mot [] est ici pour le mot [], qui est la leçon du Ts’ien Han chou.

(176. ) Ou Koang ou Ou Chou ; cf. p. 15, et n. 149.

(177. ) Tch’en Cheng ou le roi Tch’en.

(178. ) Ling yn était un titre qui, dans l’ancien État de Tch’ou, équivalait au titre de conseiller d’État ; cf. tome IV, p. 386.

(179. ) Cf. note 140.

(180. ) Le général de Ts’in.

(181. ) A 35 li au S. E. de la s.-p. actuelle de Teng fong (préf. et prov. de Ho nan).

(182. ) Le caractère [] est vraisemblablement erroné, car T’an se trouvait dans le Chan tong, fort loin du théâtre des hostilités ; il est probable, comme le fait remarquer Tchang Cheou tsie, qu’il faut lire Kia M3, qui est aujourd’hui encore le nom d’une s.-p. au S. O. de Ho nan fou, fort proche par conséquent de la ville de Yang tch’eng dont était originaire Teng Yue.

(183. ) Cf. p. 12 et n. 128.

(184. ) Au N. E. de la préf. sec. actuelle de Hiu (prov. de Ho nan).

(185. ) Il faut lire [], comme dans le Ts’ien Han chou. Cette ville fut, à l’époque des Han, une préfecture du royaume de Se choei ; elle était à 50 li au S. E. de l’actuelle s.-p. de Sou ts’ien (préf. de Siu tcheou, prov. de Kiang sou).

(186. ) Cf. p. 12 et n. 128.

(187. ) Cf. p. 12 et n. 127.

(188. ) Au S. O. de la s.-p. de Hoai-ning (préf. de Siu tcheou, prov. de Kiang sou). Dans le nom de cette ville, le premier caractère [] est indiqué par les commentateurs comme pouvant aussi se prononcer ts’ieou.

(189. ) A 80 li au N. O. de la s.-p. actuelle de Hiu i (préf. sec. de Se, prov. de Ngan hoei).

(190. ) A 30 li au S. O. de la s.-p. actuelle de T’an tch’eng (préf. de I, prov. de Chan tong). Cette ville était le siège administratif de la commanderie de Tong kai.

(191. ) Cf. p. 15, lignes 16-17, et p. 17, n. 151.

(192. ) Se ma Ts’ien désigne ainsi le mois tch’eou qui est le douzième et dernier de la série duodénaire ; ce mois comprenait les jours du 3 janv. au 1er fév. de l’année 208 av. J.-C. C’est donc à cette époque que mourut Tch’en Cheng ; cf. tome III, p. 59, avant-dernière ligne.

(193. ) Auj., s.-p. de Feou yang, qui fait partie intégrante de la ville préfectorale de Yng tcheou (prov. de Ngan hoei).

(194. ) On appelait Tch’eng-fou inférieur une localité située à l’E. de la ville de Tch’eng fou. La ville de Tch’eng fou elle-même est celle qui fut une préfecture à l’époque des Han ; elle se trouvait à 29 li au S. E. de l’actuelle préf. sec. de Po (préf. de Yng tcheou, prov. de Ngan hoei). Il ne faut pas la confondre avec une autre ville de Tch’eng fou qui était dans le Ho nan (cf. tome IV, note 36.137).

(195. ) Au S. de la s.-p. actuelle de T’ang chan (préf. de Siu tcheou, prov. de Kiang sou).

(196. ) Le titre de kiuan-jen désignait originairement celui qui présidait aux nettoyages ; mais cet emploi de domestique avait fini par devenir une charge de la cour. Suivant une autre explication, les kiuan-jen devraient être assimilés aux ye tchë, dont le nom signifie proprement l’annonciateur (des hôtes) et désignait sans doute aussi à l’origine une certaine catégorie de serviteurs du palais.

(197. ) Ce nom de [] leur avait été donné parce que, afin de se distinguer, ils se coiffaient d’un bonnet vert. Cf. tome II, note 07.127.

(198. ) A 60 li au N. O. de la s.-p. actuelle de T’ai-ho (préfecture de Yng tcheou, prov. de Ngan hoei).

(199. ) Cf. p. 12, n. 128.

(200. ) Auj. ville préfectorale de Nan yang (prov. de Ho nan).

(201. ) La passe Ou était le défilé méridional qui donnait accès dans le pays de Ts’in ; elle commandait la route allant de Nan yang fou à Si-ngan fou ; elle se trouvait à 180 li à l’E. de l’actuelle préf. sec. de Chang, au S. E. de Si-ngan fou.

(202. ) Auj. encore, s.-p. de Sin ts’ai (préf. de Jou ning, prov. de Ho nan).

(203. ) Hien yang, capitale des Tsin, était au N. de la rivière Wei.

(204. ) Cf. p. 21, lignes 2-4.

(205. ) Au nord de l’actuelle s.-p. de Yu t’ai (préf. sec. de Tsi-ning, prov. de Chan tong).

(206. ) A 4 li au N. O. de la s. p. actuelle de Ting t’ao (préf. de Ts’ao--tcheou, prov. de Chan tong).

(207. ) Le roi de Ts’i était ce T’ien Tan qui s’était mis lui-même sur le trône de Ts’i ; cf. p. 19, lignes 1-2.

(208. ) Voyez à l’index du tome II [css : utiliser : Édition/Rechercher] les nombreux passages où K’ing Pou a déjà été cité. Ce personnage est appelé Yng Pou dans le Ts’ien Han chou.

(209. ) D’après P’ei Yn, au moment de la révolte de Tch’en Cheng, K’ing Pou s’était rallié au parti de Ou Joei, prince de P’ouo ; c’est pourquoi on l’appelait un rebelle de P’ouo. Sur la localité de P’ouo, cf. tome II, note 07.251.

(210. ) au S. O. de la s.-p. actuelle de Sin-ts’ai, Ho nan.

(211. ) Cf. tome II, p. 257. A partir de ce moment (1-29 juillet 203), les événements qui suivent sont racontés dans le chap. sur Hiang Yu ; cf. tome II, p. 257 et suiv.

(212. ) Cf. p. 6 et n. 106.

(213. ) Appellation de Tch’en Cheng. Ce rustre désigne ainsi familièrement le roi.

(214. ) Il y a ici un passage qui ne peut être qu’inintelligible en traduction. Pour exprimer l’idée d’opulence, l’ancien compagnon de Tch’en Chë s’était servi du mot houo qui appartenait au parler local de Tch’ou ; son propos parut drôle, et c’est pourquoi on conserva cet idiotisme dans la locution que rapporte Se ma Ts’ien.

(215. ) Sur l’emplacement de T’ang, cf. p. 22, n. 195. Quoique Tch’en Chë fût mort avant d’avoir pu mener à bien son entreprise, c’est lui, cependant, qui fut en définitive le promoteur de la destruction des Ts’in ; c’est pourquoi le fondateur de la dynastie Han reconnut son mérite en affectant un certain nombre de familles à l’entretien de sa tombe. Cf. tome II, p. 399, où il est dit qu’on assigna dix familles (et non trente) à la garde de la tombe de Tch’en Chë en 195 avant J.-C.

(216. ) C’est-à-dire qu’il jouit des sacrifices qu’on lui offre régulièrement. Sur l’expression [], cf. tome III, p. 453, note 28.289, et tome IV, p. 191, n. 1.

(217. ) Tch’ou Chao suen ; cf. Introduction, p. CCIII.

(218. ) A partir d’ici, Tch’ou Chao suen reproduit la première partie de la fameuse composition de Kia I intitulée « Réquisitoire contre les Ts’in ». Nous en avons déjà donné la traduction dans le tome II, p. 225-231.