Marc Aurèle ou La fin du monde antique/Chapitre VII

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Calmann-Lévy (p. 113-129).


CHAPITRE VII.


DÉCADENCE DU GNOSTICISME


Le christianisme, au moment où nous sommes parvenus, est, si l’on peut s’exprimer ainsi, arrivé au complet épanouissement de sa jeunesse. La vie, chez lui, déborde, surabonde ; nulle contradiction ne l’arrête ; il a des représentants pour toutes les tendances, des avocats pour toutes les causes[1]. Le noyau de l’Église catholique et orthodoxe est déjà si fort, que toutes les fantaisies peuvent se dérouler à côté d’elle sans l’atteindre. En apparence, les sectes dévoraient l’Église de Jésus ; mais ces sectes restaient isolées, sans consistance, et disparaissaient, pour la plupart, après avoir satisfait un moment aux besoins du petit groupe qui les avait créées. Ce n’est pas que leur action fût stérile ; les enseignements secrets, presque individuels, étaient au moment de leur plus grande vogue. Les hérésies triomphaient presque toujours par leur condamnation même. Le gnosticisme en particulier était chassé de l’Église, et il était partout ; l’Église orthodoxe, en le frappant d’anathème, s’en imprégnait. Chez les judéo-chrétiens, ébionites, esséniens, il coulait à pleins bords.

Quand une religion commence à compter un grand nombre de partisans, elle perd pour un temps quelques-uns des avantages qui avaient contribué à la fonder ; car l’homme se plaît bien plus et trouve plus de consolations dans la petite coterie que dans l’Église nombreuse, où l’on ne se connaît pas. Comme la puissance publique ne mettait pas sa force au service de l’Église orthodoxe, la situation religieuse était celle que présentent maintenant l’Angleterre et l’Amérique. Les chapelles, si l’on peut s’exprimer ainsi, se multipliaient de toutes parts. Les chefs de secte luttaient de séduction sur les fidèles, comme font de nos jours les prédicateurs méthodistes, les innombrables dissenters des pays libres. Les fidèles étaient une sorte de curée que s’arrachaient d’avides sectaires, plus semblables à des chiens affamés qu’à des pasteurs. Les femmes surtout étaient la proie convoitée ; quand elles étaient veuves et en possession de leurs biens, elles ne manquaient pas d’être entourées de jeunes et habiles directeurs, qui renchérissaient de mollesse et de complaisance pour accaparer des cures d’âmes fructueuses et douces à la fois.

Les docteurs gnostiques avaient, dans cette chasse aux âmes, de grands avantages. Affectant une plus haute culture intellectuelle et des mœurs moins rigides, ils trouvaient une clientèle assurée dans les classes riches, qui éprouvaient le désir de se distinguer et d’échapper à la discipline commune, faite pour des pauvres[2]. Les rapports avec les païens, et les perpétuelles contraventions de police qu’un membre de l’Église était amené à commettre, contraventions qui l’exposaient sans cesse au martyre, devenaient des difficultés capitales pour un chrétien occupant une certaine position sociale. Loin de pousser au martyre, les gnostiques fournissaient des moyens de l’éviter. Basilide, Héracléon protestaient contre les honneurs immodérés rendus aux martyrs ; les valentiniens allaient plus loin : dans les moments de vive persécution, ils conseillaient de renier la foi, alléguant que Dieu n’exige pas de ses adorateurs le sacrifice de la vie, et qu’il importe de le confesser moins devant les hommes que devant les éons[3].

Ils n’exerçaient pas moins de séductions parmi les femmes riches, à qui leur indépendance inspirait le désir d’un rôle personnel. L’Église orthodoxe suivait la règle sévère tracée par saint Paul, laquelle interdisait toute participation de la femme aux exercices de l’Église[4]. Dans ces petites sectes, au contraire, la femme baptisait, officiait, présidait à la liturgie, prophétisait. Aussi opposés que possible de mœurs et d’esprit, les gnostiques et les montanistes avaient cela de commun, que, à côté, de tous leurs docteurs, on trouve une femme prophétesse : Hélène à côté de Simon, Philumène à côté d’Apelle[5], Priscille et Maximille à côté de Montan, tout un cortège de femmes autour de Markos[6] et de Marcion[7]. La fable et la calomnie s’emparèrent d’une circonstance qui prêtait au malentendu. Plusieurs de ces créatures peuvent n’être que des allégories sans réalité ou des inventions des orthodoxes. Mais sûrement l’attitude modeste que l’Église catholique imposa toujours aux femmes, et qui devint la cause de leur ennoblissement, ne fut guère observée dans ces petites sectes, assujetties à une règle moins rigoureuse et peu habituées, malgré leur apparente sainteté, à pratiquer la vraie piété, qui est l’abnégation.

Les trois grands systèmes de philosophie chrétienne qui avaient paru sous Adrien, celui de Valentin, celui de Basilide, celui de Saturnin, se développaient sans s’améliorer beaucoup. Les chefs de ces enseignements vivaient encore[8] ou avaient trouvé des successeurs. Valentin[9], quoique trois fois chassé de l’Église, était fort entouré. Il quitta Rome pour retourner en Orient ; mais sa secte continua de fleurir dans la capitale[10]. Il mourut vers l’an 160, dans l’île de Chypre[11]. Ses disciples remplissaient le monde[12]. On distinguait la doctrine d’Orient et celle d’Italie. Les chefs de celle-ci étaient Ptolémée et Héracléon ; Secundus et Théodote d’abord, puis Axionicus et Bardesane dirigèrent la branche dite orientale[13]. L’école valentinienne était de beaucoup la plus sérieuse et la plus chrétienne de toutes celles que comprenait le nom général de gnostiques. Héracléon[14] et Ptolémée[15] furent de savants exégètes des épîtres de Paul et de l’évangile dit de Jean. Héracléon, en particulier, fut un vrai docteur chrétien, dont Clément d’Alexandrie et Origène profitèrent beaucoup. Clément nous a conservé de lui une page belle et sensée sur le martyre. Les écrits de Théodote étaient aussi habituellement entre les mains de Clément, et des extraits paraissent nous en être parvenus dans la grande masse de notes que s’était faite le laborieux Stromatiste[16].

À beaucoup d’égards, les valentiniens pouvaient passer pour des chrétiens éclairés et modérés ; mais il y avait au fond de leur modération un principe d’orgueil. L’Église n’était, à leurs yeux, dépositaire que d’un minimum de vérité, strictement suffisant à l’homme ordinaire[17]. Eux seuls savaient le fond des choses. Sous prétexte qu’ils faisaient partie des psychiques et ne pouvaient manquer d’être sauvés, ils se donnaient des libertés inouïes[18], mangeaient de tout sans distinction, allaient aux fêtes païennes et même aux spectacles les plus cruels, fuyaient la persécution et parlaient contre le martyre[19]. C’étaient des gens du monde, libres de mœurs et de propos, traitant de pruderie et de bigoterie la réserve extrême des catholiques, qui craignaient jusqu’à une parole légère, jusqu’à une pensée indiscrète[20]. La direction des femmes, dans de telles conditions, offrait beaucoup de dangers. Quelques-uns de ces pasteurs valentiniens étaient de manifestes séducteurs ; d’autres affectaient la modestie ; « mais bientôt, dit Irénée, la sœur devenait enceinte du frère »[21]. Ils s’attribuaient l’intelligence supérieure et laissaient aux simples fidèles la foi, « ce qui est bien différent »[22]. Leur exégèse était savante, mais peu assurée. Quand on les pressait avec des textes de l’Écriture, ils disaient que l’Écriture avait été corrompue. Quand la tradition apostolique leur était contraire, ils n’hésitaient pas non plus à la rejeter[23]. Ils avaient, paraît-il, un Évangile qu’ils appelaient l’Évangile de la vérité[24]. Ils ignoraient en réalité l’Évangile du Christ. Ils substituaient au salut par la foi ou par les œuvres un salut par la gnose, c’est-à-dire par la connaissance d’une prétendue vérité. Si une pareille tendance avait prévalu, le christianisme eût cessé d’être un fait moral pour devenir une cosmogonie et une métaphysique sans influence sur la marche générale de l’humanité.

Ce n’est jamais impunément, d’ailleurs, qu’on fait miroiter aux yeux du peuple des formules abstruses, dont on se réserve le sens. Un seul livre valentinien nous est resté, « La Fidèle sagesse[25] » ; et il montre à quel degré d’extravagance en venaient des spéculations, assez belles dans la pensée de leurs auteurs, quand elles tombaient en des esprits puérils. Jésus, après sa résurrection, est censé passer onze ans sur la terre pour enseigner à ses disciples les plus hautes vérités. Il leur raconte[26] l’histoire de Pisté Sophia, comment celle-ci, entraînée par son désir imprudent de saisir la lumière, qu’elle a entrevue dans le lointain, était tombée dans le chaos matériel ; comment elle fut longtemps persécutée par les autres éons, qui lui refusaient son rang ; comment enfin elle traversa une série d’épreuves et de repentances, jusqu’à ce qu’un envoyé céleste, Jésus, descendît pour elle de la région lumineuse. Sophia est sauvée pour avoir cru à ce sauveur avant de l’avoir vu. Tout cela est exprimé dans un style prolixe, avec les procédés fatigants d’amplification et d’hyperbole des évangiles apocryphes. Marie, Pierre, Madeleine, Marthe, Jean Parthénos et les différents personnages évangéliques jouent un rôle presque ridicule[27]. Mais les personnes qui trouvaient de la sécheresse dans le cercle assez restreint des écritures juives et judéo-chrétiennes prenaient du plaisir à ces rêves, et plusieurs avaient dû à de telles lectures l’occasion de connaître Christ. Les formes mystérieuses de la secte, reposant avant tout sur l’enseignement oral, et ses degrés successifs d’initiation fascinaient les imaginations et faisaient tenir extrêmement aux révélations qu’on avait obtenues à la suite de tant d’épreuves[28]. Après Marcion, Valentin était de beaucoup l’hérétique dont les collèges étaient le plus fréquentés[29]. Bardesane, à Édesse, réussit, en s’inspirant de lui, à créer une large et libérale école d’enseignement chrétien, comme on n’en avait pas encore vu. Nous parlerons plus tard[30] de ce phénomène singulier.

Saturnin comptait toujours de nombreux disciples[31]. Basilide avait pour continuateur son fils Isidore. Il s’opérait, du reste, dans ce monde de sectes, des fusions et des séparations qui n’avaient souvent pour mobile que la vanité des chefs[32]. Loin de s’épurer et de se prêter aux exigences de la vie pratique, les systèmes gnostiques devenaient chaque jour plus creux, plus compliqués, plus chimériques. Chacun voulait être fondateur d’école, avoir une Église avec ses profits ; pour cela, une nuée de docteurs, les moins chrétiens des hommes, cherchaient à se surpasser les uns les autres, et ajoutaient quelque bizarrerie aux bizarreries de leurs devanciers[33].

L’école de Carpocrate offrait un incroyable mélange d’aberrations et de fine critique. On parlait, comme d’un miracle de savoir et d’éloquence, du fils de Carpocrate, nommé Épiphane[34], sorte d’enfant prodige qui mourut à dix-sept ans, après avoir étonné ceux qui le connurent par sa science des lettres grecques et surtout par la connaissance qu’il avait de la philosophie de Platon. Il paraît qu’on lui éleva un temple et des autels à Samé, dans l’île de Céphalonie ; une académie fut érigée en son nom ; on célébrait sa fête comme l’apothéose d’un dieu, par des sacrifices, des festins, des hymnes. Son livre « Sur la justice » fut très vanté ; ce qui nous en a été conservé est d’une dialectique sophistique et serrée, qui rappelle Proudhon et les socialistes de nos jours. Dieu, disait Épiphane, est juste et bon ; car la nature est égalitaire[35]. La lumière est égale pour tous ; le ciel, le même pour tous ; le soleil ne distingue ni pauvres ni riches, ni mâles ni femelles, ni hommes libres ni esclaves. Personne ne peut prendre à l’autre sa part de soleil pour doubler la sienne ; or, c’est le soleil qui fait pousser la nourriture de tous. La nature, en d’autres termes, offre à tous une égale matière de bonheur. Ce sont les lois humaines qui, violant les lois divines, ont introduit le mal, la distinction du mien et du tien, l’inégalité, l’antagonisme. Appliquant ces principes au mariage, Épiphane en niait la justice et la nécessité. Les désirs que nous tenons de la nature sont nos droits, et aucune institution n’y saurait mettre des limites.

Épiphane, à vrai dire, est moins un chrétien qu’un utopiste. L’idée de la justice absolue l’égare. En face du monde inférieur, il rêve un monde parfait, vrai monde de Dieu, un monde fondé sur la doctrine des sages, Pythagore, Platon, Jésus, où régneraient l’égalité et, par conséquent, la communauté de toute chose[36]. Son tort fut de croire qu’un tel monde peut avoir sa place dans la réalité. Égaré par la République de Platon, qu’il prenait au sérieux, il versa dans les plus tristes sophismes, et, quoiqu’il faille sans doute beaucoup rabattre des calomnies banales que l’on racontait sur ces festins où, les lumières éteintes, les convives se livraient à une odieuse promiscuité, il est difficile de ne pas admettre qu’il se produisit de ce côté d’étranges folies. Une certaine Marcelline, qui vint à Rome sous Anicet, adorait les images de Jésus-Christ, de Pythagore, de Platon et d’Aristote, et leur offrait un culte[37]. Prodicus et ses disciples, nommés aussi adamites, prétendaient renouveler les joies du paradis terrestre par des pratiques fort éloignées de l’innocence primitive. Leur Église s’appelait le Paradis ; ils la chauffaient et s’y tenaient nus. Avec cela, ils s’appelaient les continents et avaient la prétention de vivre dans une entière virginité[38]. Au nom d’une sorte de droit naturel et divin, toutes ces sectes, prodiciens, entychites, adamites, niaient la valeur des lois établies, qu’ils qualifiaient de règles arbitraires et de prétendues lois[39].

Les nombreuses conversions de païens qui avaient lieu entraînaient ces sortes de scandales. On entrait dans l’Église, attiré par un certain parfum de pureté morale ; mais on ne devenait pas pour cela un saint. Un peintre d’un certain talent, nommé Hermogène, se fit ainsi chrétien, mais sans renoncer à la liberté de ses pinceaux, ni à son goût pour les femmes, ni à ses souvenirs de philosophie grecque, qu’il amalgamait tant bien que mal avec le dogme chrétien. Il admettait une matière première, servant de substratum à toutes les œuvres de Dieu et cause des défectuosités inhérentes à la création. On lui prêta des bizarreries, et les rigoristes tels que Tertullien le traitèrent avec une extrême brutalité[40].

Les hérésies dont nous venons de parler étaient toutes helléniques. C’était la philosophie grecque, surtout celle de Platon, qui en était l’origine. Markos[41], dont les disciples s’appelaient markosiens[42], sortit, au contraire, de l’école de Basilide. Les formules sur la tétrade, qu’il prétendait lui avoir été révélées par une femme céleste, qui n’était autre que Sigé elle-même, eussent été inoffensives s’il n’y eût joint la magie, des prestiges de thaumaturge, des philtres, des arts coupables pour séduire les femmes. Il inventa des sacrements particuliers, des rites, des onctions et surtout une sorte de messe à son usage, qui pouvait être assez imposante, quoiqu’il s’y mêlât des tours de passe-passe analogues aux miracles de saint Janvier. Il prétendait, par la vertu d’une certaine formule, changer réellement l’eau en sang dans le calice. Au moyen d’une poudre, il donnait à l’eau une couleur rougeâtre. Il faisait faire la consécration par une femme sur un petit calice ; puis il versait l’eau du petit calice dans un plus grand qu’il tenait, en prononçant ces paroles : « Que la grâce infinie et ineffable qui est avant toute chose remplisse ton être intérieur et augmente en toi sa gnose, répandant le grain de sénevé en bonne terre. » Le liquide se dilatait alors, sans doute par suite de quelque réaction chimique, et débordait de la grande coupe. La pauvre femme était stupéfaite, et tous étaient frappés d’admiration[43].

L’Église de Markos n’était pas seulement un nid d’impostures. Elle passa aussi pour une école de débauche et de secrètes infamies. On s’exagéra peut-être ce caractère parce que, dans le culte markosien, les femmes pontifiaient, offraient l’Eucharistie. Plusieurs dames chrétiennes, dit-on, se laissèrent séduire ; elles entraient sous la direction du sophiste et n’en sortaient que baignées de larmes. Markos flattait leur vanité, leur tenait un langage d’une mysticité équivoque, triomphait de leur timidité, leur apprenait à prophétiser, abusait d’elles ; puis, quand elles étaient fatiguées, ruinées, elles revenaient à l’Église, confessaient leur faute et se vouaient à la pénitence, pleurant et gémissant du malheur qui leur était arrivé[44]. L’épidémie de Markos désolait principalement les Églises d’Asie. L’espèce de courant qui existait entre l’Asie et Lyon amena cet homme dangereux sur les bords du Rhône[45]. Nous l’y verrons faire beaucoup de dupes ; d’affreux scandales éclateront à son arrivée dans cette Église de saints.

Colarbase, selon certains récits, se rapprochait beaucoup de Markos[46] ; mais on doute si c’est là le nom d’un personnage réel. On l’explique par Col arba ou Qôl arba, expression sémitique de la tétrade markosienne. Le secret de ces énigmes bizarres nous échappera probablement toujours.

  1. Justin, Dial., 35 ; Orig., Contre Celse, V, 65.
  2. Voir l’Église chrétienne, p. 140, 141, 168, 393, 394, et ci-dessus, p. 99 et suiv.
  3. Tertullien, Scorpiace, 1, 10.
  4. Tertull., De bapt., 17.
  5. Apelles lapsus in feminam. Tertullien, De præscr., 30.
  6. Irénée, I, xiii.
  7. Ex illis suis sanctioribus feminis. Tertullien, Adversus Marcionem, V, 8.
  8. Clém. d’Alex., Strom., VII, 17.
  9. Tertullien, In. Val., 4 ; Præscr., 30.
  10. Justin, Dial., 35 ; Irénée, III, iii, 4.
  11. Irénée, I, proœm., 2 ; III, iv, 3 ; Clém. d’Alex., Strom., VII, 17 ; Tert., Adv. Marc., I, 19 ; Præscr., 30 ; Eus. (saint Jér.), Chron., à l’an 6 d’Ant. ; Épiph., Hær., xxxi, 7 ; Philastre, c. 8. Cf. Tillemont, Mém., II, p. 603 et suiv. ; Lipsius, Die Quellen der ælt. Ketz., p. 256-258.
  12. Tert., In. Val., ch. 1.
  13. Irénée, I, xi, 2 ; Tert., In. Val., 4, 19, 20 ; Præscr., [49] ; Philosoph., VI, 35, 38 ; VII, 31 ; Épiph., Hær., xxxii, 1, 3, 4 ; Théodoret, Hær. fab., I, ch. 8 ; Pseudo-Aug., Hær., 11, 12 (Corpus hæreseologicum d’Œhler, t. Ier). Notez le titre des Excerpta, à la suite des Œuvres de Clément, Ἐκ τῶν Θεοδότου καὶ τῆς ἀνατολικῆς καλουμένης διδασκαλίας. Il y a de la contradiction entre ces différents textes sur le sens du mot « école orientale ».
  14. Clément d’Alex., Strom., IV, ch. 9 ; Origène, In Joh., très souvent ; Épiph., Hær., xxxvi. Il lisait les Cérygmes de Pierre. Orig., In Joh., t. XIII, p. 226, édit. Delarue.
  15. Épiph., xxxiii ; anaceph., p. 1124 ; Irénée, I proœm., 2.
  16. Voir les extraits Ἐκ τῶν Θεοδότου et les Ἐκ τῶν προφητικῶν ἐκλογαὶ (notez, dans ce dernier ouvrage, les §§ 26, 56). Cf. Théodoret, Hæret. fab., l. I, c. 8. Sur Drosérius et les drosériens, voir le dialogue De recta in Deum fide, dans Origène, I, Delarue p. 834, 840 ; Macarius Magnes, IV, 15, p. 184.
  17. Pistis Sophia, dans les Comptes rendus de l’Acad. des inscr., 1872, p. 333, 334 (note de M. Revillout).
  18. Irénée, I, vi, Origène, In Ezech., hom. iii, 4.
  19. Tertullien, In Val., c. 30 ; Scorp., c. 1 et 10 ; Origène, l. c.
  20. Irénée, I, vi.
  21. Ibid., I, vi, 3.
  22. Clém. d’Alex., Strom., II, ch. 2, 6. Ce n’est probablement que plus tard qu’ils eurent des vierges, comme les marcionites. Ils arrivèrent même, dit-on, à condamner le mariage. Jean Chrys., De virg., ch. 3, 6.
  23. Irénée, I, proœm. ; III, ii et xv ; Tertullien, Præscr., 38, [49] ; Orig., Contre Celse, II, 27.
  24. Irénée, III, xi, 9.
  25. On en a la traduction copte. Pistis (lisez Pisté ?) Sophia, opus gnosticum Valentino adjudicatum… vertit Schwartze, edidit Petermann. Berlin, 1851. Cf. Journal asiat., mai 1847, et Comptes rendus de l’Académie des inscr., 1872, p. 333 et suiv. L’ouvrage est peut-être identique aux « Petites interrogations de Marie », dont Épiphane parle comme d’un ouvrage gnostique. Voyez l’Égl. chrét., p. 528. La Pisté Sophia consiste, en effet, pour la plus grande partie, en interrogations adressées par Marie à Jésus. D’autre part, les Psaumes de Valentin (Tertull., De carne Christi, 17, 20) pourraient être les psaumes (μενάνοιαι) que l’auteur met dans la bouche de Pistis Sophia. (Schwartze, p. 35, 39, 61, etc.).
  26. P. 30 et suiv.
  27. Les rédacteurs évangéliques y sont Matthieu, Philippe et Thomas (p. 47 et 48 de la traduction de Schwartze).
  28. Tertullien, Adv. Val., c. 1 ; Pisté Sophia, dans les Comptes rendus de l’Acad., 1872, p. 338 et suiv.
  29. « Valentiniani frequentissimum plane collegium inter hæreticos. » Tertullien, l. c.
  30. V. ci-après, p. 436 et suiv., 458 et suiv.
  31. Justin, Dial., 35.
  32. Épiph., Hær., xxxii, 1, 3, 4.
  33. Irénée, I, ch. 15.
  34. Clément d’Alex., Strom., III, 2 ; Philosoph., VI, 38 ; Épiph, Hær., xxxii, 3, 4 ; Théodoret, Hær. fab., I, 5 ; Philastre, 57 ; Pseudo-Aug., 7. Cf. Tertullien, De anima, c. 35.
  35. Fragment dans Clément d’Alex., Strom., III, 2.
  36. Κοινωνία ἀπάντων μετ’ ἰσότητος.
  37. Irénée, I, ch. xxv, 6 ; Pseudo-Aug., 7 ; Gelse dans Origène, Contre Celse, V, 62.
  38. Clém. d’Alex., Strom., I, ch. 15 ; III, ch. 4 ; VII, ch. 7 ; Tert., Adv. Prax., 3 ; Origène, De oratione, 5 ; Épiphane, Hær., lii ; Théodoret, Hær. fab., I, 6 ; Pseudo-Aug., 31.
  39. Νομιζόμενοι νόμοι.
  40. Eusèbe, IV, xxiv, 1 ; Clém. d’Alex., Ecl. ex script. proph., 56 ; Tertullien, traité In Hermogenem entier ; Præscr., 30 ; De monog., 16 ; De anima, 1, 4 ; Théodoret, I, 19 ; Philastre, 53 ; Pseudo-Aug., 41.
  41. Saint Justin, Dial., 35 (douteux) ; Canon de Muratori, ligne 82 (douteux) ; Irénée, I, ch. 13 et suivants ; Tertullien (ut fertur), Præscr., 50 ; Pseudo-Aug., 14 ; Épiph., Hær., xxxiv ; Théodoret, I, 11 ; Philosoph., VI, 39 et suiv. Les archontiques d’Épiphane et de Théodoret sont une branche des markosiens. Le livre des Mystères des lettres grecques, conservé en copte, paraît un traité markosien.
  42. Cette dérivation irrégulière vient peut-être d’une forme sémitique markosi (comme épicurosi, boëthusi, etc.). Opposez Μαρκιανοί dans saint Justin (Dial., 35, édit. Otto).
  43. Philos., VI, 40.
  44. Irénée, I, c. xiii. Comp. I, vi, 3.
  45. Irénée, I, xiii, 5, 7. Voir ci-après, p. 292, note.
  46. Irénée, I, ch. xii ; Tert. (ut fertur), Præscr., 50 ; Théodoret, I, 12 ; Épiph., xxxv, 1 ; Pseudo-Aug., 15 ; Philosoph., IV, 13 ; VI, 5, 55.