Marc Aurèle ou La fin du monde antique/Chapitre VIII

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CHAPITRE VIII.


LE SYNCRÉTISME ORIENTAL — LES OPHITES — FUTURE
APPARITION DU MANICHÉISME


Nous sortirions de notre cadre en suivant l’histoire de ces chimères au iiie siècle. Dans le monde grec et latin, le gnosticisme avait été une mode ; il disparut comme tel assez rapidement. Les choses se passèrent autrement en Orient. Le gnosticisme prit une seconde vie, bien plus brillante et plus compréhensive que la première, par l’éclectisme de Bardesane, — bien plus durable, par le manichéisme. Déjà, dès le iie siècle, les antitactes d’Alexandrie sont de véritables dualistes, attribuant les origines du bien et du mal à deux dieux différents[1]. Le manichéisme ira plus loin ; trois cent cinquante ans avant Mahomet, le génie de la Perse réalise déjà ce que réalisera bien plus puissamment le génie de l’Arabie, une religion aspirant à devenir universelle et à remplacer l’œuvre de Jésus, présentée comme imparfaite ou comme corrompue par ses disciples.

L’immense confusion d’idées qui régnait en Orient amenait un syncrétisme général des plus étranges. Des petites sectes mystiques d’Égypte, de Syrie, de Phrygie, de Babylonie, profitant d’apparentes ressemblances, prétendaient s’adjoindre au corps de l’Église et parfois étaient accueillies. Toutes les religions de l’antiquité semblaient ressusciter pour venir au-devant de Jésus et l’adopter comme un de leurs adeptes. Les cosmogonies de l’Assyrie, de la Phénicie, de l’Égypte, les doctrines des mystères d’Adonis, d’Osiris, d’Isis, de la Grande Déesse de Phrygie, faisaient invasion dans l’Église et continuaient ce qu’on peut appeler la branche orientale, à peine chrétienne, du gnosticisme. Tantôt Jéhovah, le dieu des Juifs, était identifié avec le démiurge assyro-phénicien Ialdebaoth[2], « le fils du chaos »[3]. D’autres fois, le vieil ΙΑΩ assyrien, qui offre avec Jéhovah d’étranges signes de parenté, était mis en vogue[4] et rapproché de son quasi-homonyme d’une façon où le mirage n’est pas facile à discerner de la réalité[5].

Les sectes ophiolâtres, si nombreuses dans l’antiquité, se prêtaient surtout à ces folles associations. Sous le nom de nahassiens[6] ou d’ophites[7] se groupèrent quelques païens adorateurs du serpent, à qui il convint à certain jour de s’appeler chrétiens[8]. C’est d’Assyrie que vint, ce semble, le germe de cette Église bizarre[9] ; mais l’Égypte[10], la Phrygie[11], la Phénicie[12], les mystères orphiques[13] y eurent leur part. Comme Alexandre d’Abonotique, prôneur de son dieu-serpent Glycon, les ophites avaient des serpents apprivoisés (agathodémons) qu’ils tenaient dans des cages ; au moment de célébrer les mystères, ils ouvraient la porte au petit dieu et l’appelaient. Le serpent venait, montait sur la table où étaient les pains et s’entortillait à l’entour. L’Eucharistie paraissait alors aux sectaires un sacrifice parfait. Ils rompaient le pain, se le distribuaient, adoraient l’agathodémon et offraient par lui, disaient-ils, un hymne de louange au Père céleste. Ils identifiaient parfois leur petit animal avec le Christ ou avec le serpent qui enseigna aux hommes la science du bien et du mal.

Les théories des ophites sur l’Adamas, considéré comme un éon, et sur l’œuf du monde, rappellent les cosmogonies de Philon de Byblos et les symboles communs à tous les mystères de l’Orient[14]. Leurs rites avaient bien plus d’analogie avec les mystères de la Grande Déesse de Phrygie qu’avec les pures assemblées des fidèles de Jésus. Ce qu’il y a de plus singulier, c’est qu’ils avaient leur littérature chrétienne, leurs Évangiles, leurs traditions apocryphes, se rattachant à Jacques. Ils se servaient principalement de l’Évangile des Égyptiens et de celui de Thomas[15]. Leur christologie était celle de tous les gnostiques. Jésus-Christ se composait pour eux de deux personnes, Jésus et Christ — Jésus, fils de Marie, le plus juste, le plus sage et le plus pur des hommes, qui fut crucifié ; — Christ, éon céleste, qui vint s’unir à Jésus, le quitta avant la Passion, envoya du ciel une vertu qui fit ressusciter Jésus avec un corps spirituel, dans lequel il vécut dix-huit mois, donnant à un petit nombre de disciples élus un enseignement supérieur.

Sur ces confins perdus du christianisme, les dogmes les plus divers se mêlaient. La tolérance des gnostiques, leur prosélytisme ouvraient si larges les portes de l’Église que tout y passait. Des religions qui n’avaient rien de commun avec le christianisme, des cultes babyloniens, peut-être des rameaux du bouddhisme, furent classés et numérotés par les hérésiologues parmi les sectes chrétiennes. Tels furent les baptistes ou sabiens, depuis désignés sous le nom de mendaïtes[16], les pérates[17], partisans d’une cosmogonie moitié phénicienne, moitié assyrienne, vrai galimatias plus digne de Byblos, de Maboug ou de Babylone que de l’Église du Christ, et surtout les séthiens[18], secte en réalité assyrienne, qui fleurit aussi en Égypte. Elle se rattachait par des calembours au patriarche Seth, père supposé d’une vaste littérature et par moments identifié avec Jésus lui-même. Les séthiens combinaient arbitrairement l’orphisme, le néo-phénicisme, les anciennes cosmogonies sémitiques, et retrouvaient le tout dans la Bible. Ils disaient que la généalogie de la Genèse renfermait des vues sublimes, que les esprits vulgaires avaient ramenées à de simples récits de famille[19].

Un certain Justin[20], vers le même temps, dans un livre intitulé Baruch, transformait le judaïsme en une mythologie et ne laissait presque aucun rôle à Jésus. Des imaginations exubérantes, nourries d’interminables cosmogonies et mises brusquement au régime sévère de la littérature hébraïque et évangélique, ne pouvaient s’accommoder de tant de simplicité. Elles gonflaient, si j’ose le dire, les récits historiques, légendaires ou évhéméristes de la Bible, pour les rapprocher du génie des fables grecques et orientales, auquel elles étaient habituées.

C’était, on le voit, tout le monde mythologique de Grèce et d’Orient qui s’introduisait subrepticement dans la religion de Jésus. Les hommes intelligents du monde gréco-oriental sentaient bien qu’un même esprit animait toutes les créations religieuses de l’humanité : on commençait à connaître le bouddhisme, et, quoiqu’on fût loin encore du temps où la vie de Bouddha deviendrait une vie de saint chrétien[21], on ne parlait de lui qu’avec respect[22]. Le manichéisme babylonien, qui représente au iiie siècle une continuation du gnosticisme, est fortement empreint de bouddhisme[23]. Mais la tentative d’introduire toute cette mythologie panthéiste dans le cadre d’une religion sémitique était condamnée d’avance. Philon le juif, les Épîtres aux Colossiens et aux Éphésiens, les écrits pseudo-johanniques avaient été sous ce rapport aussi loin que possible. Les gnostiques faussaient le droit sens de tous les mots en se prétendant chrétiens. L’essence de l’œuvre de Jésus, c’était l’amélioration du cœur. Or ces spéculations creuses renfermaient tout au monde, excepté du bon sens et de la bonne morale. Même en tenant pour des calomnies ce que l’on racontait de leurs promiscuités et de leurs habitudes licencieuses[24], on ne peut douter que les sectes dont nous parlons n’aient eu en commun une fâcheuse tendance à l’indifférence morale, un quiétisme dangereux, un manque de générosité qui leur faisait proclamer l’inutilité du martyre[25]. Leur docétisme obstiné[26], leur système sur l’attribution des deux Testaments à deux dieux différents[27], leur opposition au mariage[28], leur négation de la résurrection et du jugement[29], fermaient également devant eux les portes d’une Église où la règle des chefs fut toujours une sorte de modération et d’opposition aux excès. La discipline ecclésiastique, représentée par l’épiscopat, fut le rocher contre lequel ces tentatives désordonnées vinrent toutes se briser.

On craindrait, en parlant plus longuement de pareilles sectes, d’avoir l’air de les prendre plus au sérieux qu’elles ne se prirent elles-mêmes. Qu’étaient-ce que les phibionites, les barbélonites[30] ou borboriens, les stratiotiques ou militaires, les lévitiques, les coddiens[31] ? Les Pères de l’Église sont unanimes pour verser sur toutes ces hérésies un ridicule qu’elles méritaient sans doute et une haine qu’elles ne méritaient peut-être pas. Il y avait en tout cela plus de charlatanisme que de méchanceté. Avec leurs mots hébreux souvent pris à contresens[32], leurs formules magiques, plus tard leurs amulettes et leurs abraxas[33], les gnostiques de bas étage ne méritent que le mépris. Mais ce mépris ne doit pas rejaillir sur les grands hommes qui cherchèrent dans ce narcotique puissant le repos ou, si l’on veut, l’étourdissement de leur pensée. Valentin eut à sa manière du génie. Carpocrate et son fils Épiphane furent de brillants écrivains, gâtés par l’utopie et le paradoxe, mais parfois étonnants de profondeur. Le gnosticisme eut un rôle considérable dans l’œuvre de la propagande chrétienne. Souvent, il fut la transition par laquelle on passait du paganisme au christianisme[34]. Les prosélytes ainsi gagnés devenaient presque toujours orthodoxes ; jamais ils ne retournaient au paganisme.

C’est surtout l’Égypte qui garda de ces rites étranges une empreinte ineffaçable. L’Égypte n’avait pas eu de judéo-christianisme. Un fait remarquable, c’est la différence entre la littérature copte et les autres littératures chrétiennes de l’Orient. Tandis que la plupart des ouvrages judéo-chrétiens se retrouvent en syriaque, en arabe, en éthiopien, en arménien, le copte ne montre qu’un arrière-fonds gnostique sans rien au delà. L’Égypte passa ainsi sans intermédiaire de l’illuminisme païen à l’illuminisme chrétien. Alexandrie presque tout entière fut convertie par les gnostiques. Clément d’Alexandrie est ce qu’on peut appeler un gnostique tempéré ; il cite avec respect Héracléon comme un docteur faisant autorité à beaucoup d’égards ; il emploie en bonne part le mot de gnostique et le fait synonyme de chrétien[35] ; il est loin, en tout cas, d’avoir contre les idées nouvelles la haine d’Irénée, de Tertullien, de l’auteur des Philosophumena. On peut dire que Clément d’Alexandrie et Origène introduisirent dans la science chrétienne ce que la tentative trop hardie d’Héracléon et de Basilide avait d’acceptable. Mêlée intimement à tout le mouvement intellectuel d’Alexandrie, la gnose eut une influence décisive sur le tour que prit au iiie siècle la philosophie spéculative dans cette ville, devenue alors le centre de l’esprit humain. La conséquence de ces disputes sans fin fut la constitution d’une sorte d’académie chrétienne, d’une véritable école de saintes lettres et d’exégèse[36], qu’illustreront bientôt Pantænus, Clément, Origène. Alexandrie devient chaque jour de plus en plus la capitale de la théologie chrétienne.

L’effet de la gnose sur l’école païenne d’Alexandrie ne fut pas moindre. Ammonius Saccas, né de parents chrétiens[37], et Plotin, son disciple, en sont tout imprégnés. Les esprits les plus ouverts, tels que Numénius d’Apamée, entraient par cette voie dans la connaissance des doctrines juives et chrétiennes, jusque-là si rare au sein du monde païen[38]. La philosophie alexandrine du iiie, du ive, du ve siècle est pleine de ce qu’on peut appeler l’esprit gnostique, et elle lègue à la philosophie arabe un germe de mysticisme, que celle-ci développera encore[39]. Le judaïsme, de son côté, subira les mêmes influences[40]. La Cabbale n’est pas autre chose que le gnosticisme des juifs. Les sephiroth sont les « perfections » de Valentin. Le monothéisme, pour se créer une mythologie, n’a qu’un procédé, c’est d’animer les abstractions qu’il a coutume de ranger comme des attributs autour du trône de l’Éternel.

Le monde, fatigué d’un polythéisme épuisé, demandait à l’Orient, et surtout à la Judée, des noms divins, moins usés que ceux de la mythologie courante. Ces noms orientaux avaient plus d’emphase que les noms grecs, et on donnait une singulière raison de leur supériorité théurgique : c’est que la Divinité ayant été plus anciennement invoquée par les Orientaux que par les Grecs, les noms de la théologie orientale répondaient mieux que les noms helléniques à la nature des dieux et leur plaisaient davantage[41]. Les noms d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Salomon passaient en Égypte pour des talismans de première force[42]. Des amulettes répondant à ce syncrétisme effréné couvraient tout le monde[43]. Les mots ΙΑΩ, ΑΔΩΝΑΙ, CΑΒΑΩΘ, ΕΛΩΑΙ, et les formules hébraïques en caractères grecs s’y mêlaient à des symboles égyptiens et au sacramental ΑΒΡΑCΑΞ, équivalent du nombre 365[44]. Tout cela est bien plus judéo-païen[45] que chrétien, et le gnosticisme représentant dans le christianisme l’aversion contre Jéhovah poussée jusqu’au blasphème, il est tout à fait inexact de rapporter au gnosticisme ces monuments d’ineptie. Ils étaient l’effet du tour général qu’avait pris la superstition du temps, et nous croyons qu’à l’époque où nous sommes arrivés, les chrétiens de toutes les sectes restaient indifférents à ces petits talismans. C’est à partir de la conversion en masse des païens, au ive et au ve siècle, que les amulettes s’introduisent dans l’Église et que des mots et des symboles décidément chrétiens commencent à s’y rencontrer.

L’orthodoxie fut donc ingrate en ne reconnaissant pas les services que lui avaient rendus ces sectes indisciplinées. Dans le dogme, elles ne provoquèrent que de la réaction ; mais leur rôle fut des plus considérables dans la littérature chrétienne et dans les institutions liturgiques. On emprunte presque toujours beaucoup à ceux que l’on anathématise. Le premier christianisme, tout juif encore, était trop simple ; ce furent les gnostiques qui en firent une religion. Les sacrements furent en grande partie leur création ; leurs onctions, surtout au lit de mort des malades, produisaient une grande impression[46]. Le saint chrême, la confirmation (d’abord partie intégrante du baptême), l’attribution d’une force surnaturelle au signe de la croix, plusieurs autres éléments de la mystique chrétienne viennent d’eux[47]. Parti jeune et actif, les gnostiques écrivaient beaucoup, se lançaient hardiment dans l’apocryphe. Leurs livres, frappés d’abord de discrédit, finissaient par entrer dans la famille orthodoxe. L’Église acceptait bientôt ce qu’elle avait maudit d’abord. Une foule de croyances, de fêtes, de symboles d’origine gnostique devinrent ainsi des croyances, des fêtes, des symboles catholiques. Marie, mère de Jésus, en particulier[48], dont l’Église orthodoxe se préoccupait très peu, dut à ces novateurs les premiers développements de son rôle presque divin. Les Évangiles apocryphes sont pour une bonne moitié au moins l’ouvrage des gnostiques. Or, les Évangiles apocryphes ont été la source d’un grand nombre de fêtes et ont fourni les sujets les plus affectionnés de l’art chrétien[49]. Les premières images chrétiennes, les premiers portraits du Christ furent gnostiques[50]. L’Église strictement orthodoxe fût restée iconoclaste si l’hérésie ne l’eût pénétrée, ou plutôt n’eût exigé d’elle, pour les besoins de la concurrence, plus d’une concession aux faiblesses païennes.

Ballotté tour à tour du génie à la folie, le gnosticisme défie tous les jugements absolus. Hegel et Swedenborg, Schelling et Cagliostro s’y coudoient. L’apparente frivolité de quelques-unes de ses théories ne doit pas nous rebuter. Toute loi qui n’est pas l’expression pure de la science positive subit les caprices de la mode. Telle formule de Hegel qui a été à son heure la plus haute vue sur le monde fait maintenant sourire. Telle phrase en laquelle nous croyons résumer l’univers semblera un jour creuse ou fade. À tous ceux qui naufragent dans la mer de l’infini, il faut l’indulgence. Le bon sens, qui paraît au premier coup d’œil inconciliable avec les chimères des gnostiques, ne leur manqua pas autant qu’on pourrait le croire. Ils ne combattirent pas la société civile ; ils ne recherchèrent pas le martyre et eurent en aversion les excès de zèle. Ils eurent la suprême sagesse, la tolérance, parfois même, qui le croirait ? le scepticisme discret. Comme toutes les formes religieuses, le gnosticisme améliora, consola, émut les âmes. Voici en quels termes une épitaphe valentinienne, trouvée sur la voie Latine[51], essaie de sonder l’abîme de la mort :

Désireuse de voir la lumière du Père, compagne de mon sang, de mon lit, ô ma sage, parfumée, au bain sacré, de la myrrhe incorruptible et pure de Christos, tu t’es hâtée d’aller contempler les divins visages des éons, le grand Ange du grand conseil, le Fils véritable, pressée que tu étais de te coucher au lit nuptial, dans le sein paternel des éons.

Cette morte-ci n’eut pas le sort commun des humains. Elle est morte, et elle vit et voit réellement la lumière incorruptible. Aux yeux des vivants, elle est vivante ; ceux qui la croient morte sont les vrais morts. Terre, que veut dire ton étonnement devant cette nouvelle espèce de mânes ? Que veut dire ta crainte ?

  1. Clément d’Alex., Strom., III, ch. 4 ; Théodoret, Hæret. fab., I, 16.
  2. Irénée, I, xxx, 5 et suiv. ; Orig., Contre Celse, VI, 31 ; Épiph. Hær., xxvi, 10 ; xxxvii, 3 et suiv.
  3. ילד בהו. Voir Mém. sur Sanch., dans les Mém. de L’Acad. des inscr., t. XXIII, deuxième partie, p. 256 et suiv., 312 ; F. Lenormant, Bérose, p. 126, 127 ; Baudissin, Stud. zur semit. Religionsgeschichte, I, p. 194, 195.
  4. Irénée, I, xxx, 5, 10 ; Orig., Contre Celse, VI, 31, 32 ; Épiph., Hær., xxvi, 10 ; Pisté Sophia, p. 223, 234 (trad.).
  5. Voir Baudissin, Stud., I, p. 179 et suiv.
  6. Nahas, en hébreu, veut dire « serpent ».
  7. Voir surtout les Philosophum., livre V ; Épiph., Hær., xxxvii ; Irénée, I, xxx ; Théodoret, I, 14 ; Pseudo-Aug., 17 ; Tertullien, Præscr., c. [47] ; Philastre, ch. 1.
  8. La plupart des sectes ophiolâtres restèrent ennemies du christianisme. Voir Orig., Contre Celse, III, 13 ; VI, 24 ; Philastre, De hær., c. 1.
  9. Philos., V, 1 et suiv.
  10. Culte de Kneph ou agathodémon.
  11. Actes de saint Philippe, dans Tischendorf, Acta apost. apocr., p. 75, 77.
  12. Sanchoniathon, p. 48 (Orelli).
  13. L’œuf symbolique, le serpent.
  14. Mém. de l’Académie des inscriptions, t. XXIII, 2e partie, p. 241 et suiv.
  15. Voir l’Église chrétienne, p. 513 et suiv.
  16. Journ. asiat., nov.-déc. 1853, p. 436, 437 ; août-sept. 1855, p. 292-294. Voir aussi Siouffi, Relig. des Soubbas, Paris, 1880. Se rappeler que les Soubbas ou Sabiens sont probablement des elkasaïtes.
  17. Clément d’Alex., Strom., VII, 17 ; Philosophumena, V, 12 et suiv. ; X, 10 ; Théodoret, I, 17. Cf. Journal asiat., nov.-déc. 1853, p. 436, 437. Ce nom paraît venir de ce que la secte naquit au delà de l’Euphrate. Cf. Gen., xiv, 15 (grec).
  18. Voir surtout Philos., V, 19 et suiv. ; Épiphane, Hær., xxvi, 7 ; xxix, 5 ; Théodoret, Pseudo-Aug., Philastre ; Tertullien, Præscr., c. 47. Cf. Mém. de l’Acad. des inscr., XXIV, 1re partie, p. 166, Fabricius, Cod. pseud. vet. Test., I, 140, 143 et suiv. ; II, 47 et suiv.
  19. Épiph., Hær., xxxix, 9.
  20. Philosoph., V, 23 et suiv.
  21. Vie des saints Josaphat et Barlaam.
  22. Cf. Clément d’Alex., Strom., I, 15 ; Bardesane, De fato, p. 16-19 (Cureton) ; Porphyre, De abstin., IV, 17.
  23. Scythianus=Çakya ; Boudasf=Bodhisatva. Voir Hist. gén. des langues sémit., 1re édit., p. 250, 251, note ; Journal asiat., fév.-mars 1856, p. 255, 256 ; Mém. de l’Acad. des inscr., t. XVIII, 2e partie, p. 90, 91 ; Lassen, Ind. Alt., III, p. 397 et suiv. ; Weber, Ind. Skizzen, 63, 64, 91, 92. Les Actes de saint Thomas ressemblent singulièrement à un soutra bouddhique.
  24. Épiph., xxvi, 3, 4, 11.
  25. Tertullien, Scorp., 1, 15 ; saint Jérôme, In Vigil., c. 3.
  26. Irénée, III, xi, 3 ; Clém. d’Alex., Strom., III, c. 13 et suiv. ; VII, ch. 17 ; Philos., VIII, 1 et suiv. Orig., Contre Celse, II, 13 ; Épiph., xxvi, 10 ; saint Jérôme, In lucif., 8 ; Théodoret, Hær. fab., proœm. et l. V, c. 12 ; Tertullien, De carne Christi, ch. 1 ; Épîtres de saint Ignace.
  27. Irénée, II, xxxv, 2 et suiv. ; Épiph., xxvi, 6, 11, 15 ; lettre de Ptolémée à Flora, dans Épiph., xxxiii, 3, 7.
  28. Οἱ τοῦ νόμου κατατρέχοντες καὶ τοῦ γάμου. Clém. d’Alex., Strom., IV, 18.
  29. Épiph., xxvi, 15 ; Philastre, c. 57.
  30. Peut-être בארבע אלוה, ἐν τετράδι θεός.
  31. Épiph., Hær., xxvi, 3, 10 ; Philastre, c. 57 ; Théodoret, I, 13. C’étaient, ce semble, des ophites. Lipsius, Die Quellen der ælt. Ketz., p. 197-199, 223, note. Cf. Pistis Sophia, p. 233 (trad.), Matter, Hist. du gnost., pl. I. F, n° 4 ; expl., p. 28.
  32. Irénée, I, xiv, xv, xvi, xxi, xxx, 5 ; Philosoph., V, 8, 26 ; Celse, dans Orig., Contre Celse, VI, 31, 32 ; Épiph., Hær., xxvi, 1 ; xxix, 20 ; xxxvi ; Pseudo-Aug., 16 ; Pistis Sophia, p. 223 et suiv. (trad.). Cf. Lucien, Alex., 13 ; Origène, Contre Celse, I, c. 22.
  33. Voir ci-après, p. 142-144.
  34. Exemple d’Ambroise, l’ami d’Origène : Eus., H. E., VI, 18.
  35. Strom., IV, ch. 4, 26, et les livres V et VII entiers.
  36. Eusèbe, H. E., V, x, 1.
  37. Porphyre, dans Eus., H. E., VI, xix, 7 (cf. 10, où l’on remarquera la confusion d’homonymes commise par Eusèbe).
  38. Eus., Præp. evang., IX, 7 ; XI, 10, 18, 22 ; Proclus, in Tim., l. II, ch. 93.
  39. Théorie des sphères (éons), dont la dernière, c’est-à-dire la plus rapprochée de la terre, de laquelle dépend le gouvernement des choses humaines, est la moins relevée.
  40. Les idées des Falaschas, juifs d’Abyssinie, sont fortement empreintes de gnosticisme.
  41. Celse, dans Orig., VIII, 37 ; Jamblique, De mysteriis, sect. vii, 4 et suiv., p. 256 et suiv., édit. Parthey.
  42. Origène, Contre Celse, I, 22 et suiv. Cf. IV, 33, 34 ; VI, 39. Comp. la pierre Vattier de Bourville, Revue arch., 1848, p. 153, 280 et suiv. Pour le nom de Moïse, voir Montfaucon, Ant. expl., II, ii, pl. clvi, bas. Comp. les papyrus de Berlin, i, ligne 219 ; ii, ligne 115, Parthey, dans les Mém. de l’Acad. de Berlin, 1865, Comptes rendus de l’Acad. des inscr., 1880, p. 278.
  43. Voir le papyrus Anastasi, n° 1073, maintenant à la Bibl. nat. (Notice de Fr. Lenormant, p. 87) ; les papyrus de Leyde, i, 383, 384 : Reuvens, Lettre à M. Letronne (Leyde, 1830) ; Leemans, Aegyptische Papyrus, Leyde, 1839, et t. II des Grieksche papyrussen van het museum te Leyden (cf. Anastasi, n° 1072), les papyrus de Berlin : Parthey, dans les Mém. de l’Acad. de Berlin, 1865, p. 109 et suiv. C’est à tort que l’on désigne ces monuments par le nom de gnostiques. Ils n’ont presque rien de chrétien (apparentes exceptions dans Chabouillet, Catalogue des camées, nos 2169, 2176, 2220, 2222, 2223 ; dans Reuvens, Lettre à M. Letronne, p. 25), et les chrétiens, même gnostiques, les auraient eus en horreur. Basilide adoptait Abrasax (Irénée, 1, xxiv, 7) comme tant d’autres mots sacramentels ; mais rien de plus faux que d’appeler basilidiennes toutes les pierres où on lit ΑΒΡΑCΑΞ. Iao n’est pas non plus une invention de Valentin (Irénée, I, iv, 1 ; comp., I, xxi, 3). Pas un texte des Pères de l’Église ne mentionne, chez les gnostiques, de pareils talismans. Il faut faire exception pour les ophites, qui ne sont vraiment pas chrétiens.
  44. Voir les Recueils de Jean L’Heureux (Macarius) ou Chifflet, Du Molinet, Montfaucon, Caylus, Bellermann, Kopp, King, Matter, Baudissin, Parthey, Frœhner, Chabouillet. Cf. Bull. de la Soc. des ant. de Fr., 1859, p. 191 et suiv.
  45. Voir les classifications établies par M. de Baudissin, Stud. zur sem. Rel., p. 189 et suiv.
  46. Irénée, I, xxi, 3, 5, et la note de dom Massuet.
  47. Celse, dans Orig., Contre Celse, VI, 39, 40 ; Constit. apost., VII, ch. 42-45 ; Recogn., I, 15. Voir surtout les Acta sancti Thomæ, § 26-27 ; Migne, Dict. des apocr., col. 1027-1030, 1041 ; Siouffi, ouvr. cité, p. 80-84. Les fables sur « l’huile de la miséricorde » se rattachent au même fond gnostique. Légende de la pénitence d’Adam et de la Caverne des trésors ; Évang. de Nicod., 2e partie, ch. 3 ; Apoc. de Moïse, Tisch., Apoc. apocr., p. xi, 5, 7. Cf. Hermas, simil. viii, Gebh. et Harn., p. 186-187 ; note de Cotelier sur Recogn., I, 45 ; l’inscription ci-après, p. 147.
  48. Voir la Pistis Sophia, à chaque page, surtout p. 19, 20, 39. L’exagération du culte de la Vierge est un fait avant tout syrien. Voir saint Éphrem, Carm. nisib., p. 29-30 (édit. Bickell).
  49. Voir l’Église chrétienne, ch. xxvi.
  50. Irénée, I, xxv, 6 ; Celse, dans Orig., VI, 30, 33, 34.
  51. Civiltà cattolica, 1858, p. 357 et suiv. ; Corpus inscr. gr., n° 9595 a.