Marc Aurèle ou La fin du monde antique/Chapitre XII

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- Chapitre XI Marc Aurèle ou La fin du monde antique - Chapitre XIII



Calmann-Lévy (p. 194-206).


CHAPITRE XII.


LA QUESTION DE LA PÂQUE


Le hasard voulut que l’exécution de Sagaris coïncidât presque avec la fête de Pâques[1]. Or, la fixation de cette fête donnait lieu à des difficultés sans fin. Privée de son pasteur, l’église de Laodicée tomba dans des controverses insolubles. Ces controverses tenaient à l’essence même du développement du christianisme et ne pouvaient être évitées. À force de charité réciproque, on avait réussi à jeter un voile sur la profonde différence des deux christianismes — d’une part, le christianisme qui s’envisageait comme une suite du judaïsme — d’une autre part, le christianisme qui s’envisageait comme la destruction du judaïsme. Mais la réalité est moins flexible que l’esprit. Le jour de la Pâque était entre les Églises chrétiennes la cause d’un profond désaccord. On ne jeûnait pas, on ne priait pas le même jour. Les uns étaient encore dans les larmes, quand les autres chantaient des cantiques de triomphe. Même les Églises que ne séparait aucune question de principes étaient embarrassées. Le cycle pascal était si mal fixé, que des Églises voisines, comme celles d’Alexandrie et de Palestine, s’écrivaient au printemps pour se bien entendre et célébrer la fête le même jour et en plein accord[2]. Quoi de plus choquant, en effet, que de voir telle Église plongée dans le deuil, exténuée par le jeûne, tandis que telle autre nageait déjà dans les joies de la résurrection ? Les jeûnes qui précédaient la Pâque, et qui ont donné origine au carême, se pratiquaient aussi avec les plus grandes diversités[3].

C’était l’Asie qui était la plus agitée de ces controverses. Nous avons déjà vu la question traitée, il y a dix ou douze ans, entre Polycarpe et Anicet[4]. Presque toutes les Églises chrétiennes, ayant à leur tête l’Église de Rome, avaient déplacé la pâque, renvoyant cette fête au dimanche qui venait après le 14 de nisan et l’identifiant avec la fête de la résurrection. L’Asie n’avait pas suivi le mouvement ; sur ce point, elle était restée, si on peut le dire, arriérée. La majorité des évêques d’Asie, fidèle à la tradition des anciens Évangiles, et alléguant surtout Matthieu, voulait que Jésus, avant de mourir, eût mangé la pâque avec ses disciples le 14 de nisan ; ils célébraient en conséquence cette fête le même jour que les juifs, quelque jour de la semaine qu’elle tombât. Ils alléguaient, en faveur de leur opinion, l’Évangile[5], l’autorité de leurs prédécesseurs, les prescriptions de la Loi, le canon de la foi et surtout l’autorité des apôtres Jean et Philippe, qui avaient vécu parmi eux, sans s’arrêter pour Jean à une singulière contradiction[6]. Il est plus que probable, en effet, que l’apôtre Jean célébra toute sa vie la Pâque le 14 de nisan ; mais, dans l’Évangile qu’on lui attribuait, il semble enseigner une tout autre doctrine, traite dédaigneusement l’ancienne pâque de fête juive[7], et fait mourir Jésus le jour même où l’on mangeait l’agneau, comme pour indiquer ainsi la substitution d’un nouvel agneau pascal à l’antique[8].

Polycarpe, nous l’avons vu, suivait la tradition de Jean et de Philippe. Il en était de même de Thraséas, de Sagaris, de Papirius, de Méliton. Les montanistes étaient aussi, sans doute, du même avis[9]. Mais l’opinion de l’Église universelle devenait chaque jour plus impérieuse et plus embarrassante pour ces obstinés. Apollinaire d’Hiérapolis s’était, à ce qu’il semble, converti à la pratique romaine[10]. Il repoussait la pâque du 14 de nisan, comme un reste de judaïsme, et alléguait, pour soutenir son opinion, l’Évangile de Jean[11]. Méliton, voyant l’embarras des fidèles de Laodicée, privés de leur pasteur, écrivit pour eux son ouvrage sur la Pâque, où il maintenait la tradition du 14 de nisan[12]. Apollinaire garda une modération qui ne fut pas toujours imitée[13]. L’opinion universelle d’Asie resta fidèle à la tradition judaïsante ; la controverse de Laodicée et la manifestation d’Apollinaire n’eurent pas de conséquences immédiates[14]. Les parties reculées de la Syrie, à plus forte raison les judéo-chrétiens et les ébionites, restèrent également fidèles à l’observance juive. Quant au reste du monde chrétien, entraîné par l’exemple de l’église de Rome, il adopta l’usage anti-judaïque. Même les Églises d’origine asiatique des Gaules, qui d’abord avaient sans doute célébré la pâque le 14 de nisan[15], se rangèrent promptement au calendrier universel, qui était le calendrier vraiment chrétien. Le souvenir de la résurrection remplaça tout à fait celui de la sortie d’Égypte, comme celui de la sortie d’Égypte avait remplacé le sens purement naturaliste de l’antique paskh sémitique, la fête du printemps.

Vers l’an 196, la question se représenta plus vive que jamais[16]. Les Églises d’Asie persistaient dans leur vieil usage. Rome, toujours ardente pour l’unité, voulut les réduire. Sur l’invitation du pape Victor[17], on tint des réunions d’évêques ; une vaste correspondance fut échangée. Eusèbe eut entre les mains l’épître synodale du concile de Palestine, présidé par Théophile de Césarée et Narcisse de Jérusalem, la lettre du synode de Rome, contresignée par Victor, les lettres des évêques du Pont, que Palma présida comme étant le plus ancien, la lettre des Églises de Gaule, dont Irénée était l’évêque, enfin, celles des Églises d’Osrhoène, sans parler des lettres particulières de plusieurs évêques, notamment de Bacchylle de Corinthe. On se trouva unanime pour la translation de Pâques au dimanche[18]. Mais les évêques d’Asie, forts de la tradition de deux apôtres et de tant d’hommes illustres, ne voulurent pas céder. Le vieux Polycrate, évêque d’Éphèse, écrivit en leur nom une lettre assez acerbe à Victor et à l’Église de Rome[19].


C’est nous qui sommes fidèles à la tradition, sans y rien ajouter, sans en rien retrancher. C’est en Asie que reposent ces grands hommes bases[20], qui ressusciteront au jour de l’apparition du Seigneur, en ce jour où il viendra du ciel avec gloire pour ressusciter tous les saints : Philippe, celui qui fit partie des douze apôtres, qui est enterré à Hiérapolis, ainsi que ses deux filles, qui vieillirent dans la virginité, sans parler de son autre fille, qui observa dans sa vie la règle du Saint-Esprit[21], et qui repose à Éphèse ; — puis Jean, celui dont la tête s’inclina sur la poitrine du Seigneur, lequel fut pontife portant le pétalon[22], et martyr, et docteur ; celui-là aussi est enterré à Éphèse ; — puis Polycarpe, celui qui fut à Smyrne évêque et martyr ; — puis Thraséas, à la fois évêque et martyr d’Euménie, qui est enterré à Smyrne. Pourquoi parler de Sagaris, évêque et martyr, qui est enterré à Laodicée — et du bienheureux Papirius — et de Méliton, le saint eunuque[23], qui observa en tout la règle du Saint-Esprit, lequel repose à Sardes, attendant l’appel céleste qui le fera ressusciter d’entre les morts ? Tous ces hommes-là célébrèrent la pâque le quatorzième jour, selon l’Évangile, sans rien innover, suivant la règle de la foi. Et moi aussi, j’ai fait de même, moi Polycrate, le plus petit de vous tous, conformément à la tradition de mes parents, dont quelques-uns ont été mes maîtres (car il y a eu sept évêques dans ma famille ; je suis le huitième) ; et tous ces parents vénérés solennisaient le jour où le peuple commençait à s’interdire le levain. Moi donc, mes frères, qui compte soixante-cinq ans dans le Seigneur[24], qui ai conversé avec les frères du monde entier, qui ai lu d’un bout à l’autre la sainte Écriture, je ne perdrai pas la tête, quoi que l’on fasse pour m’effrayer. De plus grands que moi ont dit : « Mieux vaut obéir à Dieu qu’aux hommes… » Je pourrais citer les évêques ici présents, que, sur votre demande, j’ai convoqués ; si j’écrivais leurs noms, la liste serait longue. Tous étant venus me voir, pauvre chétif que je suis, ont donné leur adhésion à ma lettre, sachant bien que ce n’est pas pour rien que je porte des cheveux blancs, et assurés que tout ce que je fais, je le fais dans le Seigneur Jésus.


Ce qui prouve que la papauté était déjà née et bien née, c’est l’incroyable dessein que les termes un peu âpres de cette lettre inspirèrent à Victor. Il prétendit excommunier, séparer de l’Église universelle la province la plus illustre, parce qu’elle ne faisait pas plier ses traditions devant la discipline romaine. Il publia un décret en vertu duquel les Églises d’Asie étaient mises au ban de la communion chrétienne[25]. Mais les autres évêques s’opposèrent à cette mesure violente et rappelèrent Victor à la charité[26]. Irénée, de Lyon, en particulier, qui, par la nécessité du monde où il se trouvait transporté, avait accepté, pour lui et pour ses Églises des Gaules, la coutume occidentale, ne put supporter la pensée que les Églises mères d’Asie, auxquelles il se sentait attaché par le fond de ses entrailles, fussent séparées du corps de l’Église universelle. Il dissuada énergiquement Victor d’excommunier les Églises qui s’en tenaient à la tradition de leurs pères, et lui rappela les exemples de ses prédécesseurs plus tolérants :


Oui, les anciens qui présidèrent avant Soter à l’Église que tu conduis maintenant, nous voulons dire Pius, Hygin, Télesphore, Xyste, n’observèrent pas la pâque juive et ne permirent pas à leur entourage de l’observer ; mais, tout en ne l’observant pas, ils n’en gardaient pas moins la paix avec les membres des Églises qui l’observaient, quand ceux-ci venaient vers eux, quoique cette observance, au milieu de gens qui n’observaient pas, rendît le contraste plus frappant. Jamais personne ne fut repoussé pour ce motif ; au contraire, les anciens qui t’ont précédé, lesquels, je le répète, n’observaient pas, envoyaient l’eucharistie aux anciens des Églises qui observaient[27]. Et quand le bienheureux Polycarpe vint à Rome sous Anicet, tous deux se donnèrent dès l’abord le baiser de paix ; ils avaient entre eux quelques petites difficultés ; quant à ce point-là, ils n’en firent pas même l’objet d’une discussion. Car ni Anicet n’essaya de persuader à Polycarpe d’abandonner une pratique qu’il avait toujours gardée et qu’il tenait de son commerce avec Jean, le disciple du Seigneur, et avec les autres apôtres ; ni Polycarpe n’essaya d’entraîner Anicet, celui-ci disant qu’il devait garder la coutume des anciens qui l’avaient précédé. En cet état de choses, ils communièrent l’un avec l’autre, et, dans l’église, Anicet céda à Polycarpe la consécration eucharistique, pour lui faire honneur, et ils se séparèrent l’un de l’autre en pleine paix, et il fut constaté que les observants comme les non-observants étaient, chacun de leur côté, en concorde avec l’Église universelle.


Cet acte de rare bon sens, qui ouvre si glorieusement les annales de l’Église gallicane, empêcha le schisme de l’Orient et de l’Occident de se produire dès le iie siècle. Irénée écrivit de tous les côtés aux évêques, et la question demeura libre pour les Églises d’Asie. Naturellement, Rome continua sa propagande contre la pâque du 14 de nisan. Un prêtre romain, Blastus, qui prétendit établir l’usage asiatique à Rome, fut excommunié ; Irénée le combattit[28]. On ne s’interdit pas l’usage de documents apocryphes[29]. La pratique romaine gagnait de jour en jour[30].

La question ne fut tranchée que par le concile de Nicée[31]. Dès lors, on fut hérétique pour suivre la tradition de Jean, de Philippe, de Polycarpe, de Méliton. Il arriva ce qui était déjà arrivé tant de fois. Les défenseurs de l’ancienne tradition se trouvèrent par leur fidélité même mis hors l’Église, et ne furent plus que des hérétiques, les quartodécimans[32].

Le calendrier juif offrait des difficultés, et, dans les pays où il n’y avait pas de juifs, on eût été embarrassé pour déterminer le 14 de nisan. On convint que le dimanche de la résurrection serait le dimanche qui correspond ou qui succède à la première lune devenue pleine après l’équinoxe du printemps. Le vendredi précédent devint naturellement le jour mémorial de la Passion ; le jeudi, celui de l’institution de la Cène. La semaine sainte s’établit ainsi d’après la tradition des anciens Évangiles, non d’après l’Évangile dit de Jean. La Pentecôte, devenue la fête du Saint-Esprit, tombait le septième dimanche après Pâques, et le cycle des fêtes mobiles de l’année chrétienne se trouva fixé uniformément pour toutes les Églises, jusqu’à la réforme grégorienne.

La procédure qu’entraîna le débat eut plus d’importance que le débat lui-même. À propos de ce différend, en effet, l’Église fut amenée à une notion plus claire de son organisation. Et, d’abord, il fut évident que le laïque n’était plus rien. Seuls les évêques interviennent dans la question, émettent un avis. Les évêques se réunissent en synodes provinciaux, présidés par l’évêque de la capitale de la province[33], (l’archevêque de l’avenir), quelquefois par le plus ancien. L’assemblée synodale aboutit à une lettre qu’on expédie aux autres Églises. Ce fut donc comme un rudiment d’organisation fédérative, un essai pour résoudre les questions au moyen d’assemblées provinciales présidées par les évêques, et correspondant ensuite entre elles. On cherchera plus tard, dans les pièces de cette grande lutte ecclésiastique, des précédents pour les questions de présidence des synodes et de hiérarchie des Églises. Entre toutes les Églises, celle de Rome paraît avoir un droit particulier d’initiative. Cette initiative s’exerce surtout en vue de ramener les Églises à l’unité, même au risque des schismes les plus graves. L’évêque de Rome s’attribue le droit exorbitant de chasser de l’Église toute fraction qui maintient ses traditions particulières. Il s’en fallut de peu que, dès l’an 196, ce goût exagéré pour l’unité n’amenât les schismes qui se sont produits plus tard. Mais un grand évêque, animé du véritable esprit de Jésus, l’emportait alors sur le pape. Irénée protesta, se donna une mission de paix[34], et réussit à corriger le mal qu’avait fait l’ambition romaine. On était encore loin de croire à l’infaillibilité de l’évêque de Rome ; car Eusèbe déclare avoir lu les lettres où les évêques blâmaient énergiquement la conduite de Victor[35].

  1. Fragments de Méliton, dans Eus., IV, xxvi, 3 ; fragments d’Apollinaire, dans la Chronique pascale, p. 6 et suiv. ; lettre de Polycrate, dans Eus., V, 24 ; Clément d’Alex., cité par Eusèbe, IV, xxvi, 4, et VI, xiii, et dans la Chronique pascale, p. 7 ; saint Hippolyte, cité par la Chronique pascale, p. 6. Cf. Corpus inscr. gr., n° 8613 ; Eusèbe, V, 24 ; Épiph., l, lxx, 10 ; Socrate, V, 21.
  2. Lettre de Narcisse, dans Eus., V, xxv.
  3. Irénée, dans Eus., V, xxiv, 12 et 13.
  4. V. l’Église chrétienne, p. 445 et suiv.
  5. Polycr., dans Eus., V, xxiv, 6.
  6. Polycrate, par exemple, qui fait de Jean un partisan de l’usage juif, admet cependant le quatrième Évangile (circonstance de l’ἐπὶ τὸ στῆθος).
  7. Τὸ πάσχα, ἡ ἑορτὴ τῶν ἰουδαίων. Jean, vi, 4. Cf. Col., ii, 16.
  8. C’était déjà l’avis de Paul. Cf. I Cor., v, 7 ; Gal., iv, 9-11 ; Rom., xiv, 5.
  9. Epiph., l, 1 ; saint Pacien, Epist., i, 2 ; Zonaras, In Canones, p. 78 (Paris, 1618) ; Gebh. et Harn., Patr. apost., II, p. 169, note ; Tillemont, Mém., II, p. 447-448, 672 et suiv.
  10. Au premier coup d’œil, la question semble posée, en Asie, entre conserver la célébration de la Pâque et supprimer totalement cette fête. Nous ne croyons pas, cependant, qu’aucune famille chrétienne ait jamais voulu supprimer absolument la fête de Pâque, pas plus que le sabbat. En Asie, comme à Rome, il s’agissait d’une translation qui empêchât la coïncidence avec la fête juive.
  11. Il y a des doutes sur l’opinion précise d’Apollinaire ; mais, s’il avait été d’accord avec Méliton et les autres évêques, son nom figurerait dans la lettre de Polycrate (Eus., V, 24). Comparez Clément d’Alexandrie (dans Eus., IV, xxvi, 4 ; VI, xiii, 3, 9), qui, défendant l’opinion contraire aux quartodécimans, semble combattre Méliton, non Apollinaire. Enfin l’auteur de la Chronique pascale, adversaire des quartodécimans, cite en sa faveur Apollinaire, Clément, Hippolyte, mais non Méliton.
  12. Eus., IV, xxvi, 2-3 ; V, xxiv, 5.
  13. Eusèbe (ch. xxvii) ne parle pas d’un traité d’Apollinaire sur la Pâque ; mais la citation de la Chronique pascale prouve que l’évêque d’Hiérapolis avait traité la question, peut-être dans ses deux traités Contre les juifs.
  14. En 196, l’opinion quartodécimane est celle de « toutes les Églises d’Asie ». Eus., V, xxiii, 1.
  15. Irénée, dans Eus., V, xxiv, 11.
  16. Eus., H. E., V, ch. xxiii, xxiv, xxv ; saint Jérôme, Chron., Schœne, p. 174, 177 ; De viris ill., 35, 43-45 ; Anatolius, dans Gilles Boucher, De cycl. Vict., p. 443 et suiv. ; Conciles de Labbe, I, p. 600 ; Photius, cod. cxx.
  17. Polycrate, dans Eus., V, xxiv, 8.
  18. Eusèbe ne parle cependant pas d’Antioche. Saint Athanase dit qu’à l’époque du concile de Nicée, la Syrie, la Cilicie et la Mésopotamie célébraient la fête avec les juifs. Athanase, De syn., p. 719 ; Ad Afros, p. 892, édit. Bénéd.
  19. Eus., V, xxiv, 2 suiv. ; cf. III, xxxi, 3.
  20. Μεγάλα στοιχεῖα.
  21. Cette expression implique une vie ascétique, assujettie à une règle. Voyez ci-dessus, p. 183, note 4.
  22. V. l’Antechrist, p. 209.
  23. Voir l’Égl. chrét., p. 436. Le mot eunuque, dans le langage ecclésiastique du iie et du iiie siècle, veut dire souvent célibataire. Athénag., 33 ; Clém. d’Alex., Strom., III, 13 ; Constit. apost., VIII, 10 ; Tert., De cultu fem., II, 9. Cf. Matth., xix, 12.
  24. Comparez une expression analogue dans la bouche de saint Polycarpe (l’Église chrét., p 457), pour désigner son âge.
  25. Στηλιτεύει διὰ γραμμάτων ἀκοινωνήτους ἀνακηρύττων.
  26. Eusèbe eut leurs lettres entre les mains.
  27. Voir la note de Valois et les raisons qu’il donne contre l’interprétation de Beatus Rhenanus, récemment soutenue par M. l’abbé Duchesne. Revue des quest. hist., 1er juillet 1880, p. 12-13.
  28. Irénée, dans Eus., V, ch. xv et xx, 1 ; Tertullien (ut fertur), Præscr., ch. 53.
  29. Liber pontificalis, à l’art. Pius (cf. Behm, Hirt, p. 6-8 ; Gebh. et Harn., ad Hermam, p. 169, note) ; Pseudo-Polycarpe, dans Gebh. et Harn., Patres apost., II, p. 169-170.
  30. L’auteur des Philosophumena (VIII, 5, 18) met les partisans du 14 de nisan parmi les hérétiques, mais en les qualifiant seulement de « gens disputeurs et ignorants ».
  31. Firmilien, inter Cypr. Epist., 75 ; Anatolius, dans Gilles Boucher, De cycl., p. 445 ; Athanase, l. c. ; Eusèbe, Vita Const., III, 18, 19 ; Epiph., lxx, 9, 10 ; Sozomène, I, 16, 17 ; Labbe, Conc., II, col. 561.
  32. Epiph., l ; Théodoret, Hær. fab., III, 4 ; Hist. rel., 3 ; Labbe, Conc., II, 951 ; Tillemont, II, p. 447-448 ; III, p. 110-112 ; Pitra, Spicil. Sol., I, p. xii-xiv, 14-15. Le système proposé par M. l’abbé Duchesne (mém. précité) me paraît en contradiction avec ces textes, surtout avec Epiph., l.
  33. Ainsi l’évêque de Césarée préside l’évêque de Jérusalem.
  34. Ἐπρέσϐευεν. Eus., V, xxiv, 18 ; cf. ci-après, p. 315.
  35. Πληκτικώτερον καθαπτομένων τοῦ Βίκτορος. Eus., V, xxiv, 10. Cf. Socrate, V, 22.