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Modernités/Drôles et Seigneuresses/Villégiature

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E. Giraud et Cie, éditeurs (p. 84).


VILLÉGIATURE


« Je suis bien invité, mais la dèche est profonde.
« Le voyage n’est rien, mais ce sont tous les frais :
« Mets d’abord trente louis chez Poole, trois complets,
« C’est le moins pour huit jours ; mets en vingt à la ronde
« Chez Hazard et Doucet : le pourboire aux laquais :
« Deux louis à chacun d’eux, ils sont là tout un monde.
« C’est un gouffre, te dis-je, et je veux qu’on me tonde :
« Je te fais grâce encor du fretin des bouquets. »
 
Alors le frère aîné de l’air d’un chat, qu’on fâche.
« Vingt-cinq ans, mince et fort, le nez droit, la moustache
« Couleur de seigle mûr et les yeux, que voilà ;
« On t’invite à Bérode et tu n’irais pas là !
« La fille a dix-huit ans. »
« La fille a dix-huit ans— « Hé bien. »
« La fille a dix-huit ans— « Hé bien— « Compromets-la
« Et de force au besoin. Sinon, tu n’es qu’un lâche. »