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Modernités/Mondains/II

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E. Giraud et Cie, éditeurs (p. 26-27).
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II


Le pied nu sur le bord du tub, où gît l’éponge,
Debout, son torse blanc drapé dans un peignoir,
Gaston d’Harbloy s’oublie à palper au fermoir
L’écrin de sa maîtresse Holly Rodays…
L’écrin de sa maîtresse Holly Rodays…Il songe
Il songe qu’il en est à son dernier mensonge…
Qu’il est fini, vidé, trop lâche pour vouloir
Tenter encor la chance et que dans son ciel noir,
Seul astre de salut, l’écrin tentant s’allonge.
 
Voleur !…
Voleur !…Elle, après tout, l’a-t-elle assez volé ?
 
Jeune, beau, riche et noble, et blond comme le blé,
Cette femme a tout pris, santé, force et jeunesse.
 
La carte biseautée et le collier pipé
Se valent en honneur et, jusqu’alors dupé,
Il dupera, le drôle, à son tour la drôlesse ;
Et l’écrin entr’ouvert roule à ses pieds…
Et l’écrin entr’ouvert roule à ses pieds…« Trompé ! »


Et la belle, en entrant rose et poudrerisée,
Sourit, et, le fixant de son regard mauvais,
« Vendus ! »
« Vendus !Et comme il tremble.
« Vendus ! Et comme il tremble.« Hé, oui, je le savais ! »
Dit-elle en ramassant la monture brisée.
 
« J’ai liquidé : tu sais, la ferme Saint-Gervais
« Où nous avons passé l’été dans la rosée
« Et les foins ? J’en ai fait l’achat, bien avisée,
« Puisque, sans mon notaire, ami, tu me volais ! »