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Modernités/Parisiennes/Coquines

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E. Giraud et Cie, éditeurs (p. 22-23).
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COQUINES


À Ch. Willette.


Avec des gestes de coquines
Les petites femmes des bars
Versent aux snobs des boulevards
Des poisons verts dans des chopines.

En jerseys collants, en basquines,
Deux grands yeux fous, comme hagards,
Sous des frisons d’or clair épars,
Ce sont les sveltes arlequines

Des longs Pierrots en habit noir,
Qu’avec des gestes de coquines
Ces chattes blanches et taquines
Attirent près de leur comptoir.


Leurs mains perversement câlines
En servant ont d’heureux hasards
Et leurs bouches rouges de fards
Ont des paroles si félines,

Qu’on est fou de ces libertines
Qui, raillant dans le chaud boudoir
L’entreteneur en habit noir,
Une fois seules, les coquines,
S’entre-baisent en colombines,
Les seins nus devant leur miroir.