Molière, Shakspeare, la Comédie et le Rire/Molière/Notes sur le Misanthrope

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Texte établi par Henri Martineau, Le Divan (p. 151-176).

NOTES
SUR LE MISANTHROPE[1]




La reconaissance du comique étant en partie une affaire de mémoire (Note de 1.000 an [Milan] I take for a year my entrées at French (theatre) from the 18 december 1813) je note les endroits où l’on rit, avec la date des représentations.

Représentation du 16 décembre 1813, Fleury bien vieilli et Mlle Mars.

Voir l’imitation anglaise de Wicherley intitulée l’Homme au franc procédé. (Dubos I, 661.)

Il va sans dire que le mot Misanthrope est pris ici dans le sens qu’on lui donne dans les salons, en souriant devant un bon feu. Le vrai haïsseur d’hommes dans le sens grec, est dans Shakespeare, voyez Timon et le jugement que je viens d’en porter le 21 décembre 1813, tome VI de Letourneur.


ACTE PREMIER


Scène première

PHILINTE, ALCESTE


PHILINTE
Mais sérieusement que voulez-vous qu’on fasse ?


Autrement vous auriez au bout de deux ans une réputation exécrable et peut-être seriez à la Bastille.



ALCESTE

… et qu’en homme d’honneur
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.


Dans une monarchie ! si l’on voulait prendre le sens strict des mots on trouverait contradiction. Alceste désigne le bon citoyen d’une république, où les idées d’honneur et d’homme d’honneur paraîtraient des subtilités inventées sur la vertu et seraient totalement édifiées par l’idée de vertu. En 1813.



ALCESTE

..........................................
Je veux qu’on me distingue et, pour le trancher net,
L’ami du genre humain n’est point du tout mon fait.


On ne rit point. On applaudit parce que c’est le chef-d’œuvre de la Comédie, par vanité. Cela est inintelligible pour un quart du parterre et obscur pour deux des autres quarts, tandis que tous comprennent dans Andromaque :


L’amour d’Oreste,
L’enlèvement qu’il se propose,
Sa rivalité avec Pyrrhus.


Ceux qui ne sont pas sensibles à la partie sublime de Racine, applaudissent Andromaque comme une histoire amusante et qu’ils respectent vu le nom de Racine.



ALCESTE

 Je ne me moque point,
Et je vais n’épargner personne sur ce point.


Pourquoi ce je vais, quel nouvel événement fait changer de conduite à Alceste à quarante ans ? C’est que sans ce je vais il aurait été contre toute vérité de reprendre Alceste encore dans la société. Les jours dits pour cela auraient été peu naturels.


J’entre en une humeur noire, en un chagrin profond.


Voilà un trait très juste du caractère du Misanthrope. Il s’indigne d’une chose qu’il pouvait expliquer facilement. Molière ne montre pas assez qu’Alceste pourrait expliquer avec facilité ce dont il s’indigne. Mais cela mettrait Molière dans un autre plan.



PHILINTE
Le monde par vos soins ne se changera pas.


On voit que Philinte n’a pas des idées élevées, ou il plaisante ou il donne une raison bien personnelle. Il ne s’élève point à considérer le bien qu’Alceste pouvait faire avec un autre ton, encore moins à lui montrer l’absurdité d’un homme qui par sa force individuelle veut changer l’effet d’un gouvernement (voir le petit dialogue de Chamfort).



ALCESTE
Tous les hommes me sont à tel point odieux,


Bravo. Bien misanthrope.



ALCESTE

De cette complaisance on voit l’injuste excès
Pour le franc scélérat avec qui j’ai procès.


Cette personnalité rabaisse le caractère d’Alceste. En ce sens celui d’Églantine est bien supérieur à celui de Molière.


Sur le plus honnête homme on le voit l’emporter.


Mœurs monarchiques bien peintes, et douceurs des censeurs de ce temps-là, ou plutôt peu de raffinement.


Et parfois il me prend des mouvements soudains
De fuir dans un désert l’approche des humains.


Premier bon raisonnement d’Alceste.



PHILINTE
La parfaite raison fuit toute extrémité,


Mauvais lieux communs de raisonnement.


Je prends tout doucement les hommes comme ils sont…


Excellent raisonnement. Chemin du bonheur.



ALCESTE

 … je ne veux point parler.
Tant ce raisonnement est plein d’impertinence.


C’est le raisonnement d’Alceste qui est impertinent. Voulez-vous n’être pas mouillé ? Ne vous arrêtez pas dans la rue à dire des injures aux nuages, prenez un parapluie. Voulez-vous repousser tous ces accidents ? Mettez-vous bien avec le roi, ou au moins ayez du cordon, des titres, du crédit. Soyez ce que le duc de Richelieu voulait être, ou Guyenne (voyez Chamfort et mémoires du duc de Richelieu).

Philinte devait lui répondre en riant : mon cher ami, « passez la Manche », car le vrai ridicule d’Alceste est de se révolter contre l’influence de son gouvernement. C’est un homme qui veut arrêter l’Océan avec un mur de jardin. Beau idéal.

Le tort de cette comédie est peut-être de s’élever si fort qu’elle arrive à l’influence directe et palpable des gouvernements. Alceste est un homme howbeleur [sic] qui se révolte contre le gouvernement monarchique. Tout gouvernement croyant juste de pourvoir à sa conservation, Louis XIV aurait pu exiler Alceste qui faisait voir le ridicule et l’odieux de la monarchie. 6 janvier 1815.



ALCESTE
Je n’en donnerai point, c’est une chose dite.


Un peu froid.



ALCESTE

… Je voudrois, m’en coûtât-il grand’chose,
Pour la beauté du fait, avoir perdu ma cause.


R[ire] 1re fois. 16 décembre 1813.



PHILINTE

Pour moi, si je n’avois qu’à former des désirs,
Sa cousine Éliante auroit tous mes soupirs ;


Exposition bien froide.



Scène II

ORONTE, ALCESTE, PHILINTE


ALCESTE

Et nous pourrions avoir telles complexions
Que tous deux du marché nous nous repentirions.


Mot excellent qui tempère sur le champ le style et l’empêche de tomber dans le tragique. Je n’entends pas notre ton tragique à nous qui souvent est de l’épique.



ORONTE

S’il faut faire à la cour pour vous quelque ouverture,
On sait qu’auprès du roi je fais quelque figure ;
Il m’écoute, et dans tout il en use, ma foi,
Le plus honnêtement du monde avecque moi.


Omis.



ORONTE

Sonnet. C’est un sonnet… L’Espoir… C’est une dame
Qui de quelque espérance avoit flatté ma flamme.
L’Espoir… Ce ne sont point de ces grands vers pompeux,
Mais de petits vers doux, tendres et langoureux,


Le grand Molière reparaît tout à coup. Comme philosophe il est faible, comme comiqueur il est encore unique.

J’ai trouvé hier (24 février 1813) que Fleury extrait beaucoup, il exprimait par des gestes vifs et intelligibles toutes les pensées qui s’agitent successivement. Cela est peut-être nécessaire pour le parterre. Devant une assemblée choisie, cela, manquant de naturel, nuisait à l’effet. Peut-être le système que je propose serait-il froid ?

On rit de la mine de Fleury. Fleury exagère les gestes et fait fort bien, car le spectateur qui n’est pas (colto) saisi par un geste, l’est par l’autre. Cela a cependant un défaut, c’est que ce n’est pas seulement une fausseté dans le système général des choses, cela fait paraître l’interlocuteur sot et sans tact. Si Oronte n’est pas aveugle, il doit répondre aux gestes de Fleury, et ce qu’il dit se trouve n’être plus naturel. Ces gestes gâtent ainsi la véritable réponse. Sur le degré de fausseté nécessaire à chaque art, voyez la note sur les Ballets de Vigano à 1000 ans [Milan].



ALCESTE
Cette soif a gâté de fort honnêtes gens.


Remarquez le sens de ce mot sous Louis XIV : homme qui jouit de beaucoup de considération. On ne distinguait pas encore bien nettement le mérite réel de la considération. Trace profondément monarchique, dans la langue.



ALCESTE
Je ne dis pas cela…


Alceste encourt le ridicule de manquer de caractère (c’est-à-dire manquer de force dans le caractère).


Pour prendre de la main d’un avide imprimeur…


Avide est faible. Perfide serait mieux ; mais cette acception du mot est, je crois, moderne. La langue a pris plus de finesse.



ALCESTE
Franchement, il est bon à mettre au cabinet.


R. grand rire.

C’est un peu violent, dit un sot que j’ai derrière moi et qui ressemble beaucoup par la collection de petitesses de vanité évidente, et la pureté de toute grandeur au Comte Magistrat.



ALCESTE

........................................
J’aime mieux ma mie, ô gué !
J’aime mieux ma mie.


Très bon, dit mon sot avec un ton de découverte. C’est là le défaut de l’orchestre des Français, il est plein de parodies de bon ton et du ton littéraire ; sur ces deux ridicules surnagent une petitesse et un manque de sensibilité, un air content de soi, et pédant, enfin absolument le Comte Magistrat de Dresde 1813. 16 décembre 1813.



ALCESTE
Et moi, je suis, monsieur, votre humble serviteur.


Fleury dit cela du ton d’un défi, je n’exagère point.



Scène III

PHILINTE, ALCESTE


PHILINTE
Et j’ai bien vu qu’Oronte, afin d’être flatté…


Très bon raisonnement auquel Alceste ne répond pas.



PHILINTE
Vous vous moquez de moi, je ne vous quitte pas.


Quel ouvrage sublime, quelle expression du caractère ! dit avec un air affecté, le sot qui est derrière moi, il ajoute en raisonnant avec une vieille badaude aussi affectée que lui : « D’abord, c’est que la Misanthropie tient toujours, je crois, à de la mauvaise humeur. »

Telle est la connaissance du cœur humain avec laquelle ils jugent.


ACTE II


Scène première

ALCESTE, CÉLIMÈNE


CÉLIMÈNE

Je pense qu’ayant pris le soin de vous le dire,
Un aveu de la sorte a de quoi vous suffire.


Jeu. Mlle Mars fait supérieurement ressortir le ton de fausseté de la société, cet édifice de convention, qui est renversé par la réplique pleine de naturel de Fleury :


Mais qui m’assurera que, dans le même instant,
Vous n’en disiez peut-être aux autres tout autant ?



Scène III


ALCESTE
Et que vous fait cela pour vous gêner de sorte… ?


Toujours le même faux raisonnement. Me croyez-vous donc assez magnanime pour que la haine générale de toute la société…… point le bonheur de ma vie. Suis-je résolue à vivre seule ?



Scène IV


ALCESTE
Ces conversations ne font que m’ennuyer…


D’après cette vérité, Alceste eût changé son genre de vie, s’il eût raisonné avec justesse et profondeur, c’est-à-dire été plus philosophe.



Scène V

ÉLIANTE, PHILINTE, ACASTE, CLITANDRE, ALCESTE, CÉLIMÈNE, BASQUE


CÉLIMÈNE

(À Alceste).
Vous n’êtes pas sorti ?


r[ire] de la mine de Mlle Mars.



ACASTE
Parbleu ! s’il faut parler de gens extravagants…


Je trouve plus de grâce et plus de gaîté dans la conversation de Collé. Il me semble que la société a fait de grands progrès (la société… l’art par lequel des indifférents réunis font naître le bonheur au milieu d’eux).



CÉLIMÈNE

C’est un parleur étrange, et qui trouve toujours
L’art de ne vous rien dire avec de grands discours :
Dans les propos qu’il tient on ne voit jamais goutte,
Et ce n’est que du bruit que tout ce qu’on écoute.


Cela était peut-être naturel dans ce temps-là où la bonne compagnie allait au sermon. Cela est hors de nos usages actuels, et y rentrera quand le souverain se fera prêcher des Carêmes. La révolution a mis hors d’usage le mot confesser remplacé par avouer.



ÉLIANTE (à Philinte)

Ce début n’est pas mal, et contre le prochain
La conversation prend un assez bon train.


Influence triste de la religion, dans la pensée et dans le mot. Qu’est-ce que cela me fait qu’elle soit contre le prochain pourvu qu’elle soit gaie.



CÉLIMÈNE
Il faut suer sans cesse à chercher que lui dire ;


Terme devenu bas, la sensibilité du public souffre, comme quand on passe la main sur une blessure.



CÉLIMÈNE
… elle grouille aussi peu qu’une pièce de bois.


On dirait aujourd’hui qu’une statue. Le mot de Molière paraît bas.



CÉLIMÈNE

Et l’on ne donne emploi, charge, ni bénéfice,
Qu’à tout ce qu’il se croit on ne fasse injustice.


Peut-être aujourd’hui on peindrait ces caractères au lieu de les analyser.



CÉLIMÈNE
Il regarde en pitié tout ce que chacun dit.


Je ne me laisse jamais influencer, dit la femelle du sot qui est by me avec un air très affecté et en même temps enchanté de sa belle phrase. Ridicule actuel. Nos sots y compris les petits littérateurs, bannissent le style familier de la conversation. Leur critique sur le Robinet des nouveautés de Geoffroy.



ALCESTE

............... ils sont, sur toutes les affaires,
Loueurs impertinents ou censeurs téméraires.


L’acteur rabaisse le caractère, en faisant une application à Philinte loueur de sonnet (le 6 décembre 1813). Fleury ne fait pas cette mauvaise application.



CLITANDRE

… J’avouerai tout haut
Que j’ai cru jusqu’ici Madame sans défaut.


Les progrès de la raison feraient trouver Clitandre ridicule dans un salon de 1811.



ÉLIANTE

C’est ainsi qu’un amant dont l’ardeur est extrême
Aime jusqu’aux défauts des personnes qu’il aime.


J’ai vu ce soir au théâtre que cette tirade sort absolument pour sa longueur du style de la conversation actuelle (24 février 1813). Oui, mais on peut la considérer comme repos. C’est un parterre de fleurs, c’est une suite de madrigaux qui délasse du ton sérieux (13 décembre 1813).


ACTE III


Scène VII

ALCESTE, ARSINOÉ


ARSINOÉ
Tous ceux sur qui la cour jette des yeux propices.


Un peu froid.



ALCESTE
Et que voudriez-vous, madame, que j’y fisse ?


Il répond trop au long. Il dogmatise mal à propos. C’est comme si à cette question simple : quel temps fait-il ce matin ? je répondais par la théorie physique de l’atmosphère, du thermomètre, etc.



ARSINOÉ

Donnez-moi seulement la main jusque chez moi ;
Là, je vous ferai voir une preuve fidèle,


Petit faux brillant italien.


De l’infidélité du cœur de votre belle ;
Et, si pour d’autres yeux le vôtre peut brûler,
On pourra vous offrir de quoi vous consoler.


Nuance exagérée, il fallait faire conclure cela au spectateur. Quand une femme fait des avances, elle s’y prend avec plus de grâce. La nuance est bien placée, mais elle est mal peinte.

La fin de cet acte est froide.


ACTE IV


Scène première

ÉLIANTE, PHILINTE


ÉLIANTE

Pour moi, je n’en fais point de façons, et je croi
Qu’on doit sur de tels points être de bonne foi.
Je ne m’oppose point à toute sa tendresse ;


On tousse, cela est archi froid. 16 décembre 1813.



Scène II

ALCESTE, ÉLIANTE, PHILINTE


ÉLIANTE
Moi, vous venger comment ?

ALCESTE

Moi, vous venger comment ? En recevant mon cœur
Acceptez-le, madame, au lieu de l’infidèle ;


r[ire] de la singularité de la proposition.



Scène III

CÉLIMÈNE, ALCESTE


ALCESTE
Ah ! que ce cœur est double, et sait bien l’art de feindre


App[audissements].



CÉLIMÈNE

 Il ne me plaît pas, moi.
Je vous trouve plaisant d’user d’un tel empire,
Et de me dire au nez ce que vous m’osez dire.


Au nez me paraît bas et grossier (le 24 février 1813) dit par Mlle Mars à Fleury. Je pensais autrefois que le style de Molière avait beaucoup plus de figures que le style de la nature au xixe siècle. Cela est-il vrai ?

Les applaudissements de vanité qui disent : Je comprends parfaitement toute la finesse de ce discours, cessent avec le premier acte. Les vaniteux sont fatigués.



ALCESTE
Ah ! rien n’est comparable à mon amour extrême.


r[ire] un peu de la duperie d’Alceste.



Scène IV

CÉLIMÈNE, ALCESTE, DUBOIS


Mon sot dit avec mépris : « Je ne conçois pas cette scène, je crois que c’était afin de finir l’acte. »

Les sots vaniteux français montrent, jouent le mépris, dès qu’ils craignent que le comique qui leur est présenté ne soit trop grossier. S’il est vrai qu’on aimât la farce, dans la jeunesse de Louis XIV, nous sommes à l’autre bout du clavier. Peut-être quand ces guerres-ci seront finies, lassés de la roideur, ferons-nous irruption dans la gaieté. Nous sommes dans la disposition la plus anti-farce possible. Cette scène de Dubois est le seul petit repos de gaieté au milieu de tout ce sérieux.


ACTE V


Scène première

ALCESTE, PHILINTE


ALCESTE

..........................................
Il court parmi le monde un livre abominable,
Et de qui la lecture est même condamnable,


Fleury fait un contre sens dans ce vers.


… on voit Oronte qui murmure,
Et tâche méchamment d’appuyer l’imposture !


Et la règle des vingt-quatre heures ?


Et parce que j’en use avec honnêteté
Et ne le veux trahir, lui, ni la vérité,
Il aide à m’accabler d’un crime imaginaire !


Vrai sujet de colère pour un misanthrope, par la disproportion de l’offense à la vengeance.



ALCESTE

..........................................
Et, loin qu’à son crédit nuise cette aventure,
On l’en verra demain en meilleure posture.


Ce n’est pas une plaisanterie (pour exagération). Une mauvaise cause connue pour telle, gagnée, augmente le crédit. Vérité enregistrée par Duclos.



ALCESTE
Mais pour vingt mille francs j’aurai droit de pester.


J’aurai droit de pester dans leur sens est bien un terme de courtisan, voyez Nivernais. La manière dont on doit répondre au mal que l’on dit devant vous…



PHILINTE
Mais enfin…

ALCESTE
Mais enfin… Mais enfin, vos soins sont superflus.


Ri franc[hement] de la caricature de Fleury, il contrefait les deux mots mais enfin de [Philinte]. Le public, après tant de sérieux, a soif de rire.



ALCESTE
Je sais que vous parlez, Monsieur, le mieux du monde…


Alceste ne répond pas du tout. (24 février 1813.)



ALCESTE

 Et me laissez enfin
Dans ce petit coin sombre avec mon noir chagrin.


Fleury n’est nullement ami (de Philinte), c’est une faute.



PHILINTE

C’est une compagnie étrange pour attendre :
Et je vais obliger Éliante à descendre.


Je mettrais : engager.



Scène IV


ACASTE
Vous êtes un étrange homme…


Cette lettre manque de légèreté et de gaîté comparée aux lettres du XVIIIe siècle, par exemple de Mme du Deffand, de Collé, etc.



Scène VI

CÉLIMÈNE, ÉLIANTE, ARSINOÉ, ALCESTE, PHILINTE


ALCESTE

Et ce n’est point à vous que je pourrai songer,
Si par un autre choix je cherche à me venger.


Ri.



ARSINOÉ
Le rebut de madame est une marchandise.


Terme bas.



Scène VII

CÉLIMÈNE, ÉLIANTE, ALCESTE, PHILINTE


CÉLIMÈNE
J’ai des autres ici méprisé le courroux ;


Nouveau trait de préférence ou de coquetterie.

La beauté des détails distrait de la froideur grande. Beauté par profondeur. Pour la moitié des spectateurs, le Misanthrope n’est qu’un poème didactique sérieux bien lu. Les têtons des actrices, les beaux habits des acteurs, les deux queues du Misanthrope, le plaisir de lui reconnaître un ruban vert dans la lecture de la lettre et la scène de Dubois, sont les seules exceptions. 16 décembre 1813.

  1. Les notes sur le Misanthrope se trouvent sur le Molière de 1812 à Chantilly, et dans le tome 18 de R. 5896 des manuscrits de Grenoble. N. D. L. É.