Mystère (Guaita)

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Rosa MysticaAlphonse Lemerre, éditeur (p. 74-75).
Collin - Trente poésies russes, 1894.djvu31.png


Mystère


Mon Seigneur Jésus-Christ ! Depuis dix-huit cents ans,
La morne humanité vient manger et vient boire,
Avidement, à ton calice, à ton ciboire,
L’antidote sacré des instincts malfaisants.

L’ère nouvelle a lui, riche en promesses vaines,
Et le monde d’après vaut le monde d’avant. —
Comme aux brises d’été l’arôme des verveines,
Les effluves malsains roulent au gré du vent.


Il n'est d’espoir au ciel, ni de bonheur sur terre ;
Et notre pauvre front, sous le joug du mystère,
Ô blond Galiléen, se courbe bas, très bas !…

Notre esprit, qui devant ta royauté s’incline,
Voudrait enfin comprendre — et ne comprendra pas
Pourquoi ton flanc divin saigna sur la colline !


Avril 1884.


Collin - Trente poésies russes, 1894.djvu27.png