Notre France/II/IV

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Édition du Centenaire (p. 84-110).

Troisième empire colonial français

(1830-1915)


La Restauration est peu coloniale mais, de 1815 à 1830, les ministres de la marine, Dubouchage, Molé, Portal, le marquis de Clermont-Tonnerre, Hyde de Neuville reconstituent la marine française. En 1828, le célèbre voyageur français René Caillé, pénètre à Tombouctou où nul Européen n’est jamais parvenu encore. Une tentative pour nouer des relations avec le successeur de Gia Long, empereur d’Annam, échoue. À Madagascar, où le général Dacaen l’a jadis installé comme représentant français, Sylvain Roux continue de défendre nos intérêts. Et en 1829, la flotte française bombarde Tamatave et s’en empare, cependant que Caillé est nommé résident à Bammako, poste qu’il n’occupera pas. Tout se prépare pour la reprise de l’activité coloniale.

1830


Prise d’Alger et établissement de la domination française. — Premier traité du Bardo signé entre la France et la Tunisie ; abolition définitive de l’esclavage chrétien. Mathieu de Lesseps, consul de France et ami du bey, l’amène à accepter une sorte de protectorat français.

1831


Occupation d’Oran.

1832


Création des « Bureaux arabes ». Occupation de Bône. Révolte d’Abd-el-Kader.

1833


Prise du Bougie. Création du poste de gouverneur général de l’Algérie.

1836


Occupation de Tlemcen.

1837


Traité de la Tafna, conclu avec Abd-el-Kader et lui concédant des droits sur une partie de l’Oranie. Création de la Direction des affaires arabes. Essais de colonisation militaire du général Bugeaud. Fouilles de Lambèse. Prise de Constantine. Tentatives d’intervention turque. À partir de 1837 une flotte ottomane se dirigera chaque année vers l’Algérie et sera tenue en respect par la flotte française (1837-1855). — Dans la Casamance, fondation du comptoir de Sedhiou.

1838


Signature d’une convention d’amitié avec Pomaré iv roi de Tahiti.

1839


Le commandant Bouët-Willaumez signe, au Gabon, un premier traité avec les indigènes. Occupation de l’estuaire du Gabon.

1840


Les territoires sakalaves de la côte occidentale de Madagascar sont placés sous le protectorat français. — Ordonnance de réorganisation du Sénégal, insistant sur les « intérêts du commerce ». — Campagne de Changarnier et de Lamoricière en Algérie ; prise de Cherchell, Médéah et Miliana.

1841


Occupation de Mascara et de la région Mostaganem-Oran-Tlemcen. — Cession de Nossi-Bé et de Mayotte.

1842


Le père Chanel, débarqué aux îles Horn en 1837, réussit à y faire accepter le protectorat français.

1843


Prise de la smala d’Abd-el-Kader. Les marchandises françaises importées en Algérie auront la franchise, mais la douane continue à percevoir un droit d’entrée sur les produits algériens en France. — Comptoirs français établis à Assinie et Grand-Bassam. Traité avec Amatifou, roi d’Assinie. — Voyages de Raffenel (1843 et 1846) qui cherche à atteindre le Nil par le Sokoto et le Soudan central. — Première prise de possession de la Nouvelle-Calédonie.

1844


Bataille d’Isly gagnée par le maréchal Bugeaud. Occupation de Biskra et de Laghouat. — Le sultan du Maroc ayant soutenu Abd-el-Kader, l’escadre du prince de Joinville bombarde Tanger et Mogador. — Le souverain des îles Wallis, que le père Bataillon, missionnaire, a, depuis sept ans, complètement gagné à l’influence française, accepte le protectorat de la France. — Le protectorat est également établi sur les îles Gambier.

1845


Les Hovas qui, en 1825, avaient surpris et chassé les postes français restant à Madagascar, molestent à leur tour les colons anglais auxquels ils avaient d’abord témoigné de la bienveillance. Des navires franco-anglais bombardent Tamatave et opèrent un débarquement qui échoue. — Traité de Lalla-Maghnia fixant la frontière du Maroc et de l’Algérie.

1846


Premières explorations de du Chaillu, Walker, de Compiègne et Marche en Afrique. — Visite du bey de Tunis à Paris. — Le protectorat français établi en 1843 sur l’archipel de Tahiti est définitivement confirmé.

1847


Reddition d’Abd-el-Kader au général Lamoricière. — Intervention en Annam ; bombardement des forts de Tourane et destruction de la flotte annamite.

1848


Premier essai de gouvernement civil en Algérie (1848-1851), le gouverneur général restant militaire.

1849


Fondation de Libreville au Gabon. — Réduction de l’oasis de Zaatcha en Algérie. — Insurrections incessantes (1849-1851) des montagnards de la Kabylie et de l’Aurès.

1850


Explorations du P. du Chaillu ; voyage de Panet, de Saint-Louis du Sénégal à Mogador.

1852


On reprend pied à Grand-Bassam délaissé après l’occupation de 1843. — MM. Laborde et Lambert, établis à Madagascar, s’efforcent d’y préparer un protectorat effectif de la France.

1853


Prise de possession par la France de la Nouvelle-Calédonie et de ses dépendances. — Les îles Gambier deviennent colonies françaises.

1854


Fondation de Nouméa. — Occupation de Tougourt. — Découverte des gisements aurifères de Guyane. — Au Sénégal, où les gouverneurs se sont succédés depuis trente ans sans politique précise, un programme est rédigé sur les plaintes et réclamations des commerçants de Bordeaux et du Sénégal et remis au nouveau gouverneur, le commandant Faidherbe (1854-1865). Il châtie les indigènes qui pillent les villages et les caravanes aux environs de Saint-Louis, établit des postes fortifiés sur le fleuve et construit le poste de Médine.

1855


L’agent consulaire de France achète au sultan de Tadjourah le territoire d’Obock.

1856


Exploration de P. du Chaillu sur l’Ogooué. — Insurrection kabyle en Algérie. — Mission du capitaine de Bonnemain à Ghadamès (1856-1857).

1857


Le poste de Médine attaqué par les Toucouleurs est sauvé par Faidherbe. — Fondation de Grand Popo sur la côte des Esclaves. — Expédition du maréchal Randon en Kabylie ; soumission définitive du pays. — Convention réglant les droits de pêche à Terre-Neuve.

1858


Le prince Jérôme Napoléon, « ministre de l’Algérie » (1858-1860). — À la suite du massacre de missionnaires en Indo-Chine et de l’échec d’une mission pacifique confiée à M. de Montigny, l’amiral Rigault de Genouilly s’empare de Tourane. — Annexion des îles Marquises. — Prise de possession de l’îlot Clipperton.

1859


Prise de Saïgon. Par suite de la guerre d’Italie et de l’expédition de Chine, Tourane est évacué mais Saïgon, assiégé, résiste. — Commencement des travaux du canal de Suez (25 avril). — L’explorateur Duveyrier, âgé de 19 ans, pénètre au Touat.

1860


Napoléon iii se rend en Algérie et y reçoit le bey de Tunis. Le maréchal Pélissier, gouverneur général. — Reconnaissances de Vincent dans l’Adrar et du lieutenant Lambert dans le Fouta Djallon. — Un gouverneur français est installé à la Nouvelle-Calédonie. — Campagne de Syrie (1860-1861), pour protéger les Maronites contre les Druses.

1861


Fin de l’ancien « Pacte colonial » ; plus de privilèges pour le commerce français aux colonies ; elles sont libres de commercer avec l’étranger, afin d’avoir désormais « l’accès de la voie libérale et féconde ouverte à la France » (allusion au régime établi par les traités de commerce de 1860). — Traité avec Radama ii, roi de Madagascar. — La campagne est reprise en Indo-Chine par l’amiral Charner ; quelques victoires sont chèrement achetées autour de Saïgon.

1862


Tu Duc, empereur d’Annam, cède à la France par le traité de Saïgon, les trois provinces de Mytho, Bien Hoa et Saïgon avec l’archipel de Poulo-Condore et s’engage à verser une indemnité de 20 millions ; heureux débuts de l’administration française sous l’amiral de la Grandière. — Un traité signé à Paris ratifie l’acquisition d’Obock. — Nouveau voyage de Napoléon iii en Algérie.

1863


Fondation de Dakar. — Établissement du protectorat à Porto-Novo par entente amicale avec le souverain du pays. — Le capitaine Doudart de Lagrée amène le roi du Cambodge Norodom, à signer un traité établissant le protectorat de la France. Le capitaine explore ensuite le cours du Mékong et le Laos. — Politique du « royaume arabe » en Algérie. Napoléon se proclame « l’empereur des Arabes », visant à développer la prospérité par le travail et la propriété indigènes, secondés par les capitaux de la métropole, maia sans encourager les français à se fixer dans le pays ; arrêt dans le mouvement colonisateur.

1864


Convention avec l’Angleterre qui occupe Lagos sur la côte d’Afrique. — Fondation de Petit Popo. — Le roi de Dahomey cède Kotonou, mais le protectorat laissé sans ressources ni organisation est attaqué par les Dahoméens et les Anglais et momentanément abandonné. — La Turquie cherche à reprendre la régence de Tunis ; activité italienne et anglaise à Tunis. — Prise de possession des îles Loyalty. — Le lieutenant de vaisseau Mage et le Dr Quintin arrivent à Segou, capitale du roi Ahmadou. — Le maréchal de Mac-Mahon, gouverneur général de l’Algérie. — La Nouvelle-Calédonie devient un lieu de déportation pour les criminels.

1865


Luttes locales au Sénégal ; fondation de postes et de comptoirs dans la région des rivières du sud. — Tentatives des Anglais pour s’emparer du territoire de Porto Novo. — Voyage de Mage au Niger ; essai de pénétration au Soudan.

1867


La cour de Hué ayant provoqué d’incessantes révoltes contre l’autorité française en Cochinchine, l’amiral de la Grandière, gouverneur, reçoit l’ordre d’occuper les trois autres provinces de la Basse Cochinchine. — Le dernier voyage de Doudart de Lagrée au Mékong et à Luang Prabang démontre la supériorité des voies fluviales du Tonkin. — Famine en Algérie.

1868


Fondation d’Agoué et de Porto Seguro au Dahomey. La cession de Kotonou est confirmée par un traité signé à Whydah. — Nouveau traité signé à Tananarive et confirmant le précédent. — Des négociants et armateurs du Marseille achètent le territoire de Cheikh Saïd sur la mer Rouge.

1869


Inauguration du canal de Suez. — Aymès reconnaît le cours de l’Ogooué. — Constitution d’une commission financière internationale à Tunis.

1870


Restauration du régime civil en Algérie. — Évacuation des postes de la côte de Guinée. M. Verdier, de La Rochelle, prend le titre de résident de sa propre autorité et réussit à conserver Grand Bassam à la France. — Décrets Crémieux attribuant la qualité de citoyens français aux israélites algériens.

1871


L’amiral de Gueydon, gouverneur de l’Algérie (1871-1873). Insurrection à laquelle près des deux tiers de la population indigène refusent de s’associer. Loi mettant 100.000 hectares à la disposition des Alsaciens-Lorrains désireux d’émigrer en Algérie.

1872


Premier voyage de Brazza au Gabon. — El Golea atteint par le colonel de Gallifet (1872-1873). — Explorations de Marche et du marquis de Compiègne dans l’Afrique équatoriale (1872-1874).

1873


Le général Chanzy en Algérie (1873-1879). Loi créant la propriété individuelle pour les indigènes. — Expédition de M. Dupuis, négociant, sur le Fleuve rouge ; son installation à Hanoï où il est molesté. Le lieutenant de vaisseau Garnier avec 175 hommes s’empare d’Hanoï et du delta ; les Annamites demandent l’appui des « Pavillons noirs », bandes de pirates chinois ; attaque d’Hanoï et mort de Garnier.

1874


Convention de Saïgon ; abandon d’Hanoï et du delta. — M. Roustan, consul général à Tunis (1874-1882) ; difficultés provenant de la situation prépondérante des consuls d’Angleterre et d’Italie sur lesquels le bey s’appuie. — Reprise des relations amicales avec l’Abyssinie esquissées en 1843.

1875


Le colonel Brière du l’Isle, gouverneur du Sénégal. — Missions de Brazza, Ballay et Marche (1875)1878). — En Indo-Chine, explorations et voyages (1875-82). La convention de 1874, considérée par les indigènes comme une preuve de faiblesse, les encourage à la résistance. Malgré les efforts de M. Le Myre de Vilers, premier gouverneur civil de Cochinchine, la cour de Hué se rapproche du Tsong Li Yamen et envoie à Pékin des ambassades et des présents. — Les colons anglais aux Nouvelles-Hébrides s’unissent aux colons français pour demander le rattachement de l’archipel à la France.

1877


Difficultés à Madagascar ; agissements du missionnaire anglais Pickersgill (1877-1881). — Première exploration du Dr Crevaux dans la région du Yari (Sud Amérique).

1878


Prise de Sabouciré (Soudan) sur les Toucouleurs. — Exploration de Paul Soleillet au Soudan. — Traité avec le roi de Dahomey qui reconnaît nos droits sur Kotonou. — Convention franco-anglaise pour la neutralisation des Nouvelles-Hébrides. — La France prend possession des îles Chesterfield. — Le Dr Crevaux explore l’Oyapok et le Parou et va de Cayenne aux Andes par les affluents de l’Amazone.

1879


Au Sénégal le gouvernement prépare la marche sur le Niger ; fondation du fort de Bafoulabé. — Second voyage de Brazza au Congo (1879-1882) ; Makoko, roi des Batekés, accepte le protectorat français. — A. Grévy, gouverneur général de l’Algérie (1879-81). — Conférence internationale de Madrid au sujet du Maroc ; l’Allemagne et l’Autriche soutiennent la France qui refuse d’accepter la suppression des privilèges de ses « protégés ».

1880


Attaque d’Ahmadou ; traité dont le texte français et le texte indigène ne correspondent pas. — Le lieutenant-colonel Borgnis-Desbordes, à la tête d’une expédition (1880-1881), fonde le poste de Kita et atteint le Niger à Bammako. — Fondation de Franceville et de Brazzaville. — Abdication de Pomaré v ; Tahiti devient colonie française. — Higginson fonde une compagnie française pour l’exploitation des Nouvelles-Hébrides. — Le Dr Crevaux remonte le Magdalena, franchit les Andes et, atteint l’Orénoque par le Guaviare.

1881


Incursions des Kroumirs en Tunisie et débarquement des troupes françaises ; envoi d’une escadre ottomane ; la France déclare qu’elle s’opposera par la force à tout débarquement turc et le considérera comme une déclaration de guerre ; la flotte ottomane se retire. Prise du Kef et traité du Bardo. Reprise de l’insurrection ; occupation de Bizerte ; prise de Sfax, Djerba, Gabès et Kairouan. En Algérie, gouvernement de M. Tirman (1881-1891) ; décrets rattachant les différents services à leurs départements respectifs ; délégations données au gouverneur général. Le général Saussier réprime la révolte de Bou Amana dans le sud Oranais. — Au Sahara, le colonel Flatters et sa colonne sont massacrés par les Touaregs ; au Soudan expédition contre Samory. — Traité conclu par le Dr Bayol et établissant le protectorat sur une partie du Fouta-Djallon. — Convention aanglo-française relative aux Nouvelles-Hébrides.

1882


J. Cambon, résident général à Tunis ; traité entre la France et le bey supprimant les capitulations. — Au Soudan, expédition sur Bammako et construction du fort de ce nom. — Occupation du Mzab ; installation définitive à Ghardaïa. — Le Parlement ratifie le traité Brazza et vote des crédits pour la « mission de l’Ouest africain ». — Protectorat de Porto Novo. — À Madagascar, le commandant de notre station navale doit se porter au secours du consul de France à Tananarive ; le gouvernement hova envoie son ministre des Affaires Étrangères à Paris ; négociations qui n’aboutissent pas ; les délégués hovas les rompent brusquement et quittent de nuit Paris pour Berlin ; ils se rendent de là en Amérique, mais ne réussissent pas à soulever l’opinion en leur faveur. — Dans la mer Rouge, Soleillet obtient pour la France les ports et rade de Sagallo. — En Océanie, les colons de Nouméa, dirigés par M. Higginson, forment en trois jours une société au capital de 500.000 francs et achètent dans les différentes îles du groupe plus de 400.000 hectares, ainsi que les établiesements déjà fondés par les particuliers. — Intervention du marquis Tseng, ambassadeur de Chine à Paris, déclarant que son gouvernement ne reconnaît pas les traités franco-annamites. Envoi du commandant Rivière à Hanoï. Sur une nouvelle intervention du marquis Tseng, M. de Freycinet répond que « la France n’a aucune explication à fournir à la Chine ». — Exploration du Gran Chaco par le Dr Crevaux ; il est massacré sur les rives du Pilcomayo.

1883


Traité de la Marsa établissent le protectorat français définitif sur la Tunisie. — Construction du chemin de fer de Bafoulabé qui doit relier le Sénégal au Niger. — Fondation de 26 postes au Congo ; explorations et traités avec les chefs indigènes (1883-1885). — À Madagascar, bombardement des côtes et prise de Majunga et de Tamatave. L’amiral Galiber reprend alors les négociations qui n’aboutissent pas, les Hovas escomptant le renversement du cabinet Ferry. — Ratifications par Ménélik de la cession de Sagallo ; installation définitive à Obock. — Au Tonkin, le commandant Rivière conquiert le delta mais, insuffisamment renforcé, il est attaqué par les Pavillons Noirs et tué avec 30 de ses compagnons. Une division navale du Tonkin est créée et confiée à l’amiral Courbet qui bombarde et prend les forts de Thuan An à l’embouchure de la rivière de Hué. L’Annam demande la paix ; le traité du 25 août 1883 établit le protectorat français sur l’Annam et le Tonkin et stipule la remise des douanes, l’occupation du Thuan An, etc… Mais la Chine envoie d’abord secrètement, puis ouvertement, des troupes au Tonkin et notifie, le 17 novembre, l’état de guerre en fait. Les Chinois sont défaits à Haï Dzuong. Prise de Sontay. — À Paris, création du Conseil supérieur des Colonies.

1884


Prise de Bac Ninh ; de Hong Hoa et de Tuyen Quan. Traité de Tien-Tsin (traité Fournier), du 11 mai ; mais à peine signé, survient la trahison chinoise de Bac Lé. La France dépose un ultimatum et la rupture s’en étant suivie, l’amiral Courbet pénètre dans la Rivière Min, y détruit, le 23 août, la flotte chinoise et le 24 l’arsenal de Fou Tcheou, puis redescend la rivière Min, en prenant à revers tous les forts et en les détruisant l’un après l’autre. Cette merveilleuse expédition ne lui coûte que dix hommes. — Blocus de Formose. — À Pnom-Penh, M. Thompson impose au roi Norodom un traité abolissant définitivement l’esclavage et établissant le protectorat complet. — Pour pallier aux conséquences du Foreign Enlistment Act promulgué par l’Angleterre et interdisant le ravitaillement des navires français dans les ports anglais, des dépôts de charbon sont créés à Obock, Mahé et Pondichéry. — En Tunisie, institution de 13 Contrôleurs civils en résidence dans les principales villes et chargés de l’administration du pays. — Au Soudan, fondation des postes de Koundou et Niagassola. — Reprise du protectorat français sur la côte de Guinée. — Échange de lettres entre le président de l’Association internationale africaine et Jules Ferry, mentionnant les droits éventuels de la France à racheter l’État libre du Congo. — Jules Ferry étant parvenu à obtenir du parlement les crédits nécessaires, l’amiral Miot établit le blocus à Madagascar. — Occupation d’Ambado sur la mer Rouge. La maison de Marseille qui avait acquis le territoire de Cheik-Saïd le vend au gouvernement. — Le parlement du la Nouvelle-Zélande cherche à encourager l’exploitation des Hébrides par une compagnie anglo-australienne ; les colons de Nouméa, dirigés par Higginson, s’organisent à la hâte et arborent le drapeau tricolore à Mallicolo. — Conférence africaine de Berlin (1884-1885).

1885


Occupation des îles Pescadores et blocus du Petchili par l’amiral Courbet ; prise de Langson ; le général Brière de l’Isle pénètre à Tuyen Quan où le commandant Dominé tenait depuis 3 mois 1/2 avec 600 hommes contre 15.000 chinois. Surprise de Langson ; le parlement renverse le cabinet Jules Ferry. Les préliminaires de paix n’en sont pas moins signés et le traité de Tien Tsin (9 juin) reconnaît le protectorat de la République sur l’Annam et le Tonkin ; mort de l’amiral Courbet. — Sur la côte de Guinée traité de délimitation avec l’Allemagne qui a renoncé à ses prétentions sur le Koba et le Kabitaï, en échange de Petit Popo et de Porto Seguro, cédés au Togoland. — Les établissements de la côte d’Or sont repris par le gouvernement et rattachés au Gabon, puis au Sénégal, mais avec un résident particulier. — Samory défait par le commandant Combes ; campagnes du colonel Frey contre lui. — La Conférence de Berlin proclame la liberté de navigation sur le Congo et le Niger. — Prétentions portugaises sur Kotonou ; la France s’interpose entre le Cabinet de Lisbonne et l’Association africaine. — À Madagascar, blocus de la baie de Diego Suarez. Traité établissant la souveraineté de Ranavalo sous le protectorat français ; les affaires extérieures demeureront aux mains du résident général ; Diego Suarez est cédée en propriété et Tamatave restera occupé jusqu’au versement d’une indemnité de 10 millions ; M. Le Myre de Vilers, premier résident général. — Loi dirigeant sur la Guyane en qualité de « libérés », les récidivistes ayant déjà subi partie de leur peine en prison. — Compromis entre Londres et Paris relatif à Terre-Neuve et que le parlement Terre-neuvien refuse d’accepter.

1886


Traité de délimitation et d’échange avec le Portugal au Soudan. — Campagnes du colonel Gallieni contre Ahmadou et Samory (1886-1888). — Massacre du lieutenant Palat sur la route d’In Salah. — M. de Brazza est nommé commissaire général de la République au Congo français (1886-1895). — Paul Bert, résident général à Hanoï, inaugure le gouvernement civil.

1887


Acquisition de Djibouti. — En Afrique, le chemin de fer atteint Aïn Sefra. — Le 16 août une mission française est devant Tombouctou, mais n’y pénètre pas. — Exploration du capitaine Binger (1887-1889). — Création du gouvernement général de l’Indo-Chine. — Des troupes françaises ayant été, l’année précédente, débarquées aux Nouvelles-Hébrides, l’Angleterre a protesté ; signature d’une nouvelle convention maintenant le régime antérieur. — Traité de délimitation avec l’État libre du Congo.

1888


Campagnes du colonel Archinard contre Ahmadou et Samory (1888-1891). — Mission du capitaine Binger dans la boucle du Niger. Kong sous le protectorat français.

1889


Les colons des Nouvelles-Hébrides (dont 42 Anglais), demandent à nouveau par voie de pétition, l’annexion à la France. — Première intervention armée au Dahomey (1889-1890) ; occupation de Kotonou et de Porto Novo ; traité. — Création d’un service mensuel de paquebots français entre Le Havre, Marseille et l’Afrique occidentale. — G. Bonvalot et le prince Henri d’Orléans traversent l’Asie par le Thibet.

1890


Prise de Segou Sikoro, capitale d’Ahmadou, par les troupes du colonel Archinard. — Deuxième mission Crampel au Tchad ; massacre de Crampel. — Missions Mizon, Monteil, Fourneau. — Convention anglo-française du 5 août ; la possession de l’hinterland du Sénégal et de la Guinée avec accès au lac Tchad, est reconnue par l’Angleterre. — Arrangement provisoire renouvelé annuellement entre la France et l’Angleterre relativement aux difficultés à Terre-Neuve. — Décret constituant le Soudan français en colonie semi-autonome.

1891


Occupation d’El-Golea. — Jules Cambon, gouverneur général de l’Algérie (1891-1897). — Campagne du colonel Humbert contre Samory. — Mission du Dr Crozat au pays Mossi. — Voyage du commandant Monteil à Kano, au Bornou et au Tchad et retour par la Tripolitaine.

1892


Prise de possession des îles Saint-Paul et Amsterdam. — La France, le Portugal et l’État du Congo règlent le régime douanier du bassin occidental du Congo. — Formation d’un corps de méharistes pour la police du désert ; prolongation du chemin de fer au-delà d’Aïn-Sefra. — Difficultés avec le roi de Dahomey Behanzin, auquel les Allemands vendent des armes et des munitions et achètent des esclaves ; conquête du Dahomey et prise d’Abomey par le général Dodds. — Brazza crée des postes dans la région de la Haute-Sangha (1892-1894).

1893


Prise de possession effective des îles Kerguelen. — Les Siamois ayant, depuis 1885, passé indûment le Mékong et cherché à pénétrer en Annam et à occuper les provinces annamites de la rive gauche, l’amiral Humann réussit à franchir les passes et apporte un ultimatum à Bangkok ; soumission du roi de Siam qui renonce à toutes prétentions sur la rive gauche du fleuve et livre Chantaboum en gage provisoire. — MM. Ballay, Binger et Ballot sont nominés gouverneurs de la Guinée française, de la Côte d’Ivoire et du Bénin, érigés en colonies distinctes. — Fondation de Carnotville sur l’Ouémé.

1894


Le lieutenant-colonel Bonnier occupe Tombouctou où les canonnières du Niger l’ont devancé ; sa mort. Le lieutenant-colonel Joffre établit l’autorité française dans la région. — Le gouverneur Liotard commence d’organiser les territoires de l’Oubanghi. — Création du ministère des colonies. — Entente franco-allemande et entente franco-belge pour la délimitation des frontières avec le Cameroun et le Congo. — Chemin de fer Djibouti Harrar. — Commencement des travaux militaires du port de Bizerte.

1895


Expédition de Madagascar commandée par le général Duchesne. Prise de Tananarive et soumission définitive du gouvernement hova. — L’escadre française inaugure Bizerte ; un croiseur franchit le nouveau canal et vient mouiller dans le lac — Constitution du gouvernement général de l’Afrique occidentale française.

1896


Annexion de Madagascar et abolition de l’esclavage. Le général Gallieni, gouverneur général (1896-1905). — Convention franco-anglaise neutralisant le bassin du Ménam et reconnaissant le droit d’intervention de l’Angleterre dans la presqu’île de Malacca et de la France dans le Laos. — Traités internationaux mettant fin, en Tunisie, au régime des capitulations (1896-1897). — Le lieutenant de vaisseau Hourst opère la première descente du Niger depuis Kabara. — Départ de la mission Marchand.

1897


La mission Gentil atteint le Tchad. — La mission Marchand se dirige vers le Nil à travers le Congo et l’Oubanghi. — Traité de Rio de Janeiro, soumettant à l’arbitrage du président de la Confédération Helvétique la question des frontières litigieuses entre le Brésil et la Guyane française. — Convention de délimitation avec les Allemands pour le Togo et avec les Anglais pour les frontières entre la Côte d’Or et le Soudan, Lagos et le Dahomey.

1898


La France obtient de la Chine l’exploitation du chemin de fer du Tonkin à Yunnansen, la déclaration d’inaliénabilité des provinces chinoises limitrophes du Tonkin (Yunnen, Kouang Si, Kouang Toung) et de l’île d’Haïnan, la direction et l’organisation des postes chinoises, enfin la cession à bail de la baie de Kouang Tcheou Ouan. — Commencement des travaux du pont du Fleuve rouge à Hanoï. — Difficultés à propos du dépôt de charbon concédé par le sultan de Mascate. — Décrets créant l’autonomie administrative et financière en Algérie. — Samory est défait et capturé. — La mission Fourau-Lamy se dirige vers Zinder et le Tchad. — Marchand à Fachoda ; difficultés avec l’Angleterre. — Au Congo, essai de concession de quarante lots de grande étendue à des Compagnies françaises. — Traité franco-anglais délimitant l’Afrique occidentale.

1899


Traité anglo-français fixant la frontière de l’hinterland tripolitain. Le Tibesti et le Borkou sont attribués à la France qui renonce à toutes visées sur le Bahr el Ghazal. — Installation d’un résident français à Djibouti.

1900


La deuxième mission Gentil soumet tout le bassin du Tchad et du Chari. Rabah vaincu et tué. Mort du commandant Lamy. — Occupation des oasis du Touat et du Tidikelt, d’In Salah et d’Igli. — L’arbitrage suisse attribue au Brésil le territoire contesté situé entre l’Araguary et l’Oyapok.

1901


Conventions avec l’Espagne et l’Italie pour les délimitations de frontières au Rio de Oro et à la côte des Somalis. — Inauguration du câble français d’Oran à Tanger.

1902


Exposition d’Hanoï. — Inauguration du pont Doumer sur le Fleuve rouge, long de 2 kilomètres et demi. — Destruction de Saint-Pierre de la Martinique par l’éruption de la Montagne Pelée. — Convention du 7 octobre avec le royaume de Siam, stipulant l’évacuation de Chantaboum contre la rétrocession au Cambodge des provinces cambodgiennes, anciennement conquises par le Siam. — Création à Tananarive, par le général Gallieni, d’une Académie malgache, d’une Chambre d’agriculture et de comices agricoles. Inauguration de la première section du chemin de fer de Madagascar. — Mort de Noël Ballay, gouverneur général de l’Afrique occidentale, auquel succède M. Roume. Institution de la Chambre des mines de l’Afrique occidentale. — Création de l’Institut de médecine coloniale.

1903


Voyage du président Loubet en Algérie ; des escadres russe, anglaise, italienne, espagnole et américaine viennent le saluer à Marseille et à Alger. — C. Jonnart, gouverneur général de l’Algérie (1903-1911). — Agression de Figuig. Bombardement de Zenaga, le ksar le plus hostile du territoire de Figuig. — Fondation du poste de Colomb Bechar. — Adjudication des câbles sous-marins de Brest à Dakar, de Tamatave à la Réunion, de Saïgon à Bornéo. — Mise en chantier des travaux du chemin de fer du Yunnan. — Nouvelle pétition des colons des Nouvelles-Hébrides demandant l’annexion à la France.

1904


Accords anglo-français du 8 avril, concernant l’Égypte et le Maroc d’une part, Terre-Neuve et l’Afrique Occidentale de l’autre, enfin Siam, Madagascar et les Nouvelles-Hébrides. Traité secret avec l’Espagne. — La voie ferrée Sénégal-Niger est construite sur 554 kilomètres ; travaux d’agrandissement du port de commerce de Dakar.

1905


Débarquement de Guillaume ii à Tanger. — Visite du roi et de la reine d’Angleterre en Algérie. Ouverture de l’École d’agriculture algérienne. — Mort de Brazza à Dakar au retour d’une tournée d’inspection au Congo. — Protestations contre le nouveau régime minier à Madagascar ; nomination de M. Augagneur comme gouverneur général.

1906


Exposition coloniale de Marseille. — Conférence d’Algésiras. — Convention franco-anglaise précisant la frontière entre les régions du Niger et du Tchad. — Arrangement franco-italien au sujet de l’Éthiopie. — Les chemins de fer de la Guinée, de la Côte d’Ivoire et du Dahomey s’étendent sur 680 kil. — Tentative de codification du droit musulman.

1907


Création en Indo-Chine d’une Chambre consultative indigène ; essor donné à l’instruction publique indigène par le gouvernement de M. Beau. La République dépose l’empereur d’Annam, Thanh Thaï et le remplace par un de ses fils Duy Tan. — Le 23 mars est signé, à Bangkok, un nouveau traité franco-siamois ; la France renonce à ses droits de justice consulaire et le Siam cède au Cambodge les provinces de Battambang, Siem Reap et Angkor. — Le chemin de fer du Yunnan pénètre sur le territoire chinois. — Au Maroc, occupation d’Oudjda en représailles de l’assassinat du Dr Mauchamp. À Casablanca, plusieurs français ayant été massacrés, le gouvernement français débarque des troupes. Occupation de la Chaouïa.

1908


Voyage du ministre des colonies, Milliès-Lacroix, en Afrique occidentale. M. Merlaud-Ponty devient gouverneur général en remplacement de M. Roume. — Groupement de sociétés au Congo français pour l’exploitation du caoutchouc sur les territoires qu’on leur a concédés. — Arrangement franco-belge réglant la question des îles du Congo, ainsi que le droit de préemption de la France. — Traité de délimitation avec la république de Libéria. — Rattachement de Mayotte et des Comores à Madagascar. — Règlement de la question du chemin de fer d’Addis-Abada. — Congrès de l’Afrique du Nord à Paris.

1909


Prise d’Abécher, dernière forteresse de l’islamisme militant dans le centre africain. — Achèvement du port de commerce de Dakar. — Création de l’université d’Alger. Affaire de l’Ouenza. Les puits artésiens creusés depuis cinq ans dans l’Algérie du Sud, ont procuré un débit de 92.185 litres à la minute. — Troubles au Tonkin causés par le Dé Tham, chef de pirates. Ouverture à l’exploitation du chemin de fer de Haïphong à Yunnansen.

1910


Progrès considérables dans l’Afrique occidentale où le commerce (277.700.000 francs), accuse un accroissement de 84 millions en deux ans. — Le chemin de fer de Konakry au Niger est inauguré à Kouroussa. — Mort du colonel Moll au combat victorieux de Dirdjil (Ouadaï). — Accord franco-turc concernant la frontière de Tripolitaine. — Voyage du président Fallières en Tunisie.

1911


Les troubles suscités au Tonkin par le Dé Tham sont apaisés. — À la demande de Moulaï Hafid, les troupes françaises marchent sur Fez, bloqué par des insurgés. Incidents d’Agadir ; difficultés avec l’Allemagne ; négociations. Traité franco-allemand reconnaissant le protectorat français au Maroc et stipulant une cession de territoire au Congo. — Congrès de l’Afrique orientale à Paris.

1912


Traité de Fez établissant le protectorat français au Maroc. — Révolte et pacification. — Moulay Youssef proclamé sultan. — Le général Lyautey, résident général. La colonne Mangin chasse de Marrakech le prétendant El Hiba. — Traité franco-espagnol au sujet du Maroc.

1913


Commission de délimitation entre les possessions françaises, le Cameroun, le Togo et Libéria. — Prise d’Aïn-Galakka (Borkou), dernier repaire d’esclavage et de pillards de l’Afrique française. — Inauguration de la gare de Bouaké, terminus actuel du chemin de fer de la Côte d’Ivoire. — L’aviateur Garros vole de Fréjus à Bizerte. Érection de Bizerte en préfecture maritime. Les tirailleurs sénégalais prennent part à la Revue du 14 juillet, à Paris. Les troupes indigènes reçoivent leurs drapeaux. — Inauguration à Beyrouth de deux nouvelles Écoles de droit et d’ingénieurs créées par l’Université de Lyon. — Attentats à Hanoï ; répression énergique. — À la suite d’une mission d’études, le programme est adopté des travaux à exécuter dans les possessions de l’Atlantique et du Pacifique en vue de l’ouverture du canal de Panama. — Projet d’établissement d’un réseau intercolonial de télégraphie sans fil partant du sud de la France et reliant la Tunisie, Djibouti, Madagascar, Pondichéry, Saïgon et Nouméa d’une part, Colomb Bechar, le Sénégal, Tombouctou, Bangui et la Martinique de l’autre.

1914


Accord franco-italien réglant la condition respective des Tripolitains en Tunisie et des Tunisiens en Tripolitaine. — Inauguration du chemin de fer de Biskra à Touggourt. — Le chemin de fer français approche d’Addis-Abada. — Au printemps de 1914, les colonies françaises (non compris l’Algérie, la Tunisie et le Maroc) comptent 5.650 kilomètres de voies ferrées en exploitation, dont 2.063 pour l’Indo-Chine et 2.503 pour l’Afrique Occidentale et 44.166 kilomètres de lignes télégraphiques, dont 14.347 pour l’Indo-Chine, 8.371 pour Madagascar et 20.320 pour l’Afrique occidentale. — Occupation du Tibesti par une colonne partie de l’Afrique occidentale. — Le 10 mai, les troupes françaises occupent Taza, joignant ainsi les « deux Maroc » (occidental et oriental) et complétant la prise de possession du pays.