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Nouvelles poésies (Van Hasselt)/Ce que l’Imitation de Jésus-Christ dit aux hommes

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Odes
Nouvelles PoésiesBruylant et Cie (p. 47-49).


Ce que l’Imitation de Jésus-Christ dit aux hommes.





Et invenietis requiem animabus vestris.
Évang. sec. Matthæum, XI, 29.





Âmes que le Seigneur éprouve,
Je suis la voix. Je suis l’esprit.
Je suis le jardin où l’on trouve
L’herbe divine qui guérit.

Cœurs blessés que le deuil désole,
Je parle à tout ce qui gémit.

Je suis la bouche qui console.
Je suis la main qui raffermit.

Voyageurs dont le ciel se voile,
Je suis le phare et la clarté.
Je suis l’astre. Je suis l’étoile
Qui luit dans toute obscurité.

Nochers qui sentez le courage
Faillir dans votre cœur humain,
Je suis votre ancre dans l’orage,
La boussole en votre chemin.

Vous tous qu’assiège la souffrance,
Que visite l’affliction,
Je suis le vase d’espérance,
L’urne de consolation.

Vous tous dont quelque membre saigne,
Je suis le baume des douleurs,
Le livre d’or qui vous enseigne
Quel trésor vous feront vos pleurs.

Vous tous que Dieu met à l’épreuve,

Je suis l’abri toujours ouvert.
Je suis la source où l’on s’abreuve
Dans les sables du grand désert.

Désespoirs, tristesses funèbres,
Nuits où l’on s’égare en luttant,
Je suis dans toutes les ténèbres
La douce aurore qu’on attend.



Mai 1855.