Nouvelles poésies (Van Hasselt)/Le Miroir caché

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Odes
Nouvelles PoésiesBruylant et Cie (p. 59-60).


Le miroir caché.





Manet altâ mente.
Virg. Æneid, I, 30.





Loin des yeux du monde en mon cœur je garde,
En mon cœur je garde un miroir charmant.
Sur son pur cristal, lorsque j’y regarde,
L’ombre du passé flotte vaguement.

Comme au fond des bois, dans son nid de mousse,
Au printemps soupire un oiseau d’amour,

Dans mon cœur tout bas une voix si douce
Chante jour et nuit, chante nuit et jour.

Dans ce beau miroir c’est ta blonde image
Que je vois toujours, ange au frais souris ;
Cet écho lointain c’est ton doux ramage,
Ô mon ange aimé que le ciel m’a pris.



12 Août 1855.