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Ornithologie du Canada, 1ère partie/La Grue du Canada

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Atelier typographique de J. T. Brousseau (p. 320-328).

LA GRUE DU CANADA.[1]
(Sand-Hill or Brown Crane.)


Linné et Temminck ont donné le nom de Grus Canadensis, Grue du Canada à un oiseau majestueux, natif de la Floride et de l’ouest des États-Unis. Boucher et Charlevoix ont tous deux assigné des Grues au Canada ; Charlevoix même en mentionne deux variétés.[2] Des naturalistes pour lesquels nous avons beaucoup d’estime, prétendent malgré tout, qu’il ne vient pas de Grues en ce pays. Mais d’où donc procède ce nom de l’Île-aux-Grues, île chérie des dieux et des chasseurs ; est-ce que l’autorité de Linné, de Temminck, de Wilson doit aller pour rien ; est-ce que le témoignage du fondateur de Boucherville ; celui encore plus précis du grand historien de la Nouvelle-France, ne doit pas être pris en compte ; est-ce que le Canada n’est pas un peu sur la ligne de marche des Grues qui émigrent chaque année de la Floride et du sud-ouest vers le cercle arctique, lieu de la ponte ? Nous prétendons donc, sauf preuve du contraire, que ces deux beaux étrangers au port majestueux et de la taille d’un grenadier, que nos chasseurs ont remarqués, à diverses reprises, ces années dernières sur la plage de l’Île-aux-Grues et sur la batture de St.-Thomas, à basse marée et auxquels ils ont tendu en vain des embûches, ne sont pas des Grands Hérons bleus, mais bien des Grues, ces oiseaux voyageurs dont parle Horace,[3] « Gruem advenam. »

La différence de plumage chez les vieux et les jeunes a été cause de bien des erreurs, de beaucoup de confusion dans les auteurs. Trois variétés de Grues sont mentionnées par Baird, dans son Rapport. C’est le plus grand oiseau de la Faune de l’Amérique ; il aime les marais, les vastes savanes, dans le voisinage de l’océan. Oiseaux essentiellement migrateurs, leur vol est extrêmement puissant et si élevé lorsqu’ils émigrent, que l’œil les voit à peine ; ceci a lieu la nuit aussi bien que le jour. Ils sont fort méfiants, fort vigilants, se nourrissent de rats, de souris, de racines d’herbes, de graines de légumes, de grenouilles, de lézards et de couleuvres. Le sens de l’ouïe et de la vue est très développé chez eux ; il est presqu’impossible de les approcher en rase campagne à moins d’user de stratagèmes. Audubon raconte qu’il découvrit un jour dans un champ une bande de Grues qui utilisaient leurs talents à déraciner les plantes aquatiques pour s’en nourrir : chaque Grue s’était creusé un trou et plongeait la tête dedans pour en tirer la racine convoitée. Caché derrière un grand cyprès, l’illustre naturaliste parvint à les approcher de près : « la tête recouverte par les petits monticules de terre qu’ils avaient accumulés, ces oiseaux me faisaient, dit-il, la figure d’une bande de porcs ou d’ours se vautrant dans la boue. Je sifflai, et tous de lever bien haut la tête : la tentation était trop forte, je lâchai la détente et sept Grues furent blessées ou tuées. » Les blessées sont très dangereuses au chasseur ou à son chien : leur long bec est une arme vraiment meurtrière ; des personnes ont eu la main percée d’outre en outre, et des chiens de chasse ont été blessés à mort en un instant. Selon les circonstances, ces oiseaux passent la nuit à terre ou se perchent sur des grands arbres, six à sept s’établissent ensemble sur la même branche. Ils passent d’abord une demi-heure à lisser leur plumage, se tenant droit sur leurs pieds ; puis ils s’accroupissent sur la branche comme des Dindons sauvages. Ceux qui passent la nuit dans les marais, se tiennent sur une patte, replient l’autre et s’abritent la tête sous les larges plumes de leurs épaules ; la pluie ou le beau temps, détermine l’heure où ils quitteront ou regagneront le perchoir de la veille ; avant de prendre leur essor, ils courent l’espace de quelques minutes, ensuite ils rasent le sol pour une quarantaine de verges, puis s’élèvent en tournoyant et en croisant leur vol. Si l’on tire sur la bande, elle fait entendre un cri retentissant ; leur chant d’amour ou leur cri de guerre au printemps est également sonore et peut, dit Audubon, s’entendre de près de trois milles.

Ce naturaliste avait reçu en présent une Grue, qui devint bientôt, en captivité, d’une rare docilité ; il trace une peinture charmante de sa mansuétude et de sa sociabilité ; le compagnon de sa Grue était un oiseau sauvage, une amitié inaltérable se cimenta entre les deux prisonniers.

La Grue du Canada niche à terre, sur des petits monticules qu’elle élève au milieu des terres basses et marécageuses ; deux œufs d’un bleu pâle tachés de brun sont le fruit de ses amours. Les traits distinctifs de la Grue parmi les autres espèces de la même famille, sont sa taille supérieure, sa tête chauve, et le rebord de plumes qui projette au-dessus de la queue ; sa structure interne en diffère également ; elle n’a pas comme les Hérons, la griffe médiane, frangée comme un peigne.

La Grue du Canada a le bec noirâtre, jaune vers sa base ; l’iris, jaune ; la partie chauve de la tête, carmin avec des poils noirs ; les pieds, noirs ; le plumage est d’un blanc pur, à l’exception des primaires, des couvertures supérieures qui sont d’un brun noirâtre ; la queue est courte, arrondie et composée de douze larges plumes arrondies.

Longueur totale, 54, envergure, 92.

Les jeunes après leur première mue ont le plumage en général bleu-gris ; les primaires, d’un brun foncé vers leur extrémité ; à mesure que l’oiseau vieillit, ses couleurs se changent au blanc.

On trouve dans Hérodote une curieuse histoire, dans laquelle les Grues jouent un rôle qui explique la vénération des Grecs pour ces oiseaux.

« Ibycus de Rhegium, célèbre poëte lyrique, se rendait aux jeux olympiques pour y disputer le prix de la poësie ; il cheminait à pied, n’emportant que sa lyre, sur laquelle il essayait en marchant, quelques accords inspirateurs. Près d’arriver au terme de son voyage, distrait sans doute par ses rêveries, il s’égara vers le soir dans une sombre forêt. Deux hommes armés sortent brusquement d’un taillis, s’élancent sur lui et le percent de coups. Ibycus tombe mourant sur le gazon et porte ses derniers regards vers le ciel, empourpré des feux de l’occident. En ce moment suprême, il voit passer au-dessus de sa tête une troupe de Grues : “Oiseaux voyageurs, s’écrie-t-il d’une voix expirante, je vous prends à témoin, dénoncez les assassins d’Ibycus.” Les brigands riant de cette invocation, dépouillent leur victime et se retirent.

« Le lendemain, les jeux commencèrent à Olympie, et Ibycus ne paraissait pas. L’assemblée l’appelait à grands cris, et déjà plusieurs de ses rivaux s’étaient fait entendre, lorsqu’un homme, couvert de poussière, s’avance à pas précipités au milieu de l’arène, tenant en mains une lyre brisée et teinte de sang ; il la montre au peuple, et prononce le nom d’Ibycus ; c’était la lyre du poëte, que cet homme avait trouvée le matin même près de son cadavre. À cette vue un long et douloureux gémissement s’élève dans l’immense amphithéâtre, et les assistants déplorent la fin tragique et prématurée du jeune favori des muses, mais la multitude si prompte à sentir, n’est pas moins prompte à oublier ; les jeux et les combats se succèdent, et le souvenir d’Ibycus est déjà enveloppé dans les nuages du passé.

« La nuit s’approchait, et allait interrompre les plaisirs de l’assemblée, lorsque tout à coup une troupe de Grues passa au-dessus de l’arène ; leur cri de rappel, descendant du haut des nues, frappe les oreilles des spectateurs, et tous lèvent la tête pour voir passer la phalange aérienne : deux d’entre eux, placés sur les gradins élevés de l’amphithéâtre, se disent l’un à l’autre à demi-voix et d’un ton railleur : “Vois-tu les Grues d’Ibycus ?” Ce propos singulier est entendu par leurs voisins, et passe bientôt de bouche en bouche : le sens obscur de ces paroles, l’air de moquerie qui les accompagne, l’air sinistre de ceux qui les ont prononcées, tout contribue à éveiller le soupçon dans l’esprit des assistants. Bientôt ces hommes sont arrêtés, interrogés séparément, réduits à confesser leur crime, qu’ils expient par un prompt supplice ; et la mission vengeresse confiée par le poëte mourant aux oiseaux voyageurs est fidèlement accomplie ! »

Contrastons les habitudes de nos Grues, oiseaux modestes et rangés, avec celles de l’espèce fringante d’Afrique, que Toussenel décrit en ces termes :

« La plus coquette de toutes les Grues, celle qui raffole le plus de danse et de colifichets, est la Grue du pays des nègres, celle qu’on appelle la Grue Couronnée du Sénégal. Cet oiseau affiche une gaieté folâtre que la captivité altère à peine. Elle aime à se couvrir d’aigrettes et de pierreries (verroteries vaudrait peut-être mieux) ; elle en porte depuis le bout des pennes jusqu’au-dessous des yeux. Néanmoins son goût passionné pour les étoffes voyantes lui fait tort. Le velours et la pourpre, le blanc d’argent et le jaune d’or, se font si souvent opposition dans son costume que ce costume finit par ressembler à un habit d’harlequin et par manquer de distinction, sinon d’originalité. On reproche encore à la Grue Couronnée d’avoir le nez camard, de se trémousser trop vivement dans ses passes, et d’apporter dans la contredanse des poses risquées et orageuses sentant leur Bamboula. Bien entendu que ce n’est pas moi qui fais entendre ces plaintes, mais les faux moralistes qui voient du mal partout.

« La Demoiselle de Numidie a plus de monde, plus de retenue et de décence ; elle sait allier la souplesse chorégraphique et la grâce des poses à la dignité du maintien. C’est une grande dame du siècle de Louis XIV qui affectionne par-dessus tout le menuet, et méprise souverainement le galop et la valse qui chiffonnent les robes. Sa mise, très-recherchée sans en voir l’air, est un modèle de bon goût et de simplicité. Les Demoiselles aiment à contempler leur portrait dans le cristal des ondes et aussi dans les miroirs de Venise. J’approuve d’autant plus ce goût, qui ne fait de tort à personne, que les motifs de cette coquetterie apparente sont presque toujours très-louables. En liberté, les Demoiselles se mirent pour voir si chaque pièce de leur uniforme est bien exactement à sa place, et on saura tout à l’heure la raison de ce respect méticuleux de la tenue ; en esclavage, elles sont heureuses de retrouver dans leur image celle de compagnes chéries dont elles pleurent l’absence ; car l’amour de ses proches et une des vertus de la famille.

« Aristote raconte que les Demoiselles sont tellement passionnées pour la danse qu’elles en oublient quelquefois le sentiment de leur conservation personnelle, et qu’elles se laissent souvent surprendre par l’ennemi au milieu d’une figure. Elles aiment trop le bal… On croit que leur nom de Demoiselles leur vient de l’habitude qu’elles ont de se rengorger quand on les examine, à l’instar des jeunes filles de province. Des barbares ont exploité autrefois, à ce qu’on dit, la passion des pauvres bêtes pour la parure et pour les ablutions de toilette en leur tendant un piége indigne. Le procédé consistait à se laver d’abord le visage et les mains à une certaine distance de ces oiseaux qui vous regardent faire, puis à mettre dans la cuvette, au lieu d’eau, de la glu, et à s’éloigner doucement. Les curieuses, après votre départ, ne manquaient pas de vouloir répéter l’expérience ; elles se barbouillaient de glu le visage, les mains et le poitrail, et ne tardaient pas à devenir victimes de leur curiosité. Si cette fable était une histoire, elle prouverait que l’homme est un être bien méchant et bien peu ingénieux.

« Les grues d’Europe et celles d’Asie partagent naturellement la passion de leurs congénères pour la danse. Kempfer a écrit qu’au Japon on les dressait à cet exercice, et que des maîtres habiles leur faisaient exécuter de savantes pantomimes et des rondes merveilleuses. Les personnes qui ont vu des ballets de dindes domestiques ne trouveront rien de surprenant à ce fait. Les dindes domestiques, sans être ennemies de la danse, ont cependant beaucoup moins de vocation que les grues pour cet art.

« Le caractère moral qui distingue le genre Grue de tous les autres est le respect de la discipline et de l’ordre qui explique l’importance de la tenue. Rien dans cette république ne se promulgue et ne se fait qui n’ait été délibéré préalablement en séance publique, et l’obéissance à la loi y est considérée comme le premier devoir de tous les citoyens. L’heure et le jour des départs sont réglés par un sénatus-consulte à la rédaction duquel prennent part tous les adultes. Les chefs de l’expédition sont nommés dans l’assemblée à la pluralité ou pour mieux dire à l’unanimité des voix ; car il n’y a pas de brigue possible là où l’obtention des grades ne confère d’autre avantage que celui de servir la république au poste le plus périlleux ; et alors les suffrages vont tous au mérite et à la capacité, aux ailes les plus vigoureuses, à la vue la plus perçante, à l’érudition géographique la plus consommée. Quand le sort d’une expédition dépend de l’expérience et de la sagesse du chef qui la conduit, on conçoit que le choix de ce chef soit pour tous les intéressés l’objet d’un examen approfondi, et comme ici, l’intérêt de tous les associés est le même, on ne voit pas de raison pour que le vote s’égare et aille à un indigne. Le genre Homme est, sous ce dernier rapport, beaucoup moins avancé que le genre Grue ; c’est un aveu humiliant à faire. Le genre Homme a reconnu explicitement, du reste, la sagesse qui préside aux délibérations du genre Grue en donnant à ses assemblées politiques et diplomatiques le nom significatif de congrès, qu’il a tiré du verbe latin Congruere, se réunir à la façon des grues. Congrès, comme qui dirait l’ensemble par excellence.

« L’ordre de vol que suivent les grues dans leurs émigrations périodiques est l’ordre triangulaire, qui était aussi l’ordre d’attaque de la phalange macédonienne. On sait la puissance ordonnatrice du nombre trois et du triangle. Les cygnes, les oies et les canards, et tous les oiseaux lourds qui comprennent la nécessité de ménager leurs moyens, ont adopté comme la grue l’ordre triangulaire, qui doit être le plus avantageux pour fendre l’air, puisque tant d’espèces savantes l’ont choisi.

« Cicéron, dans son traité de la Nature des dieux, explique d’une façon très-ingénieuse que l’ordre de marche des grues est combiné de manière à ce que l’arrière-garde pousse en avant le corps de bataille. Je ne suis pas bien sûr des raisons du beau diseur, mais il est vraisemblable, d’après les déplacements perpétuels qui s’opèrent dans les rangs de tous les oiseaux dont le vol dessine un triangle ou plutôt un angle aigu, que le poste le plus difficile à tenir est celui du sommet de l’angle. L’oiseau placé à ce poste est un chef de nage qui a pour office de rompre le courant de l’air et de frayer la voie à ceux qui le suivent. Aussi le voit-on, quand ses ailes se sont épuisées à ce travail, céder la place à un autre et prendre position à l’arrière-garde. On a remarqué en outre que les soldats du centre demeuraient étrangers à ces revirements, et on en a conclu judicieusement que les rangs intermédiaires devaient se composer des jeunes de l’année, et que les adultes s’arrangeaient de manière à prendre pour eux toute la peine. Ce n’est pas la seule preuve de fraternité et de sagesse qu’offre la conduite de l’espèce exemplaire dont nous parlons ici.

« Les anciens, qui prêtaient beaucoup d’attention aux choses de la nature et surtout au vol des oiseaux, croyaient avoir observé que les grues n’abandonnaient jamais leur ordre de vol triangulaire que devant l’imminence d’une grave perturbation atmosphérique ou l’apparition de l’aigle, leur ennemi redouté, et ils ont forgé à ce propos des contes amusants qu’a ramassés naturellement la crédulité des modernes ; car, tant que la réalité sera laide, il faudra bien que les hommes, qui sont par essence amis du beau, l’aillent chercher dans la fable.

« Les Grecs ont raconté, par exemple, que lorsque les grues des environs de la mer Noire approchaient des monts Taurus, qui se trouvent sur la route de la Thrace et de la Scythie à l’Égypte, elles allaient passer l’hiver, la crainte de tomber dans les croisières des aigles qui peuplent cette chaîne leur faisait prendre des précautions toutes particulières. Un premier ordre du jour prohibait d’abord les voyages diurnes ; un second invitait tous les voyageurs à prendre un caillou dans leur bec pour se tenir la langue captive pendant la route. Au moyen de ces précautions, les traversées s’opéraient sans encombre ; ou si quelque catastrophe arrivait par suite de l’indiscrétion d’une personne de la société, au moins était-il facile de connaître sur le champ la coupable ; et comme le châtiment suivait de près la faute, l’exemple guérissait les bavardes de la démangeaison de jaser.

« Les Grecs n’ont pas menti en affirmant que beaucoup d’oiseaux peureux intervertissaient leurs heures de départ, quand ils avaient à traverser des parages redoutables. Le fait est vrai pour la grue comme pour l’oie, le canard, la grive et une foule d’autres espèces voyageuses. Il n’y a de controuvé ici que le procédé du caillou.

« Ayant observé que les grues avaient emprunté aux guerriers l’habitude de disposer des sentinelles la nuit autour du camp qu’elles ont choisi pour pâturer et dormir, les mêmes Grecs ont également éprouvé le besoin de faire intervenir un second caillou dans l’histoire. Bien que la nouvelle fable ne soit qu’une variante de la première, elle a eu plus de succès encore, tant de succès que la grue est devenue du fait l’emblème officiel de la vigilance, et que la corporation des typographes a fini par l’adopter pour attribut.

« J’ai dit l’histoire, voici le conte. Il arriva une nuit que par le défaut de vigilance d’une sentinelle qui s’était endormie, un ennemi féroce qu’on suppose être un renard, s’introduisit dans le camp et y moissonna largement pour le compte de la mort. Alors, pour prévenir le retour d’un semblable désastre, il fut décidé qu’à l’avenir les sentinelles seraient obligées de se tenir sur une seule patte et d’avoir un caillou dans l’autre pour que la chute de ce corps les réveillât lorsqu’elles seraient sur le point de succomber au sommeil. Et depuis ce jour-là le signe hiéroglyphique de la vigilance fut une grue en faction tenant en sa patte un caillou. Il y a tel Elzévir à la grue qui vaut aujourd’hui des sommes folles.

« Au surplus, ce n’est pas d’hier que datent les bons rapports des grues et des lettrés. Une opinion vieille comme le monde ou comme le jeu d’échecs, veut que ce soient ces bêtes qui aient soufflé à Palamède l’invention de la lettre V (n grec) et celle de la lettre Y (upsilon), qui représentent toutes deux l’angle aigu que les grues décrivent dans leur vol. De là le nom de l’oiseau de Palamède décerné à la grue. »


  1. No. 479. — Grus Canadensis. — Baird.
    Grus Americana.Audubon.
  2. « Nous avons des Grues de deux couleurs ; les unes sont toutes blanches ; les autres d’un gris de lin. Toutes font d’excellents potages. » — (Voyage en Amérique.)
  3. Épodon.