Page:Énault, Feuillet, Ferrier, Labiche - Le chien du capitaine, La fée, Le codicille, Le major Cravachon, 1897.djvu/240

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Gaston. Ne dites pas non tout de suite, et je me retire, moins malheureux déjà que je n’étais venu.

Marie. Un moment… Si ! si ! l’épreuve du codicille ! Vous m’aimez, monsieur, et je vous crois… et je suis assurée que vous n’aimez que moi !

Gaston. Vous ! vous seule ! votre beauté ! votre grâce ! votre distinction !

Marie, à part. Naturellement ! (Haut.) Je ne crains plus de vous faire une révélation qui refroidirait peut-être une tendresse moins passionnée…

Gaston. Vous avez une révélation à me faire ?

Marie, à part. La voix lui tremble !

Gaston, à part. Est-ce que M. de Chantenay aurait laissé un intérimaire ?

Marie. Vous paraissez troublé ?

Gaston. Intrigué seulement… Cette révélation ?…

Marie. Rassurez-vous ! elle ne touche ni à mon honneur, ni à ma dignité, ni à rien de ce que vous aimez en moi.

Gaston. Je m’en serais porté garant, madame !

Marie. Elle n’a trait qu’à de misérables détails de fortune. (À part.) Son front ne se rembrunit pas !

Gaston. Bien misérables, en effet !… Laissons cela ! c’est affaire au tabellion, comme eussent dit nos pères !

Marie, à part. Ce désintéressement ?…

Gaston. Vous ne me ferez pas cette injure de croire que votre fortune ait été du moindre effet sur mon cœur ?…

Marie, à part. Il fait le brave !

Gaston. Ma parole d’honneur ! Vous n’auriez ni une terre, ni un diamant, ni un coupon de quoi que ce fût, je l’aimerais mieux ainsi !

Marie. Vraiment, vous me souhaiteriez ?…