Page:Études religieuses, historiques et littéraires, volume 69, septembre-décembre 1896.djvu/384

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pleront ses forces. Nous signalerons seulement les plus importantes, et nous en emprunterons la formule au correspondant de l’Univers (5 octobre 1896), d’autant plus volontiers que tout à l’heure nous serons d’accord avec la rédaction de ce journal, pour faire de ces principes une application plus sévère que celle de Mr l’abbé Pillet.

1° Avant de combattre la franc-maçonnerie, il faut la connaître et la faire connaître : on n’y parviendra que par une étude sérieuse de son but, de ses doctrines et de ses manœuvres.

« Le Congrès recommande vivement aux écrivains catholiques de ne dire que ce qu’ils savent avec certitude, de s’appuyer sur des documents sûrs et authentiques, et d’éviter de produire des livres dont le succès est peut-être plus facile et la vente plus copieuse, mais dans lesquels il est impossible de discerner ce qui est vrai de ce qui est faux, ce qui est réel de ce qui est uniquement le produit de l’imagination de l’auteur. »

2° L’étude, même avec la prière, n’est qu’un premier pas : il faut agir sur le peuple par tous les moyens possibles : conférences, bibliothèques, propagande de livres et brochures antimaçonniques, prix accordés aux meilleurs ouvrages contre la secte : tout cela est approuvé et encouragé par le Congrès

3° Mais la décision la plus grave est celle qui organise fortement l’action collective sous la direction du Pape, des évêques et du clergé. Ce qui nous a nui jusqu’à présent, surtout en France, c’est le défaut de discipline, et peut-être aussi la multiplicité d’œuvres diverses, de Ligues et d’Unions antimaçonniques. Le Congrès a donc constitué un état-major qui donnera l’impulsion aux combattants du monde entier. Un comité central sera établi à Rome sous les yeux du Souverain Pontife, afin de donner une direction sûre aux comités de chaque pays, et aux associations de tout genre qui, avec l’approbation des évêques, se formeront pour combattre l’armée du mal.

4° Enfin en édictant une grande loi de prudence, le Congrès a rassuré bien des consciences anxieuses. Ici surtout citons textuellement M. l’abbé Pillet :

« Les comités supérieurs régionaux ou locaux auront encore une autre mission à remplir, assez difficile et assez délicate, cependant de la plus haute importance. Assez souvent des transfuges de la maçonnerie ou soi-disant transfuges, se présentent à nous, demandant à être accueillis avec la charité réservée au pécheur repentant, et venant offrir de combattre dans nos rangs en dénonçant les secrets et les crimes qu’ils ont pu connaître. Parmi ceux-là, les uns, tout en étant réellement et sincèrement convertis, n’ont pas toujours la prudence et la discrétion nécessaires, et quelquefois ne comprennent pas suffisamment que les fautes graves dont ils se sont rendus coupables, les erreurs auxquelles ils ont participé, semblent leur imposer une retenue