Page:Œuvres complètes, Impr. nat., Actes et Paroles, tome III.djvu/70

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62 DEPUIS L’EXIL. — PARIS. — 1870.

Et ce n’est pas seulement dans les Châtiments que vous pouvez puiser, c’est dans toutes mes œuvres.

Je vous redis à vous la déclaration que j’ai déjà faite à tous. Tant que durera cette guerre, j’autorise qui le veut à dire ou à représenter tout ce qu’on voudra de moi, sur n’importe quelle scène et n’importe de quelle façon, pour les canons, les combattants, les blessés, les ambulances, les municipalités, les ateliers, les orphelinats, les veuves et les enfants, les victimes de la guerre, les pauvres, et j’abandonne tous mes droits d’auteur sur ces lectures et sur ces représentations. C’est dit, n’est-ce pas ? Je vous serre la main. Victor Hugo.

Quand vous verrez votre ami M. Cernuschi, dites-lui bien combien j’ai été touché de sa visite. C’est un très noble et très généreux esprit. Il comprend qu’en ce moment où la grande civilisation latine est menacée, les italiens doivent être français. De même que demain, si Rome courait les dangers que court aujourd’hui Paris, les français devraient être italiens. D’ailleurs, de même qu’il n’y a qu’une seule humanité, il n’y a qu’un seul peuple. Défendre partout le progrès humain en péril, c’est l’unique devoir. Nous sommes les nationaux de la civilisation.