Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 2.djvu/145

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qu’on nous montre un article du tarif qui protége directement le travail des bras ; car, quant à cette protection par ricochet dont on berce le peuple, pourquoi les manufacturiers ne la prennent-ils pas pour eux ? pourquoi ne font-ils pas une loi qui double les salaires, en vue du bien qu’il leur en reviendra par ricochet ? Les journaux, auxquels nous répondons ici, savent bien que toutes les démocraties du monde sont pour le libre-échange ; qu’en Angleterre la lutte est entre l’aristocratie et la démocratie ; que la Suisse démocratique n’a pas de douanes ; que l’Italie révolutionnaire proclame la liberté ; que le triomphe de la démocratie aux États-Unis a fait tomber la protection ; que 89 et 93 décrétèrent le droit d’échanger, et que la Chambre du double vote le confisqua. Ils savent cela, et ce sera l’éternelle honte de nos journaux indépendants d’avoir déserté la cause du peuple. Un jour viendra, et il n’est pas loin, où on leur demandera compte de leur alliance avec le privilége, surtout à ceux d’entre eux qui ont commencé par déclarer que la cause du Libre-Échange était vraie, juste et sainte en principe.

Quant à l’accusation, ou conjecture du Courrier de Vasconie, nous lui déclarons qu’elle est fausse. Le signataire du Libre-Échange affirme sur l’honneur qu’il n’a jamais été en haut lieu, qu’il ne connaît aucun ministre, même de vue, qu’il n’a eu avec aucun d’entre eux la moindre relation directe ou indirecte, que ses impulsions ne partent que de ses convictions et de sa conscience.