Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 2.djvu/148

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qu’elle exerce. Dès qu’on protégera directement avec une efficacité suffisante, nous demanderons la suppression absolue des douanes, que vous voulez conserver à condition qu’elles ne prélèvent pas plus de 20 p. 100. Vous voyez bien, monsieur, que nous n’avons jamais été d’accord, pas plus en 1840 qu’aujourd’hui.

Nous sommes et nous avons toujours été protectionnistes : vous êtes anti-protectionniste.

Nous trouvons barbare et détestable le système douanier ; nous ne le souffrons que temporairement, provisoirement, comme instrument d’une protection dont vous ne voulez pas, mais à laquelle nous tenons beaucoup. — Vous, vous ne repoussez les douanes qu’autant qu’elles font de la protection au-dessus de 20 p. 100 ; vous les maintenez pour donner des revenus au trésor.

En résumé, nous sommes plus libre-échangistes que vous, puisque nous ne voulons pas même de la douane pour cause de fiscalité ; et nous sommes, en même temps, protectionnistes. Vous, monsieur, et vos amis, vous êtes purement et simplement anti-protectionnistes.

Les choses ainsi rétablies dans leur sincérité, vous reconnaîtrez, je l’espère, monsieur, que si nous ne sommes pas d’accord avec vous, nous avons du moins toujours été parfaitement d’accord avec nous-mêmes.

Agréez, etc.

Victor Considérant.




À MONSIEUR CONSIDÉRANT, DIRECTEUR DE LA DÉMOCRATIE PACIFIQUE, MEMBRE DU CONSEIL GÉNÉRAL DE LA SEINE.


Monsieur,

Il est certainement à désirer que les hommes sincères, qui ont le malheur de différer d’opinions sur un sujet grave,