Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 2.djvu/470

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{{tiret2|dé|monstrationx}, une fois pour toutes, et s’il fallait le prouver en toute rencontre ? On n’en finirait pas.

De même, si vos adversaires prouvent que toute restriction entraîne deux pertes pour un profit, exigez qu’ils recommencent la démonstration dans chaque cas particulier, et dites hardiment qu’en économie politique il n’y a pas de vérité absolue[1].

Profitez de l’immense avantage d’avoir affaire à une nation qui pense que rien n’est vrai ni faux.

Conservez toujours votre position actuelle à l’égard de nos adversaires.

Que demandons-nous ? des priviléges.

Que demandent-ils ? la liberté.

Ils ne veulent pas usurper nos droits, ils se contentent de défendre les leurs.

Heureusement, dans leur ardeur impatiente, ils sont assez mauvais tacticiens pour chercher des preuves. Laissez-les faire. Ils s’imposent ainsi le rôle qui nous revient. Faites semblant de croire qu’ils proposent un système nouveau, étrange, compliqué, hasardeux, et que l’onus probandi leur incombe. Dites que vous, au contraire, ne mettez en avant ni théorie ni système. Vous serez affranchi de rien prouver. Tous les hommes modérés seront pour vous.




  1. V. ci-dessus les nos 57 et 58, pages 377 et 384, et V. au tome IV, pages 79, 86 et 94, les chapitres xiii, xiv et xviii de la première série des Sophismes. (Note de l’éditeur.)