Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 2.djvu/93

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16. — LA TRIBUNE ET LA PRESSE, À PROPOS DU TRAITÉ BELGE.


(Journal des Économistes.) Avril 1846.


Voici quelque chose de nouveau, — ce que les Anglais appellent a free-trade debate, — une joute entre deux principes, la liberté et la protection. — Pendant bien des années, les chefs de la Ligue ont provoqué, au sein des Communes, de semblables discussions. Sûrs d’être défaits, ils ne regardaient pas comme inutiles ces longues et laborieuses veilles où s’élaborait cette reine du monde, l’opinion ; — l’opinion qui assure enfin leur victoire. Pendant ce temps-là, il ne se fût pas trouvé chez nous un député assez audacieux pour articuler cette impopulaire expression : un principe. L’inattention, le dédain, la raillerie, peut-être quelque chose de pis, eussent prouvé au téméraire qu’il est des époques où, si l’on n’est pas sceptique, il faut du moins le paraître, et où quiconque croit à quelque chose n’est propre à rien.

Enfin, voici venir l’ère des discussions théoriques, les seules, il faut le reconnaître, qui grandissent les questions, éclairent l’esprit public. La protection et la liberté se sont prises corps à corps, à propos du traité belge. — Je dis à propos, car il était le prétexte plutôt que le sujet du débat.