Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 3.djvu/502

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nous a pas témoigné le moindre sentiment d’hostilité. Si les classes ouvrières sont appelées à faire partie de la milice, qu’elles demandent au moins au gouvernement de connaître la cause pour laquelle elles sont destinées à combattre ; qu’elles prennent avantage de l’obligation qu’on leur imposera de verser leur sang, s’il en est besoin, pour revendiquer les droits du citoyen et quelques biens qui valent la peine d’être défendus. (Applaudissements.)

Des remercîments sont ensuite votés aux membres du Parlement qui ont honoré le banquet de leur présence ; puis l’assemblée se sépare.




À partir de la révolution de Février, des devoirs nouveaux et impérieux réclament tous les instants de Bastiat. Il s’y dévoue avec une ardeur funeste à sa santé et interrompt la tâche qu’il s’était donnée de signaler à la France les bienfaits de la liberté commerciale en Angleterre.

Une invitation lui parvint, le 11 janvier 1849, de la part des free-traders, qui avaient résolu de célébrer à Manchester le 1er février, ce jour où, conformément aux prescriptions législatives, toute restriction sur le commerce des grains devait cesser. Nous reproduisons la réponse qu’il fit alors à M. George Wilson, l’ancien président de la Ligue et l’organe du comité chargé des préparatifs de cette fête.


Monsieur,


« Veuillez exprimer à votre comité toute ma reconnaissance pour l’invitation flatteuse que vous m’adressez en son nom. Il m’eût été bien doux de m’y rendre, car, Monsieur, je le dis hautement, il ne s’est rien accompli de plus grand dans ce monde, à mon avis, que cette réforme que vous vous apprêtez à célébrer. J’éprouve l’admiration la plus profonde pour les hommes que j’eusse rencontrés à ce banquet, pour les George Wilson, les Villiers, les Bright, les Cobden, les