Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 4.djvu/452

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BACCAULAURÉAT

ET SOCIALISME




Citoyens représentants,


J’ai soumis à l’Assemblée un amendement qui a pour objet la suppression des grades universitaires. Ma santé ne me permet pas de le développer à la tribune. Permettez-moi d’avoir recours à la plume[1].

La question est extrêmement grave. Quelque défectueuse que soit la loi qui a été élaborée par votre commission, je crois qu’elle marquerait un progrès signalé sur l’état actuel de l’instruction publique, si elle était amendée ainsi que je le propose.

Les grades universitaires ont le triple inconvénient d’uniformiser l’enseignement (l’uniformité n’est pas l’unité) et de l’immobiliser après lui avoir imprimé la direction la plus funeste.

S’il y a quelque chose au monde qui soit progressif par nature, c’est l’enseignement. Qu’est-ce, en effet, sinon la transmission, de génération en génération, des connaissances

  1. Vingt ans auparavant, l’auteur, dans son premier écrit, signalait déjà la liberté de l’enseignement comme l’une des réformes que la nation devait s’efforcer d’obtenir. Voy., au tome Ier, l’opuscule intitulé : Aux électeurs du département des Landes.(Note de l’éditeur.)