Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 6.djvu/267

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toutes les idées morales de ce pays se puisent dans l’histoire de l’antiquité et du moyen âge.

Mais lorsqu’on porte sa pensée, non sur la soustraction des capitaux, mais sur leur formation par l’activité intelligente, la prévoyance et la frugalité, il est impossible de ne pas reconnaître qu’une vertu sociale et moralisante est attachée à leur acquisition.

S’il y a de la sociabilité morale dans la formation du capital, il n’y en a pas moins dans son action. Son effet propre est de faire concourir la nature ; de décharger l’homme de ce qu’il y a de plus matériel, de plus musculaire, de plus brutal dans l’œuvre de la production ; de faire prédominer de plus en plus le principe intelligent ; d’agrandir de plus en plus la place, je ne dis pas de l’oisiveté, mais du loisir ; de rendre de moins en moins impérieuse, par la facilité de la satisfaction, la voix des besoins grossiers, et d’y substituer des jouissances plus élevées, plus délicates, plus pures, plus artistiques, plus spirituelles.

Ainsi, à quelque point de vue qu’on se place, qu’on considère le Capital dans ses rapports avec nos besoins qu’il ennoblit, avec nos efforts qu’il soulage, avec nos satisfactions qu’il épure, avec la nature qu’il dompte, avec la moralité qu’il change en habitude, avec la sociabilité qu’il développe, avec l’égalité qu’il provoque, avec la liberté dont il vit, avec l’équité qu’il réalise par les procédés les plus ingénieux, partout, toujours et à la condition qu’il se forme et agisse dans un ordre social qui ne soit pas détourné de ses voies naturelles, nous reconnaîtrons en lui ce qui est le cachet de toutes les grandes lois providentielles : l’Harmonie.