Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/205

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royaumes l’esprit du libre-échange, mais son œuvre était loin d’être achevée, lorsqu’une maladie mystérieuse, dans le règne végétal, anéantit une grande partie des subsistances du peuple. L’aristocratie cédant, non à la persuasion, mais à la nécessité, se décida à ouvrir les ports, ce qui arracha à Cobden cette réflexion juste et triste : « C’est une chose humiliante et bien propre à rabaisser l’orgueil de l’homme qu’une tache noire sur la plus humble des racines alimentaires ait plus fait pour la liberté du commerce que nos sept années d’efforts, de dévouement et de sacrifices. »

Aussi qu’est-il arrivé ? Une chose à laquelle on devait s’attendre : c’est que l’esprit du monopole qui, au Parlement, a cédé sur un point et sans conviction à l’empire de la nécessité, n’en dirige pas moins la politique de la Grande-Bretagne[1].


39. — À MM. LES MEMBRES DU CONSEIL GÉNÉRAL DE LA SEINE[2].


Messieurs,

Pour vous décider à persister dans la réserve où vous avez cru devoir vous renfermer l’année dernière, l’Association qui ne veut pas que les échanges soient libres vous a

  1. Ici s’arrête le manuscrit du discours projeté. Quelques notes qui y sont jointes indiquent comment l’auteur entendait le terminer. Il devait exposer que l’esprit de liberté et l’esprit d’oppression se livreraient encore plus d’un combat au Parlement ; que le parti libéral y était devenu plus fort depuis les dernières élections ; que ce parti, d’après ses actes anciens et récents, méritait la confiance et la sympathie de la France. En d’autres termes, il devait développer devant le public de Bayonne la même idée qu’on trouve dans quelques-uns de ses écrits, notamment t. III, p. 459, et au présent volume, dans l’ébauche intitulée et anglomanie, anglophobie.(Note de l’édit.)
  2. Libre-échange du 14 novembre 1847.(Note de l’éd.)