Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/229

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lés au sein de vos peuples, puisqu’aussi bien vous ne nous laissez pas d’autre planche de salut. »

Voilà bien notre position à l’égard des rois et des aristocraties de l’Europe.

Les rois, nous le craignons, ne le comprendront pas. Quand les a-t-on vus se sauver par la prudence et la justice ?

Nous ne devons pas moins le leur dire. Il ne leur reste qu’une ressource : être justes envers leurs peuples, les soulager du poids de l’oppression, et prendre-sur-le champ l’initiative du désarmement.

Hors de là, leur couronne est livrée au hasard d’une grande et suprême lutte. Ce n’est pas la fièvre révolutionnaire, ce sont les précédents et la nature même des choses qui l’ordonnent.

Les rois diront : N’est-ce pas notre droit de rester armés ?

Sans doute, c’est leur droit, à leurs risques et périls.

Ils diront encore : La simple prudence n’exige-t-elle pas que nous restions armés ?

La prudence veut qu’ils désarment de suite et plutôt aujourd’hui que demain.

Car tous les motifs qui pousseront la France au dehors, si on la force à armer, la retiendront au dedans, si on la met à même de réduire ses forces militaires.

Alors la République sera intéressée à supprimer en toute hâte les impôts les plus odieux ; à laisser respirer le peuple ; à laisser se développer le capital et le travail ; à abolir les gênes et les entraves inséparables des lourdes taxes.

Elle accueillera avec joie la possibilité de réaliser ce grand principe de fraternité qu’elle vient d’inscrire sur son drapeau.