Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/404

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tion, tout est perdu ! Nous en avons bien la preuve. Notre Constitution met en présence deux pouvoirs égaux sans moyen de résoudre les conflits possibles. C’est un grand vice. Et qu’est-il arrivé ? Au lieu d’attendre au moins que ce vice se révélât et que le temps amenât le conflit, le ministère s’est hâté de le faire surgir sans nécessité. — C’est la pensée d’un homme qui a hâte de faire sortir des faits la critique de nos institutions. Et pourquoi cet homme a-t-il agi ainsi ? Est-ce nécessité ? Non. Mais il est un de ceux que la révolution a cruellement froissés, et, sans s’en rendre compte, il prend plaisir à se venger aux dépens du pays.

Quant à mon sort personnel, j’ignore ce qu’il sera. Le pays pourra me reprocher d’avoir peu travaillé ! En vérité, ma santé a été un obstacle invincible. Elle a paralysé mes forces physiques et morales. J’ai ainsi trompé l’attente de mes amis. Mais est-ce ma faute ? Quoi qu’il en soit, si le mandat m’est retiré, je reprendrai, sans trop d’amertume, mes chères habitudes solitaires. Adieu.




Sans date.

Votre lettre m’arrive accolée à celle de M. Dup… M. le ministre du commerce m’avait d’abord fait des promesses. Plus tard j’ai su que Duv… insistait avec l’acharnement que vous lui connaissez. Hier soir, je me suis rendu chez Buffet, emmenant avec moi Turpin. Comme celui-ci a assisté au Conseil général, il pouvait attester ce qui s’y est passé, et il l’a fait en termes très formels. Nous y avons rencontré Dampierre, qui nous a aidés. Malgré tout cela, j’ai vu que le ministre était mal à l’aise ; il faut que les obsessions de