Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/411

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


eût demandé la prolongation d’un état de choses contraire aux lois en se fondant sur les nécessités de l’ordre, on eût accordé. Mais il vient dire : Nous demandons l’arbitraire, et l’Assemblée nationale n’est pas juge du temps que cet arbitraire doit durer ! Le plus grand despote du monde ne peut pas demander autre chose. Je ne pouvais acquiescer.

Quant aux élections, elles seront ce que le bon Dieu voudra. Si je dois succomber, j’en ai pris mon parti d’avance ; car j’ai bien des travaux à faire en dehors du Parlement. J’ai un ouvrage dans la tête dont je crains de ne pouvoir accoucher. Si les électeurs me font des loisirs, je m’en consolerai en travaillant à ce livre, qui est ma chimère. Je désire seulement qu’ils ne me remplacent pas d’une manière trop indigne. Il est tel nom qui, mis à ma place, ne ferait pas honneur au département.




29 avril 1849.

J’ai bien tardé de répondre à votre lettre du 14, que voulez-vous ? La nature m’a pétri de bizarrerie ; et il semble que je deviens plus inerte au moment où j’aurais besoin de plus d’activité. Ainsi depuis qu’il est question d’élections, je me suis mis en tête un travail de pure théorie qui m’attache, m’absorbe et me prend tous les moments dont je puis disposer.

Les nouvelles fort rares qui me parviennent ne me laissent guère de doutes sur le résultat du vote en ce qui me concerne ; j’ai perdu la confiance du pays. Je me l’explique : mon tort, et ce n’en est un qu’au point de vue personnel, a été de voir les deux exagérations opposées et de ne m’associer à aucune. Mon ami, elles nous conduisent à