Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/456

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2º Tout mon patrimoine, tout ce que j’ai au monde est protégé par nos tarifs. Plus donc M. de Saint-Chamans me suppose intéressé, plus il doit me croire sincère quand je dis que la protection est un fléau.

3º Mais ce qui ne permet, en aucune façon, d’assimiler le rôle à la Chambre des protectionistes et des libre-échangistes, c’est l’abîme qui sépare leur requête. Ce que M. Benoist d’Azy demande à la loi, c’est qu’elle me dépouille à son profit. Ce que je demande à la loi, c’est qu’elle soit neutre entre nous et qu’elle garantisse ma propriété comme celle du maître de forges.

Molinari est chargé, à ce qu’il paraît, dans la Patrie, d’une partie plus vive et plus saillante. De grâce, qu’il ne la traite pas à la légère. Que de bien il peut faire en montrant combien sont infectées de socialisme les feuilles qui s’en doutent le moins ! Comment a-t-il laissé passer l’article du National sur le livre de Ledru-Rollin et cette phrase :

« En Angleterre, il y a dix monopoles entés les uns sur les autres ; donc c’est la libre concurrence qui fait tout le mal.

L’Angleterre ne jouit que d’une prospérité précaire parce qu’elle repose sur l’injustice. Voilà pourquoi, si l’Angleterre rentre dans les voies de la justice, comme le propose Cobden, sa décadence est inévitable. »

Et c’est pour avoir fait ces découvertes que le National décerne à Ledru-Rollin le titre de grand homme d’État !…

Adieu, je suis fatigué.


FIN