Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, X.djvu/228

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— Vous ne me ferez pas accroire, maître Hauchecorne, que M. Malandain, qui est un homme digne de foi, a pris ce fil pour un portefeuille ?

Le paysan, furieux, leva la main, cracha de côté pour attester son honneur, répétant :

— C’est pourtant la vérité du bon Dieu, la sainte vérité, m’sieu le Maire. Là sur mon âme et mon salut, je l’ répète.

Le maire reprit :

— Après avoir ramassé l’objet, vous avez même encore cherché longtemps dans la boue si quelque pièce de monnaie ne s’en était pas échappée.

Le bonhomme suffoquait d’indignation et de peur.

— Si on peut dire !… si on peut dire !… des menteries comme ça pour dénaturer un honnête homme ! Si on peut dire !…

Il eut beau protester, on ne le crut pas.

Il fut confronté avec M. Malandain, qui répéta et soutint son affirmation. Ils s’injurièrent une heure durant. On fouilla, sur sa demande, maître Hauchecorne. On ne trouva rien sur lui.

Enfin le maire, fort perplexe, le renvoya, en le prévenant qu’il allait aviser le parquet et demander des ordres.

La nouvelle s’était répandue. À sa sortie