Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XI.djvu/109

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


vouables et appelé à Paris pour fournir des explications sur sa conduite, a trouvé un ardent défenseur dans le nommé Marin, conseiller d’État, qui n’a pas craint de donner à ce malfaiteur en soutane les lettres de recommandations les plus pressantes pour tous les fonctionnaires républicains ses collègues.

« Nous signalons l’attitude inqualifiable de ce conseiller d’État à l’attention du ministre… »

M. Marin se dressa d’un bond, s’habilla, courut chez son collègue Petitpas qui lui dit :

— Ah çà, vous êtes fou de me recommander ce vieux conspirateur.

Et M. Marin, éperdu, bégaya :

— Mais non… voyez-vous… j’ai été trompé… Il avait l’air si brave homme… il m’a joué… il m’a indignement joué. Je vous en prie, faites-le condamner sévèrement, très sévèrement. Je vais écrire. Dites-moi à qui il faut écrire pour le faire condamner. Je vais trouver le procureur général et l’archevêque de Paris, oui, l’archevêque…

Et s’asseyant brusquement devant le bureau de M. Petitpas, il écrivit :

« Monseigneur, j’ai l’honneur de porter à la connaissance de Votre Grandeur que je viens d’être victime des intrigues et des men-