Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XI.djvu/199

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cher de courir. Puis elle cria de toute sa force :

— Ohé père ?

Une voix répondit, très éloignée encore :

— Ohé Berthine.

Elle attendit quelques secondes, puis reprit :

— Ohé père.

La voix plus proche répéta :

— Ohé Berthine.

La forestière reprit :

— Passe pas devant le soupirail. Y a des Prussiens dans la cave.

Et brusquement la grande silhouette de l’homme se dessina sur la gauche, arrêtée entre deux troncs d’arbres. Il demanda, inquiet :

— Des Prussiens dans la cave. Qué qui font ?

La jeune femme se mit à rire :

— C’est ceux d’hier. Ils s’étaient perdus dans la forêt, je les ai mis au frais dans la cave.

Et elle conta l’aventure, comment elle les avait effrayés avec des coups de revolver et enfermés dans le caveau.

Le vieux toujours grave demanda :

— Qué que tu veux que j’en fassions à c’t’heure ?