Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XI.djvu/206

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Le commandant fiévreux se promenait dans la cuisine, collant son oreille à terre de temps en temps, cherchant à deviner ce que faisait l’ennemi, se demandant s’il allait bientôt capituler.

Il s’agitait maintenant, l’ennemi. On l’entendait remuer les barriques, parler, clapoter.

Puis, vers huit heures du matin, une voix sortit du soupirail :

— Ché foulé parlé à monsieur l’officier français.

Lavigne répondit, de la fenêtre, sans avancer trop la tête :

— Vous rendez-vous ?

— Che me rents.

— Alors, passez les fusils dehors.

Et on vit aussitôt une arme sortir du trou et tomber dans la neige, puis deux, trois, toutes les armes. Et la même voix déclara :

— Che n’ai blus. Tépêchez-fous. Ché suis noyé.

Le commandant commanda :

— Cessez.

Le volant de la pompe retomba immobile.

Et, avant empli la cuisine de soldats qui attendaient, l’arme au pied, il souleva lentement la trappe de chêne.

Quatre têtes apparurent, trempées, quatre têtes blondes aux longs cheveux pâles, et on