Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XI.djvu/218

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hôtel recommencent chaque jour leur épouvantable distraction.

Il me répondit en souriant :

— Oh ! non, monsieur, c’était hier dimanche, et vous savez que le dimanche, chez eux, c’est sacré.

Je réponds :

Rien n’est sacré pour un pasteur,
Ni le sommeil du voyageur,
Ni son dîner, ni son oreille ;
Mais veillez que chose pareille
Ne recommence pas, ou bien,
Sans hésiter, je prends le train.

Un peu surpris, l’hôtelier me promet qu’il fera des observations.

Je fais, dans le jour, une fort jolie promenade dans la montagne.

Le soir venu, j’assiste au même benedicite. Puis je passe au salon. Que vont-ils faire ? Pendant une heure, ils ne font rien.

Tout à coup, la même dame qui, la veille, accompagnait les cantiques, se dirige vers le piano, l’ouvre. — Je frémis de terreur. — Et elle se met à jouer… une valse.

Et les jeunes filles commencent à danser.

Le pasteur-chef bat la mesure sur son genou par suite de l’habitude prise. Les Anglais à leur tour invitent les femmes, et les