Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XI.djvu/247

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


sueur, de cette sueur chaude et gelée en même temps que produisent les angoisses de l’âme, comme si quelque chose de l’affreuse souffrance morale, de cette torture innommable qui est bien, en effet, brûlante comme le feu et froide comme la glace, transpirait à travers les os et la peau du crâne.

Et je restai jusqu’au jour penché sur mon fils, me calmant lorsqu’il demeurait longtemps tranquille, et traversé par des douleurs abominables lorsqu’une faible toux sortait de sa bouche.

Il s’éveilla avec les yeux rouges, la gorge embarrassée, l’air souffrant.

Quand ma femme de ménage entra, j’envoyai bien vite chercher un médecin. Il vint au bout d’une heure, et prononça, après avoir examiné l’enfant :

— N’a-t-il pas eu froid ?

Je me mis à trembler comme tremblent les gens très vieux, et je balbutiai :

— Mais non, je ne crois pas.

Puis je demandai :

— Qu’est-ce que c’est ? Est-ce grave ?

Il répondit :

— Je n’en sais rien encore. Je reviendrai ce soir.

Il revint le soir. Mon fils avait passé presque toute la journée dans un assoupisse-