Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XI.djvu/271

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Sabot reprit :

— Je n’dis pas, je n’dis pas. Je n’sieus point rédhibitoire, mé, je sieus consentant à la religion, pour sûr ; c’qui m’chifonne c’est la pratique, mais, dans ce cas-là, je ne me montrerai pas réfractaire.

Les demoiselles de la Vierge, descendues de leurs chaises, s’étaient cachées derrière l’autel ; et elles écoutaient, pâle d’émotion.

Le curé, se voyant victorieux, devint tout à coup bon enfant, familier :

— À la bonne heure, à la bonne heure. Voilà une parole sage, et pas bête, entendez-vous. Vous verrez, vous verrez.

Sabot souriait d’un air gêné, il demanda :

— Y aurait-il pas moyen d’la r’mettre un brin, c’te communion ?

Mais le prêtre reprit son visage sévère :

— Du moment que les travaux vous seront confiés, je veux être certain de votre conversion.

Puis il continua plus doucement :

— Vous viendrez vous confesser demain ; car il faudra que je vous examine au moins deux fois.

Sabot répéta :

— Deux fois ?…

— Oui.

Le prêtre souriait :