Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XI.djvu/286

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Et le prêtre se retira, poursuivi par les malédictions du mendiant.

Le lendemain la compagne du père Judas mourut. Il l’enterra lui-même devant sa porte. C’étaient des gens de si peu qu’on ne s’en occupa pas.

Et on revit l’homme conduisant ses cochons le long de l’étang et sur le flanc des côtes. Souvent aussi il recommençait à mendier pour se nourrir. Mais on ne lui donnait presque plus rien, tant on faisait courir d’histoires sur lui. Et chacun savait aussi de quelle manière il avait reçu le curé.

Il disparut. C’était pendant la semaine sainte. On ne s’en inquiéta guère.

Mais le lundi de Pâques, des garçons et des filles, qui étaient venus en promenade jusqu’à l’étang, entendirent un grand bruit dans la hutte. La porte était fermée ; les garçons l’enfoncèrent et les deux cochons s’enfuirent en sautant comme des boucs. On ne les a jamais revus.

Alors, tout ce monde étant entré, on aperçut par terre quelques vieux linges, le chapeau du mendiant, quelques os, du sang séché et des restes de chair dans les creux d’une tête de mort.

Ses porcs l’avaient dévoré.

Et le père Joseph ajouta :