Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XI.djvu/57

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


L’HOMME-FILLE.



Combien de fois entendons-nous dire : « Il est charmant cet homme, mais c’est une fille, une vraie fille. »

On veut parler de l’homme-fille, la peste de notre pays.

Car nous sommes tous, en France, des hommes-filles, c’est-à-dire changeants, fantasques, innocemment perfides, sans suite dans les convictions ni dans la volonté, violents et faibles comme des femmes.

Mais le plus irritant des hommes-filles est assurément le Parisien et le boulevardier, dont les apparences d’intelligence sont plus marquées et qui assemble en lui, exagérés par son tempérament d’homme, toutes les séductions et tous les défauts des charmantes drôlesses.