Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/201

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e en sa double enceinte d’énormes murailles, le commandant allait souvent se promener sur le cap, sorte de parc ou de forêt de pins éventée par toutes les brises du large.

Il y rencontra Mme Parisse qui venait aussi, les soirs d’été, respirer l’air frais sous les arbres. Comment s’aimèrent-ils ? Le sait-on ? Ils se rencontraient, ils se regardaient, et quand ils ne se voyaient plus, ils pensaient l’un à l’autre, sans doute. L’image de la jeune femme aux prunelles brunes, aux cheveux noirs, au teint pâle, de la belle et franche Méridionale qui montrait ses dents en souriant, restait flottante devant les yeux de l’officier qui continuait sa promenade en mangeant son cigare au lieu de le fumer ; et l’image du commandant serré dans sa tunique, culotté de rouge et couvert d’or, dont la moustache blonde frisait sur sa lèvre, devait passer le soir devant les yeux de Mme Parisse quand son mari, mal rasé et mal vêtu, court de pattes et ventru, rentrait pour souper.

A force de se rencontrer, ils sourirent en se revoyant, peut-être ; et à force de se revoir, ils s’imaginèrent qu’ils se connaissaient. Il la salua assurément. Elle fut surprise et s’inclina,